Depuis 1954, le pardon islamo-chrétien des Sept-Saints répond au «  besoin de se connaître  »

"Les musulmans m’ont aidé à être chrétiens", confie Mgr Pascal Gollnisch, pardonneur de cette édition. (AFP).
"Les musulmans m’ont aidé à être chrétiens", confie Mgr Pascal Gollnisch, pardonneur de cette édition. (AFP).
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Publié le Mardi 25 juillet 2023

Depuis 1954, le pardon islamo-chrétien des Sept-Saints répond au «  besoin de se connaître  »

  • Assis sous un chapiteau installé pour le week-end, Brahim et Andrée viennent de se rencontrer : "Il m’aide à réviser mon arabe", se réjouit la retraitée bretonne, en lançant "murajaea"
  • De son côté, c’est une première pour Brahim, de confession musulmane : "Ca fait des années que j’entends parler de ce pardon breton, des années que je veux y venir. On n’a pas arrêté de discuter depuis ce matin avec les chrétiens"

LE-VIEUX-MARCHE: Depuis près de 70 ans, chrétiens et musulmans se retrouvent chaque fin juillet dans la petite commune du Vieux-Marché (Côtes d’Armor), pour le pardon des Sept-Saints, où les temps d'échanges et de prières sont ponctués de fest-noz, couscous et galette-saucisse.

Assis sous un chapiteau installé pour le week-end, Brahim et Andrée viennent de se rencontrer : "Il m’aide à réviser mon arabe", se réjouit la retraitée bretonne, en lançant "murajaea".

"Je viens depuis les années 1963-64, je suis probablement la plus vieille de l’assemblée aujourd’hui", observe-t-elle.

De son côté, c’est une première pour Brahim, de confession musulmane : "Ca fait des années que j’entends parler de ce pardon breton, des années que je veux y venir. On n’a pas arrêté de discuter depuis ce matin avec les chrétiens, les gens sont souriants, accueillants, contents de nous voir."

A l’origine de ce pardon, l'islamologue français Louis Massignon (1883-1962) avait eu l'idée d'organiser ce pèlerinage islamo-chrétien en 1953. En assistant au pardon du Vieux-Marché, il avait été intrigué par les paroles d'un vieux cantique breton dont les versets étaient très voisins d'une partie de la sourate XVIII du Coran ("Gens de la caverne"), relatant l'histoire des sept martyres d'Ephèse, emmurés vivants et ressuscités.

A ses débuts, le pardon attirait en majorité des intellectuels musulmans venus de Paris. Mais depuis plusieurs années, et notamment les différents attentats qui ont touché la France, les musulmans locaux se joignent également aux festivités.

"A Lannion, il y a une communauté de 300 à 400 individus qui fréquentent les lieux de culte et c'est une partie d'entre eux qui participent à cet événement-là", précise l'imam de Lannion, Mehand Iheddadene.

« Belle aventure »

Après l'assassinat du père Jacques Hamel en 2016 à Saint-Etienne-du-Rouvray par deux islamistes radicaux, la communauté musulmane de Lannion avait "tellement été choquée de ce qui s’est passé qu’elle (avait) souhaité se rapprocher de la communauté catholique de Lannion", témoigne Gersende de Villeneuve, membre du collectif E.S.P.O.I.R.S, co-organisateur de l'événement.

"Finalement, d’un drame est née une très belle aventure !", souligne-t-elle.

Le pardon se déroule sur trois jours avec pour temps fort, le dimanche où se succèdent une messe catholique dans la chapelle de la commune, suivie d'une marche d'une centaine de mètres jusqu’à la "stèle de la paix" qui représente le temps non-croyant et enfin le temps musulman à la fontaine, au coeur de la forêt.

Sous le chapiteau, de grandes marmites de couscous attendent la centaine de participants, qui continueront d'échanger de manière informelle.

"Les musulmans m’ont aidé à être chrétiens", confie Mgr Pascal Gollnisch, pardonneur de cette édition. "Je pense qu’il est important de soutenir les efforts où chrétiens, musulmans et incroyants se retrouvent dans un même lieu et sont capables de s’écouter et de partager des valeurs communes", ajoute celui qui est par ailleurs directeur général de l'Oeuvre d'Orient.

Pour cette édition, c'est le thème de "l'eau" qui a été choisi. Sous la pluie bretonne, ce sujet inspire Mgr Gollnisch : "Cela touche les chrétiens et les musulmans, qui voient dans l’eau une création de Dieu qui doit être respectée mais cela parle également aux agnostiques qui sont au courant du manque d’eau. Nous sommes très conscients de devoir agir ensemble".

Pour beaucoup, Le pardon des Sept-Saints est un moment essentiel pour la bonne entente entre les différentes religions : "Déjà qu’en faisant des efforts, le chemin est encore long alors si on arrête les initiatives comme ce pardon, ça va être la fin", selon Ahmed Hassini, aumônier à la prison de Saint-Malo.

