Le sermon du chef de la Ligue islamique mondiale écrit une nouvelle page de l'histoire de Jama Masjid en Inde

«Le message d'harmonie religieuse et de paix du Dr Al-Issa a été très bien accueilli», a indiqué Rasheed à Arab News (Photo, Fournie).
«Le message d'harmonie religieuse et de paix du Dr Al-Issa a été très bien accueilli», a indiqué Rasheed à Arab News (Photo, Fournie).
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Publié le Mercredi 19 juillet 2023

Le sermon du chef de la Ligue islamique mondiale écrit une nouvelle page de l'histoire de Jama Masjid en Inde

  • Depuis son achèvement en 1656, la mosquée a façonné la mémoire populaire des habitants de Delhi
  • Le discours du cheikh Al-Issa à Jama Masjid a été le premier prononcé en quatre cent ans par une personnalité religieuse extérieure à l'Inde

NEW DELHI: Construite sous l'empire moghol il y a quelque quatre cents ans, la mosquée Masjid-e-Jahan Numa de la ville de Delhi, dans le nord de l'Inde, communément appelée Jama Masjid, compte parmi les lieux de culte les plus grands, les plus beaux et les plus appréciés du sous-continent indien.

Bien que le complexe puisse accueillir 85 000 fidèles, il n'y avait que des places debout lorsque le cheikh Mohammed ben Abdelkarim al-Issa, secrétaire général de la Ligue islamique mondiale et président de l'Organisation des savants musulmans, a prononcé le sermon du vendredi la semaine dernière.

Selon le site web de la Ligue islamique mondiale, c'était la première fois en quatre cents ans qu'une personnalité religieuse extérieure à l'Inde prononçait un sermon dans la mosquée. Al-Issa l'a fait à l'invitation de son imam et a reçu un accueil chaleureux de la part des fidèles.

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Une congrégation composée uniquement de places debout a écouté le premier sermon depuis quatre cent ans à la mosquée Jama Masjid (Photo, Shutterstock).

L'empereur Shâ Jahân, cinquième souverain moghol de l'Inde, a présidé à l'achèvement de la mosquée Jama Masjid en 1656. Depuis lors, elle a façonné la mémoire populaire des habitants de Delhi et de l'ensemble de la nation indienne.

«Sa première pierre a été posée le 6 octobre 1650, sous la supervision de Saadullah Khan, le Premier ministre, et de Fazil Khan, le chef de la maison de Shahjahan, pour un coût de dix lacs de roupies», écrit Sadia Aziz, chercheuse au département d'histoire de l'université de Delhi, dans son essai de 2017 intitulé «Mosque, Memory and State : A Case Study of Jama Masjid (India) and the Colonial State c. 1857" (Mosquée, mémoire et État : une étude de cas de Jama Masjid (Inde) et de l'État colonial c. 1857. (Un lac est une unité du système de numération indien égale à 100 000).

Elle a été construite sur une colline appelée Bhojla Pahari, à 1 000 mètres du Fort Rouge, le palais-forteresse de l'empire moghol dans sa nouvelle capitale, Shahjahanabad.

La mosquée mesurait environ 261 pieds de long (79.55 mètres) et 90 pieds (27.43 mètres) de large, son toit étant surmonté de trois dômes décorés de bandes de marbre noir et blanc.

Jama Masjid possède trois entrées, au nord, au sud et à l'est, dont la dernière était la porte Shahi, réservée exclusivement à l'empereur, qui arrivait en procession avec des princes, des nobles et leur entourage depuis le Fort Rouge, tous les vendredis et les jours de l'Aïd.

La mosquée est connue sous deux noms, le premier étant le nom royal qui lui a été donné par l'empereur : Masjid i-Jahan Numa. «Jahan» signifie «monde» et «Numa» signifie «visible», ce qui signifie, au sens figuré, une structure qui offre une vue sur le monde entier.

Le second nom, Jama Masjid, qui signifie «masjid collectif ou de congrégation», est né de la conscience sociale de la population et il est devenu, avec le temps, plus populaire que le nom officiel.

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Cheikh Dr Mohammed ben Abdelkarim al-Issa, secrétaire général de la Ligue mondiale musulmane (Photo, Fournie).

