La Grèce «en guerre» contre les incendies, des dizaines de milliers de touristes évacués

Dès l'aube lundi matin, deux hélicoptères et deux bombardiers d'eau ont repris leur opération pour épauler les pompiers sur Rhodes (Photo, AFP).
Dès l'aube lundi matin, deux hélicoptères et deux bombardiers d'eau ont repris leur opération pour épauler les pompiers sur Rhodes (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 25 juillet 2023

La Grèce «en guerre» contre les incendies, des dizaines de milliers de touristes évacués

  • La Grèce est «en guerre contre (...) les incendies», a lancé son Premier ministre, Kyriakos Mitsotakis
  • Les commémorations annuelles du rétablissement en 1974 de la démocratie dans ce pays ont même dû être annulées

RHODES: Les pompiers continuaient lundi de combattre les feux de forêt attisés par la canicule en Grèce après l'évacuation sans précédent de dizaines de milliers de vacanciers de l'île de Rhodes, près des côtes turques.

Dans l'île également très touristique de Corfou, au sud de l'Albanie, un feu de forêt a entraîné "l'évacuation préventive de 2 466 personnes", des habitants de la région et des touristes, dans la nuit de dimanche à lundi, a déclaré Yannis Artopios, un porte-parole des pompiers.

Il a toutefois souligné qu'il n'y avait pas eu jusqu'à présent de maisons ou d'hôtels détruits.

La Grèce est "en guerre contre (...) les incendies", a lancé son Premier ministre, Kyriakos Mitsotakis, dans un discours devant le Parlement, avant d'avertir : "Nous avons encore trois jours difficiles devant nous" en raison des températures élevées.

Les commémorations annuelles du rétablissement en 1974 de la démocratie dans ce pays ont même dû être annulées.

Frappée par l'une des plus longues canicules de ces dernières décennies avec des températures ayant dépassé dimanche localement 46°C, la Grèce est depuis la semaine dernière, comme chaque été, touchée par des feux de forêt.

«Inhabituel»

Celui qui ravage Rhodes, dans le sud-est de la mer Egée, a entraîné samedi l'évacuation de plus de 32 000 touristes, "la plus grande opération (de ce type) jamais effectuée en Grèce", selon les autorités.

Nombre d'autres ont été hébergés pendant la nuit dans des gymnases ou des écoles.

Lundi, cette île du Dodécanèse s'est retrouvée sous une épaisse fumée et des collines étaient couvertes de végétation calcinée.

Dès l'aube, deux hélicoptères et deux bombardiers d'eau y ont repris leurs opérations pour épauler les pompiers dans leur lutte contre les flammes pour le septième jour consécutif.

L'agence météorologique nationale (EMY) a annoncé lundi que la vague de chaleur allait croître le lendemain et surtout mercredi, jour où la température doit atteindre 44°C.

Mercredi après-midi, "des orages dans le centre et l'ouest du pays sont prévus, avant une baisse de 6 à 8 degrés Celsius", a néanmoins ajouté l'EMY.

"Bien qu'ils ne soient pas rares dans le sud de l'Europe, ce qui est inhabituel dans les incendies à Rhodes, c'est leur intensité et la vitesse à laquelle ils se sont propagés", a noté Douglas Kelley, du Centre pour l'Ecologie et l'hydrologie du Royaume-Uni.

«Traumatisés»

Kelly Squirrel, une Britannique, a raconté que la police avait ordonné l'évacuation de son hôtel.

"Nous avons dû marcher sans relâche. Nous avons marché pendant environ six heures dans la chaleur", a-t-elle dit à l'AFP, après être parvenue à l'aéroport international de Rhodes, qui s'apparente désormais à un campement improvisé avec ses travailleurs saisonniers allongés sur des serviettes de plage ou ses vacanciers en maillot de bain affalés sur des chaises.

