Biden crée un mémorial en l'honneur d'Emmett Till, un adolescent noir lynché

Le président américain Joe Biden prend la parole lors d'une cérémonie de signature de proclamation dans la salle des Traités Indiens du bâtiment Eisenhower Executive Office, à côté de la Maison Blanche à Washington, DC, le 25 juillet 2023. Le président Biden signe une proclamation établissant le Monument national Emmett Till et Mamie Till-Mobley dans l'Illinois et le Mississippi. (Photo, AFP)
Le président américain Joe Biden prend la parole lors d'une cérémonie de signature de proclamation dans la salle des Traités Indiens du bâtiment Eisenhower Executive Office, à côté de la Maison Blanche à Washington, DC, le 25 juillet 2023. Le président Biden signe une proclamation établissant le Monument national Emmett Till et Mamie Till-Mobley dans l'Illinois et le Mississippi. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 25 juillet 2023

Biden crée un mémorial en l'honneur d'Emmett Till, un adolescent noir lynché

  • Le mémorial, créé par proclamation et doté d'un statut de parc national, rendra hommage à cet adolescent noir enlevé en 1955 alors qu'il avait 14 ans, torturé et tué dans l'Etat ségrégationniste du Mississippi
  • Cet acte symbolique de Joe Biden intervient dans le cadre de la lutte contre un racisme résurgent, avait précisé lundi l'exécutif américain

WASHINGTON: Joe Biden a créé mardi un mémorial en l'honneur d'Emmett Till, un adolescent noir victime d'un assassinat raciste en 1955, devenu figure posthume du mouvement des droits civiques aux Etats-Unis.

"Nous devrions tout savoir de notre pays (...) le bon, le mauvais et la vérité -- qui nous sommes en tant que nation", a déclaré le président américain lors d'une cérémonie à la Maison Blanche organisée en présence de membres de la famille d'Emmett Till et du dernier témoin encore en vie de son enlèvement.

Le mémorial, créé par proclamation et doté d'un statut de parc national, rendra hommage à cet adolescent noir enlevé en 1955 alors qu'il avait 14 ans, torturé et tué dans l'Etat ségrégationniste du Mississippi, ainsi qu'à sa mère, Mamie Till-Mobley, qui était devenue une militante au sein du mouvement des droits civiques.

Wheeler Parker, un pasteur désormais octogénaire, qui était le cousin et le meilleur ami de l'adolescent et l'a vu être emporté avant d'être assassiné, était présent lors de la cérémonie.

Au côté de Joe Biden, M. Parker a souligné combien les Etats-Unis avaient changé, depuis cette "nuit de terreur", pour qu'il en vienne à prendre la parole devant le président américain.

 Vandalisme 

Cet acte symbolique de Joe Biden intervient dans le cadre de la lutte contre un racisme résurgent, avait précisé lundi l'exécutif américain. Ignorer l'extrémisme, qui "se cache", ne le fera pas disparaître, a souligné le président.

Originaire de Chicago, Emmett Till rendait visite à des membres de sa famille dans cet Etat du Sud américain lorsqu'il avait été accusé d'avoir sifflé une femme blanche. Il avait ensuite été enlevé et son cadavre mutilé avait été retrouvé 72 heures plus tard dans une rivière.

Trois lieux historiques dans l'Illinois -- où se trouve Chicago, dans le nord des Etats-Unis -- et le Mississippi forment désormais le mémorial. Parmi eux, l'église de Chicago où Mamie Till-Mobley avait insisté pour que le cercueil de son fils reste ouvert, afin que la foule immense puisse contempler le visage défiguré d'Emmett Till.

Des panneaux commémorant le meurtre brutal et installés sur les lieux ont été vandalisés à plusieurs reprises au cours des années.

Histoire 

La proclamation de Joe Biden intervient alors que le gouverneur de Floride Ron DeSantis, candidat à l'investiture républicaine pour la présidentielle de 2024, est accusé de vouloir minimiser certains aspects racistes de l'histoire des Etats-Unis dans les manuels scolaires de son Etat, au nom d'un combat contre les valeurs "woke" de la gauche.

