En Israël, la crise s'amplifie autour de la réforme judiciaire

Une manifestante portant un masque représentant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu participe à un sit-in pour bloquer l'entrée de la Knesset, le parlement israélien, à Jérusalem le 24 juillet 2023, au milieu d'une vague de protestations qui dure depuis des mois contre la réforme judiciaire prévue par le gouvernement (Photo, AFP).
Une manifestante portant un masque représentant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu participe à un sit-in pour bloquer l'entrée de la Knesset, le parlement israélien, à Jérusalem le 24 juillet 2023, au milieu d'une vague de protestations qui dure depuis des mois contre la réforme judiciaire prévue par le gouvernement (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 26 juillet 2023

En Israël, la crise s'amplifie autour de la réforme judiciaire

  • Le gouvernement Netanyahou estime que cette mesure est nécessaire pour assurer un meilleur équilibre des pouvoirs
  • Ses détracteurs y voient pour leur part une menace pour la démocratie et craignent qu'elle ouvre la voie à une dérive autoritaire en Israël

JERUSALEM: Les opposants au projet de réforme de la justice en Israël ont promis mardi de nouvelles manifestations, au lendemain de l'adoption par le Parlement d'une mesure clé de cette réforme, qui divise le pays et inquiète plusieurs pays alliés.

Plusieurs appels ont été déposés, notamment par le barreau israélien, auprès de la Cour suprême pour l'invalidation du texte voté lundi par les 64 députés de la coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahou, qui comprend des partis juifs ultra-orthodoxes et d'extrême droite.

Les organisateurs du mouvement de contestation qui se poursuit depuis la présentation du projet en janvier, ont annoncé mardi de nouveaux rassemblements dans les jours à venir, y compris mercredi près de la Cour suprême à Jérusalem, ainsi qu'à Tel-Aviv.

"Nous avons perdu cette bataille-là contre cette réforme, mais nous sommes déterminés à nous battre contre ce mauvais gouvernement", a déclaré Guy Maidan, un opposant à la réforme. "Cela va être une longue bataille, faire revenir la démocratie en Israël".

Le projet de loi porté par le gouvernement a déclenché l'un des plus vastes mouvements de contestation de l'histoire d'Israël.

La réforme vise à accroître le pouvoir des élus sur celui des magistrats. Le gouvernement estime qu'elle est nécessaire pour assurer un meilleur équilibre des pouvoirs, mais ses détracteurs y voient une menace pour la démocratie et craignent qu'elle ouvre la voie à une dérive autoritaire.

La mesure votée lundi par la Knesset, la première de la réforme à devenir une loi, limite la possibilité pour la Cour suprême d'invalider une décision du gouvernement.

La contestation populaire, qui rassemble chaque semaine depuis janvier des dizaines de milliers de manifestants, s'est intensifiée à l'approche de ce vote.

En signe de protestation, le syndicat des médecins a lancé mardi une grève générale du service public, sauf pour les urgences.

Le tribunal du travail de Tel-Aviv a ordonné le jour même la fin de la grève, estimant que "les craintes du syndicat sont pour le moment théoriques alors que les dommages aux patients sont réels".

"Une grève de deux heures est légitime pour exprimer le droit de protester mais pas plus", a ajouté le tribunal.

Lundi, le puissant chef de la centrale syndicale Histadrout, Arnon Bar David, avait prévenu que "toute avancée unilatérale dans la réforme aurait des conséquences graves", brandissant la menace d'une grève générale.

Dans ce contexte d'instabilité, la Bourse de Tel-Aviv a poursuivi mardi son mouvement de repli.

Plusieurs quotidiens israéliens affichaient mardi une première page entièrement noire avec les mots "Jour noir pour la démocratie israélienne".

«Mener un dialogue»

Lors des manifestations qui se sont poursuivies tard lundi, 58 personnes ont été interpellées pour troubles à l'ordre public, selon la police.

