Nucléaire: Après le coup d'Etat, la dépendance française à l'uranium du Niger en question

Manifestation contre la répartition inégalitaire des revenus de l’exploitation de l’uranium entre le Niger et la France, le 5 avril 2013 à Niamey (Photo, AFP).
Manifestation contre la répartition inégalitaire des revenus de l’exploitation de l’uranium entre le Niger et la France, le 5 avril 2013 à Niamey (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 01 août 2023

Nucléaire: Après le coup d'Etat, la dépendance française à l'uranium du Niger en question

  • Le Niger est un fournisseur non négligeable de l’Europe et de la France contribuant à la fabrication du combustible des quelque 103 réacteurs en activité
  • Entre 2005 et 2020, le Niger a été le troisième fournisseur d’uranium naturel à la France, pour 19% de ses approvisionnements

PARIS: Le putsch militaire au Niger, où le Français Orano exploite une mine d'uranium, rappelle la nécessaire diversification des sources d'approvisionnement de ce minerai indispensable au fonctionnement des centrales nucléaires, un processus engagé depuis des années par les exploitants.

Ce week-end, le président Emmanuel Macron a assuré que Paris "ne tolérerait aucune attaque contre la France et ses intérêts" dans ce pays, en proie à l'instabilité depuis qu'un putsch militaire a renversé le président Mohamed Bazoum la semaine dernière.

Sur le plan des "intérêts" économiques, peu d'entreprises françaises sont présentes au Niger, mis à part le groupe Orano (ex-Areva), qui exploite encore une mine d'uranium au nord.

Le spécialiste du cycle du combustible nucléaire, qui emploie quelque 900 salariés dans le pays — essentiellement locaux —, a indiqué jeudi suivre de très près la situation, mais s'est voulu rassurant.

"La crise actuelle n’a aucune incidence de court terme sur les capacités de livraison d’Orano à la France et à ses clients internationaux", a précisé lundi à l'AFP le groupe, en relativisant sa dépendance au Niger "grâce à une production et des projets en développement sur (...) quatre continents".

Orano comme le gouvernement français soulignent que le Niger ne représente qu'une petite part de la production mondiale d'uranium naturel - 4,7% loin derrière le Kazakhstan (45,2%), des chiffres de 2021 de l'agence d'approvisionnement d'Euratom (ESA).

Il n'en reste pas moins que le Niger reste un fournisseur non négligeable du Vieux continent et de la France contribuant à la fabrication du combustible des quelque 103 réacteurs en activité dans 13 pays européens, dont la moitié sont dans l'Hexagone (56).

En 2022, "le Niger était le deuxième fournisseur d'uranium naturel de l'UE, avec une part de 25,38%", a indiqué lundi à l'AFP Euratom. Au total, le Kazakhstan, le Niger et le Canada ont fourni 74,19 % du total livré à l'UE.

Entre 2005 et 2020, le Niger a été le troisième fournisseur d’uranium naturel à la France, pour 19% de ses approvisionnements, derrière le Kazakhstan et l’Australie et devant l'Ouzbékistan, selon des données du comité technique Euratom.

Pour ce minerai, le Niger "n'est plus le partenaire stratégique de Paris comme il a pu l'être dans les années 1960-70", a commenté à l'AFP Alain Antil, directeur du centre Afrique subsaharienne à l'Institut français des relations internationales.

"La situation au Niger ne présente aucun risque sur la sécurité d’approvisionnement de la France en uranium naturel", a d'ailleurs affirmé à l'AFP le ministère de la Transition énergétique, insistant sur les origines diversifiées de l'uranium nécessaire à la France.

L'exploitant nucléaire français EDF "a depuis une bonne dizaine d'années suivi une stratégie de diversification", se tournant "vers des pays d'Asie centrale comme l'Ouzbékistan et le Kazakhstan et l'Australie", souligne Teva Meyer, chercheur spécialiste du nucléaire civil à l'université de Haute Alsace.

Gestion des stocks

Le ministre des Affaires étrangères français a pour sa part fait état d'approvisionnements "extrêmement diversifiés".

La diversification des matières nucléaires est l'une des recommandations de longue date de l'Agence d'approvisionnement d'Euratom.

"Les événements politiques et économiques de 2021 et du début de 2022", avec la guerre en Ukraine menée par la Russie", acteur majeur de l'uranium, ont de fait "souligné la pertinence et l'urgence" de ces recommandations, indiquait l'agence européenne dans son rapport 2021 d'août 2022, en notant que "dans l'ensemble" dans l'UE, les livraisons "sont bien diversifiées".

Au-delà de la diversification géographique, le ministère de la Transition énergétique fait valoir qu'EDF a mis en œuvre une "gestion des stocks couvrant plusieurs années et développe le recyclage du combustible usé".

"On a trois ans de combustible enrichi sur notre territoire (en France) donc il n’y a aucun risque d'approvisionnement", souligne aussi Nicolas Goldberg, expert en énergie du cabinet Colombus Consulting.

