Un membre de la mafia calabraise arrêté au Liban

Une voiture de police roule dans une rue où des policiers carabiniers montent la garde près de la mairie de Cutro, dans la région de Calabre, le 9 mars 2023 (AFP)
Une voiture de police roule dans une rue où des policiers carabiniers montent la garde près de la mairie de Cutro, dans la région de Calabre, le 9 mars 2023 (AFP)
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Publié le Dimanche 30 juillet 2023

Un membre de la mafia calabraise arrêté au Liban

  • Selon l’enquête, Bruzzaniti serait responsable de la planification et de la réalisation d'un vaste trafic de substances narcotiques, de l'Amérique du Sud vers la Calabre
  • La ‘Ndrangheta est l’une des organisations criminelles les plus importantes et les plus puissantes au monde. Tentaculaire, elle ne cesse de se développer à un rythme soutenu

LIBAN: Après des mois de traque entre l'Afrique et le Moyen-Orient, Bartolo Bruzzaniti, 46 ans, a été arrêté au début du mois à Jounieh, ville côtière du Liban.

Dans le cadre du vaste coup de filet soutenu par le programme « I-CAN » d’Interpol lancé en 2020 contre la ‘Ndrangheta, nom de la mafia calabraise, Bruzzaniti est le dernier recherché parmi les 76 membres de cette organisation qui est considérée aujourd’hui comme la seule organisation mafieuse italienne présente sur tous les continents.

Le suspect, qui résidait en Côte d’Ivoire, aurait quitté ce pays d’Afrique de l’Ouest en mars 2022. Son arrestation, rendue publique le 7 juillet par la presse italienne, a eu lieu alors qu’il dînait dans un des quartiers populaires de la ville côtière libanaise. 

La direction antimafia de Reggio de Calabre a procédé à son arrestation, en coopération avec la Sûreté générale libanaise

Qui est Bartolo Bruzzaniti

En octobre 2022, à la suite d'enquêtes complexes menées par le GICO de l'unité de police économique et financière de Reggio Calabria, Bruzzaniti avait évité l'exécution d'une mesure conservatoire émise à l'encontre de 36 sujets impliqués dans le trafic international de drogue, aggravée par son lien avec la 'Ndrangheta. A cette occasion, les autorités avaient saisi plus de 4 tonnes de cocaïne, soustrayant ainsi des revenus estimés à 800 millions d'euros au crime organisé calabrais. 

Selon l’enquête, Bruzzaniti serait responsable de la planification et de la réalisation d'un vaste trafic de substances narcotiques, de l'Amérique du Sud vers la Calabre, consistant en des importations périodiques et massives de plus de 2 tonnes chacune.

 Business à Abidjan  

Accusé d'être en lien avec Hussein Tan, fondateur de la chaîne de pâtisserie « Des gâteaux et du pain», lui-même  arrêté à Abidjan, selon Jeune Afrique, Bartolo Bruzzaniti, qui gérait une enseigne Pasta & Pizza, était déjà cité comme membre de la 'Ndrangheta, démantelée à Abidjan, en 2020. 

« L'attention des enquêteurs avait été attirée par son lien avec l'entreprise Ital Costruzioni, considérée comme l'une des façades du trafic de cocaïne. Cette dernière construit d'ailleurs un bien pour le compte de Hussein Taan dans un quartier huppé d'Abidjan», souligne Jeune Afrique.

Selon la même source, « Bartolo Bruzzaniti figurait déjà sur la liste des suspects dans le dossier dit «Spaghetti connection», une opération internationale qui a permis de démanteler un réseau impliquant la mafia italienne en Côte d'Ivoire ». Certains reportages liées à cette affaire évoquaient dejà cette connexion.


Origines de la mafia

Originaire de Calabre, l’une des régions les plus pauvres d’Italie, la ‘Ndrangheta est l’une des organisations criminelles les plus importantes et les plus puissantes au monde. Tentaculaire, elle ne cesse de se développer à un rythme soutenu. 

Son enracinement dans une région modeste explique sa puissance: Les Calabrais sont un peuple d’émigrés depuis plusieurs générations. Grâce au nombre élevé de leur parentèle dans le monde, ils se sont répandus dans de nombreux pays. Certains membres de la ‘Ndrangheta ont pu développer un réseau international qui a permis d'acquérir la « puissance » actuelle de cette organisation criminelle.

Cette dernière a été repérée notamment au Canada, en Australie, aux Pays-Bas, en France. L'Allemagne est le pays où elle est la plus présente, puisqu'il s'agit d'un des pays les plus riches d'Europe.


