Pakistan: le groupe Etat islamique revendique l'attentat dont le bilan ne cesse de s'alourdir

Des habitants font place à une ambulance à l'intérieur de l'hôpital du district de Khar, dans la province de Bajaur, après qu'une explosion a visé un rassemblement politique dans le nord-ouest du Pakistan, le 30 juillet 2023. (Avec l'aimable autorisation de Twitter/@SyedWiqasAhmad1)
Des habitants font place à une ambulance à l'intérieur de l'hôpital du district de Khar, dans la province de Bajaur, après qu'une explosion a visé un rassemblement politique dans le nord-ouest du Pakistan, le 30 juillet 2023. (Avec l'aimable autorisation de Twitter/@SyedWiqasAhmad1)
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Publié le Lundi 31 juillet 2023

Pakistan: le groupe Etat islamique revendique l'attentat dont le bilan ne cesse de s'alourdir

  • L'attentat s'est produit dans la ville de Khar, dans le district de Bajaur (nord-ouest), à 45 kilomètres de la frontière afghane
  • Lundi, l'État islamique a revendiqué l'attentat

KHAR, Pakistan: Le bilan de l'attentat suicide commis dimanche au Pakistan lors d'un meeting politique à quelques mois des élections et revendiqué par le groupe Etat islamique ne cesse de s'alourdir pour atteindre au moins 54 morts dont de nombreux mineurs.

Quelque 400 sympathisants du parti religieux conservateur Jamiat Ulema-e-Islam (JUI-F), allié clef de la coalition gouvernementale, attendaient le début des discours lorsque l'auteur de l'attentat s'est fait exploser près de la scène.

Un haut responsable du département de lutte contre le terrorisme (CTD) Shaukat Abbas, a annoncé à l'AFP que 54 personnes avaient été tuées, dont 23 étaient âgées de moins de 18 ans. Plus d'une centaine ont été blessées.

"J'ai vécu des scènes terribles: des corps sans vie éparpillés sur le sol tandis que les gens criaient à l'aide", a raconté à l'AFP Fazal Aman, qui se trouvait près du lieu de l'explosion.

L'attentat s'est produit dans la ville de Khar, dans le district de Bajaur (nord-ouest), à 45 kilomètres de la frontière afghane.

Lundi, l'État islamique a revendiqué l'attentat. "Un kamikaze de l'État islamique a fait détoner sa veste explosive au milieu de la foule" à Khar, a déclaré Amaq, l'organe d'information du groupe djihadiste, dans un communiqué.

La section locale du groupe Etat islamique a déjà pris pour cible des rassemblements et des dirigeants du JUI-F.

«Je perds courage»

Lundi, des chaussures et des bonnets de prière tachés de sang jonchaient toujours le sol, ainsi que des boulons en acier et des roulements à billes provenant de la veste portée par l'auteur de l'attentat.

Des morceaux de chair humaine restaient visibles, à trente mètres de l'endroit où le kamikaze a fait exploser son dispositif.

Des milliers de personnes ont assisté lundi aux premières funérailles, notamment celles de deux cousins âgés de 16 et 17 ans.

"Il n'a pas été facile pour nous de soulever deux cercueils. Cette tragédie a brisé notre famille", a déclaré Najib Ullah, frère de l'un des garçons.

Cet attentat fait craindre une période électorale sanglante au Pakistan, qui connaît une grave crise politique depuis l'éviction du Premier ministre Imran Khan de son poste en avril 2022.

Le gouvernement pakistanais doit être dissous dans les deux prochaines semaines et des élections sont prévues d'ici la mi-novembre.

Le dirigeant du JUI-F, Fazlur Rehman, fondamentaliste islamiste prônant l'application de la charia, a ces dernières années tenté de se montrer plus modéré en forgeant des alliances avec des rivaux laïques.

Par le passé, il a facilité les pourparlers entre le gouvernement et les talibans pakistanais du Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), un groupe distinct des talibans afghans mais mû par une même idéologie islamiste.

L'an passé, l'EI a dit être à l'origine d'attaques contre des érudits religieux affiliés à ce parti, qui dispose d'un vaste réseau de mosquées et d'écoles coraniques dans le nord et l'ouest du pays.

L'EI accuse le JUI-F d'hypocrisie pour avoir soutenu les gouvernements successifs et l'armée.

Pourquoi une telle violence?

Malgré sa capacité à mobiliser des dizaines de milliers d'étudiants religieux, le JUI-F n'a jamais rassemblé suffisamment de soutiens pour diriger seul mais est un allié-clef pour former toute coalition.

"Il est important de se demander pourquoi les militants d'un parti politique à tendance religieuse ont pu faire l'objet d'une violence aussi bestiale", a noté le quotidien Dawn dans un éditorial lundi.

"Quelle que soit la vision ultraconservatrice du monde du JUI-F, le parti a choisi de participer aux élections et d'agir dans le cadre des paramètres fixés par la Constitution pakistanaise".

"L'État n'a pas assumé ses responsabilités. Je pense que l'État a échoué, quel que soit le gouvernement en place", a déclaré Shams uz Zaman, un responsable local du JUI-F, après l'attentat.

L'explosion est "une tentative d'affaiblir la démocratie", a réagi une porte-parole du chef de la politique étrangère de l'UE, Joseph Borrell.

Les attaques au Pakistan ont augmenté depuis la prise de pouvoir des talibans en Afghanistan en août 2021, puis la fin du cessez-le-feu entre le groupe taliban pakistanais Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP) et le gouvernement pakistanais fin novembre.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.