TER à un euro: dans le train vers Dunkerque, «si ça n'existait pas, on ne partirait pas»

Cette photographie prise le 26 mai 2023 montre le logo SNCF Voyageurs apposé sur un train TER rénové sur la ligne d'assemblage de Bischheim, dans l'est de la France. (Photo PATRICK HERTZOG / AFP)
Cette photographie prise le 26 mai 2023 montre le logo SNCF Voyageurs apposé sur un train TER rénové sur la ligne d'assemblage de Bischheim, dans l'est de la France. (Photo PATRICK HERTZOG / AFP)
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Publié le Dimanche 09 juillet 2023

TER à un euro: dans le train vers Dunkerque, «si ça n'existait pas, on ne partirait pas»

  • D'ici au 27 août, des dizaines de milliers de personnes pourront profiter de trajets à un euro vers les plages mais aussi les villes et des destinations «nature» de la région, explique le conseil régional des Hauts-de-France
  • Même si l'achat des billets n'est pas conditionné aux ressources financières, ce dispositif est d'abord «à destination des familles avec un pouvoir d'achat limité, qui n'ont pas l'occasion de partir en vacances»

DUNKERQUE, France : «Ca fait au moins une journée de vacances !»: Angélique Renard, maman solo au chômage, s'apprête à rejoindre la mer du Nord en emprunant le TER Lille-Dunkerque pour un euro - et comme elle, des milliers de personnes iront à la plage cet été grâce à l'opération.

«On est arrivés, là, maman ?», s'impatiente le fils d'Angélique, Elwynn, six ans. Avec ses «1.050 euros par mois», «les petits plaisirs (...) ce n'est pas tous les jours», reconnaît la mère de 34 ans, robe à fleurs et chapeau paille sur les genoux.

Alors, deux euros par personne l'aller-retour pour la mer, «c'est super», se réjouit-elle. «Tout le monde peut partir ne serait-ce qu'une journée en vacances».

Dans le sac de plage à ses pieds, elle a tout prévu: tongs, seau et même une épuisette «pour pêcher les crabes et les crevettes,» jubile Elwynn.

En ce premier weekend des vacances, le TER pour Dunkerque est bondé, et quelques odeurs de monoï commencent déjà à ondoyer.

D'ici au 27 août, des dizaines de milliers de personnes pourront profiter de trajets à un euro vers les plages mais aussi les villes et des destinations «nature» de la région, explique le conseil régional des Hauts-de-France, qui subventionne l'opération éTER depuis 20 ans, en partenariat avec la SNCF.

Environ 100.000 billets ont déjà été vendus sur les 260.000 mis en vente.

«Ca permet de prendre l'air pour les gens qui n'ont pas les moyens de partir ailleurs», juge Mickaël Catel, ouvrier, voyageant avec douze membres de sa famille. Pour un euro, ils sont déjà allés les années précédentes à Bray-Dunes et Calais: «ça permet de décompresser», estime sa conjointe Jennifer, 30 ans, mère au foyer.

Même si l'achat des billets n'est pas conditionné aux ressources financières, ce dispositif est d'abord «à destination des familles avec un pouvoir d'achat limité, qui n'ont pas l'occasion de partir en vacances. C'est l'ADN de la démarche», explique Olivier Engrand, conseiller régional délégué à la mobilité dans les territoires.

- «Rompre le quotidien» -

Julio, quatre ans, qui habite Bertry, un village du Cambrésis, s'apprête à voir la mer pour la première fois. «Moi, je saute dans l'eau direct,» se réjouit son grand frère, Lucas, 10 ans.

«Si ça n'existait pas, on ne partirait pas, on n'a pas les moyens: le budget pour partir à cinq à la mer c'est énorme», témoigne son père, Aurélien Vrevin, sans emploi.

Au mois d'août, la famille aimerait passer une journée à Boulogne-sur-Mer pour un euro, mais «il faut prévoir le budget pour Nausicàa», un immense aquarium, affirme la mère des enfants, Laetitia Lasson, 31 ans. «Sinon, c'est centre aéré toutes les vacances. Nous ne sommes jamais partis en vacances.»

Après Dunkerque, Rayane Schot, étudiant en urbanisme de 26 ans, ira lui à Etaples et Amiens. «On prend l'air à moindre coût: en étant étudiant, on doit maîtriser notre budget», dit-il, aux côtés de son amie.

Parti de Lille à 09H39 samedi, le train arrive une heure plus tard à Dunkerque. Pour rejoindre la plage, les voyageurs empruntent les autobus gratuits de la ville.

Train à un euro, navettes gratuites, «c'est super pour le pouvoir d'achat, rompre le quotidien et l'isolement des personnes seules et qui n'ont pas les moyens», souligne Fabienne Denys, 53 ans, en robe de plage. Elle passera la journée en bord de mer avec son frère.

