L'hémisphère nord suffoque au pic des vagues de chaleur

Un panneau d'avertissement de chaleur est affiché le long de l'autoroute américaine 190 lors d'une vague de chaleur dans le parc national de Death Valley à Death Valley, en Californie, le 16 juillet 2023 (AFP).
Un panneau d'avertissement de chaleur est affiché le long de l'autoroute américaine 190 lors d'une vague de chaleur dans le parc national de Death Valley à Death Valley, en Californie, le 16 juillet 2023 (AFP).
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Publié le Mercredi 19 juillet 2023

L'hémisphère nord suffoque au pic des vagues de chaleur

  • Après Cerbère, c'est la canicule Charon, du nom du passeur des Enfers, qui enveloppe le littoral nord-méditerranéen
  • Pas moins de 47 d'incendies se sont déclarés au cours des dernières 24 heures, selon les pompiers. Deux d'entre eux, à l'ouest d'Athènes, n'étaient toujours pas maîtrisés en fin de journée

ROME : Le feu en Grèce et au Canada, l'étuve en Italie, en Espagne ou aux Etats-Unis, et quelques records locaux en France: l'hémisphère Nord suffoque et brûle sous les vagues de chaleur qui se sont renforcées mardi, et qui concernent aussi la Chine et le Japon.

Après Cerbère, c'est la canicule Charon, du nom du passeur des Enfers, qui enveloppe le littoral nord-méditerranéen.

En Grèce, les pompiers connaissent mardi une deuxième "journée difficile" dans la lutte contre plusieurs incendies de forêt malgré une amélioration dans des zones balnéaires menacées, proches d'Athènes.

Pas moins de 47 d'incendies se sont déclarés au cours des dernières 24 heures, selon les pompiers. Deux d'entre eux, à l'ouest d'Athènes, n'étaient toujours pas maîtrisés en fin de journée.

Et une nouvelle canicule, avec des maximales de 44°C, est déjà attendue à partir de jeudi en Grèce.

En Italie, 20 villes sont placées en alerte rouge, de Bolzano au pied des Alpes à Palerme en Sicile, en passant par Venise, Bologne, Florence, Rome, Naples et Cagliari, ville de Sardaigne qui a connu 39°C.

A Rome, le mercure a atteint les 40°C, à peine moins que le record local de 40,5°C datant d'août 2007. Cela n'a pas freiné les touristes dans la Ville éternelle, où 2.500 fontaines d'eau potable et fraîche leur permettent de se désaltérer.

Mardi en début d'après-midi, la température la plus élevée relevée en Italie, qui détient le record de chaleur pour l'Europe continentale, avec 48,8°C mesurés en Sicile le 11 août 2021, était de 44°C à Raguse, dans cette même région.

Antoinette Douce, une assistante comptable française de 42 ans, a préféré quitter la capitale italienne pour le bord de mer. "Au lieu de visiter l'intérieur de Rome, on s'est dit +on va venir prendre l'air et profiter de la mer+. Il y a l'air qu'il faut, franchement c'est super", dit-elle à l'AFPTV sur la plage de Fregene, à une heure de route de là.

Jeunes et anciens sont les plus à risque et les autorités ont dû prendre des mesures de précaution particulières pour les protéger de la fournaise.

"Nous ne faisons pas faire de sport aux enfants et nous alternons, trois jours à la mer, trois jours en forêt", a expliqué à l'AFP Morgana Cucca, la responsable d'un centre à Lanusei, en Sardaigne.

Records en France

Le sud de l'Espagne est aussi écrasé par la chaleur.

Plusieurs régions ont été placées mardi en alerte rouge en raison du "danger extrême" induit par ces températures, tandis que les pompiers continuent de lutter contre un incendie ayant ravagé 3.500 hectares dans l'archipel des Canaries.

A midi (10H00 GMT), il faisait déjà 41,7 degrés dans la province de Gérone, en Catalogne.

De nombreux records locaux de chaleur ont été dépassés mardi dans le sud de la France, essentiellement en altitude dans les Alpes (est), les Pyrénées (ouest) et l'île de Corse, ont annoncé les services météorologiques. Ces records sont 8°C à 11,9°C au-dessus des normales de saison.