Lorsque la ville de Delhi a été reprise par les Britanniques en 1803, laissant l'empereur moghol en place en tant que chef impérial rituel, les autorités coloniales ont aidé à la réparation et à la rénovation de la mosquée.

Cependant, les efforts déployés par les autorités coloniales pour se rapprocher de la population locale ont été brusquement interrompus lors du soulèvement de 1857, qualifié de Première guerre d'indépendance.

Lorsque l'autorité coloniale a été rétablie à la mi-septembre 1857, la population musulmane a été particulièrement visée, les Britanniques considérant le soulèvement comme une conspiration musulmane contre eux. En conséquence, de nombreuses mosquées de Delhi ont été démolies.

Histoire mouvementée 

Les Britanniques ont envisagé plusieurs options quant au sort de la Jama Masjid. Les plans allaient de la démolition à la conversion en église ou en collège laïque. Finalement, un plan a été élaboré pour le transformer en caserne pour les soldats sikhs du Pendjab.

Toutefois, après cette première planification, les autorités coloniales ont adouci leur approche et ont essayé d'utiliser la mosquée comme monnaie d'échange pour gagner la confiance des habitants musulmans de Delhi. Après de nombreuses pétitions, la mosquée a été rendue aux habitants de la vieille ville le 28 novembre 1862, avec l'imposition de plusieurs règles et règlements à respecter par les fidèles.

Compte tenu de la longue histoire mouvementée de la Jama Masjid, le fait que le chef la Ligue islamique mondiale prononce le sermon du vendredi et dirige la prière devant une assemblée reflétant la diversité et l'unité de l'Inde moderne, a été un moment très important.

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Le complexe peut accueillir 85 000 fidèles (Photo, Shutterstock).

Al-Issa est arrivé dans la ville le 10 juillet à la tête d'une délégation de la Ligue islamique mondiale, à la suite d'une invitation officielle du gouvernement indien. Au cours de sa visite, il a rencontré le président indien, Droupadi Murmu, le Premier ministre, Narendra Modi, et la ministre des Affaires des minorités, Smriti Irani. Il a également rencontré des érudits islamiques indiens et des chefs religieux de diverses confessions.

Sa visite avait pour but de promouvoir le dialogue fraternel et amical, de renforcer la compréhension et la coopération, et de discuter de nombreux sujets d'intérêt commun entre les religions, ont déclaré les responsables.

«La visite de Son Excellence le Dr Mohammed ben Abdelkarim al-Issa renforce les relations entre les deux pays ainsi que les relations entre les musulmans et les adeptes d'autres religions en Inde», a indiqué Mohammed Abdel Hakim al-Kandi, l'imam de la mosquée Jama Masjid, dans un message vidéo pour la Ligue mondiale musulmane. 

L'Inde compte 1,4 milliard d'habitants, dont environ 210 millions musulmans qui constituent la plus grande minorité musulmane du monde. La majorité des Indiens sont hindous. Les autres minorités comprennent les jaïns, les sikhs, les chrétiens et les bouddhistes.

Plus de soixante-quinze ans après l'indépendance de l'Inde, le pays est généralement parvenu à respecter les idéaux d'une société dans laquelle les adeptes de nombreuses religions peuvent vivre en harmonie et pratiquer leur foi librement. Cependant, des conflits intercommunautaires ont régulièrement éclaté, entraînant des appels à la médiation et au dialogue.

Les chefs religieux qui ont assisté au sermon d'Al-Issa et à d'autres événements en sa compagnie ont souligné qu'ils espéraient que cela encouragerait davantage l'harmonie interconfessionnelle.

FAITS SUR LA JAMA MASJID

Ancien nom: Masjid-i-Jehan-Numa (la mosquée qui reflète le monde entier)

Lieu: Vieux Delhi, Inde

Date de construction: 1644-1656

Construite par l'empereur moghol Shah Jahan

Architecte: Ustad Ahmad Lahori

Capacité d'accueil: 85 000 personnes au total

Longueur: 40 mètres

Largeur: 27 mètres

Dômes: 3

Portes: 3

Minarets: 2

Hauteur du minaret: 41 mètres

Matériau: Grès rouge, marbre

Coût: 1 million de roupies

Asghar Ali Imam Mahdi Salafi, président de l’organisation Jamiate Ahle Hadeeth en Inde, a déclaré qu'il espérait que la visite aurait «une grande portée» et un «profond impact positif».

