Tirs de roquettes sur Kaboul, revendiqués par l'EI: un mort et des blessés

Au moins dix personnes avaient été tuées le 21 novembre par des roquettes qui s'étaient abattues sur le centre de Kaboul, près de la Zone verte où se trouvent ambassades et compagnies internationales (Photo, AFP)
Au moins dix personnes avaient été tuées le 21 novembre par des roquettes qui s'étaient abattues sur le centre de Kaboul, près de la Zone verte où se trouvent ambassades et compagnies internationales (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 13 décembre 2020

Tirs de roquettes sur Kaboul, revendiqués par l'EI: un mort et des blessés

  • L'EI cible souvent la minorité chiite Hazara en Afghanistan
  • «Les ennemis du peuple afghan ont intensifié la violence», dénonce le ministère

KABOUL: Un civil a été tué et deux autres blessés par des tirs de roquettes à Kaboul samedi matin, deuxième attaque de ce genre dans la capitale afghane en moins d'un mois, revendiquée par l'organisation Etat islamique (EI). 

« Ce matin, dix roquettes ont été tirées depuis le quartier de Labe Jar à Kaboul », a déclaré le porte-parole du ministère Tariq Arian, ajoutant que trois projectiles avaient atterri près de l'aéroport de Kaboul, et sept autres dans une zone résidentielle de la capitale. 

« Malheureusement, un civil a été tué et deux autres blessés », a ajouté M. Arian. 

Le porte-parole de la police de Kaboul, Ferdaws Faramarz, a précisé de son côté que les roquettes avaient atteint l'est de la capitale.  

L'EI a revendiqué la responsabilité de cette attaque dans un communiqué, expliquant qu'il visait la section militaire de l'aéroport de Kaboul, selon le centre de surveillance des réseaux jihadistes SITE. 

Les violences continuent de ravager l'Afghanistan, et n'ont fait que s'intensifier depuis l'ouverture de pourparlers de paix le 12 septembre à Doha entre Kaboul et les talibans. 

Au moins dix personnes avaient été tuées le 21 novembre par des roquettes qui s'étaient abattues sur le centre de Kaboul, près de la Zone verte où se trouvent ambassades et compagnies internationales. L'attaque avait été revendiquée par l'EI. 

Le vice-président afghan Amrullah Saleh a écrit sur sa page Facebook samedi qu'il avait reçu des menaces de l'Etat Islamique, menaçant de « transformer Kaboul en un abattoir à chiites » si les membres du groupe arrêtés par le gouvernement afghan étaient exécutés. 

Ces derniers mois, M. Saleh et ses conseillers ont poussé pour la tenue de procès contre les « terroristes » de l'EI arrêtés en lien avec des attaques sanglantes, demandant même que les coupables soient pendus en public. 

L'EI cible souvent la minorité chiite Hazara en Afghanistan. 

Cibles faciles 

Le groupe a revendiqué ces dernières semaines plusieurs attaques sanglantes dans la capitale, dont celles contre l'université de Kaboul et un autre centre éducatif, qui ont fait au total plus de 50 morts. 

Samedi, dans un autre communiqué, le ministère de l'Intérieur a déclaré que les attaques telles que les tirs de roquettes sur Kaboul avaient pour but de frapper des « cibles faciles". 

« Les ennemis du peuple afghan ont intensifié la violence », dénonce le ministère. « Mais ils ont échoué à capturer des districts et ont perdu sur le champ de bataille, donc ils se sont rabattus sur des cibles faciles », poursuit-il.  

Malgré l'augmentation des violences, les troupes américaines continuent de quitter le pays. Washington s'est engagé à retirer toutes ses troupes d'Afghanistan d'ici mi-2021 en échange de garanties sécuritaires selon l'accord américano-taliban signé en février à Doha. 

S'ils ont arrêté de cibler les forces américaines dans le cadre de cet accord, les talibans n'ont fait cependant qu'intensifier leurs attaques contre les forces afghanes depuis. 

Les insurgés se sont engagés à ne plus cibler les grands centres urbains, mais sont souvent accusés de le faire par le gouvernement afghan, alors que de nombreuses attaques et meurtres ciblés ne sont jamais revendiqués. 