Même la Suisse est frappée par ces conditions exceptionnelles, avec un important feu de forêt dans le sud, qui s'est déclaré lundi dans une forêt au-dessus du village de Bitsch, et qui a contraint environ 200 villageois à une évacuation temporaire.

Selon Robert Vautard, le directeur de l'Institut Pierre-Simon Laplace, spécialisé sur les sciences du climat, s'il n'y a pas de connexions climatiques entre les différentes régions du monde, les modifications dans le climat nourrissent et renforcent les phénomènes météo extrêmes partout sur la planète.

"Pour l'Europe du Sud par exemple, c'est un anticyclone très puissant qui, combiné à la faiblesse des vents, reste statique et bloque les perturbations. Ces hautes pressions emprisonnent l'air chaud faisant grimper les températures. Cela est alimenté par des vents du sud sur le flanc ouest qui font remonter des masses d'air brûlantes du Sahara", explique-t-il à l'AFP.

Mégafeux au Canada

Aux Etats-Unis, les services météo observent une vague de chaleur "oppressante" dans le sud et prévoient plusieurs records de températures.

Dans la célèbre Vallée de la Mort, en Californie, l'un des endroits les plus chauds de la planète, le thermomètre a affiché 52°C dimanche.

Plusieurs feux très violents dans le sud de l'Etat ont entraîné l'évacuation de la population. Le plus important, Rabbit Fire, a brûlé quelque 3.200 hectares.

Dans la capitale de l'Arizona, Phoenix, le mercure a de nouveau atteint les 43°C, battant le précédent record de 18 jours consécutifs à cette température ou plus, établi en 1974.

Plusieurs Etats sont menacés par de fortes intempéries, selon le service météo national.

Au Canada, plus de dix millions d'hectares sont déjà partis en fumée cette année, avec 882 feux toujours actifs lundi, dont 579 considérés comme hors de contrôle, a expliqué le Centre interservices des feux de forêt du Canada (CIFFC).

Deux pompiers sont morts en luttant contre ces mégafeux, ont déploré les autorités.

Japon et Chine 

Le Japon a émis quant à lui des alertes aux coups de chaleur lundi pour 32 de ses 47 préfectures, qui connaissent des températures proches du record absolu de 41,1°C atteint en 2018.

"Le climat a clairement changé. Avant, la température (dans la préfecture de Yamanashi, proche de Tokyo) n'atteignait jamais 30°. Maintenant, on les atteint facilement", regrette Tomoya Abe, 50 ans, de retour d'un séjour au camping pour fuir son appartement de la capitale "où la température peut monter à 37°C".

Ce pays fait également face à des pluies torrentielles qui ont fait au moins huit morts.

La Chine a quant à elle battu dimanche un record pour une mi-juillet, avec 52,2°C dans la région aride du Xinjiang (ouest).

L'ONU a appelé mardi le monde à se préparer à des vagues de chaleur plus intenses, invitant chaque individu à préparer ses propres "plans de lutte" pour affronter ces températures extrêmes de jour comme de nuit.

"Ces phénomènes continueront à s'intensifier et le monde doit se préparer à des vagues de chaleur plus intenses", a averti John Nairn, un expert auprès de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) des Nations unies, au cours d'un point de presse à Genève.

40°C en France: « pas des températures normales » mais la « preuve du dérèglement » climatique, réaffirme Christophe Béchu

"Les températures que nous vivons en ce moment ne sont pas des températures normales", mais "la preuve de ce dérèglement du climat qui malheureusement s’accélère", a réaffirmé mardi le ministre de la Transition écologique Christophe Béchu sur RMC.

Son homologue de l'Agriculture, Marc Fesneau, avait été sévèrement critiqué samedi par des climatologues pour avoir assuré que les températures actuelles étaient "assez normales pour un été", avant de faire marche arrière.

"Le dérèglement climatique, conséquence de nos activités humaines, conduit à ce qu'on ait d'ores et déjà 5 fois plus de vagues de chaleur en moyenne qu'il y a 30 ans", a rappelé Christophe Béchu, "et les experts disent qu'on va encore multiplier par deux entre maintenant et le milieu du siècle".