Syed Naseruddin Chishty, président de l’organisation All India Sufi Sajjadanashin Council, a déclaré que cette visite envoyait un message selon lequel les musulmans croient en l'harmonie et la coexistence religieuses.

«Aujourd'hui est un grand événement», a-t-il déclaré. «C'est un message au monde entier, au monde musulman en particulier, aux musulmans vivant en Inde. L'Inde ne veut que la paix. L'Inde croit en l'unité, en la diversité et en la fraternité universelle.»

S'adressant à Arab News, Muddassir Quamar, professeur à l'université Jawaharlal Nehru, a déclaré : «L'Arabie saoudite a œuvré à l'instauration d'un dialogue interconfessionnel à l'échelle mondiale. À une époque où le monde a connu tant de divisions et de tensions entre les différentes cultures et confessions, un dialogue interconfessionnel plus poussé peut contribuer à guérir l'humanité et à développer des relations interculturelles durables.»

Partenaires proches 

Il a poursuivi : «L'Arabie saoudite et l'Inde sont des partenaires proches et le berceau de deux religions, l'islam et l'hindouisme. Tous deux croient en la paix et en l'universalité de l'humanité, de sorte que la visite du cheikh Al-Issa contribuera à développer des liens culturels encore plus étroits entre l'Inde et l'Arabie saoudite. Les musulmans indiens ont vu cette visite d'un œil positif.»

L'un des discours prononcés par Al-Issa dans la capitale indienne, à la Fondation internationale Vivekananda, a été suivi par d'éminents chefs religieux, intellectuels, universitaires, hommes politiques et parlementaires. Adil Rasheed, analyste principal des affaires stratégiques et de la politique de défense en Inde, figurait parmi les participants.

«Le message d'harmonie religieuse et de paix du Dr Al-Issa a été très bien accueilli», a indiqué Rasheed à Arab News.

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La Jama Masjid, que l'on voit ici sur une photo de 1877, a été rendue par les autorités coloniales britanniques aux habitants musulmans de Delhi en 1862 (Photo, Getty Images).

«Son savoir, sa sagesse et son art oratoire ont captivé les auditoires, entrecoupés de fréquentes salves d'applaudissements spontanés», a-t-il ajouté.

Rasheed a mentionné : «Le message du Dr Al-Issa sur l'éducation adéquate des enfants, qui n’est pas contaminée par la pensée radicale et extrémiste, a été très apprécié, de même que son insistance sur la nécessité d'un dialogue constant entre les religions et les civilisations, seul moyen légitime de résoudre les différends et les malentendus.»

Le point de vue de Rasheed a été appuyé par Siraj Kureshi, président du Centre indien de la culture islamique. «Le cheikh Al-Issa est une personnalité importante et un érudit. Il jouit d'une immense réputation, en particulier dans les pays islamiques, de sorte que partout où il va, les gens le regardent avec beaucoup de respect», a-t-il expliqué à Arab News.

«Le message était bon»

«Le message qu'il a délivré aux Indiens était bon. Il a notamment abordé les thèmes de l'humanité, de l'émancipation des femmes, de la jeunesse et de l'éducation. Ce sont ses qualités. C'est pourquoi les gens l'apprécient et l'écoutent attentivement.»

«Les relations entre l'Arabie saoudite et l'Inde sont très anciennes. Elles remontent à des centaines d'années. Ils ont honoré nos premiers ministres. Une importante population indienne travaille en Arabie saoudite. Je suis sûr que son message a été bien reçu», a-t-il ajouté.

«La visite du cheikh Al-Issa ne doit pas être liée aux affaires intérieures de l'Inde. Nous devons garder à l'esprit nos relations séculaires avec l'Arabie saoudite. Je suis certain qu'il avait des messages à adresser au Premier ministre et au président lorsqu'il les a rencontrés au cours de sa visite.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Moyen-Orient: nouveaux échanges de frappes entre Iran et Etats-Unis, pas d'accalmie

Les Etats-Unis et l'Iran ont de nouveau échangé des frappes, le conflit au Moyen-Orient ne montrant jeudi aucun signe d'accalmie après plus d'une semaine de bombardements. (AFP)
Les Etats-Unis et l'Iran ont de nouveau échangé des frappes, le conflit au Moyen-Orient ne montrant jeudi aucun signe d'accalmie après plus d'une semaine de bombardements. (AFP)
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  • Une première salve avait été lancée contre le pays plus tôt dans la journée, les forces américaines frappant "des sites de défense côtière et des sites de missiles de croisière sur l'île de Greater Tunb"
  • Côté iranien, le système de défense antiaérienne a été activé jeudi dans la capitale Téhéran et des explosions ont été entendues dans le nord et l'ouest de l'Iran, ont annoncé des médias d'Etat

TEHERAN: Les Etats-Unis et l'Iran ont de nouveau échangé des frappes, le conflit au Moyen-Orient ne montrant jeudi aucun signe d'accalmie après plus d'une semaine de bombardements.