"L'uranium, ce n'est pas un flux tendu (...) Entre le moment où il est extrait et le moment où il est utilisé en centrale, il peut se passer des années car les étapes de transformation sont nombreuses", explique Teva Meyer. L'uranium naturel doit en effet être purifié, converti et enrichi pour être efficace.

La France comme l'Europe dispose en outre "de stocks stratégiques" pour environ "deux années de consommation", ajoute-t-il.

"Il n’y aurait certainement pas de crise à court terme, c'est plus difficile à dire sur le plus long terme", observe Mycle Schneider, coordinateur du World Nuclear Industry Status Report.


Refus d'obtempérer à Marseille: un policier blessé, quatre interpellations

Un policier a été gravement blessé dans la nuit de lundi à mardi à Marseille après avoir été percuté lors d'un refus d'obtempérer par un véhicule dont les quatre occupants ont été interpellés, a-t-on appris de sources policières. (AFP)
Un policier a été gravement blessé dans la nuit de lundi à mardi à Marseille après avoir été percuté lors d'un refus d'obtempérer par un véhicule dont les quatre occupants ont été interpellés, a-t-on appris de sources policières. (AFP)
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  • Le policier a été "violemment percuté" alors qu’il "tentait d’intercepter, à l’aide du système Diva (barrage au sol) un véhicule en fuite", a confirmé sur X le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez
  • Les quatre occupants du véhicule, - le chauffeur et trois passagers - ont été interpellés et placés en garde à vue, a-t-il précisé

MARSEILLE: Un policier a été gravement blessé dans la nuit de lundi à mardi à Marseille après avoir été percuté lors d'un refus d'obtempérer par un véhicule dont les quatre occupants ont été interpellés, a-t-on appris de sources policières.

Le policier a été "violemment percuté" alors qu’il "tentait d’intercepter, à l’aide du système Diva (barrage au sol) un véhicule en fuite", a confirmé sur X le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. "Projeté sur une vingtaine de mètres", il est "sérieusement blessé" mais "ses jours ne sont plus en danger", a ajouté le ministre, qui dénonce "un acte criminel très grave".

Les quatre occupants du véhicule, - le chauffeur et trois passagers - ont été interpellés et placés en garde à vue, a-t-il précisé.

Selon deux sources policières, le véhicule était volé, et le conducteur n'avait pas de permis de conduire.

Selon un rapport du service statistique du ministère de l'Intérieur (SSMSI), les refus de contrôle routier ont nettement augmenté en 2025, une hausse de 9% par rapport à l'année précédente alimentée notamment par les refus d'obtempérer qui constituent la majeure partie des délits (28.100 refus d'obtempérer pour 2025).


La France décerne à l’ambassadeur saoudien Fahad Al-Ruwaily la Légion d’honneur

La République française a décerné à Son Excellence Fahad Al-Ruwaily, ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite en France et en Principauté de Monaco, les insignes de Commandeur de la Légion d’honneur, l’une des plus hautes distinctions françaises. (Photo X @Arabiesaoudite en France)
La République française a décerné à Son Excellence Fahad Al-Ruwaily, ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite en France et en Principauté de Monaco, les insignes de Commandeur de la Légion d’honneur, l’une des plus hautes distinctions françaises. (Photo X @Arabiesaoudite en France)
La République française a décerné à Son Excellence Fahad Al-Ruwaily, ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite en France et en Principauté de Monaco, les insignes de Commandeur de la Légion d’honneur, l’une des plus hautes distinctions françaises. (Photo X @Arabiesaoudite en France)
La République française a décerné à Son Excellence Fahad Al-Ruwaily, ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite en France et en Principauté de Monaco, les insignes de Commandeur de la Légion d’honneur, l’une des plus hautes distinctions françaises. (Photo X @Arabiesaoudite en France)
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  • Cette reconnaissance intervient alors que les deux pays poursuivent le développement de leur partenariat stratégique, marqué par un dialogue politique soutenu et une coopération croissante
  • Cette distinction récompense les efforts déployés par l’ambassadeur Al-Ruwaily pour renforcer les relations d’amitié et approfondir la coopération entre la France et l’Arabie saoudite dans divers domaines d’intérêt commun

PARIS:  La République française a décerné à Son Excellence Fahad Al-Ruwaily, ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite en France et en Principauté de Monaco, les insignes de Commandeur de la Légion d’honneur, l’une des plus hautes distinctions françaises.

Cette distinction récompense les efforts déployés par l’ambassadeur Al-Ruwaily pour renforcer les relations d’amitié et approfondir la coopération entre la France et l’Arabie saoudite dans divers domaines d’intérêt commun.

Cette reconnaissance intervient alors que les deux pays poursuivent le développement de leur partenariat stratégique, marqué par un dialogue politique soutenu et une coopération croissante dans les secteurs économique, culturel et diplomatique.