"Il faut continuer avec l’espoir qu’à un moment ou à un autre il y ait un déclic, car tant qu’on stigmatise des gens, le discours ne suffira pas. On a vraiment besoin de se connaître", poursuit-il.


L'ex-Premier ministre Edouard Philippe soupçonné de détournement de fonds publics

L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
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  • Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025
  • Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête

PARIS: L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi.

Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025 avec constitution de partie civile.

Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête.

La lanceuse d'alerte, "Judith" (prénom modifié), "se félicite de l'ouverture d'une information judiciaire sur les faits qu'elle dénonce et attend avec impatience d'être entendue par le juge d'instruction", a réagi auprès de l'AFP son avocat Jérôme Karsenti.

Les faits sont contestés depuis le début par M. Philippe, qui a été le premier chef de gouvernement d'Emmanuel Macron (2017-2020).

La maire du Havre "prend acte de l'ouverture d'une information judiciaire. Il l'apprend par la presse. Et il répondra bien évidemment à toutes les questions que posera la justice", a réagi auprès de l'AFP son entourage.

Etaient également visées par la plainte Stéphanie de Bazelaire, adjointe chargée de l'innovation et du numérique, ainsi que Claire-Sophie Tasias, directrice générale des services de la communauté urbaine havraise.

La plainte consultée par l'AFP estimait que le juge d'instruction devait "apprécier si un pacte a été conclu entre M. Edouard Philippe et Mme de Bazelaire, caractérisé notamment par un soutien politique, financier et relationnel en contrepartie de la gestion de la Cité numérique", un tiers-lieu d'innovation.

Les soupçons portent sur une convention d'objectifs pluriannuelle pour l'animation de la Cité numérique du Havre, signée en juillet 2020 notamment par Edouard Philippe, président de la communauté urbaine, et Stéphanie de Bazelaire, en tant cette fois que présidente bénévole de l'association LH French Tech.

LH French Tech, créée en juillet 2020, a été désignée pour cette mission après un appel à manifestation d'intérêt lancé par la communauté urbaine en mars 2020 et dans le cadre d'un service d'intérêt économique général (SIEG).

L'association, seule candidate, devait toucher 2,154 millions d'euros de compensation de service public pour mener des projets.

Le conflit d'intérêts "semble absolument évident", a considéré à l'époque la lanceuse d'alerte, directrice générale adjointe à la communauté urbaine de septembre 2020 à avril 2023 et qui avait obtenu le statut de lanceuse d'alerte en janvier 2025.


De retour d'Alger, Darmanin se dit «très rassuré par la façon dont Christophe Gleizes est traité»

Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays. (AFP)
Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays. (AFP)
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  • Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est dit mardi "très rassuré" par la façon dont le journaliste sportif Christophe Gleizes "est traité" par l'Algérie où il est détenu, au lendemain d'une visite à Alger
  • Le journaliste sportif est détenu depuis près d'un an en Algérie

PARIS: Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est dit mardi "très rassuré" par la façon dont le journaliste sportif Christophe Gleizes "est traité" par l'Algérie où il est détenu, au lendemain d'une visite à Alger.

"Nous avons rappelé qu'il faut rendre Christophe Gleizes non pas à la France, mais à sa mère", a déclaré le garde des Sceaux sur CNews et Europe 1, estimant que le président algérien Abdelmadjid Tebboune "y sera sensible, en tous cas (...) je lui fais confiance pour cela".

Le journaliste sportif est détenu depuis près d'un an en Algérie.

Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays.

Ce séjour actait un apaisement entre les deux pays amorcé ces derniers mois après une crise acrimonieuse de presque deux ans.

Le garde des Sceaux a affirmé avoir obtenu des autorités algériennes "la reprise de notre coopération judiciaire".

Il a salué "des échanges extrêmement forts" avec le président Tebboune sur la question de Christophe Gleizes, arrêté dans le cadre d'un reportage en mai 2024 en Kabylie (nord-est) et condamné à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme".

"Maintenant, sa peine est définitive, puisqu'il n'a pas fait de pourvoi en cassation", a reconnu mardi Gérald Darmanin. La démarche vise à ouvrir la voie à une possible grâce du président Tebboune.

Le ministre a estimé que le chef de l'Etat algérien était en mesure "de faire ce geste pour cette famille, et bien sûr pour notre bonne relation".

 


L’Institut du monde arabe réunit les jeunes du G7 autour des partenariats internationaux

L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
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  • La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»
  • Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne

PARIS: L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques.

Organisé à Paris du 17 au 20 mai sous présidence française du G7, le Y7 constitue la plateforme officielle d’engagement des jeunes des pays membres du G7. Cette initiative précède d’un mois le sommet des chefs d’État et de gouvernement prévu à Évian.

La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»

Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne.

Le programme prévoit également une visite privée de l’exposition consacrée à Byblos pour les délégations internationales, avant les interventions officielles et un cocktail de réseautage.

À travers cet événement, l’Institut du monde arabe entend réaffirmer son engagement en faveur du dialogue entre les cultures, de la coopération internationale et de la mobilisation des nouvelles générations face aux grands défis mondiaux.