L'armée américaine a achevé "une série de frappes nocturnes contre l'Iran" mercredi, a-t-elle indiqué, précisant avoir attaqué des cibles militaires, notamment dans la ville portuaire de Bandar Abbas (sud), afin de "réduire la capacité de l'Iran à menacer des marins innocents" dans le détroit d'Ormuz.

Une première salve avait été lancée contre le pays plus tôt dans la journée, les forces américaines frappant "des sites de défense côtière et des sites de missiles de croisière sur l'île de Greater Tunb", selon le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

Côté iranien, le système de défense antiaérienne a été activé jeudi dans la capitale Téhéran et des explosions ont été entendues dans le nord et l'ouest de l'Iran, ont annoncé des médias d'Etat.

Dans la journée de mercredi, la ville portuaire de Bouchehr (sud), où se trouve la seule centrale nucléaire d'Iran, a de nouveau été visée par Washington, comme les environs d'Iranshahr (sud-est). Sept militaires y ont été tués, selon l'armée iranienne, qui a recensé treize tirs de missiles américains.

Des explosions ont aussi été entendues dans plusieurs villes dont Bandar Abbas, Rask et Chabahar (sud-est), ainsi que sur l'île de Qeshm, ont rapporté les médias d'Etat.

Selon eux, un hôpital d'Ahvaz (sud-ouest) a été évacué à la suite de frappes américaines dans la région, et les patients ont été transférés vers d'autres établissements de santé.

 "Bonne volonté" 

Les affrontements ont repris le 7 juillet après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent depuis le cessez-le-feu d'avril mais les installations pétrolières et gazières du Golfe sont pour l'heure épargnées.

Ces tirs ont fait voler en éclats le protocole d'accord signé à la mi-juin, qui devait mettre fin aux hostilités.

Le président américain Donald Trump a toutefois salué un "geste de bonne volonté" de Téhéran après avoir annoncé dans la soirée la libération d'une citoyenne américaine retenue selon lui en Iran depuis 2024.

Les forces armées iraniennes ont quant à elles visé un radar, "des systèmes de communication et des installations de stockage de carburant de l'armée américaine sur la base aérienne Al-Azraq en Jordanie, à l'aide de drones d'attaque", selon un communiqué relayé jeudi matin par la télévision d'Etat.

Au Koweït, déjà visé dans la journée, l'armée a indiqué dans la nuit répondre à des attaques de drones iraniens, alors que les sirènes d'alerte aérienne ont retenti à Bahreïn.

Mercredi soir, des journalistes de l'AFP ont entendu des explosions près du consulat des Etats-Unis à Erbil, au Kurdistan irakien, après des survols de drones qui ont conduit à l'activation de la défense antiaérienne.

L'Iran, qui a de nouveau verrouillé le détroit d'Ormuz le week-end dernier, a promis que cette voie maritime resterait fermée jusqu'à la fin des "agressions" américaines.

Et dans le cadre du blocus des ports iraniens réinstauré depuis 24 heures par les Etats-Unis, un avion militaire américain a tiré sur un pétrolier vide qui tentait de le forcer. Le navire, identifié comme le M/T Belma, battant pavillon de Curaçao, a été "neutralisé", a précisé l'armée américaine.

En réimposant le blocus des ports iraniens, Donald Trump entend faire pression sur Téhéran, qui veut garder la main sur le détroit et n'autorise qu'un seul couloir de navigation, le long de ses côtes.

"Tellement effrayés"

Plus de trente civils sont morts depuis que les affrontements ont repris, selon le dernier bilan du gouvernement iranien.