La France proche d'interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, première en Europe

Vue générale de l’hémicycle lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Vue générale de l’hémicycle lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
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  • Le Parlement français devrait adopter définitivement une loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans, avec une entrée en vigueur dès le 1er septembre pour les nouveaux comptes
  • Les plateformes devront vérifier l’âge des utilisateurs, malgré des critiques sur les modalités d’application

PARIS: Le Parlement français devrait définitivement adopter mardi un texte interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, une première en Europe, que le président Emmanuel Macron veut voir mise en oeuvre dès la rentrée en septembre afin de protéger la santé des plus jeunes.

La proposition de loi sera soumise au vote du Sénat - la chambre haute - dans l'après-midi, puis à l'Assemblée nationale - la chambre basse - en fin de journée, étapes qu'elle devrait sauf surprise passer sans encombre.

L'entrée en vigueur est ensuite prévue rapidement: dès le 1er septembre pour les nouveaux comptes. Pour les comptes existants, l'interdiction s'appliquerait "à l'expiration d'un délai de quatre mois", soit le 1er janvier 2027.

Durant ce délai, "on ira fermer les comptes des moins de 15 ans qui existaient déjà", avait expliqué le mois dernier le président de la République, qui s'est personnellement engagé sur cette réforme, une mesure phare de la fin de son mandat.

Le texte prévoit aussi l'interdiction du téléphone portable au lycée, comme c'est déjà le cas dans les écoles et les collèges. Des exceptions pourront être prévues par le règlement intérieur de l'établissement.

Récemment, les alertes se sont multipliées quant aux effets néfastes des réseaux sociaux sur les enfants et adolescents, qui captent leur attention et peuvent les exposer à des contenus problématiques.

La France est très regardée par d'autres pays européens réfléchissant à des législations similaires.

Le texte ne prévoit aucune sanction pour les enfants ou parents. Concrètement, il reviendra aux plateformes de mettre en place un dispositif de vérification d'âge, voire plusieurs simultanément pour laisser le choix aux utilisateurs.

"Les grandes plateformes sont à mon sens largement prêtes", a déclaré à l'AFP la députée rapporteure du texte, Laure Miller, du camp gouvernemental.

La Commission européenne a également présenté en avril une application paneuropéenne de vérification d'âge, et des solutions privées sont aussi développées.

Mais le député socialiste Arthur Delaporte a fustigé auprès de l'AFP un "grand flou sur les mécanismes de vérification d'âge", pour un texte qui entrera en vigueur "à la hâte, avec des risques d'effets de bord, de contournement".

Son groupe saisira "probablement" le Conseil constitutionnel, a-t-il ajouté, regrettant que les réseaux concernés ne soient pas davantage distingués.

- Fin de l'anonymat -

La France insoumise (gauche radicale) votera contre le texte, a annoncé le député Louis Boyard critiquant "une loi de fin d'anonymat sur internet".

Les sénateurs, qui avaient initialement privilégié un système de "liste noire" ciblant certains réseaux sociaux - finalement abandonné face aux craintes de non-conformité avec le droit européen - redoutent également une censure du Conseil constitutionnel.

"C'est un risque", estime la sénatrice centriste Catherine Morin-Desailly, rapporteure à la chambre haute, rappelant que le Conseil d'Etat a mis en garde sur la préservation de la "liberté d'expression" des jeunes.

Mais, depuis, un avis de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a clairement alerté sur le danger des réseaux sociaux pour la santé mentale des adolescents, pointe Laure Miller, ce qui permettra d'argumenter sur "la proportionnalité de la mesure".

La proposition de loi prévoit quelques exceptions à l'interdiction pour les "encyclopédies en ligne" ou les "projets numériques à vocation éducative".

Concernant YouTube et WhatsApp, très utilisés, Mme Miller précise que ces plateformes devront mettre en place une vérification d'âge pour la partie assimilée à un réseau social (chaînes de partage, commentaires...). La visualisation simple de vidéos, ou la messagerie interpersonnelle, ne seraient pas concernées par l'interdiction selon elle.

Tout au long de l'examen au Parlement, les débats ont notamment porté sur la formulation précise à adopter, avec un impératif: que le texte soit conforme au droit européen, sous peine de ne pas pouvoir être appliqué.

Dans un avis rendu il y a deux semaines, la Commission européenne a aiguillé les parlementaires français, qui se sont finalement accordés sur un texte suivant ses recommandations.

Elle a par ailleurs elle-même annoncé la semaine dernière son intention d'instaurer un accès "progressif et gradué" des mineurs aux réseaux sociaux.

Un comité d'experts a recommandé une interdiction aux moins de 13 ans, mais les pays de l'UE seraient libres d'instaurer une interdiction plus tardive.

Pour Mme Miller, la loi française serait ainsi "en concordance" avec une future législation européenne.