"Avec en particulier un nombre de nuits tropicales (température minimale supérieure à 20°C, ndlr) qui ne correspond absolument pas aux températures que nous avions il y a 30 ans en France y compris dans le sud" du pays, a souligné le ministre en réponse à un auditeur de l'Hérault qui trouvait la météo actuelle normale.

La vague de chaleur accablante qui traverse cette semaine l'ouest du bassin méditerranéen va se traduire par des températures de 40°C mardi en Provence, en Corse et en Occitanie, avec sept départements en vigilance orange pour canicule, selon les prévisions de Météo-France.

"On ne va pas forcément battre beaucoup de records en France, mais c'est le fait que ça va rester très élevé plusieurs jours de suite, jour et nuit, qui va avoir beaucoup d'impact sur les populations ", a expliqué lundi François Gourand, prévisionniste de Météo-France.

"L'’année dernière, c’est 33 jours de canicule que nous avons connus", a rappelé mardi le ministre.

En 2022, la France en était à la mi-juillet à sa deuxième vague de chaleur au niveau national. Ce qui n'est pas encore arrivé en 2023 car le nord du pays est relativement épargné par ce dôme de chaleur, même si les températures sont très au-dessus des normales de saison.

Juin 2023 a été le deuxième mois de juin le plus chaud jamais enregistré en France depuis 1900, derrière juin 2003, été hors norme.

Mégafeux au Canada

Aux Etats-Unis, les services météo observent une vague de chaleur "oppressante" dans le sud et prévoient plusieurs records de températures.

Dans la célèbre Vallée de la Mort, en Californie, l'un des endroits les plus chauds de la planète, le thermomètre a affiché 52°C dimanche.

Plusieurs feux très violents dans le sud de l'Etat ont entraîné l'évacuation de la population. Le plus important, Rabbit Fire, a brûlé quelque 3 200 hectares.

La capitale de l'Arizona, Phoenix, a enchaîné lundi un 18e jour au-dessus de 43°C, égalant son record avec encore 45°C dans l'après-midi.

Plusieurs Etats sont menacés par de fortes intempéries, selon le service météo national.

"Quand je ne bois que de l'eau, j'ai des vertiges, j'ai envie de vomir à cause de la chaleur", a relaté Juan, Mexicain de 28 ans ouvrier du BTP au Texas. Préférant taire son nom, il dit avoir besoin de boissons sucrées et de froid pour "pouvoir marcher correctement".

Au Canada, plus de dix millions d'hectares ont déjà brûlé cette année, avec 882 feux toujours actifs lundi, dont 579 considérés comme hors de contrôle, a expliqué le Centre interservices des feux de forêt du Canada (CIFFC).

Deux pompiers sont morts en luttant contre ces mégafeux, ont déploré les autorités.

La fumée a de nouveau migré vers les Etats-Unis, déclenchant des alertes à la qualité de l'air dans une large partie du Nord-Est américain.

Coups de chaleur au Japon et en Chine

Le Japon a émis lui des alertes aux coups de chaleur lundi pour 32 de ses 47 préfectures, qui connaissent des températures proches du record absolu de 41,1°C atteint en 2018.

"Le climat a clairement changé. Avant, la température (dans la préfecture de Yamanashi, proche de Tokyo) n'atteignait jamais 30°. Maintenant, on les atteint facilement", regrette Tomoya Abe, 50 ans, de retour d'un séjour au camping pour fuir son appartement de la capitale "où la température peut monter à 37°".

Ce pays fait également face à des pluies torrentielles qui ont fait au moins huit morts.

La Chine a quant à elle battu dimanche un record pour une mi-juillet, avec 52,2°C dans la région aride du Xinjiang (ouest).


Cuba prévient d'un «bain de sang» en cas d'attaque américaine, nouvelles sanctions de Washington

La Havane accuse Washington de préparer le terrain politique en vue d'une intervention militaire contre l'île, qui, si elle se matérialisait, "provoquerait un bain de sang aux conséquences incalculables", a dénoncé sur X M. Diaz-Canel. (AFP)
La Havane accuse Washington de préparer le terrain politique en vue d'une intervention militaire contre l'île, qui, si elle se matérialisait, "provoquerait un bain de sang aux conséquences incalculables", a dénoncé sur X M. Diaz-Canel. (AFP)
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  • Cuba a acquis plus de 300 drones militaires et évalue de possibles scénarios de leur utilisation près de la base américaine de Guantanamo, dans l'est de l'île
  • Selon Axios, ces informations ont suscité des inquiétudes à Washington, où des responsables mettent en garde contre une "menace croissante" du fait de la proximité de ces capacités

LA HAVANE: Le président de Cuba, Miguel Diaz-Canel, a averti lundi qu'une attaque américaine contre l'île provoquerait "un bain de sang", tandis que Washington a annoncé avoir sanctionné le renseignement cubain et une dizaine de hauts responsables de l'île communiste.