Pendant ce temps, les pourparlers entre les deux camps avancent très lentement au Qatar, malgré des demandes incessantes pour un cessez-le-feu, ignorées par les talibans. 

Les deux délégations ont annoncé début décembre un accord fixant le cadre des discussions, mais l'agenda des pourparlers n'a toujours pas été finalisé.  


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

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  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

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  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".


Les Etats-Unis et l'Iran s'attaquent mutuellement malgré le cessez-le-feu

Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
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  • Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même
  • Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine

TEHERAN: Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent.

Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même.

Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dimanche soir sur X.

Ces opérations ont été menées "en réponse à des actions agressives de l'Iran, dont la destruction d'un drone américain MQ-1 qui opérait au-dessus des eaux internationales", a ajouté la même source.

Les Gardiens de la Révolution iraniens, peu après, ont affirmé avoir attaqué une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire.

La localisation de cette base n'a pas été précisée dans le communiqué des Gardiens diffusé par les médias d'Etat.

L'armée du Koweït a annoncé de son côté faire face à une attaque de drones et missiles.

Washington et Téhéran s'étaient déjà accusés mutuellement jeudi de violer le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, après des frappes américaines sur le sud de l'Iran suivies d'une attaque contre le Koweït.

Plus de fermeté 

La guerre a été déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine, alors que Téhéran et Washington avaient repris des négociations sur le nucléaire. Le conflit, qui a fait des milliers de morts, ébranle l'économie mondiale en faisant grimper les prix du pétrole.

Alors que les deux pays semblaient ces derniers jours se rapprocher d'un accord, le New York Times a rapporté samedi, sans plus de détails, que le président américain avait durci sa proposition et envoyé une nouvelle version d'un possible protocole d'accord à Téhéran.

Selon le site américain Axios, M. Trump, dont la priorité déclarée est de mettre fin au programme nucléaire iranien et de rétablir le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, souhaite plus de fermeté des négociateurs de Washington.

La chaîne CBS a rapporté dimanche soir que la nouvelle proposition américaine prévoit une prolongation du cessez-le-feu de 60 jours avec des clauses prévoyant la réouverture d'Ormuz et un cadre pour une reprise des négociations sur le nucléaire.

"Nous n'approuverons aucun accord tant que nous n'aurons pas la certitude que les droits du peuple iranien ont été pleinement garantis", a averti dimanche le principal négociateur iranien, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.

L'Iran, qui revendique son droit à mener un programme nucléaire civil, a toujours démenti vouloir se doter de l'arme atomique, malgré les soupçons en ce sens des Etats-Unis et de nombreux pays.

Il souhaite aborder ce dossier dans un second temps en cas d'accord avec Washington et exige une levée immédiate des sanctions le frappant.

Site stratégique 

Donald Trump a insisté dimanche sur Truth Social que le projet d'accord "stipule très clairement que l'Iran n'aura pas d'arme nucléaire", et ce "en des termes très fermes".

Téhéran insiste aussi pour que tout accord inclue la fin des hostilités au Liban, où Israël veut "éliminer" le Hezbollah pro-iranien.

Mais sur ce front, l'armée israélienne continue à avancer dans le sud du pays où elle a mené de nouvelles frappes, et le Hezbollah poursuit ses attaques notamment dans le nord israélien, malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril, mais non respectée.

L'armée israélienne s'est emparée dimanche de la forteresse médiévale de Beaufort, un site stratégique où elle avait établi une base pendant les deux décennies de l'occupation israélienne, achevée en 2000.

Pour les Etats-Unis, c'est au Hezbollah de cesser les tirs en premier, en contrepartie de quoi Israël "s'abstiendrait de toute escalade à Beyrouth", selon un plan rapporté par un responsable américain à la suite d'entretiens menés dimanche par le chef de la diplomatie Marco Rubio avec le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

La France a demandé une réunion d'urgence au Conseil de sécurité, qui se tiendra lundi, selon des sources diplomatiques à l'AFP.