Yémen: L'ONU démarre les opérations de sauvetage de la «bombe à retardement» Safer

Un ouvrier se tient sur le pont du pétrolier FSO Safer, battant pavillon yéménite, en mer Rouge, au large de la province contestée de Hodeida, à l'ouest du Yémen, le 15 juillet 2023. (AFP)
Un ouvrier se tient sur le pont du pétrolier FSO Safer, battant pavillon yéménite, en mer Rouge, au large de la province contestée de Hodeida, à l'ouest du Yémen, le 15 juillet 2023. (AFP)
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Publié le Mercredi 26 juillet 2023

Yémen: L'ONU démarre les opérations de sauvetage de la «bombe à retardement» Safer

  • Les opérations de pompage et le transfert du pétrole devrait prendre environ trois semaines
  • Les Nations unies espèrent que l'opération de 143 millions de dollars éliminera le risque de catastrophe environnementale

DJEDDAH: Les ingénieurs de l'ONU ont commencé mardi à pomper plus d'un million de barils de pétrole d'un navire de stockage rouillé et en détérioration dans la mer Rouge, mettant ainsi fin à un problème de huit ans avec la milice Houthie au Yémen.

La guerre au Yémen a entraîné la suspension des opérations de maintenance du FSO Safer en 2015, qui est amarré au large des côtes du pays depuis plus de 30 ans.

L'opération de pompage du pétrole, d'une durée de trois semaines et d'un coût de 143 millions de dollars (1 dollar = 0,90 euro), permettra de «désamorcer ce qui pourrait être la plus grande bombe à retardement du monde», a déclaré le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres. Il s'agit d'une«étape cruciale pour éviter une catastrophe environnementale et humanitaire d'une ampleur colossale.»

Depuis des années, les responsables des Nations unies avertissent que la mer Rouge et le littoral du Yémen sont menacés par le pétrolier Safer. Il pourrait laisser échapper quatre fois plus de pétrole que la catastrophe de l'Exxon Valdez en 1989 au large de l'Alaska, et le nettoyage d'un tel déversement coûterait 20 milliards de dollars.

Sarah Bel, porte-parole du Programme des Nations unies pour le développement, a averti que tout déversement de pétrole pourrait atteindre la côte africaine, endommageant la biodiversité marine pour les 25 prochaines années et éliminant 200 000 emplois. Cela entraînerait également la fermeture des ports qui acheminent la nourriture et les fournitures au Yémen, où environ 17 millions de personnes dépendent de l'aide humanitaire.

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Le pétrolier Safer en détérioration rapide, risque d'exploser à tout moment (Photo, AFP).

En raison de l’emplacement du Safer en mer Rouge, un déversement coûterait également des milliards de dollars par jour en perturbations du transport maritime à travers le détroit de Bab al-Mandab jusqu'au canal de Suez, tout en dévastant les écosystèmes, les communautés de pêcheurs côtiers et les ports vitaux.

Pendant ce temps, les ingénieurs de l'ONU croisent les doigts : les températures estivales caniculaires, les tuyaux vieillissants et les mines marines qui se trouvent dans les eaux environnantes constituent des risques pour l'opération.

«Parce que c'est le début de la phase délicate du projet de pompage du pétrole, nous devons être très prudents », a signalé Bel.

Même si le transfert se déroule bien, le Safer «constituera une menace résiduelle pour l'environnement, car il contient des résidus d'hydrocarbures visqueux et risque de se briser», a prévenu l'ONU.

On s'attend également à des différends concernant la propriété du pétrole et du Nautica, le navire de remplacement dans lequel le pétrole est pompé, opposant les Houthis au gouvernement légitime d'Aden.