Le président libanais en route pour Washington où il doit rencontrer Donald Trump

Le président libanais Joseph Aoun prononce une allocution télévisée à la nation depuis le palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth, le 17 avril 2026. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun prononce une allocution télévisée à la nation depuis le palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth, le 17 avril 2026. (AFP)
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  • Le président libanais Joseph Aoun est à Washington pour rencontrer le président américain Donald Trump et discuter du cessez-le-feu et du retrait israélien du sud du Liban
  • Les négociations entre le Liban et Israël se poursuivent sous médiation américaine, tandis que les tensions persistent avec de nouvelles frappes israéliennes dans le sud

BEYROUTH: Le président libanais a quitté Beyrouth samedi matin pour Washington, où il doit rencontrer Donald Trump, alors que son pays négocie avec Israël le retrait des zones du sud du Liban qu'il occupe depuis sa dernière guerre avec le Hezbollah pro-iranien.

Il s'agira de la première visite d'un chef d'Etat libanais aux Etats-Unis depuis 2009, lorsque Michel Sleiman avait été reçu par Barack Obama.

Outre le "sommet libano-américain" prévu à la Maison Blanche, Joseph Aoun doit s'entretenir "avec plusieurs responsables américains de la situation au Liban et des moyens de consolider le cessez-le-feu", notamment dans le sud, ainsi que du "retrait d'Israël des régions libanaises qu'il occupe", a précisé la présidence dans un communiqué.

Le Liban et Israël ont entamé en avril des négociations inédites depuis des décennies, sous l'égide des Etats-Unis, afin de mettre un terme à l'état de guerre entre eux.

Ils ont conclu un accord-cadre le 26 juin à Washington, qui prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël, qui occupe une partie du sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah.

A l'issue d'une sixième session de négociations tenue à Rome, les deux pays sont parvenus "à un accord sur la structure et les lignes directrices" de ce processus, selon un responsable américain.

En parallèle, l'armée libanaise a commencé à renforcer ses patrouilles dans plusieurs villages jouxtant les zones occupées par les forces israéliennes dans le sud, avait indiqué une source militaire libanaise à l'AFP.

L'accord-cadre a été conclu après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu fragile dans la nouvelle guerre qui a éclaté entre le Hezbollah et l'armée israélienne.

Le mouvement chiite avait entraîné le Liban dans la guerre le 2 mars en bombardant Israël en soutien à l'Iran, son allié.

L'armée israélienne poursuit toutefois des frappes limitées dans le sud et procède à des destructions dans les villages qu'elle occupe, selon les médias officiels libanais.

Samedi, l'Agence nationale d'information (Ani) a fait état de nouvelles frappes contre deux localités situées en bordure de la zone occupée, dans les régions de Tyr et de Nabatiyé.

Dans un contexte de tensions régionales, l'ambassade des Etats-Unis au Liban a conseillé vendredi à ses ressortissants de "ne pas voyager au Liban".


Bahreïn et le Koweït affirment avoir contré des attaques iraniennes

Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
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  • "L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes"
  • Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues

MANAMA: Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran.

"L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes".

Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues, a rapporté une journaliste de l'AFP.

L'état-major koweïtien a également indiqué dans la nuit avoir répondu à "des attaques hostiles de drones" iraniens. Il a précisé que les explosions entendues étaient le résultat d'interceptions aériennes.

Les forces iraniennes ont annoncé avoir visé "des systèmes de radar, un système de défense antiaérienne Patriot et des sites de stockage de carburant" sur la base aérienne Ali al-Salem  au Koweït, ainsi que des installations militaires américaines sur la base aérienne de Cheikh Isa à Bahreïn.

Téhéran mène des attaques quasi quotidiennes dans ces deux pays du Golfe depuis la reprise des hostilités le 7 juillet avec les Etats-Unis, en disant cibler des intérêts militaires américains.

Les autorités bahreïnie et koweïtienne accusent toutefois leur voisin de viser aussi des sites civils.

Dimanche, le Koweït a affirmé que trois postes-frontières et une plateforme pétrolière offshore avaient été ciblés, sans préciser leur origine.

La confrontation a repris après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent au Moyen-Orient depuis le cessez-le-feu du 8 avril.


La Syrie dit avoir saisi des armes en provenance d'Irak destinées au Hezbollah

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
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  • Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad
  • Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak

DAMAS: La Syrie a annoncé jeudi avoir déjoué une tentative de faire passer des armes destinées au Hezbollah pro-iranien au Liban, dont des missiles, via sa frontière avec l'Irak.

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana.

"Les premières investigations ont établi que la cargaison était destinée à transiter par la Syrie au profit de la milice terroriste du Hezbollah", a ajouté cette source.

Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad.

Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump met la pression sur la Syrie pour qu'elle intervienne au Liban contre le Hezbollah.

Depuis qu'une coalition islamiste a pris le pouvoir en Syrie en 2024, les autorités ont affirmé avoir démantelé des cellules liées à la formation pro-iranienne qui préparaient des attentats en Syrie, mais le Hezbollah a toujours démenti.

Le groupe est affaibli par la nouvelle guerre qu'il a menée contre Israël depuis mars pour soutenir l'Iran.

Le président syrien Ahmad al-Chareh dit refuser d'intervenir militairement au Liban contre le Hezbollah, comme l'a suggéré à plusieurs reprises Donald Trump.