Au Yémen, le petit équipage qui a empêché une marée noire en mer Rouge

Un homme prend une photo du pétrolier FSO Safer assiégé dans la mer Rouge au large de la province contestée de Hodeida, à l'ouest du Yémen, le 15 juillet 2023 (AFP).
Un homme prend une photo du pétrolier FSO Safer assiégé dans la mer Rouge au large de la province contestée de Hodeida, à l'ouest du Yémen, le 15 juillet 2023 (AFP).
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Publié le Lundi 17 juillet 2023

Au Yémen, le petit équipage qui a empêché une marée noire en mer Rouge

  • Un naufrage ou une explosion aurait en effet provoqué une marée noire gigantesque, faisant des ravages sur la faune et la flore
  • Le FSO Safer est dans un piteux état, la rouille et les champignons se propageant sur sa coque rouge et grise, dont l'épaisseur s'est réduit de quatre millimètres par endroits

A BORD DU FSO SAFER, Yémen: Lorsqu'une alarme a retenti sur un pétrolier délabré au large du Yémen, signalant une fuite dans la salle des machines, Hussein Nasser n'a pas hésité à intervenir, ne comptant pas ses heures, pour éviter un désastre écologique et humanitaire en mer Rouge.

Au large de Hodeida, dans l'ouest du pays, Hussein Nasser et la demi-douzaine de membres de l'équipage du FSO Safer ont fabriqué des bandes de fer de fortune pour réparer un tuyau éclaté, avant que des plongeurs n'arrivent pour installer une plaque d'acier permanente destinée à empêcher l'eau de mer de noyer le navire.

"Le stress est toujours là à cause de l'état de délabrement du navire", confie à l'AFP Hussein Nasser, ingénieur sur ce supertanker en ruine contenant plus d'un million de barils de pétrole.

"Le Safer est comme une ligne de front et nous avons dû nous battre, comme sur une ligne de front militaire", poursuit ce cinquantenaire aux cheveux courts grisonnants.

Des résidents yéménites déploient des barrages flottants pour protéger la côte d'une marée noire du FSO Safer dans le district d'Al-Khawkhah, dans la province occidentale de Hodeida, le 13 juillet 2023 (AFP).
Des résidents yéménites déploient des barrages flottants pour protéger la côte d'une marée noire du FSO Safer dans le district d'Al-Khawkhah, dans la province occidentale de Hodeida, le 13 juillet 2023 (AFP).

Un naufrage ou une explosion aurait en effet provoqué une marée noire gigantesque, faisant des ravages sur la faune et la flore, les villages de pêcheurs côtiers, le trafic maritime et les ports essentiels pour ce pays déjà confronté à l'une des pires crises humanitaires au monde.

Vieux de 47 ans, négligé pendant les plus de huit années de guerre, le FSO Safer commence finalement cette semaine à bénéficier d'une opération de sauvetage complexe et coûteuse, chapeautée par l'ONU.

Premier objectif : le transfert du pétrole vers un navire de remplacement, le Nautica, arrivé dimanche.

Le FSO Safer est dans un piteux état, la rouille et les champignons se propageant sur sa coque rouge et grise, dont l'épaisseur s'est réduit de quatre millimètres par endroits.

"L'équipage n'est parfois composé que de trois ou cinq personnes, alors qu'ils étaient 72 avant la guerre", souligne à l'AFP Idriss Al-Chami, patron de la compagnie pétrolière Safer.

"Ils ont travaillé au milieu de tous ces gaz inflammables, et presque en nageant dans le pétrole", énumère le responsable.

"Ils ont travaillé dans des conditions dangereuses. Ils ont réussi à réparer le navire. Et ils n'ont pas été reconnus", regrette-t-il.

«Quelques minutes de sommeil»

"Tout navire pétrolier a besoin d'un entretien régulier pour assurer sa sécurité", dit à l'AFP Ibrahim Al-Moshki, chef de l'autorité des affaires maritimes de Hodeida.

La réparation des fuites sous le pont sont particulièrement délicates en raison de la chaleur et des vapeurs qui se dégagent du pétrole brut, ce qui peut entraîner un risque d'explosion.

Dans la ville de Hodeida, le populaire marché aux poissons aurait très certainement été fermé en cas de marée noire. Selon l'ONU, un demi-million de personnes travaillent dans l'industrie de la pêche dans la région, 200 000 d'entre elles auraient vu leur moyens de subsistance "instantanément anéantis".

"Tous auraient été gravement touchés", insiste l'ingénieur Hussein Nasser, en saluant de loin les pêcheurs qui déchargent des brouettes pleines poissons.

Cinquantenaire, il se dit prêt à toute nouvelle mission que les autorités maritimes décideraient de lui confier. Mais après des années à bord d'un navire qui menaçait de couler ou exploser, il rêve enfin de "quelques minutes de sommeil et de repos".