Mickaël, Jennifer et les onze membres de leur famille marchent d'un bon pas sur le quai, tirant le chariot à roulettes qui contient les affaires de plage et le pique-nique. Fin de matinée, déjà presque 30 degrés, «on va rentrer tout rouge», sourit Jennifer en dépliant les serviettes sur le sable.


Iran: pas de levée de sanctions «tant que» Téhéran ne renonce pas à son programme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région. (AFP)
  • "Il n'y aura aucune levée de sanctions sur le régime iranien tant qu'il n'aura pas renoncé à son programme nucléaire, renoncé à son projet révolutionnaire qui déstabilise sa région, renoncé à son programme de missiles balistiques"
  • Interrogé sur le regain de tensions entre l'Iran et les Etats-Unis, le ministre français s'est refusé à dire que la guerre avait repris

PARIS: Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région.

"Il n'y aura aucune levée de sanctions sur le régime iranien tant qu'il n'aura pas renoncé à son programme nucléaire, renoncé à son projet révolutionnaire qui déstabilise sa région, renoncé à son programme de missiles balistiques dont certains pourraient un jour être en capacité de viser l'Europe", a déclaré Jean-Noël Barrot sur BFM TV/RMC.

"Et tant qu'il n'aura pas rendu aux Iraniens la liberté de construire leur propre avenir", a-t-il ajouté.

Interrogé sur le regain de tensions entre l'Iran et les Etats-Unis, le ministre français s'est refusé à dire que la guerre avait repris.

"Le constat, c'est qu'il y a un accord qui a été trouvé et qui permet des choses très simples, c'est-à-dire l'arrêt des hostilités, la réouverture du détroit d'Ormuz et le démarrage d'une négociation pour encadrer strictement le programme nucléaire iranien", a-t-il dit.

Il a de nouveau appelé toutes les parties à revenir "au protocole de négociation qui a été fixé par cet accord parce que (...) elles n'ont aucun intérêt à l'escalade".

Les Etats-Unis ont encore bombardé l'Iran, Téhéran ripostant lundi en visant des pays de la région alliés de Washington, des frappes d'une ampleur sans précédent des deux côtés depuis le cessez-le-feu du 8 avril.


14-Juillet et Coupe du monde: 7.000 policiers et gendarmes mardi à Paris et son agglomération

Le président français Emmanuel Macron et Charles Dreyfus, petit-fils d’Alfred Dreyfus, rendent hommage devant la statue en bronze de 3,5 mètres (12 pieds) réalisée en 1985 par l’artiste français Louis Mitelberg, alias Tim, représentant le capitaine Alfred Dreyfus, lors d’une cérémonie en son honneur organisée à l’occasion de la première journée nationale consacrée à la reconnaissance de son innocence par la Cour de cassation en 1906, et à la lutte contre la résurgence de l'antisémitisme, 120 ans plus tard, sur l'île de la Cité, près de la Cour de cassation à Paris, le 12 juillet 2026.  (AFP)
Le président français Emmanuel Macron et Charles Dreyfus, petit-fils d’Alfred Dreyfus, rendent hommage devant la statue en bronze de 3,5 mètres (12 pieds) réalisée en 1985 par l’artiste français Louis Mitelberg, alias Tim, représentant le capitaine Alfred Dreyfus, lors d’une cérémonie en son honneur organisée à l’occasion de la première journée nationale consacrée à la reconnaissance de son innocence par la Cour de cassation en 1906, et à la lutte contre la résurgence de l'antisémitisme, 120 ans plus tard, sur l'île de la Cité, près de la Cour de cassation à Paris, le 12 juillet 2026. (AFP)
  • Au total, sur l'ensemble du pays, 70.000 policiers et gendarmes seront déployés, comme l'a annoncé dimanche le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez
  • Pour ce faire, dans le détail, 5.000 effectifs de la PP, 2.000 policiers et gendarmes issus d'unités de force mobile et 2.000 pompiers  de la BSPP, seront mobilisés

PARIS: Un dispositif massif de 7.000 policiers et gendarmes et 2.000 sapeurs-pompiers sera déployé mardi à Paris et son agglomération pour assurer la sécurité des festivités du 14 juillet et prévenir tout débordement lors de la demi-finale de la Coupe du monde de football qui opposera en soirée la France à l'Espagne.

Dans un communiqué, la préfecture de police de Paris (PP) a précisé que ce lundi, déjà, 3.000 policiers de la PP renforcés par 1.000 effectifs issus d'unités de force mobile et 2.000 pompiers de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) seront mobilisés pour sécuriser le concert prévu sur le Champ-de-Mars et le spectacle de pyrotechnie et de drones dans la soirée.

Le lendemain, il s'agira de sécuriser le défilé militaire du 14 juillet sur les Champs-Elysées, le dernier d'Emmanuel Macron en tant que chef de l'Etat, et de permettre, selon les termes de la PP, de faire en sorte que la demi-finale de la coupe du Monde "reste une fête pour le plus grand nombre".

Pour ce faire, dans le détail, 5.000 effectifs de la PP, 2.000 policiers et gendarmes issus d'unités de force mobile et 2.000 pompiers  de la BSPP, seront mobilisés.

