Les journalistes israéliens condamnent le projet de loi sur les médias qui «éliminera la presse»

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, et le ministre des Communications, Shlomo Karhi, lors d'une discussion et d'un vote dans la salle d'assemblée de la Knesset à Jérusalem, le 1er mars 2023. (Yonatan Sindel)
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, et le ministre des Communications, Shlomo Karhi, lors d'une discussion et d'un vote dans la salle d'assemblée de la Knesset à Jérusalem, le 1er mars 2023. (Yonatan Sindel)
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Publié le Jeudi 20 juillet 2023

Les journalistes israéliens condamnent le projet de loi sur les médias qui «éliminera la presse»

  • Ce projet de loi pourrait «faire d’Israël une puissance en matière de fake news»
  • La proposition comprend également des réformes qui profitent au réseau de droite Channel 14, au détriment de ses concurrents commerciaux Channel 12 et Channel 13

LONDRES: Les journalistes israéliens ont critiqué lundi la dernière proposition du gouvernement pour le secteur des communications du pays, la qualifiant de tentative «de suppression de la presse» et de «grave atteinte à la diffusion publique», dans une déclaration publique de l'Association des journalistes de Jérusalem. 

Cette levée de boucliers fait suite à la proposition de loi du ministre israélien des Communications, Shlomo Karhi, qui prévoit la suppression du Conseil du câble et du satellite et de l'organisme de surveillance des médias israéliens, la Seconde autorité pour la télévision et la radio (SATR), tout en assouplissant les conditions d'obtention d'une licence de diffusion d'informations. 

Dans un communiqué, le Conseil israélien de la presse et des communications a protesté contre le «plan de M. Karhi visant à détruire les organisations de médias en Israël, à supprimer l'indépendance journalistique et la liberté d'expression, ainsi que le droit du public à l'information». 

Ce projet de loi pourrait «faire d’Israël une puissance en matière de fake news», car «lorsque chaque source produira des informations, il n'y aura plus d'engagement envers l'éthique journalistique et les normes professionnelles contraignantes», ajoute le communiqué. 

La proposition de Shlomo Karhi prévoit la création d'un organisme de régulation unique composé de neuf membres, dont trois fonctionnaires, deux représentants du public choisis directement par le ministre et trois membres choisis par un comité composé de représentants des ministères de la Communication, de l'Éducation et de la Justice. 

Actuellement, les diffuseurs du pays sont tenus d'avoir deux licences avec des approbations distinctes, ce qui «oblige les réseaux à créer des entités séparées pour les informations afin d'empêcher les propriétaires des chaînes d'intervenir directement dans le contenu et de permettre l'indépendance éditoriale», indique Tehilla Shwartz Altshuler, responsable du programme de réforme des médias de l'Institut de la démocratie en Israël, dans un article du journal israélien Haaretz. 

La SATR jouant le rôle de chien de garde du public, son abolition «soumettrait l'information à la pression des entreprises», ajoute-t-elle. 

En outre, le nouveau projet de loi interdirait au groupe audiovisuel public Kan de diffuser des publicités ou de faire payer les programmes, deux activités qui ont rapporté plus de 100 millions de shekels (1 shekel = 0,25 euro) l'année dernière. 

La proposition comprend également des réformes qui profitent au réseau de droite Channel 14, au détriment de ses concurrents commerciaux Channel 12 et Channel 13. 

Dans un Tweet, le chef de l'opposition, Yaïr Lapid, ancien Premier ministre et personnalité de la télévision, a écrit : «Il s'agit d'une offre de pot-de-vin au propriétaire de la chaîne 14. C’est une atteinte totale à la liberté de la presse et une tentative d'éliminer les chaînes de télévision qui ne s'inclinent pas devant le gouvernement. Ce n'est que dans les États totalitaires que le gouvernement contrôle les médias», comme le suggère M. Karhi. 

Cependant, Shlomo Karhi estime que ses réformes minimiseront l'ingérence du gouvernement dans le contenu des informations.  

Le ministre a déclaré dans une vidéo que les allégations selon lesquelles il chercherait à contrôler les médias sont «complètement à l'opposé de ce que la réforme va permettre». 