Miguel Diaz-Canel a aussi souligné le droit "légitime" de son pays à riposter à une éventuelle agression des Etats-Unis, sur fond de fortes tensions entre La Havane et Washington.

Cuba a acquis plus de 300 drones militaires et évalue de possibles scénarios de leur utilisation près de la base américaine de Guantanamo, dans l'est de l'île, a affirmé dimanche le média américain Axios, en citant des renseignements classifiés.

Selon Axios, ces informations ont suscité des inquiétudes à Washington, où des responsables mettent en garde contre une "menace croissante" du fait de la proximité de ces capacités.

Le dirigeant cubain a réaffirmé que son pays "ne représent(ait) pas une menace et n'a(vait) ni plans ni intentions agressives" envers d'autres nations.

La Havane accuse Washington de préparer le terrain politique en vue d'une intervention militaire contre l'île, qui, si elle se matérialisait, "provoquerait un bain de sang aux conséquences incalculables", a dénoncé sur X M. Diaz-Canel.

Sans directement évoquer la détention présumée de drones par son pays, le chef de l'Etat a revendiqué "le droit absolu et légitime de se défendre face à une offensive militaire".

Dans le même temps, le ministère américain des Finances a annoncé lundi avoir ajouté le principal service de renseignement cubain, la Direccion de Inteligencia, ainsi qu'une dizaine de hauts responsables du pays à sa liste des entités et personnes sous sanction.

Le Bureau de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) a précisé que le président de l'Assemblée nationale cubaine et du Conseil d'Etat, Estaban Lazo, ainsi que trois ministres, de la Justice, de l'Energie et des Communications, sont visés.

Quatre généraux cubains, dont le chef du contre-espionnage militaire, Jose Miguel Gomez del Vallin, également député, font aussi partie des nouvelles personnes inscrites sur la liste.

Une inscription à la liste de l'OFAC interdit à toute personne ou entreprise américaine, ou ayant une filiale aux Etats-Unis, de commercer ou faire des affaires avec les personnes ou entreprises sanctionnées.

Cela s'applique également aux entreprises ou citoyens étrangers dès lors que les échanges sont réalisés en dollar. Elle entraîne par ailleurs le gel de l'ensemble des avoirs détenus directement ou indirectement aux Etats-Unis.

Aide mexicaine 

Outre l'embargo américain en vigueur depuis 1962, Washington - qui ne cache pas son souhait de voir un changement de régime à La Havane - impose à l'île depuis janvier un blocus pétrolier total, ayant autorisé l'arrivée d'un seul pétrolier russe.

Début mai, M. Trump a aussi approuvé un nouveau paquet de sanctions contre l'île.

Près de quatre mois après la mise en place du blocus, la situation économique et énergétique de l'île s'est fortement dégradée.

La semaine dernière, le gouvernement a reconnu qu'il n'avait plus de diesel ni de fioul pour alimenter les groupes électrogènes qui complètent la production électrique des sept centrales thermoélectriques du pays.

Cette situation a encore aggravé les délestages électriques, avec des coupures qui peuvent dépasser la vingtaine d'heures par jour dans la capitale et durer des journées entières en province.

Ces interminables coupures ont provoqué des manifestations de mécontentement dans plusieurs quartiers de La Havane.

Dans ce contexte particulièrement tendu, une nouvelle cargaison d'aide humanitaire en provenance du Mexique est arrivée lundi à Cuba. Il s'agit du cinquième envoi d'aide humanitaire par Mexico depuis février.

La présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, avait annoncé cet envoi la semaine dernière, en précisant que le chargement ne comprenait pas de pétrole.