Parmi les touristes attendant d'être rapatriés, Daniel-Cladin Schimdt, un Allemand de 42 ans, allé en vacances avec sa femme et leur fils de neuf ans dans le sud-est de cette île, a vécu "une évacuation cauchemardesque".

"On est épuisés et traumatisés. Je crois qu'on ne réalise pas trop ce qu'il s'est passé", a-t-il confié à l'AFP.

"On a reçu un premier message des autorités samedi à 13h30, puis l'alarme de l'hôtel s'est mise à sonner et on nous a évacués vers la plage". "Il y avait des milliers de personnes (...). On a dû marcher pendant plus de deux heures (...). On n'arrivait pas à respirer, on s'est couvert le visage pour avancer. C'est un miracle".

Kevin Sales, un ingénieur anglais,a quant à lui décrit à l'AFP une situation "terrible". "Nous avons dû prêter à une femme des vêtements de ma femme parce qu'elle n'avait rien pour s'habiller".

Rhodes, qui a compté 2,5 millions de visiteurs en 2022, est l'une des principales destinations de villégiature en Grèce avec de nombreux hôtels tout le long de ses côtes orientales.

«Enfer»

A Corfou, les autorités ont appelé via un message d'alerte sur les téléphones les habitants de nombreuses petites localités et les vacanciers qui s'y trouvaient à quitter "par précaution leur résidence".

L'incendie s'est déclaré dimanche et continue de brûler la forêt dans le nord de cette île de la mer Ionienne où sont mobilisés lundi quelque 62 pompiers épaulés par deux hélicoptères et deux bombardiers d'eau.

Tout juste rentrée en Allemagne avec d'autres compatriotes ayant fui Rhodes, Lena Schwarz a parlé de l'"enfer" qu'elle a vécu là-bas.

"Pour échapper aux flammes, nous avons couru une dizaine de kilomètres à pied avec tous nos bagages par une température de 42°C", a raconté à l'AFP cette femme de 38 ans, dans le hall de l'aéroport de Hanovre (nord).

Les Allemands fournissent l'un des plus gros contingents de touristes pendant l'été à Rhodes, avec les Britanniques et les Français.

Beaucoup des touristes allemands ont évoqué avec effroi les circonstances de leur départ au cours du week-end.

Face aux flammes qui se rapprochaient de son hôtel, Oxana Neb, 50 ans, a ainsi "couru à la plage" avec les valises qu'elle a finalement abandonnées, avant de poursuivre son chemin...


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
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  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.


Trump dit prolonger le cessez-le-feu avec l'Iran jusqu'à nouvel ordre

Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
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  • Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur
  • Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens.

S'exprimant sur sa plateforme Truth Social, le président américain a annoncé avoir décidé de "prolonger le cessez-le-feu jusqu'à ce que l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur.

Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz.

L'annonce du président américain intervient alors que Washington et Téhéran ont affiché leur désaccord sur l'expiration de la trêve, les premiers parlant de mercredi soir, heure de Washington, tandis que les seconds ont évoqué ce mardi, à minuit GMT.

Par ailleurs, la Maison Blanche a confirmé en fin de journée que le vice-président JD Vance, chargé de mener d'éventuelles nouvelles discussions avec l'Iran au Pakistan, ne quitterait pas Washington mardi, comme initialement prévu.

"A la lumière du message du président Trump sur Truth Social, confirmant que les Etats-Unis attendent une proposition unifiée des Iraniens, le voyage au Pakistan n'aura pas lieu aujourd'hui", a indiqué un haut responsable de l'exécutif américain, dans une déclaration transmise à la presse.

La Maison Blanche n'avait jamais confirmé le déplacement du vice-président, mais a entretenu le flou sur le fait de savoir s'il quittait ou pas la capitale dans la journée de mardi.

Bientôt deux mois après le début des hostilités déclenchées par Israël et les Etats-Unis, Téhéran a menacé de son côté de reprendre les frappes en direction des pays du Golfe, mettant en péril l'approvisionnement pétrolier mondial.