La semaine dernière, il a notamment déclaré que l'esclavage avait bénéficié, sur certains aspects, aux esclaves eux-même.

"C'est blessant et cela ne permet pas d'avoir un récit honnête de l'histoire de notre pays", a répondu la porte-parole de la Maison Blanche, Karine Jean-Pierre, qualifiant ces propos d'"erronés".

Elle a affirmé que le mémorial à la mémoire d'Emmett Till fait partie de "l'histoire plus large de l'oppression des Américains noirs, de leur survie".

"Face aux efforts réalisés pour effacer ou réécrire l'histoire afro-américaine, notamment en Floride, il est essentiel de s'assurer que les histoires comme celles d'Emmett Till soient racontées et non oubliées. L'histoire des Américains noirs est l'histoire de l'Amérique", a réagi mardi l'élu démocrate Hakeem Jeffries.


Les alliés de Washington du G7 poussent à la désescalade

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.  "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie. "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
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  • L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran
  • A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées"

ABBAYE-DES-VAUX-DE-CERNAY: Les ministres des Affaires étrangères du Groupe G7 ont entamé jeudi, sans l'Américain Marco Rubio, une réunion près de Paris avec la volonté affichée de pousser Washington à une désescalade au Moyen-Orient sans pour autant oublier l'Ukraine.

Le secrétaire d'Etat américain rejoindra vendredi matin ses homologues à l'Abbaye des Vaux-de-Cernay, près de Rambouillet, à une cinquantaine de kilomètres de Paris.

L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran, qui a des répercussions économiques mondiales en raison du quasi blocage du détroit d'Ormuz par Téhéran depuis près d'un mois.

A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées".

"Nous constatons que la Russie aide l'Iran sur le plan du renseignement pour cibler des Américains, pour tuer des Américains (au Moyen-Orient), et la Russie fournit également désormais des drones à l'Iran afin que (ce pays) puisse attaquer les pays voisins ainsi que les bases militaires américaines", a-t-elle déclaré à des journalistes.

"Si l'Amérique veut que la guerre au Moyen-Orient cesse, (...) elle doit aussi exercer une pression sur la Russie afin qu'elle ne puisse pas aider (l'Iran) dans ce sens", a-t-elle souligné.

"On a des raisons de penser qu'aujourd'hui la Russie soutient les efforts militaires de l'Iran qui semblent être dirigés notamment sur des cibles américaines", a de son côté déclaré jeudi soir le ministre français Jean-Noël Barrot, lors d'une conférence de presse clôturant la première journée des discussions.

De son côté, la ministre canadienne Anita Anand a appelé le G7 à soutenir "collectivement" une désescalade au Moyen-Orient, dans un entretien à l'AFP.

"Pour le gouvernement allemand, il est très important de savoir précisément ce que nos partenaires américains comptent faire", a pour sa part souligné le ministre allemand Johann Wadephul, alors que la confusion règne sur de potentielles négociations directes entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre.

L'Iran aurait répondu à la proposition annoncée par le président américain Donald Trump, et reçue via le médiateur pakistanais, a affirmé jeudi une source citée par l'agence de presse iranienne Tasnim.

Jeudi, l'émissaire américain Steve Witkoff a quant à lui assuré qu'il existait des "signaux forts" montrant que Téhéran veut passer un accord avec les Etats-Unis.

Mercredi, la télévision d'Etat avait pourtant affirmé que l'Iran avait rejeté ce plan tandis que la Maison Blanche menaçait de déchaîner "l'enfer" sur le pays en cas d'échec des négociations.

La France, qui exerce la présidence du G7 cette année, prône elle aussi la voie diplomatique, redoutant d'être entraînée dans le conflit.

Bien que disposant de bases militaires dans les pétromonarchies du Golfe avec lesquels elle est liée par des accords de coopération de sécurité, elle a constamment souligné que sa posture était "purement défensive".

Difficile convergence de vues 

Mais cette position semble de plus en plus difficile à tenir alors que ces Etats sont visés par les frappes iraniennes, en représailles aux tirs provenant de bases américaines implantées au Moyen-Orient.