Le président Donald Trump considère que l'île communiste, située à 150 kilomètres des côtes de la Floride, constitue "une menace exceptionnelle" pour la sécurité nationale des Etats-Unis. Il a multiplié les menaces de "prendre le contrôle" de Cuba et a même évoqué l'envoi d'un porte-avions.

Dans ce contexte, le directeur de la CIA, John Ratcliffe, s'est rendu jeudi à La Havane pour une rencontre exceptionnelle avec de hauts responsables cubains, alors que les deux pays poursuivent leurs discussions, à l'un des moments les plus tendus de leurs relations bilatérales.

 


Trump dit avoir renoncé à attaquer l'Iran mardi

Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
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  • Téhéran continue de contrôler le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, tandis que l'armée américaine poursuit le blocus des ports iraniens
  • La quasi-paralysie du détroit a secoué l'économie mondiale, faisant flamber les cours du pétrole

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu.

Dans un message sur sa plateforme Truth Social, le président américain a toutefois affirmé que les Etats-Unis se tiennent prêts à lancer une "attaque totale et à grande échelle contre l'Iran à tout moment, si un accord acceptable n'était pas trouvé" avec Téhéran.

Il précise que la demande de suspendre l'opération militaire, dont il n'avait pas parlé jusqu'à présent, vient des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, lesquels -selon lui- jugent qu'un accord est possible.

L'accord en question doit assurer que l'Iran ne se dote pas de l'arme nucléaire, écrit Donald Trump, qui ne donne toutefois aucune autre précision.

Avant même le message de Donald Trump, l'Iran s'était dit "pleinement prêt à toute éventualité", au lendemain de nouvelles menaces du président américain.n.

"Pour l'Iran, le temps presse, et (les Iraniens) feraient mieux d'agir rapidement, sinon il ne restera plus rien d'eux", avait menacé le milliardaire républicain dimanche, toujours sur Truth Social.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré lundi qu'une réponse avait été fournie à la nouvelle proposition des Etats-Unis, mais sans en préciser les détails.

"Nos préoccupations ont été transmises à la partie américaine", a déclaré le porte-parole du ministère, Esmaïl Baghaï, lors d'un point presse, ajoutant que les échanges se poursuivaient avec Washington "via le médiateur pakistanais".

"Dialoguer" 

Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril après quasiment 40 jours de frappes, des tractations sont en cours pour tenter de trouver un accord mais les positions des deux parties restent très éloignées, notamment sur le volet nucléaire.

Une seule session de discussions entre représentants américains et iraniens a eu lieu, le 11 avril à Islamabad, se soldant par un échec.

L'Iran a réitéré lundi ses exigences, réclamant en particulier le déblocage des avoirs iraniens gelés à l'étranger et la levée des sanctions internationales asphyxiant son économie.

"Dialoguer ne signifie pas capituler", a souligné le président iranien Massoud Pezeshkian dans un message posté sur X. "La République islamique d’Iran s’engage dans le dialogue avec dignité, autorité et dans le respect des droits de la nation, et ne renoncera en aucun cas aux droits légitimes du peuple et du pays."

Esmaïl Baghaï a également insisté sur le versement de réparations pour la guerre, jugée "illégale et sans fondement".

Selon l'agence iranienne Fars, Washington exige que l'Iran ne maintienne qu'un seul site nucléaire en activité et transfère son stock d'uranium hautement enrichi aux Etats-Unis.

Washington a également refusé de débloquer "ne serait-ce que 25%" des avoirs ou de verser des compensations pour les dommages subis par l'Iran pendant la guerre, selon la même source.

Ormuz 

Mais lundi, l'agence de presse iranienne Tasnim, citant une source anonyme proche de l'équipe iranienne de négociation, a déclaré que "contrairement aux textes précédents, les Américains avaient accepté dans un nouveau texte de suspendre temporairement les sanctions pétrolières pendant la période des discussions".

Les Etats-Unis n'ont pas commenté ces déclarations.

Téhéran continue de contrôler le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, tandis que l'armée américaine poursuit le blocus des ports iraniens.

La quasi-paralysie du détroit a secoué l'économie mondiale, faisant flamber les cours du pétrole.

Le trafic y a cependant augmenté la semaine dernière, revenant à des niveaux conformes à la moyenne enregistrée depuis le début du conflit.

