Moscou de nouveau visé par une attaque de drones

«La façade au niveau du 21e étage a été endommagée, les vitres ont été brisées sur une surface de 150 m2» a annoncé le maire de Moscou (Photo, AFP).
«La façade au niveau du 21e étage a été endommagée, les vitres ont été brisées sur une surface de 150 m2» a annoncé le maire de Moscou (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 01 août 2023

Moscou de nouveau visé par une attaque de drones

  • L'Ukraine, qui subit depuis près d'un an et demi les assauts de son voisin, a multiplié ces dernières semaines les attaques de drones en territoire russe
  • Selon le ministère russe, deux autres drones ont été détruits par la défense aérienne au-dessus du territoire des districts d'Odintsovo et Narofominsk, dans la région de Moscou

MOSCOU: La Russie a affirmé mardi avoir neutralisé des drones d'attaque ukrainiens à Moscou et en mer Noire, admettant toutefois que l'un des engins a percuté un immeuble moscovite, déjà touché le week-end dernier.

L'Ukraine, qui subit depuis près d'un an et demi les assauts de son voisin, a multiplié ces dernières semaines les attaques de drones en territoire russe, en parallèle d'une lente et difficile contre-offensive dans l'Est et le Sud ukrainien, occupés par l'armée russe.

Après l'attaque de drones nocturne, le ministère russe de la Défense a dénoncé comme à son habitude un acte "terroriste", alors que la Russie lance ses propres appareils jour après jour contre les villes ukrainiennes.

A Moscou, selon le ministère russe, un drone a été neutralisé par un système de brouillage et l'appareil s'est écrasé, sans faire de victimes, sur le quartier d'affaires de Moscou City, comme dans la nuit de samedi à dimanche.

Il "a percuté la même tour de la City que la dernière fois", a précisé le maire Sergueï Sobianine sur Telegram, "la façade au niveau du 21e étage a été endommagée, les vitres ont été brisées sur une surface de 150 m2".

"Après la première attaque tout le monde se disait: ils ne frapperont pas deux fois au même endroit, mais ce matin on s'est réveillés sous le choc (...) je ne sais pas trop si je vais déménager, mais je crois plutôt que oui", confie une habitante du quartier, Anastasia Berseneva, 26 ans, qui a été réveillée par l'explosion.

Drones navals

Selon le ministère russe, deux autres drones ont été détruits par la défense aérienne au-dessus du territoire des districts d'Odintsovo et Narofominsk, dans la région de Moscou.

Et comme dimanche, l'aéroport international Vnoukovo de Moscou a été brièvement fermé, selon l'agence de presse publique TASS.

L'armée russe a en outre affirmé avoir repoussé pendant la nuit une attaque de trois drones navals contre ses patrouilleurs en mer Noire, au coeur de tensions accrues entre Kiev et Moscou depuis le retrait de la Russie de l'accord céréalier mi-juillet.

Selon le ministère russe, les trois appareils ont été détruits.

Les attaques contre la capitale russe et ses environs se sont multipliés depuis le printemps, une incursion ayant même visé le Kremlin en mai.

Plusieurs attaques ont également frappé la péninsule de Crimée, terre ukrainienne annexée en 2014 par la Russie, frappant notamment des ponts clés pour l'approvisionnement des forces russes combattant l'Ukraine.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait relevé dimanche que la "guerre" arrive "sur le territoire de la Russie, dans ses centres symboliques et ses bases militaires".

Par ailleurs, le gouverneur de la région russe de Belgorod, voisine de l'Ukraine, a indiqué que la zone frontalière avait une nouvelle fois essuyé des tirs d'artillerie.

Ces attaques s'inscrivent dans la contre-offensive lancée début juin par l'Ukraine, forte d'équipements occidentaux, pour regagner les territoires occupés par la Russie.

Avancées poussives 

Mais les avancées ont jusqu'ici été très poussives, l'armée ukrainienne faisant face à de solides lignes défensives russes, faites de tranchées, de pièges anti-chars et de champs de mines.