"Les enfants sont tellement effrayés par le bruit des explosions qu'ils ne s'endorment pas avant le matin", témoigne Khadijeh, interrogée par l'AFP depuis Paris. "Les effets de la guerre resteront longtemps dans nos vies, nos esprits et notre santé mentale", ajoute cette artisane de 31 ans qui vit dans la province du Sistan-Baloutchistan (sud-est).

"Nous ne vivons pas, nous survivons. Que Dieu mette fin à la guerre, puis aux difficultés économiques", prie Nadin, enseignante de 27 ans dans la même région.

Dans le détroit d'Ormuz, passage situé dans les eaux iraniennes et omanaises par lequel transitait avant la guerre un cinquième du pétrole et du gaz liquéfié (GNL) mondiaux, le trafic s'est raréfié après l'attaque de plusieurs pétroliers, avec treize navires commerciaux recensés mardi par la société de suivi maritime Kpler.

Les cours du pétrole ont continué de faire du surplace jeudi après l'envolée du début de semaine, le baril de Brent oscillant autour de 85 dollars.

Le Département d'Etat américain a par ailleurs annoncé mercredi avoir approuvé une vente d'armes pour un montant de près de deux milliards de dollars à l'Arabie saoudite, "un allié majeur non membre de l'OTAN qui constitue un facteur de stabilité politique et de progrès économique" dans le Golfe.

 


L'armée américaine annonce une nouvelle «vague de frappes» mercredi en Iran

L'Iran a de son côté de nouveau ciblé les pays du Golfe et la Jordanie, minant toujours plus les efforts diplomatiques pour mettre un terme durable à la guerre déclenchée le 28 février par des bombardements israélo-américains. (AFP)
L'Iran a de son côté de nouveau ciblé les pays du Golfe et la Jordanie, minant toujours plus les efforts diplomatiques pour mettre un terme durable à la guerre déclenchée le 28 février par des bombardements israélo-américains. (AFP)
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  • L'Iran, qui a reverrouillé le détroit d'Ormuz ce weekend, a promis qu'il resterait fermé jusqu'à la fin des "agressions" américaines
  • Et les Etats-Unis ont rétabli mardi soir leur blocus des ports iraniens, avant de bombarder à nouveau les côtés iraniennes mercredi

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé avoir lancé une nouvelle "vague de frappes"  en Iran, à partir de 10H00 GMT mercredi.

"Ces frappes ont pour objectif de réduire encore les capacités militaires des forces iraniennes, utilisées pour attaquer la navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz", a détaillé le commandement central américain sur son compte X.

La guerre entre Iran et Etats-Unis s'installe, Ormuz de nouveau paralysé

L'Iran, qui a reverrouillé le détroit d'Ormuz ce weekend, a promis qu'il resterait fermé jusqu'à la fin des "agressions" américaines. Et les Etats-Unis ont rétabli mardi soir leur blocus des ports iraniens, avant de bombarder à nouveau les côtés iraniennes mercredi.

L'Iran a de son côté de nouveau ciblé les pays du Golfe et la Jordanie, minant toujours plus les efforts diplomatiques pour mettre un terme durable à la guerre déclenchée le 28 février par des bombardements israélo-américains.

Les affrontements avaient repris le 7 juillet après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent depuis le cessez-le-feu d'avril, mais Téhéran est pour l'heure épargnée, comme les installations pétrolières et gazières du Golfe.

Et Israël n'y participe pas pour l'instant.

"Tous les jours, je me réveille en me demandant si la situation va s'apaiser ou empirer", témoigne auprès de l'AFP Moustafa Mohammed, un comptable soudanais de 39 ans vivant au Koweït. "L'incertitude étreint tout le monde".

30 civils morts 

Mercredi, la ville portuaire de Bouchehr, où se trouve la seule centrale nucléaire d'Iran, a de nouveau été visée par les Etats-Unis, comme les environs de ville d'Iranshahr (sud-est). Sept militaires y ont été tués dans leur caserne, selon l'armée iranienne qui a recensé 13 tirs de missiles américains.

Téhéran avait déjà rapporté des bombardements la veille puis dans la nuit, notamment dans la région du détroit d'Ormuz - à Bandar Abbas et sur l'île de Qeshm -, et dans la ville d'Ahvaz (sud-ouest).

L'armée américaine a elle annoncé une nouvelle "vague de frappes" mercredi.