La police avait utilisé des canons à eau pour disperser des manifestants qui tentaient de bloquer des axes principaux à Jérusalem et Tel-Aviv.

Elle a dit avoir placé en garde à vue un homme soupçonné d'avoir blessé des manifestants lundi en conduisant sa voiture au milieu de protestataires qui bloquaient une autoroute.

"Vous voyez ce qui se passe dans la rue (...), tout le monde est très en colère, je suis vraiment triste", a dit à l'AFP Josh Hakim, un étudiant qui manifestait lundi soir près du Parlement à Jérusalem.

Des manifestations étaient prévues mardi soir à Tel Aviv, Jérusalem et dans d'autres villes du pays.

M. Netanyahou a affirmé lundi vouloir négocier avec l'opposition sur la suite du projet de réforme et "mener un dialogue entre nous".

Le chef de l'opposition, le centriste Yaïr Lapid, a rétorqué que "l'objectif de Netanyahou était de faire taire les protestataires" et prévenu que la lutte ne faisait que commencer.

Cette crise, qui divise profondément le pays, a suscité les inquiétudes de plusieurs alliés d'Israël, notamment des Etats-Unis.

La France s'est dite mardi "profondément attachée aux principes démocratiques, qui forment le socle de notre amitié avec Israël depuis son indépendance".

Les manifestations ont attiré des Israéliens de tous les horizons politiques et sociaux, laïques ou religieux, militants pacifistes, cols bleus ou travailleurs du secteur de la technologie mais aussi des réservistes de l'armée, dans un contexte de montée des violences israélo-palestiniennes.


Cinq Italiens décédés dans un accident de plongée aux Maldives

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
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  • Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé
  • Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué

MALE: Cinq Italiens sont décédés dans un accident de plongée aux Maldives, sans que les circonstances précises soient connues, a annoncé jeudi le ministère italien des Affaires étrangères, les forces de sécurité sur place ayant retrouvé un corps.

L'archipel est une destination de vacances de luxe, avec ses plages de sable blanc et ses complexes hôteliers isolés, prisée des plongeurs.

Des responsables locaux ont déclaré qu'il s'agissait du plus grave accident de plongée survenu dans ce pays composé de 1.192 minuscules îles coralliennes dispersées sur quelque 800 kilomètres le long de l'équateur, dans l'océan Indien.

"A la suite d'un accident survenu lors d'une sortie de plongée sous-marine, cinq ressortissants italiens ont trouvé la mort (...) aux Maldives. Les plongeurs auraient perdu la vie alors qu'ils tentaient d'explorer des grottes situées à 50 mètres de profondeur", précise le ministère, en soulignant que les autorités locales menaient une enquête.

Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé.

Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué.

"Un corps a été retrouvé", annonce le communiqué. Il a "été découvert à l'intérieur d'une grotte en profondeur (...) On pense que les quatre autres plongeurs se trouvent également dans cette même grotte, qui descend jusqu'à environ 60 mètres", précise-t-il.

Les MNDF ont aussi précisé qu'un navire des garde-côtes se trouvait dans la zone pour coordonner les opérations de recherche tout au long de la nuit. D'autres plongeurs des garde-côtes ont été envoyés en renfort pour participer aux recherches.

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs.

Une touriste britannique est décédée en décembre lors d'une plongée, et son mari, bouleversé, est mort quelques jours plus tard après être tombé malade.

En juin, un touriste japonais de 26 ans a disparu après une expédition de plongée près de la capitale.

Selon les médias locaux, au moins 112 touristes sont morts dans des incidents liés à la mer dans l'archipel au cours des six dernières années, dont 42 victimes d'accidents de plongée ou de plongée avec tuba.

 


Détroit d'Ormuz: Téhéran annonce laisser passer des navires chinois depuis mercredi

L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran"
  • Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique"

TEHERAN: L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran", ont indiqué jeudi dans un communiqué les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran.

Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique", ont-ils spécifié.

Cette autorisation donnée à plusieurs navires chinois a également été annoncée par des médias officiels iraniens.

La télévision d’État iranienne a notamment précisé que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à franchir le détroit d'Ormuz, sans indiquer s'il s'agissait exclusivement de navires chinois.

Le blocage iranien de cette voie maritime par laquelle transite habituellement un cinquième de la production mondiale de pétrole perturbe les marchés mondiaux et confère à Téhéran un levier stratégique.

Les Etats-Unis ont quant à eux imposé leur propre blocus des ports iraniens malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump, en visite jeudi en Chine, a discuté du détroit d'Ormuz avec son homologue Xi Jinping.

Selon un extrait d'une interview à la chaîne Fox News, Donald Trump a déclaré que M. Xi lui avait assuré que Pékin n'enverrait pas d'équipement militaire à l'Iran et était prêt à aider à la réouverture du détroit d'Ormuz.

La Chine est le principal pays importateur du pétrole iranien.


De nouvelles négociations entre Israël et le Liban s'ouvrent à Washington 

Israël et le Liban ont lancé jeudi à Washington une nouvelle session de discussions pour parvenir à un rapprochement, selon des diplomates, au moment où un cessez-le-feu arrive à expiration. (AFP)
Israël et le Liban ont lancé jeudi à Washington une nouvelle session de discussions pour parvenir à un rapprochement, selon des diplomates, au moment où un cessez-le-feu arrive à expiration. (AFP)
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  • A trois jours de la fin théorique, dimanche, de la trêve au Liban, représentants israéliens et libanais ont repris au département d'Etat des discussions qui doivent durer deux jours
  • Malgré l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 17 avril, Israël a continué à frapper des cibles du Hezbollah pro-iranien au Liban, tuant plus de 400 personnes, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels

WASHINGTON: Israël et le Liban ont lancé jeudi à Washington une nouvelle session de discussions pour parvenir à un rapprochement, selon des diplomates, au moment où un cessez-le-feu arrive à expiration.

Ce troisième cycle de discussions, qui doit durer deux jours, a débuté peu après 09H00 locales (13H00 GMT) au département d'Etat, d'après un diplomate proche du dossier.

A trois jours de la fin théorique, dimanche, de la trêve au Liban, représentants israéliens et libanais ont repris au département d'Etat des discussions qui doivent durer deux jours.

Malgré l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 17 avril, Israël a continué à frapper des cibles du Hezbollah pro-iranien au Liban, tuant plus de 400 personnes, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.

L'armée israélienne a encore annoncé jeudi de nouvelles frappes visant le Hezbollah pro-iranien dans le sud du pays, après avoir ordonné l'évacuation de huit villages. Selon l'agence de presse libanaise ANI, des bombardements se sont produits dans le sud du pays, au lendemain de raids meurtriers qui ont fait 22 morts.

Dans le nord d'Israël, une attaque de drone du Hezbollah a blessé plusieurs civils, selon l'armée israélienne.

En dépit de la trêve, Israël continue de viser le Hezbollah, le mouvement chiite qui a entraîné le Liban dans la guerre régionale à la suite du déclenchement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février.

Le conflit a tué des milliers de personnes, principalement en Iran et au Liban, où les autorités dénombrent plus de 2.800 morts, dont au moins 200 enfants.

Lors de la dernière réunion le 23 avril à Washington entre Israéliens et Libanais, Donald Trump avait annoncé une prolongation de trois semaines de la trêve, et exprimé l'espoir d'un rapprochement historique entre les deux voisins du Proche-Orient.

Le président des Etats-Unis avait conjecturé qu'il accueillerait dans l'intervalle à la Maison Blanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun.

Mais cette rencontre ne s'est pas concrétisée, le chef d'Etat libanais exigeant au préalable un accord sur les questions de sécurité et la fin des attaques israéliennes.