Il ajoute: «La véritable liberté de la presse est ce qui vous effraie le plus.» 

Les régulateurs externes actuels «remplacent le public dans la détermination des priorités» et leur suppression créera un paysage médiatique plus diversifié, affirme-t-il. 

Cette mesure permettra au public de créer de nouvelles chaînes et «d'exprimer ses opinions dans les médias», ainsi que d'accroître la concurrence sur le marché, ce qui se traduira par des prix plus bas, renchérit-il. 

Depuis leur retour au pouvoir, les alliés du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, ont préconisé un certain nombre de mesures visant à faire pression sur les médias indépendants du pays. 

Au début de l'année, Shlomo Karhi a suggéré d'interrompre le financement gouvernemental de la publicité pour Haaretz et il a annoncé son intention de fermer le groupe audiovisuel public Kan. 


L'OMS salue les résultats de sa campagne de «grand rattrapage» de vaccination des enfants

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
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  • La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite
  • Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants

GENEVE: L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19.

La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite.

Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants.

Cette initiative a pris fin le 31 mars.

Les données finales sont encore en cours de compilation, mais "l'initiative mondiale semble être en bonne voie pour atteindre son objectif qui est de toucher au moins 21 millions d'enfants non vaccinés ou insuffisamment vaccinés", ont indiqué les trois organisations dans un communiqué.

De 2023 à 2025, ce programme a permis de vacciner environ 18,3 millions d’enfants âgés de 1 à 5 ans dans 36 pays, grâce à plus de 100 millions de doses de vaccins essentiels.

Parmi ces enfants, environ 12,3 millions n'avaient jamais été vaccinés et 15 millions n'étaient pas vaccinés contre la rougeole.

Le programme a permis d'administrer 23 millions de doses de vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI) à des enfants insuffisamment ou non vaccinés.

"En protégeant les enfants qui n'ont pas pu se faire vacciner en raison des perturbations des services de santé causées par le Covid-19, le programme Grand Rattrapage a contribué à inverser l'une des principales conséquences négatives de la pandémie", a déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, cité dans le communiqué.

Ce "plus vaste effort international jamais entrepris pour vacciner les enfants non vaccinés avec des vaccins essentiels, montre ce qu'il est possible d'accomplir lorsque les gouvernements, les partenaires et les communautés unissent leurs efforts pour protéger les plus vulnérables", a indiqué pour sa part la directrice générale de Gavi, Sania Nishtar, également citée dans le communiqué.

Lors d'un point de presse, le directeur du département Vaccination à l'Unicef, Ephrem Lemango, a appelé à poursuivre les efforts de vaccination de routine, au-delà de l'initiative.

"Le principal enjeu est de mettre en place des systèmes de vaccination capables d'atteindre et de protéger chaque enfant à temps, avant qu'il n'atteigne l'âge limite pour la vaccination. Actuellement, chaque année, 14,3 millions d'enfants ne reçoivent aucun vaccin dans le cadre des programmes de vaccination de routine", a-t-il relevé.

Kate O'Brien, directrice du département vaccins de l'OMS, a elle appelé à lutter contre le scepticisme vis-à-vis de la vaccination, indiquant être très préoccupée par "la politisation croissante des vaccins et de la santé".


Trump dit ne pas vouloir utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran

Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
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  • "Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire"
  • "Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide?"

WASHINGTON: Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale.

"Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire", a dit le président américain, à qui une journaliste a demandé s'il envisageait de recourir à la bombe atomique.

"Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide? Pourquoi utiliserais-je l'arme nucléaire alors que nous les avons complètement anéantis, de manière très conventionnelle?" a-t-il déclaré.

