Wissem, graphiste algérien devenu livreur parisien en mode survie

Un cycliste livreur de nourriture de Deliveroo, portant un masque ou se couvrant le visage en raison de la pandémie de COVID-19, marche à vélo . (Oli SCARFF / AFP)
Un cycliste livreur de nourriture de Deliveroo, portant un masque ou se couvrant le visage en raison de la pandémie de COVID-19, marche à vélo . (Oli SCARFF / AFP)
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Publié le Samedi 12 décembre 2020

Wissem, graphiste algérien devenu livreur parisien en mode survie

  • Wissem avale 700 kilomètres par semaine pour livrer à scooter des plats cuisinés en banlieue parisienne
  • Si le confinement a accru la demande, les rémunérations stagnent et les revendications des coursiers restent lettre morte

PARIS : "On ne peut plus vivre avec ce job": Wissem avale 700 kilomètres par semaine pour livrer à scooter des plats cuisinés en banlieue parisienne. Si le confinement a accru la demande, les rémunérations stagnent et les revendications des coursiers restent lettre morte, raconte-t-il à l'AFP.

À 18h ce soir-là, sept coursiers patientent déjà dans le froid avant le coup de feu à Courbevoie, au nord-ouest de Paris, face à une des Deliveroo Editions, ces cuisines que l'entreprise met à disposition de restaurateurs partenaires et dont sort une production exclusivement destinée à la livraison.

Une demi-heure plus tard, ils sont une vingtaine. Parmi eux, Wissem Inal, 32 ans, trapu, barbe naissante sur un visage rond. Ce livreur "multi-plateformes", volontiers caustique au téléphone avec le client, travaille pour Deliveroo depuis 2017, mais aussi d'autres sociétés comme Uber Eats et Stuart.

Le jeune Algérien, qui habite à Colombes (Hauts-de-Seine), a mis son activité de designer graphique entre parenthèses face au déclin de la demande en raison de la crise sanitaire. Il livre six à dix commandes chaque soir, entre 18h et 23h. 

"En ce moment, avec le confinement, je sors 500 euros net par mois", explique-t-il à l'AFP en montrant l'écran de son smartphone, sur lequel s'affiche son bilan des derniers mois: 883,35 euros en octobre, 506,93 euros en novembre... "Evidemment, tu retires 22% de taxes, et ça ne prend pas en compte mes charges comme l'équipement et le plein!", s'empresse-t-il de préciser.

Wissem reconnaît avoir du mal à "voir le bon côté" de son emploi depuis quelques mois, critiquant le fonctionnement "flou" de l'algorithme de Deliveroo.

"J'aimerais que les livreurs soient rémunérés à leur juste valeur. Aujourd'hui, une course peut valoir 6 euros le midi et la même 3 euros le soir. On ne peut plus vivre avec ce job, à moins de devenir des esclaves", lâche-t-il.

Lui-même a rejoint le Collectif des livreurs autonomes parisiens (Clap), dédié à la défense d'auto-entrepreneurs comme lui, en 2018, "dès qu'ils ont commencé à toucher à nos poches", justifie-t-il.

Être écoutés 

Fin de la rémunération pour le temps d'attente, de la "prime de pluie" ou du plancher de rémunération des courses... Wissem égrène les motifs de mécontentement avant de pointer un "climat de peur" et un manque d'écoute de l'entreprise.

Exemple: les livreurs réclamaient à Deliveroo de réduire le nombre de clics nécessaires sur leur smartphone avant de contacter le client pour prévenir de l'arrivée de la commande. "On a besoin de six clics pour appeler le client actuellement. On voudrait juste un bouton plus direct, ça ne paraît pas grand chose, mais on est sur la route quand on appelle et ça peut être dangereux. On n'a pas été écouté", regrette-t-il.

Pour sa première commande de la soirée, Wissem parcourt plus de 10 kilomètres entre Courbevoie et Houilles, "une grosse course" pour laquelle il empochera 3,50 euros net.

Si Wissem "aime rouler", son gant droit déchiré sur le dos de la main illustre les risques du métier. En 2018, le coursier a été victime d'une rupture des ligaments croisés après un accident lors d'une livraison. "Six mois de galère", se souvient-il.

En chemin, Wissem slalome habilement entre les voitures et les débris sur la chaussée. "On se croirait dans +Mario Kart+ parfois", grince-t-il, le doigt sur le klaxon, toujours "concentré et dans l'anticipation". À la sortie d'un tunnel de l'autoroute A86, un utilitaire blanc déboîte sans clignotant sur la file de gauche, manquant de désarçonner le livreur, invisible dans l'angle mort.

Malgré le danger, Wissem n'entend pas renoncer à travailler pour des plateformes, notamment Deliveroo. "L'application en elle-même est bien", souligne-t-il.   