Au total, 55 navires transportant des cargaisons de matières premières ont franchi cette voie maritime entre le 11 et le 17 mai, selon les données de la société de suivi maritime Kpler arrêtées à lundi matin, une forte hausse par rapport aux seulement 19 de la semaine précédente.

L'Iran a formalisé lundi la création d'un nouvel organisme, l'Autorité du détroit du Golfe Persique, pour la gestion de ce passage.

Plusieurs pays occidentaux ainsi que l'UE s'opposent à un contrôle du détroit par l'Iran, défendant la liberté de navigation.

Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, ont par ailleurs menacé lundi de faire payer l'utilisation des câbles sous-marins traversant le détroit, remarquant que toute perturbation sur ces équipements ferait perdre jusqu'à des "centaines de millions de dollars par jour" à l'économie mondiale.


Nombre d'exécutions record dans le monde en 2025, l'Iran en tête, selon Amnesty

Le nombre d'exécutions recensées dans le monde a grimpé en 2025 et atteint son plus haut niveau depuis 1981, un bond principalement dû à l'Iran où elles ont plus que doublé l'an passé, selon le rapport annuel d'Amnesty International publié lundi. (AFP)
Le nombre d'exécutions recensées dans le monde a grimpé en 2025 et atteint son plus haut niveau depuis 1981, un bond principalement dû à l'Iran où elles ont plus que doublé l'an passé, selon le rapport annuel d'Amnesty International publié lundi. (AFP)
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  • A elle seule, l'Iran représente 80% des exécutions recensées en 2025 par Amnesty. Quelque 2.159 personnes y ont été exécutées par pendaison, contre 972 en 2024
  • "Les autorités iraniennes ont intensifié leur recours à la peine de mort comme outil de répression et de contrôle politiques, alimentant une hausse sans précédent du nombre d'exécutions", note l'ONG dans son rapport

PARIS: Le nombre d'exécutions recensées dans le monde a grimpé en 2025 et atteint son plus haut niveau depuis 1981, un bond principalement dû à l'Iran où elles ont plus que doublé l'an passé, selon le rapport annuel d'Amnesty International publié lundi.

L'organisation de défense des droits humains basée à Londres a dénombré au moins 2.707 exécutions dans le monde en 2025, mais "n'inclut pas les milliers d'exécutions qui (...) ont eu lieu en Chine – pays ayant procédé cette année encore au plus grand nombre d'exécutions au monde", précise-t-elle.

Le nombre de personnes exécutées dans le monde est en hausse de 78% par rapport à 2024 et atteint un niveau record depuis 1981, année au cours de laquelle 3.191 exécutions -hors Chine- avaient été comptabilisées par l'ONG.

A elle seule, l'Iran représente 80% des exécutions recensées en 2025 par Amnesty. Quelque 2.159 personnes y ont été exécutées par pendaison, contre 972 en 2024.

"Les autorités iraniennes ont intensifié leur recours à la peine de mort comme outil de répression et de contrôle politiques, alimentant une hausse sans précédent du nombre d'exécutions", note l'ONG dans son rapport.

Le recours aux exécutions a été particulièrement marqué après la guerre des 12 Jours qui a opposé l'Iran à Israël et aux Etats-Unis en juin: 654 exécutions avaient été comptabilisées avant ce conflit, contre 1.505 entre juillet et décembre.

Les condamnations à mort et exécutions en Iran à la suite du mouvement de protestation dans le pays en janvier et le début du conflit au Moyen-Orient le 28 février ne sont pas comptabilisés dans le rapport d'Amnesty.

Selon l'ONU, au moins 21 personnes ont été exécutées en Iran depuis fin février pour des motifs politiques ou liés à la sécurité nationale.

Près de la moitié (998) des exécutions en Iran en 2025 sont liées à des infractions à la législation sur les stupéfiants, note par ailleurs Amnesty. Elles ont elles aussi doublé par rapport à l'année précédente.

Au total, 17 pays ont procédé à des exécutions.

"Cette minorité éhontée (d'Etats, ndlr) se sert de la peine capitale pour instiller la peur, écraser la contestation et montrer la force qu’exercent les institutions sur les personnes défavorisées et les populations marginalisées" dénonce la secrétaire générale d’Amnesty International Agnès Callamard, citée dans un communiqué.