 


Le cessez-le-feu entre le Liban et Israël prolongé de trois semaines

L'ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee, l'ambassadeur israélien aux États-Unis Yechiel Leiter, le vice-président américain JD Vance, le secrétaire d'État américain Marco Rubio, l'ambassadeur du Liban aux États-Unis Nada Hamadeh Moawad et l'ambassadeur américain au Liban Michel Issa écoutent le président américain Donald Trump s'exprimer lors d'une réunion avec l'ambassadeur du Liban aux États-Unis et l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis, à la Maison Blanche, à Washington, DC, le 23 avril 2026. (AFP)
L'ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee, l'ambassadeur israélien aux États-Unis Yechiel Leiter, le vice-président américain JD Vance, le secrétaire d'État américain Marco Rubio, l'ambassadeur du Liban aux États-Unis Nada Hamadeh Moawad et l'ambassadeur américain au Liban Michel Issa écoutent le président américain Donald Trump s'exprimer lors d'une réunion avec l'ambassadeur du Liban aux États-Unis et l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis, à la Maison Blanche, à Washington, DC, le 23 avril 2026. (AFP)
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  • La prolongation du cessez-le-feu fait suite à des frappes israéliennes meurtrières et à la poursuite des affrontements dans le sud du Liban
  • M. Trump a ajouté qu'il se réjouissait d'accueillir prochainement le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun

WASHINGTON/BEIRUT/JERUSALEM : Le Liban et Israël ont prolongé leur cessez-le-feu de trois semaines après une réunion de haut niveau à la Maison Blanche, a déclaré jeudi le président américain Donald Trump. M. Trump a accueilli l'ambassadeur d'Israël à Washington, Yechiel Leiter, et l'ambassadrice du Liban aux Etats-Unis, Nada Moawad, dans le bureau ovale pour une deuxième série de discussions facilitées par les Etats-Unis, un jour après que des frappes israéliennes aient tué au moins cinq personnes, dont un journaliste.

"La réunion s'est très bien passée ! Les États-Unis vont travailler avec le Liban pour l'aider à se protéger du Hezbollah", a écrit M. Trump sur Truth Social. Le Hezbollah, le groupe armé allié à l'Iran qui combat Israël, n'était pas présent aux pourparlers. Il affirme avoir "le droit de résister" aux forces d'occupation.

M. Trump a ajouté qu'il se réjouissait d'accueillir prochainement le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun.

M. Trump s'est également adressé aux journalistes dans le bureau ovale, aux côtés des participants à la réunion, et a déclaré qu'il espérait que les dirigeants se rencontreraient pendant les trois semaines de cessation des hostilités. Il a ajouté qu'il y avait "une grande chance" que les deux pays parviennent à un accord de paix cette année.

Le vice-président JD Vance, le secrétaire d'État Marco Rubio, l'ambassadeur des États-Unis en Israël Mike Huckabee et l'ambassadeur des États-Unis au Liban Michel Issa ont également participé à la réunion.

Le cessez-le-feu, conclu à l'issue de discussions entre les ambassadeurs des deux pays à Washington la semaine dernière, devait expirer dimanche. Il a permis une réduction significative de la violence, mais les attaques se sont poursuivies dans le sud du Liban, où les troupes israéliennes se sont emparées d'une zone tampon autoproclamée.

Rendre au Liban sa grandeur

L'ambassadeur Moawad, qui avait demandé une prolongation du cessez-le-feu lors de la réunion, a remercié M. Trump d'avoir accueilli les pourparlers. "Je pense qu'avec votre aide et votre soutien, nous pouvons rendre au Liban sa grandeur", a-t-elle déclaré.

Un responsable libanais avait auparavant déclaré que Beyrouth ferait pression pour un retrait israélien, le retour des Libanais détenus en Israël et la délimitation de la frontière terrestre lors d'une prochaine phase de négociations.

Israël a cherché à faire cause commune avec le gouvernement libanais au sujet du Hezbollah, que Beyrouth s'efforce de désarmer pacifiquement depuis un an.

Interrogé sur la manière dont les États-Unis aideraient le Liban à lutter contre le Hezbollah, M. Trump n'a pas donné de détails, mais a déclaré que les États-Unis entretenaient "une excellente relation avec le Liban". M. Trump a déclaré qu'Israël devait être en mesure de se défendre contre les attaques du Hezbollah.

M. Trump a également appelé le Liban à abolir les lois interdisant tout engagement avec Israël. "C'est un crime de parler avec Israël ?", a-t-il répondu lorsqu'on l'a interrogé sur les lois connues sous le nom de lois anti-normalisation, qu'il ne semblait pas connaître. "Je suis certain qu'il y sera mis fin très rapidement. J'y veillerai", a déclaré M. Trump.