Au G7, la principale session de travail consacrée à la guerre au Moyen-Orient se tiendra vendredi.

Les chefs de la diplomatie des grands pays émergents (Inde et Brésil) ont été invités, de même que les ministres ukrainien, saoudien et sud-coréen.

L'Italie compte "promouvoir une désescalade" et assurer de "la disponibilité du gouvernement italien à contribuer aux efforts visant à garantir un passage sûr à travers le détroit d'Ormuz", selon une source diplomatique italienne.

Le Royaume-Uni et la France vont réunir cette semaine une trentaine de pays prêts à former une coalition visant à participer à la sécurisation du détroit d'Ormuz.

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.

"La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine.

Signe de la difficulté à faire converger les vues, cette réunion s'achèvera vendredi avec la publication d'un communiqué de la présidence française, plutôt qu'un communiqué conjoint, a indiqué une source diplomatique.

La ministérielle Affaires étrangères précèdera un G7 Finances et Energie avec les Banques centrales programmée lundi en visio-conférence.

 


Iran: Trump repousse son ultimatum au 6 avril

Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
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  • "A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."
  • "Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien."

"A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."

"Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.

 

 


Des pourparlers indirects en cours entre les États-Unis et l’Iran, dit le Pakistan

Des négociations indirectes sont en cours pour mettre fin à la guerre en Iran et Islamabad joue le rôle d'intermédiaire, a confirmé jeudi le ministre des Affaires étrangères pakistanais, Ishaq Dar. (AFP)
Des négociations indirectes sont en cours pour mettre fin à la guerre en Iran et Islamabad joue le rôle d'intermédiaire, a confirmé jeudi le ministre des Affaires étrangères pakistanais, Ishaq Dar. (AFP)
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  • M. Dar, qui est également vice-Premier ministre, a qualifié les spéculations sur des "pourparlers de paix" d’"inutiles", ajoutant : "En réalité, des discussions indirectes entre les États-Unis et l’Iran ont lieu par le biais du Pakistan"
  • "Dans ce contexte, les États-Unis ont transmis 15 points, qui sont actuellement examinés par l'Iran", a-t-il poursuivi sur X

ISLAMABAD: Des négociations indirectes sont en cours pour mettre fin à la guerre en Iran et Islamabad joue le rôle d'intermédiaire, a confirmé jeudi le ministre des Affaires étrangères pakistanais, Ishaq Dar.

M. Dar, qui est également vice-Premier ministre, a qualifié les spéculations sur des "pourparlers de paix" d’"inutiles", ajoutant : "En réalité, des discussions indirectes entre les États-Unis et l’Iran ont lieu par le biais de messages transmis par le Pakistan".

"Dans ce contexte, les États-Unis ont transmis 15 points, qui sont actuellement examinés par l'Iran", a-t-il poursuivi sur X.

"Des pays frères comme la Turquie et l'Égypte, entre autres, apportent également leur soutien à cette initiative", a-t-il ajouté.

Les déclarations de M. Dar constituent la première confirmation officielle de la part d'Islamabad que le Pakistan joue un rôle de facilitateur.

Islamabad a été présenté comme un médiateur potentiel, compte tenu de ses liens anciens avec l’Iran voisin et avec les États-Unis, ainsi que de son réseau de contacts dans la région.

Le Premier ministre Shehbaz Sharif et M. Dar sont tous deux en contact régulier avec de hauts responsables du gouvernement iranien, ainsi qu'avec leurs alliés du Golfe, notamment l’Arabie saoudite.

Le puissant chef de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, est lui aussi impliqué dans ces efforts diplomatiques et a parlé au président américain Donald Trump dimanche dernier, ont indiqué des responsables.

Mais le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a maintenu que l'Iran n'avait "pas l'intention de négocier" et comptait "continuer à résister".

L'Iran veut "mettre fin à la guerre à ses propres conditions", a-t-il souligné. "Parfois, des messages peuvent être transmis (...) mais ça ne peut en aucun cas être qualifié de dialogue ni de négociation".