Israël: la procureure générale alerte sur un «démantèlement» des institutions démocratiques

Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi. (AFP)
Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi. (AFP)
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  • "A l'approche de la fin du mandat de la Knesset actuelle, une course a commencé pour démanteler les institutions démocratiques", s'est-elle alarmée lors d'une conférence de l'Association du barreau israélien à Eilat (sud)
  • Elle a également déploré le fait que le gouvernement "appelle à ne pas respecter des décisions de justice" de la Cour suprême

JERUSALEM: La procureure générale d'Israël a mis en garde lundi contre un recul démocratique en Israël, où le Parlement examine un projet de dissolution qui pourrait mener à des élections anticipées.

Depuis que le gouvernement de Benjamin Netanyahu a été mis sur pied fin 2022, Gali Baharav-Miara conteste la légalité de certaines de ses décisions, et fait en conséquence l'objet d'une procédure de destitution intentée par l'exécutif.

"A l'approche de la fin du mandat de la Knesset actuelle, une course a commencé pour démanteler les institutions démocratiques", s'est-elle alarmée lors d'une conférence de l'Association du barreau israélien à Eilat (sud).

Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi.

Le premier vise à réduire les pouvoirs de la procureure générale, en créant un poste similaire mais qui serait nommé exclusivement par le ministre de la Justice.

Le second accorderait davantage de pouvoirs au ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir (extrême droite).

Si ces deux textes sont adoptés, "le système d'application de la loi dans l'Etat d'Israël changera complètement de nature", a-t-elle prévenu, d'après un communiqué de son bureau.

Elle a également déploré le fait que le gouvernement "appelle à ne pas respecter des décisions de justice" de la Cour suprême.

La procureure générale faisait référence notamment à l'inaction du gouvernement après une décision de la Cour suprême de 2024, obligeant l'Etat à imposer des sanctions aux juifs ultra-orthodoxes qui s'opposent à la conscription.

"Le chef d'état-major réclame des soldats et il n'est plus possible de l'ignorer", a déclaré la procureure générale. "L'Etat ne peut pas ignorer la loi qui impose la conscription pour tous, ni le tort causé au principe d'égalité".

Israël mène depuis mars de vastes opérations militaires au Liban contre le Hezbollah pro-iranien, et depuis plus de deux ans dans la bande de Gaza, où il combat le Hamas palestinien.


«Pas de calme à Beyrouth» tant que durent les attaques du Hezbollah, avertit Israël

L'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah. (AFP)
L'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah. (AFP)
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  • "La banlieue sud de Beyrouth n'est pas différente des localités du nord d'Israël: s'il n'y a pas de calme dans le nord, il n'y aura pas de calme à Beyrouth", a assuré M. Katz dans une vidéo diffusée par son bureau
  • "Nous ne permettrons pas une situation dans laquelle nos localités et nos citoyens sont attaqués tandis que le calme est maintenu à Beyrouth", a-t-il ajouté

JERUSALEM: Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a affirmé lundi qu'il n'y aurait "pas de calme" à Beyrouth sans l'arrêt des attaques du Hezbollah pro-iranien, disant en outre vouloir établir une zone sous contrôle militaire dans une vaste partie du sud du Liban.

"La banlieue sud de Beyrouth n'est pas différente des localités du nord d'Israël: s'il n'y a pas de calme dans le nord, il n'y aura pas de calme à Beyrouth", a assuré M. Katz dans une vidéo diffusée par son bureau.

"Nous ne permettrons pas une situation dans laquelle nos localités et nos citoyens sont attaqués tandis que le calme est maintenu à Beyrouth", a-t-il ajouté.

Ces propos surviennent après que l'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah.

L'armée a aussi intensifié ses opérations terrestres dans le sud.

M. Katz a indiqué qu'elle opérait "afin d'éloigner les menaces (...) et de faire de la zone du fleuve Litani une zone placée sous contrôle sécuritaire de Tsahal (l'armée, NDLR), débarrassée des armes et des terroristes".

Le fleuve Litani est situé à une trentaine de km de la frontière avec Israël.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait annoncé vendredi que l'armée l'avait traversé, après avoir déclaré qu'une grande partie du sud du Liban était désormais considérée une "zone de combat", en dépit d'un cessez-le-feu en vigueur le 17 avril.


Un soldat israélien tué dans le sud du Liban 

Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant. (AFP)
Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant. (AFP)
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  • Le sergent-chef Adam Tzarfati, 20 ans, "est tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée dans un bref communiqué
  • Une source militaire a précisé à l'AFP qu'il avait été tué par un drone du Hezbollah

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi que l'un de ses soldats avait été tué lors de combats dans le sud du Liban, portant à 26 le nombre de morts dans ses rangs depuis début mars.

Le sergent-chef Adam Tzarfati, 20 ans, "est tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée dans un bref communiqué.

Une source militaire a précisé à l'AFP qu'il avait été tué par un drone du Hezbollah. Dimanche, l'armée avait annoncé la mort d'un autre soldat au Liban, également tué par un drone explosif du mouvement pro-iranien, selon elle.

Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant.