Le Maroc inscrit la culture juive dans ses programmes scolaires

Un membre de la communauté juive allume une bougie alors qu'il observe Hillula dans un cimetière juif à Meknès, dans le nord du Maroc. (AFP).
Un membre de la communauté juive allume une bougie alors qu'il observe Hillula dans un cimetière juif à Meknès, dans le nord du Maroc. (AFP).
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Publié le Lundi 22 mai 2023

Le Maroc inscrit la culture juive dans ses programmes scolaires

  • Les premiers cours, en langue arabe, seront dispensés au prochain trimestre en dernière année de primaire, où l'âge des élèves tourne autour de 11 ans, selon le ministère marocain de l'Education nationale
  • Dans le monde arabe, le Maroc reste un cas rare dans la mesure où "ce pays n'a jamais effacé sa mémoire juive", souligne pour sa part Zhor Rehihil

Rabat : Avant même de normaliser ses relations diplomatiques avec Israël, le Maroc a lancé une réforme scolaire décrite par certains comme un "tsunami": l'histoire et la culture de la communauté juive vont bientôt être enseignées aux élèves de ce pays où l'islam est religion d'Etat.

Les premiers cours, en langue arabe, seront dispensés au prochain trimestre en dernière année de primaire, où l'âge des élèves tourne autour de 11 ans, selon le ministère marocain de l'Education nationale.

"Cette introduction est une première dans le monde arabe. Elle fait l’effet d'un tsunami", s'exalte Serge Berdugo, le secrétaire général du Conseil de la communauté israélite du royaume, joint par l'AFP à Casablanca.

Présent dans l'architecture, la musique, la cuisine, "l'affluent juif" de la culture marocaine apparaît désormais dans les nouveaux manuels d’éducation sociale du primaire, dans un chapitre consacré au sultan Sidi Mohammed Ben Abdellah, dit Mohammed III (XVIIIe siècle). 

Ce sultan alaouite avait choisi le port de Mogador et sa forteresse bâtie par les colons portugais pour fonder la ville d'Essaouira (sud), centre diplomatique et commercial qui devint sous son impulsion la seule cité en terre d'islam comptant une population à majorité juive, avec jusqu'à 37 synagogues.

"Bien que la présence juive au Maroc soit antérieure au XVIIIe siècle, les seuls éléments historiques fiables datent de cette époque", explique Fouad Chafiqi, directeur des programmes scolaires au ministère marocain de l'Education.

"Exception" 

Dans le monde arabe, le Maroc reste un cas rare dans la mesure où "ce pays n'a jamais effacé sa mémoire juive", souligne pour sa part Zhor Rehihil, la conservatrice du musée du Judaïsme marocain à Casablanca, unique en son genre dans la région.

Présente au Maroc depuis l'Antiquité, la communauté juive qui reste la plus importante d'Afrique du Nord a crû au cours des siècles, notamment avec l'arrivée des Juifs expulsés d'Espagne par les rois catholiques à partir de 1492.

Elle a atteint environ 250.000 âmes à la fin des années 1940, soit environ 10% de la population. Beaucoup de Juifs sont partis après la création d'Israël en 1948, et il en reste environ 3.000.

L’intégration de l’histoire juive dans le cursus éducatif marocain s’inscrit dans un vaste programme de refonte des manuels scolaires impulsé en 2014. 

Assez peu commentée au Maroc, la réforme a été saluée par deux associations juives basées aux États-Unis, la Fédération sépharade américaine et la Conférence des présidents (CoP).

"Permettre aux étudiants marocains de connaître la totalité de leur histoire de tolérance, y compris le philo-sémitisme marocain, est un vaccin contre l'extrémisme", soulignaient ces associations dans un communiqué diffusé sur Twitter à la mi-novembre.

Peu après, le ministère marocain de l'Education signait avec deux associations juives marocaines une convention de partenariat "pour la promotion des valeurs de tolérance, de diversité et de coexistence dans les établissements scolaires et universitaires".   

Symboliquement, c'est à la Maison de la mémoire d'Essaouira, un musée dédié à la coexistence des juifs et des musulmans que cet accord a été paraphé en présence du conseiller royal André Azoulay, homme de réseau de confession juive voué à la promotion de la tolérance religieuse. 

"Diversité "

Inscrire l'identité juive dans le corpus scolaire "permettra de forger la perception et la construction de futurs citoyens conscients de leur héritage pluriel", estime Mohammed Hatimi, un professeur d’histoire spécialiste de la question.

La réforme des manuels du primaire vise à "mettre en avant la diversité identitaire marocaine", souligne M. Chafiqi. La refonte des manuels du secondaire, prévue en 2021, intégrera aussi cette "dimension de diversité", selon lui.

Une rumeur sur l'intégration de l'histoire de la Shoah dans les programmes scolaires du Maroc avait couru en septembre 2018, après un message adressé par le roi Mohammed VI lors d'une table ronde de l'ONU. A l'époque, le chef de l’Etat et "commandeur des croyants", grand défenseur du "vivre-ensemble" avait souligné le rôle fondamental de l'éducation dans la lutte contre le racisme et l’antisémitisme.

C'est sous son impulsion, et après plusieurs mois de négociation initiée par l'administration de Donald Trump, que le Maroc est devenu cette semaine le quatrième pays du monde arabe à annoncer une normalisation de ses relations diplomatiques avec Israël, en contrepartie de la reconnaissance de la "souveraineté" de Rabat sur le territoire disputé du Sahara occidental.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.