Plus de 30 civils sont morts depuis que la confrontation a repris, selon le gouvernement iranien.

En riposte, Téhéran a ciblé Bahreïn, le Koweït et la Jordanie. Les Gardiens de la Révolution ont notamment dit avoir visé des installations de la Cinquième flotte des Etats-Unis à Bahreïn, et le centre logistique de Mina Abdullah utilisé par l'armée américaine.

"Graves conséquences" 

Dans le détroit d'Ormuz, passage situé dans les eaux iraniennes et omanaises et par lequel transitait d'ordinaire 20% du brut et du gaz liquéfié (GNL) mondial, plusieurs pétroliers ont été attaqués ces derniers jours et le trafic s'est raréfié.

Outre l'impact sur le commerce mondial d'hydrocarbures, l'ONU s'est alarmée mardi des "graves conséquences socio-économiques et humanitaires" du blocage de cette "voie de passage essentielle dont dépendent des millions de personnes" pour la nourriture, les médicaments et autres produits de première nécessité.

Le baril de Brent, référence internationale, qui s'est envolé depuis la reprise des hostilités, progressait légèrement mercredi, se situant autour de 85 dollars.

Les Gardiens iraniens, qui ont affirmé que le détroit "resterait fermé jusqu'à ce que les Etats-Unis mettent fin à leurs actes d'agression", ont aussi évoqué la possible fermeture "d'autres voies d'exportation de pétrole et de gaz qui servent les intérêts des Etats-Unis et de leurs alliés", sans détailler.

Avec la réimposition du blocus, le président américain entend lui faire pression sur Téhéran qui veut garder la main sur le détroit et n'autorise qu'un seul couloir de navigation, le long de ses côtes.

Comme Téhéran, qui envisage de faire payer la traversée, Donald Trump avait assuré vouloir prélever une redevance en échange de la protection de cette route maritime, au mépris du droit international et du principe de la liberté de navigation.

Mais il a fait marche arrière mardi, évoquant plutôt "des accords de commerce et d'investissements" avec les monarchies du Golfe.

"Vraiment mal tourner" 

Le président américain a lancé un nouvel ultimatum aux Iraniens: soit ils reprennent les négociations, soit "la semaine prochaine, ça va vraiment mal tourner pour eux", a-t-il dit, évoquant la possibilité de bombarder des ponts et des centrales électriques.

Il avait envoyé la semaine dernière une notice officielle au Congrès pour signaler la reprise du conflit.

Durant le précédent blocus, décidé en avril en représailles au verrouillage d'Ormuz par Téhéran, l'Iran n'avait pas pu exporter "un seul baril de pétrole", selon son négociateur en chef, Mohammad Bagher Ghalibaf.

L'opération avait "joué un rôle déterminant dans la conclusion du protocole d'accord", selon l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW).


Trump fait l'éloge d'un Premier ministre irakien en quête d'investissements

Le président américain Donald Trump écoute le Premier ministre irakien Ali al-Zaidi s'exprimer dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, à Washington, le 14 juillet 2026. (AFP)
Le président américain Donald Trump écoute le Premier ministre irakien Ali al-Zaidi s'exprimer dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, à Washington, le 14 juillet 2026. (AFP)
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  • Donald Trump a salué le Premier ministre irakien Ali al-Zaidi, qui promet de désarmer les groupes armés pro-iraniens d'ici fin septembre et d'ouvrir davantage l'Irak aux investissements américains
  • Bagdad cherche à renforcer son partenariat avec Washington tout en préservant son équilibre diplomatique avec l'Iran, dans un contexte de fortes tensions régionales

WASHINGTON: Donald Trump a salué mardi le leadership du Premier ministre irakien Ali al-Zaidi qui a de son côté promis de désarmer les groupes pro-iraniens présents dans le pays et s'est dit prêt à accueillir les entreprises américaines.

Parlant d'une "formidable alchimie" entre eux, le président américain a jugé que le dirigeant irakien était "un champion".

"Il a remporté une élection que beaucoup de gens n'avaient pas prévue", a-t-il affirmé devant la presse dans le Bureau ovale au côté du dirigeant irakien, insistant sur le fait qu'il l'avait "endossé".

"C'est un grand combattant, et c'est un grand admirateur des Etats-Unis", a ajouté le président américain en rappelant que le pays disposait d'énormes réserves de pétrole.