Au total, sur l'ensemble du pays, 70.000 policiers et gendarmes seront déployés, comme l'a annoncé dimanche le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez.


France : deux Canadair envoyés face à l'incendie hors norme de Fontainebleau, près de Paris

Deux avions bombardiers d'eau Canadair ont été déployés lundi matin dans l'emblématique forêt de Fontainebleau, au sud de la capitale française, pour lutter contre un incendie d'une "ampleur exceptionnelle" selon les autorités. (AFP)
Deux avions bombardiers d'eau Canadair ont été déployés lundi matin dans l'emblématique forêt de Fontainebleau, au sud de la capitale française, pour lutter contre un incendie d'une "ampleur exceptionnelle" selon les autorités. (AFP)
  • Quelque 800 hectares avaient été parcourus lundi matin dans le massif forestier de Fontainebleau, emblématique poumon vert d'un peu plus de 20.000 ha situé à 60 km au sud-est de Paris
  • "Huit cents hectares, ça va se voir de haut... On va pleurer notre forêt", soupirait dans la nuit le premier adjoint au maire du village de Vaudoué, Didier Buguinet, qui n'a "jamais vu ça"

ARBONNE-LA-FORET: Deux avions bombardiers d'eau Canadair ont été déployés lundi matin dans l'emblématique forêt de Fontainebleau, au sud de la capitale française, pour lutter contre un incendie d'une "ampleur exceptionnelle" selon les autorités.

Actuellement les deux Canadair sont en action, et plus de 500 pompiers sont attendus dans la journée avec l'ensemble des renforts, ont indiqué les pompiers à la presse, alors que la France traverse sa troisième vague de chaleur de l'année, un contexte qui favorise fortement le risque de départs de feux.

Face à l'incendie qui a débuté dimanche, deux Dash avaient été utilisés pour larguer au sol du produit retardant, un déploiement d'avions de lutte contre le feu inédit en région parisienne.

Quelque 800 hectares avaient été parcourus lundi matin dans le massif forestier de Fontainebleau, emblématique poumon vert d'un peu plus de 20.000 ha situé à 60 km au sud-est de Paris.

"Huit cents hectares, ça va se voir de haut... On va pleurer notre forêt", soupirait dans la nuit le premier adjoint au maire du village de Vaudoué, Didier Buguinet, qui n'a "jamais vu ça".

Vigilance rouge canicule 

Le département de Seine-et-Marne, où se trouve la forêt, fait face depuis le déclenchement de la vigilance canicule rouge samedi à plusieurs incendies d'ampleur, qui ont couvert près de 400 hectares au total avant d'être maîtrisés.

Les sinistres ont entraîné dimanche l'interruption de la circulation sur une portion de l'autoroute A6, la principale artère menant vers le sud-est de la France et qui traverse la forêt.

Ils ont aussi provoqué des retards de trains de plusieurs heures, en raison notamment de dommages sur des câbles. La circulation ferroviaire a repris à une "vitesse normale" sur la ligne à grande vitesse, a indiqué lundi matin la compagnie nationale SNCF Réseau à l'AFP.

Dès dimanche, un panache de fumée flottant sur la forêt était visible à 20 km de distance, tandis que des camions de sapeurs-pompiers se rendaient sur le sinistre par les petites routes forestières. Ils ont reçu le renfort d'agriculteurs qui arrimaient des citernes d'eau à l'arrière de leurs tracteurs.

Malgré les appels des secours à rester confinés pour ne pas s'exposer aux fumées, des habitants sortaient sur le pas de leur porte pour assister médusés à ce ballet de véhicules de secours et de police, dans l'âcre fumée qui flotte sur la zone.

Selon un point des autorités lundi matin, environ 200 personnes ont dû être mises en sécurité en raison de la propagation de l'incendie, qui mobilise environ 370 pompiers sur le terrain.

Situation "amenée à durer" 

Le ministre de l'Intérieur français Laurent Nuñez est arrivé sur place en début de matinée. "La situation est amenée à durer", selon les autorités.

Partout en France, les secours ont dû lutter contre les flammes: dans les Pyrénées-Orientales (sud), la Drôme (sud-est), le Lot (sud-ouest), en Savoie (sud-est), mais aussi dans des secteurs plus septentrionaux, comme l'Indre (centre) ou la Loire-Atlantique (ouest), preuve qu'aucune région n'est à l'abri de ces incendies estivaux, favorisés par les épisodes de canicule de plus en plus fréquents.

Selon Laurent Nuñez, une fois le bilan "consolidé", "on sera à 25.000 hectares brûlés" en France, soit "deux fois plus par rapport à la même période" de 2025. Les autorités ont prévenu que les responsables de tels sinistres, volontairement ou par imprudence, feraient l'objet de poursuites pénales.

Elles ne laisseront "rien passer", a prévenu le ministre, qui a indiqué samedi que 32 personnes avaient été placées en garde à vue depuis le début de l'été.