Mais la plupart des gens perçoivent les progrès réalisés sur la question du Safer comme un signe positif. «J'espère que ce sera le début du processus de paix», a déclaré Fathi Fahem, le chef d'entreprise yéménite qui a proposé un navire de remplacement pour le Safer il y a deux ans.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Iran jure de continuer à riposter aux frappes américaines

Cette capture d'écran, réalisée le 23 juillet 2026 à partir d'une séquence vidéo diffusée par le Commandement central américain (CENTCOM) le 22 juillet 2026, montre les forces américaines en train de lancer ce que l'armée qualifie de frappes de précision contre l'Iran pour la douzième nuit consécutive. (AFP)
Cette capture d'écran, réalisée le 23 juillet 2026 à partir d'une séquence vidéo diffusée par le Commandement central américain (CENTCOM) le 22 juillet 2026, montre les forces américaines en train de lancer ce que l'armée qualifie de frappes de précision contre l'Iran pour la douzième nuit consécutive. (AFP)
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  • Après une douzième nuit consécutive d'hostilités, l'armée iranienne a juré qu'elle poursuivrait ses "représailles", "tant que les attaques américaines contre les infrastructures et les zones côtières du pays perdureront"
  • Téhéran continuera "à payer un prix très lourd", a pour sa part déclaré le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, en marge de l'Asean à Manille, affirmant que l'Iran n'était "clairement pas prêt à passer un accord"

TEHERAN: L'Iran a juré jeudi de poursuivre ses représailles contre l'ennemi américain tant qu'il serait attaqué, tandis que ses alliés houthis yéménites ont ouvert un deuxième front dans la guerre régionale en revendiquant des attaques en mer Rouge contre deux pétroliers saoudiens.

Les affrontements entre Téhéran et Washington, qui ont repris le 7 juillet, font craindre un blocage durable des exportations d'hydrocarbures alors que le détroit d'Ormuz est verrouillé par l'Iran et que les rebelles yéménites ont annoncé un blocus de la flotte d'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut.

Avec pour conséquence une flambée des cours du pétrole: vers 06H15 GMT, le Brent, référence internationale, se rapprochait des 100 dollars à 96,31 dollars le baril (+2,38%), loin de l'accalmie qui avait suivi la signature d'un protocole d'accord irano-américain mi-juin.

Après une douzième nuit consécutive d'hostilités, l'armée iranienne a juré qu'elle poursuivrait ses "représailles", "tant que les attaques américaines contre les infrastructures et les zones côtières du pays perdureront".

Téhéran continuera "à payer un prix très lourd", a pour sa part déclaré le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, en marge de l'Asean à Manille, affirmant que l'Iran n'était "clairement pas prêt à passer un accord".

Téhéran a dit avoir notamment frappé, au Koweït, des dépôts de munitions et des réservoirs de carburant, et en Jordanie, un radar américain du système antimissile THAAD et un système Patriot, conçu pour intercepter les projectiles balistiques.

L'armée jordanienne a fait état de dix missiles et drones tirés vers le royaume ces 24H, dont neuf interceptés, et l'armée du Koweït a annoncé dans la nuit répondre à des attaques de "drones hostiles".

Voies maritimes paralysées 

Côté américain, l'armée a dit avoir visé des cibles militaires iraniennes, pour "réduire davantage la capacité de l'Iran à menacer les marins civils et les navires commerciaux" transitant dans le détroit d'Ormuz, au coeur des tensions.

Des médias iraniens ont rapporté des frappes à deux reprises sur Bouchehr, ville où se trouve la seule centrale nucléaire en fonctionnement, et à Chalamcheh, à proximité d'un poste-frontière avec l'Irak, où deux personnes ont été tuées.

D'autres bombardements ont été signalés à Ahvaz, près du Golfe et sur la ville de Konarak, non loin du port de Chabahar sur le golfe d'Oman, ainsi que des explosions à Sirik, près du détroit d'Ormuz.

La discorde irano-américaine sur cette voie stratégique, par laquelle transitait d'ordinaire un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures, a déclenché la reprise des hostilités le 7 juillet.

La République islamique veut y instaurer des frais de passage et n'autorise qu'un itinéraire, le long de ses côtes, menaçant de s'en prendre à tout navire contrevenant.

Les Gardiens de la Révolution, son armée idéologique, ont affirmé jeudi avoir stoppé trois pétroliers qui tentaient de le franchir.

En réaction, les Etats-Unis imposent un blocus maritime à l'Iran. Le Commandement pour le Moyen-Orient (Centcom) a précisé que ses forces "ont dérouté neuf navires commerciaux et en a immobilisé un", pour les empêcher "d'entrer dans ou de quitter les ports iraniens".

De l'autre côté de la péninsule arabique, en mer Rouge, les rebelles yéménites houthis, soutenus par l'Iran, ont revendiqué "une opération militaire" contre "deux pétroliers saoudiens qui ont violé le blocus", identifiés comme l'Encelia et le Layla.

