Algérie: Les familles enterrent leurs proches après les incendies meurtriers

Des personnes inspectent la destruction des vestiges d'une ferme à la suite d'un incendie de forêt près de la ville de Melloula, dans le nord-ouest de la Tunisie, près de la frontière avec l'Algérie, le 26 juillet 2023 (Photo, AFP).
Des personnes inspectent la destruction des vestiges d'une ferme à la suite d'un incendie de forêt près de la ville de Melloula, dans le nord-ouest de la Tunisie, près de la frontière avec l'Algérie, le 26 juillet 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 27 juillet 2023

Algérie: Les familles enterrent leurs proches après les incendies meurtriers

  • Les familles ont commencé à enterrer mercredi les 34 victimes des violents incendies, désormais éteints, qui ont ravagé le nord-est de l'Algérie
  • En fin d'après-midi, trois membres d'une même famille, dont les corps ont été carbonisés, ont été inhumés à Beni Douala, près de Tizi Ouzou

TOUDJA: Les familles ont commencé à enterrer mercredi les 34 victimes des violents incendies, désormais éteints, qui ont ravagé le nord-est de l'Algérie pendant trois jours, et à évaluer les dégâts qu'ils ont causés.

En fin d'après-midi, trois membres d'une même famille, dont les corps ont été carbonisés, ont été inhumés à Beni Douala, près de Tizi Ouzou (à 110 km à l'est d'Alger), en présence d'une vaste foule. Leurs cercueils étaient recouverts du drapeau algérien.

Le ministre de l'Intérieur, Brahim Merad, a annoncé mercredi la création d'une commission pour accélérer l'indemnisation des victimes, assurant que "tous les feux ont été éteints" et qu'"il ne reste plus aucun foyer".

Voitures et champs calcinés, magasins en cendres, la région montagneuse et boisée de Béjaïa, à 250 km d'Alger, a été l'une des plus touchées par ces incendies qui se sont propagés sous l'effet de la sécheresse et de la canicule, par des températures culminant à 48 degrés.

Des témoins ont décrit des langues de feu, se déclenchant "comme un chalumeau".

Près de Toudja, dans la préfecture de Béjaïa, 16 personnes ont été brûlées vives en tentant de quitter le village d'Ait Oussalah, dans la nuit de dimanche à lundi.

"A trois heures du matin, on nous a dit de prendre tous nos objets précieux à cause d'un gros incendie. De retour chez nous, il n'y a plus rien et pas un mouton n'a survécu", a raconté à l'AFP Taous Timizar, un rescapé.

A Tighremt, toujours dans les environs de Bejaïa, Kamal Takmount regarde sa maison détruite: "Les dommages matériels sont inimaginables, ils se chiffrent à des millions de dinars, on a tout perdu en un clin d'oeil", dit-il à l'AFP.

Au total, 97 feux ont ravagé depuis dimanche une quinzaine de préfectures du nord-est du pays, surtout celles de Bouira, Jijel et Béjaïa.

525 camions

Au moins trois témoins ont déploré auprès de l'AFP des retards dans l'intervention des secours et un manque de moyens.

"La population locale a joué un rôle crucial pour éviter l'extension de certains foyers. Nous avons utilisé des seaux en plastique remplis grâce au camion d'un bénévole et nous sommes montés dans la forêt pour lutter contre les flammes", témoigne Mohammed Said Omal, un des volontaires.

Selon les autorités, les incendies ont été maîtrisés grâce à une dizaine d'avions et d'hélicoptères bombardiers d'eau.

Plus de 8 000 agents de la Protection civile et 525 camions ont été mobilisés.

Une baisse des températures et de la force du vent a aussi contribué à éteindre les feux.

Dix soldats sont morts quand leur détachement s'est retrouvé encerclé par les flammes lors de son évacuation de Beni Ksila, près de Béjaïa, en même temps que des habitants.

Les incendies ont également fait plus de 80 blessés, dont 25 militaires.

«Engagement»

Chaque été, le nord et l'est de l'Algérie sont frappés par des feux de forêt, un phénomène qui s'accentue d'année en année sous l'effet du changement climatique, entraînant sécheresses et canicules.

Dans le nord-ouest de la Tunisie, des centaines d'habitants ont dû être évacués à cause d'incendies entre lundi et mardi, près de Tabarka, Bizerte, Siliana, Beja et Semmama.

Un couple avait ouvert en 2019 un "écolodge" dans la forêt au-dessus de Tabarka, qui a entièrement brûlé: "Pour nous, c'est notre vie, la valeur ce n'est pas l'argent mais notre engagement", explique à l'AFP Adel Selmi.

En Algérie, plus de 1 500 personnes ont été évacuées et des stations balnéaires du littoral ont été détruites.

En août 2022, de gigantesques incendies avaient fait 37 morts dans la région d'El Tarf, dans le nord-est. L'été 2021 avait été le plus meurtrier depuis des décennies: plus de 90 personnes avaient péri dans le nord, en particulier en Kabylie.

Pour éviter de telles tragédies, les autorités s'étaient dotées de bombardiers d'eau, dont six loués en Amérique du sud et avaient aménagé des héliports.

Le site d'information TSA s'est toutefois interrogé sur un manque persistant de bombardiers d'eau, une faible protection des villages en lisière de forêts et des problèmes de "déforestation" et d'urbanisation anarchique.


La Turquie met en garde contre «une crise migratoire durable» au Moyen-Orient

La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit. (AFP)
La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit. (AFP)
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  • "Si la guerre et l'occupation s'étendent, il est possible que cela se transforme en une crise migratoire durable, avec des réfugiés cherchant refuge hors des frontières de leur pays", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan
  • M. Fidan, qui juge "impératif de mettre un terme au plus vite" aux violences, a précisé qu'il se rendrait en visite à compter de mercredi dans plusieurs pays de la région afin de discuter des "mesures à prendre"

ISTANBUL: La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit.

"Si la guerre et l'occupation s'étendent, il est possible que cela se transforme en une crise migratoire durable, avec des réfugiés cherchant refuge hors des frontières de leur pays", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, lors d'une conférence de presse à Ankara avec son homologue canadienne Anita Anand.

M. Fidan, qui juge "impératif de mettre un terme au plus vite" aux violences, a précisé qu'il se rendrait en visite à compter de mercredi dans plusieurs pays de la région afin de discuter des "mesures à prendre".

"La situation humanitaire au Liban est extrêmement préoccupante et risque de s'aggraver en cas d'offensive terrestre (israélienne)", a abondé à ses côtés la cheffe de la diplomatie canadienne, Anita Anand.

 

 


Liban: le bilan des frappes israéliennes s'élève à 912 morts

Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé. (AFP)
Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé
  • Selon l'armée, deux soldats ont été tués "par une frappe israélienne ennemie alors qu'ils circulaient à moto" sur une route de Nabatiyé dans le sud

BEYROUTH: Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé.

Le ministère fait en outre état de 67 femmes et 38 personnels médicaux parmi les tués. Le bilan précédent annoncé la veille par les autorités faisait état de 886 morts.

 

 


L’Arabie saoudite appelle l’ONU à agir contre l’islamophobie

L’ambassadeur saoudien auprès de l’ONU, Abulaziz Alwasil, a appelé lundi la communauté internationale à prendre des mesures décisives pour lutter contre l’islamophobie. (Capture d’écran/UNTV)
L’ambassadeur saoudien auprès de l’ONU, Abulaziz Alwasil, a appelé lundi la communauté internationale à prendre des mesures décisives pour lutter contre l’islamophobie. (Capture d’écran/UNTV)
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  • Le harcèlement public, les stéréotypes nuisibles et le vandalisme des mosquées « créent la division, approfondissent la méfiance et compromettent les efforts pour bâtir des sociétés inclusives et stables », déclare l’envoyé
  • L’ambassadeur Abulaziz Alwasil exhorte les gouvernements et les plateformes en ligne à renforcer les protections légales et à garantir la responsabilité pour les crimes haineux visant les musulmans

NEW YORK : L’ambassadeur saoudien auprès de l’ONU, Abulaziz Alwasil, a appelé lundi la communauté internationale à prendre des mesures décisives pour lutter contre l’islamophobie, soulignant en particulier l’importance des protections légales, de l’éducation et de la coopération internationale.

Il a décrit l’islamophobie comme « un défi sérieux et croissant » et a mis en garde contre ses effets sociaux plus larges.

« Lorsque les musulmans sont harcelés dans l’espace public, lorsque des mosquées sont vandalisées et que des stéréotypes nuisibles se diffusent dans le discours public et sur les plateformes numériques, les conséquences vont bien au-delà d’une seule communauté », a-t-il déclaré.

« Elles créent la division, renforcent la méfiance et compromettent les efforts pour construire des sociétés inclusives et stables. »

Abulaziz Alwasil a exhorté les gouvernements, les autorités éducatives et les plateformes numériques à agir.

« Les gouvernements doivent renforcer les protections légales contre la discrimination et garantir la responsabilité en cas de crimes haineux visant les musulmans, les mosquées et les institutions islamiques », a-t-il ajouté.

« Les efforts doivent également s’attaquer à la propagation des discours de haine sur les plateformes numériques, où la désinformation et les narratifs hostiles peuvent rapidement influencer les perceptions et alimenter l’intolérance. »

L’envoyé saoudien a souligné l’importance de la coopération internationale et l’engagement de Riyad sur cette question.

« L’Arabie saoudite réaffirme que lutter contre l’islamophobie est une part indispensable de la promotion du respect de la diversité religieuse », a-t-il déclaré.

« Lorsque les nations travaillent ensemble pour promouvoir la tolérance et le respect mutuel, elles renforcent les bases d’une coexistence mondiale pacifique. »

« Le Royaume d’Arabie saoudite reste fermement engagé à faire progresser les efforts internationaux pour combattre l’islamophobie, contrer les narratifs qui incitent à l’hostilité et à la discrimination contre les musulmans, en renforçant la coopération, en poursuivant l’engagement avec l’ONU et en soutenant les initiatives qui favorisent la compréhension et le dialogue. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com