"Mais on doit être capables de se défendre pour nos intérêts", fait-il valoir, décidé à continuer de mobiliser "les collègues" autour de lui.


Macron s'est entretenu lundi matin avec Netanyahu de la situation au Moyen-Orient et au Liban selon l'Elysée

Le président français avait déjà échangé mercredi dernier avec M. Netanyahu, pour la première fois depuis l'été 2025, alors qu'Israël poursuit ses frappes contre l'Iran mais aussi Beyrouth, dont la partie sud est le bastion du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
Le président français avait déjà échangé mercredi dernier avec M. Netanyahu, pour la première fois depuis l'été 2025, alors qu'Israël poursuit ses frappes contre l'Iran mais aussi Beyrouth, dont la partie sud est le bastion du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
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  • Emmanuel Macron s'est entretenu lundi matin avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de la situation au Moyen-Orient et au Liban, a indiqué l'Elysée
  • Emmanuel Macron se rendra lundi après-midi à bord du porte-avions Charles de Gaulle, qui se trouve au large de la Crète, en Méditerranée orientale, où il a été dépêché pour faire face à la situation au Moyen-Orient

PAPHOS: Emmanuel Macron s'est entretenu lundi matin avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de la situation au Moyen-Orient et au Liban, a indiqué l'Elysée.

Le président français avait déjà échangé mercredi dernier avec M. Netanyahu, pour la première fois depuis l'été 2025, alors qu'Israël poursuit ses frappes contre l'Iran mais aussi Beyrouth, dont la partie sud est le bastion du Hezbollah pro-iranien.

 

 

 


Liban: Macron condamne une "attaque inacceptable" contre une position de l'ONU

Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron condamne une attaque contre une position de la Finul au sud du Liban et réaffirme le rôle stabilisateur de la force onusienne
  • Il exprime le soutien de la France à la souveraineté et à la sécurité de la Syrie, du Liban et de l’Irak, tout en appelant à éviter que le conflit régional ne s’étende

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a condamné vendredi une "attaque inacceptable" contre une position de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) dans le sud du pays, après s'être entretenu avec ses homologues libanais Joseph Aoun et syrien Ahmad Al-Chareh.

"La France œuvre avec ses partenaires à éviter que le conflit ne se propage davantage dans la région", a affirmé sur le réseau social X le chef de l'Etat, soulignant le "rôle clé de stabilisation au sud du Liban" joué par la Finul.

Emmanuel Macron a assuré que son pays resterait "engagé" dans cette force qui compte quelque 700 Français et assuré que "la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie et du Liban, comme de chaque pays dans la région, devait être respectée".

Une position de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) a été ciblée vendredi dans le sud du pays, faisant des blessés parmi les Casques bleus ghanéens, selon l'Agence nationale d'information (Ani) libanaise, alors que la guerre déclenchée le week-end dernier par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran s'est étendue au Liban.

Israël a répliqué à des tirs du Hezbollah pro-iranien par des bombardements au Liban, notamment dans son fief de la partie sud de Beyrouth.

Le chef de l'Etat français a discuté auparavant avec le Premier ministre irakien Mohamed Chia al-Soudani, à qui il a exprimé la "pleine solidarité" de la France, après l'attaque par des drones de l'aéroport de Bassora et de deux installations pétrolières dans le sud de l'Irak.

"J'ai renouvelé mon appui à son action résolue pour que l'Irak ne soit pas entraîné dans le conflit", a-t-il ajouté, estimant que la stabilité de ce pays "est essentielle pour toute la région".

"La France soutient le plein respect de la souveraineté, de la sécurité, et de l’intégrité territoriale de l’Irak", a-t-il également assuré.

Le gouvernement irakien et le gouvernement de la région autonome du Kurdistan ont affirmé que l'Irak ne devait pas servir de base pour lancer des attaques contre des pays voisins, alors que des informations font état de la possibilité que des combattants kurdes traversent la frontière avec l'Iran.

L'Iran a menacé, pour sa part, de prendre pour cible "toutes les installations" de la région du Kurdistan en Irak si des combattants kurdes parvenaient à entrer sur le territoire de la République islamique.


Guerre au Moyen-Orient : le porte-avions français Charles de Gaulle est arrivé en Méditerranée

Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
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  • Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive"
  • Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases"

TARIFA: Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le bâtiment, qui a encore plusieurs jours de trajet devant lui avant d'être sur zone, était déployé dans le nord de l'Europe dans le cadre d'une mission de l'Otan quand le président français Emmanuel Macron a annoncé son envoi au Moyen-Orient.

Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive".

Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases ainsi que celle de ses alliés dans la région".

La France est notamment liée par des accords de défense avec le Qatar, le Koweït et les Emirats.