Après avoir lundi annoncé cette mesure, ils avaient menacé de viser les navires tentant de se frayer un passage.

Une source officielle saoudienne a confirmé que l'Encelia, "appartenant à une société saoudienne", avait été "pris pour cible", provoquant un incendie, selon l'agence officielle SPA.

Coût exorbitant 

En ciblant l'Arabie saoudite, les Houthis "ont l'air de s'être laissés entraîner", a estimé M. Rubio, jugeant qu'ils "s'étaient fait avoir par les Iraniens".

Selon des données analysées par l'AFP, au moins neuf bateaux ont fait demi-tour en mer Rouge ou dans les environs du détroit de Bab el-Mandeb, à l'extrême sud du Yémen, depuis la menace houthie.

La guerre a un prix, estimé par la Défense américaine jusqu'à présent à 37,5 milliards de dollars. Mercredi, la Chambre des représentants a approuvé un cadre budgétaire de 95 milliards de dollars, qui se dirige désormais vers le Sénat, et est  prévu en grande partie pour le Pentagone afin de financer le conflit.

Aucun signe d'apaisement n'apparaît, mais le Pakistan, pays médiateur, veut rester optimiste. "Nous n'avions pas perdu espoir même durant les heures les plus sombres. Nous ne sommes pas découragés", a déclaré le porte-parole de la diplomatie.

Sur le front yéménite, où une trêve négociée en 2022 entre les rebelles et le gouvernement soutenu par Ryad, était toujours active malgré son expiration, le sultanat d'Oman a dit vouloir oeuvrer pour reprendre des discussions en vue d'une désescalade.


Iran: les Gardiens de la Révolution disent avoir détruit en Jordanie des équipements militaires américains

La forteresse d'Aqaba s'illumine en rouge pour célébrer la semaine de l'inclusion en Jordanie, à Amman, le 20 juillet 2026. (Photo : George SAIF / Special Olympics / FACTSTORY)
La forteresse d'Aqaba s'illumine en rouge pour célébrer la semaine de l'inclusion en Jordanie, à Amman, le 20 juillet 2026. (Photo : George SAIF / Special Olympics / FACTSTORY)
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  • Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran, ont affirmé jeudi avoir détruit en Jordanie un radar américain du système antimissile THAAD
  • Les Gardiens font également état de la destruction d'un système Patriot

TEHERAN: Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran, ont affirmé jeudi avoir détruit en Jordanie un radar américain du système antimissile THAAD, en représailles aux frappes des Etats-Unis contre l'Iran.

Dans un communiqué relayé par la télévision d'Etat, les Gardiens font également état de la destruction d'un système Patriot, conçu pour intercepter les projectiles balistiques, ainsi que de l'incendie d'un hangar présenté comme servant à la maintenance d'hélicoptères.

 

 


L'armée iranienne revendique des frappes au Koweït contre des sites militaires américains

L'armée iranienne a affirmé jeudi avoir frappé, en représailles aux attaques américaines, plusieurs sites au Koweït présentés comme servant aux Etats-Unis. (AFP)
L'armée iranienne a affirmé jeudi avoir frappé, en représailles aux attaques américaines, plusieurs sites au Koweït présentés comme servant aux Etats-Unis. (AFP)
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  • L'armée iranienne a affirmé jeudi avoir frappé, en représailles aux attaques américaines, plusieurs sites au Koweït présentés comme servant aux Etats-Unis
  • Dans un communiqué relayé par la télévision d'Etat, l'armée iranienne a indiqué avoir ciblé au moyen de drones "les dépôts de munitions et de logistique de l'armée américaine à camp Doha"

TEHERAN: L'armée iranienne a affirmé jeudi avoir frappé, en représailles aux attaques américaines, plusieurs sites au Koweït présentés comme servant aux Etats-Unis.

Dans un communiqué relayé par la télévision d'Etat, l'armée iranienne a indiqué avoir ciblé au moyen de drones "les dépôts de munitions et de logistique de l'armée américaine à camp Doha, les réservoirs de carburant de la base Ali al-Salem, ainsi que le dépôt de munitions du camp Arifjan", tous situés au Koweït.