La visite du Premier ministre irakien -- son premier déplacement à l'étranger depuis sa prise de fonction en avril -- intervient en pleine reprise des affrontements entre les deux grands alliés de l'Irak, l'Iran et les Etats-Unis, dont l'opposition de longue date a fait du pays un terrain d'affrontement par procuration.

Ali al-Zaidi est arrivé lundi aux Etats-Unis pour ce déplacement d'une semaine. Il doit rencontrer également des représentants de compagnies pétrolières et des élus.

L'ex-homme d'affaires, arrivé au pouvoir avec l'appui du président américain, s'est engagé à dynamiser la fragile économie de son pays, qui dépend fortement de ses exportations de pétrole.

Il est surtout sous pression pour désarmer les groupes armés irakiens pro-iraniens, accusés d'avoir mené des centaines d'attaques sur des infrastructures américaines en Irak pendant la guerre au Moyen-Orient, déclenchée par les frappes israélo-américaines contre l'Iran fin février.

"Il s'agit de ma première visite aux Etats-Unis, non pas d'un simple voyage d'agrément, mais d'une déclaration de partenariat économique", a lancé pour sa part M. Zaidi.

"Le 30 septembre, les forces américaines se retireront et les entreprises américaines s'installeront" en Irak, a-t-il dit en soulignant que le gouvernement prendrait "le monopole sur les armes".

"Après le 30 septembre, les factions n'auront plus lieu d'être (..) et nous n'autoriserons aucune entité à porter des armes en dehors de l'Etat", a-t-il dit, condition indispensable selon lui pour attirer les investissements.

- "Maintenir l'équilibre" -

Son gouvernement a donné aux groupes armés, désignés comme organisations terroristes par les Etats-Unis, jusqu'au 30 septembre pour se désarmer, date coïncidant avec le retrait d'Irak de la coalition internationale dirigée par Washington pour combattre les jihadistes.

Si Bagdad a adopté récemment une position plus favorable aux Etats-Unis, cela ne "signifie pas que l'Irak tourne le dos à l'Iran", a souligné un haut responsable irakien à l'AFP, sous couvert d'anonymat.

L'Irak "doit maintenir l'équilibre en vigueur de longue date" entre ses alliés, a-t-il déclaré.

La semaine dernière, des villes saintes chiites irakiennes ont accueilli d'immenses cortèges à l'occasion des funérailles de l'ancien guide suprême iranien, Ali Khamenei, tué dans les frappes en Iran fin février.

En signe de soutien au dirigeant irakien, Washington a repris les envois de liquidités au titre des revenus pétroliers de l'Irak, gérés par la Réserve fédérale de New York depuis 2003, année de l'invasion américaine de l'Irak qui avait plongé le pays dans des années de violences.

Ces transferts de fonds avaient été suspendus plus tôt cette année pour accentuer la pression sur Bagdad afin qu'il désarme les groupes armés pro-iraniens.

Certains d'entre eux ont dit qu'ils coopéreraient avec le gouvernement irakien, mais d'autres refusent toujours de rendre les armes.

"Tant qu'il y a une guerre dans la région, ni eux ni l'Iran n'accepteront" le désarmement, a estimé le haut responsable irakien.

Ces groupes, dont la puissance politique et financière a augmenté au fil des années, demandent depuis longtemps le retrait des troupes américaines de la coalition antijihadiste, établie en 2014 pour lutter contre l'organisation Etat islamique.

- En quête d'investissements -

L'Irak tente de tourner la page de décennies de violences, mais souffre toujours d'infrastructures et de services publics défaillants et d'une corruption endémique.

"C'est un fardeau qu'il faut partager avec un partenaire stratégique. Le partenaire stratégique le plus important au monde, ce sont les Etats-Unis", a relevé M. Zaidi.

Ces derniers mois, l'Irak a conclu plusieurs accords avec des compagnies pétrolières américaines.

D'autres accords devraient être signés cette semaine à Washington, notamment l'un portant sur la création d'un fonds auquel l'Irak apportera 500.000 barils de pétrole par jour contre l'amélioration de son approvisionnement en électricité.

Pays fondateur de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), l'Irak dépend fortement de ses exportations de brut, qui représentent ordinairement 90% de ses recettes budgétaires et transitent en grande majorité par le détroit d'Ormuz, au coeur des hostilités actuelles.