Les forces de Kiev ont néanmoins grignoté du terrain dans le Sud, mais aussi dans l'Est, autour de la ville de Bakhmout théâtre d'un sanglante bataille depuis un an.

Le président russe Vladimir Poutine affirme jour après jour que l'offensive ukrainienne est un échec, alors que lui-même vient d'être confronté à une rébellion armée sans précédent des troupes du groupe paramilitaire Wagner contre la hiérarchie militaire.

L'armée russe s'efforce, elle, d'afficher sa solidité, diffusant mardi de rares images du chef de l'état-major et commandant des opérations en Ukraine, Valéri Guérassimov, en train d'inspecter un poste de commandement dans la partie occupée de la région ukrainienne de Zaporijjia.

Lundi, c'est le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, qui annonçait que la Russie était encore en train d'intensifier ses bombardements.

Ainsi, tôt lundi matin, Kryvyï Rig, la ville natale du président ukrainien située dans le centre de l'Ukraine, a été la cible de deux missiles russes.

L'un d'entre eux a détruit un pan entier d'un immeuble, faisant six morts, dont une fillette de 10 ans et sa mère, et 75 blessés.

Mardi, c'est Kharkiv, deuxième ville d'Ukraine, qui a essuyé une attaque de drones russes.


Iran : l'UE désigne les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
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  • Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont classé les Gardiens de la Révolution iraniens comme organisation terroriste suite à la répression sanglante des manifestations en Iran
  • L’UE a également sanctionné 21 responsables iraniens, avec interdiction d’entrée sur le territoire et gel de leurs avoirs

BRUXELLES: Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne sont tombés d'accord jeudi pour désigner les Gardiens de la révolution comme une "organisation terroriste", après la répression sanglante des manifestations en Iran, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.

"+Terroriste+, c'est bien ainsi que l'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang", a aussitôt réagi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte", a assuré de son côté Mme Kallas, en marge d'une réunion ministérielle à Bruxelles.

Ces derniers ont donné leur feu vert à l'inscription des Gardiens iraniens dans la liste de l'UE recensant les organisations terroristes. Les Européens rejoignent ainsi d'autres pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie.

La France avait annoncé dès mercredi être prête à soutenir cette décision, en réponse à la répression "la plus violente" de l'histoire récente iranienne.

Les Européens ont aussi décidé jeudi de sanctionner plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l'Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution. La liste de ces responsables iraniens a été publiée jeudi au Journal officiel de l'UE.

Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d'entrer dans l'UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.


Trump dit qu'il "semble" que le Hamas va se désarmer

Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme que le Hamas « semble » prêt à se désarmer, une étape clé de son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza
  • La deuxième phase de la trêve prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif israélien et le déploiement d’une force internationale

WASHINGTON : Donald Trump a dit jeudi qu'il "semblait" que le mouvement palestinien Hamas allait "se désarmer", ce qui est l'une des étapes cruciales prévues dans son plan de règlement du conflit à Gaza.

"Beaucoup de gens disent qu'ils ne se désarmeront jamais. Il semble qu'ils vont se désarmer", a déclaré le président américain pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Il a également relevé que le Hamas "nous a aidé avec les corps, leur rapatriement et sa famille est très reconnaissante", faisant référence au rapatriement des restes du dernier otage israélien du 7-Octobre, Ran Gvili, à qui Israël a rendu hommage mercredi lors de funérailles nationales.

Pour sa part, l'émissaire spécial Steve Witkoff s'est félicité que "nous ayons chassé les terroristes de là-bas et ils vont se démilitariser".

"Ils le feront parce qu'ils n'ont pas le choix. Ils vont abandonner. Ils vont abandonner les AK-47", a-t-il ajouté.

La veille, le Hamas s'était dit prêt à un "transfert complet de la gouvernance" de la bande de Gaza aussi vite que possible.

Aux termes du plan du président américain pour mettre fin à la guerre de Gaza, un Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) doit administrer provisoirement le territoire palestinien sous la houlette du "Conseil de paix" présidé par M. Trump lui-même.

La deuxième phase de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre dernier prévoit entre autres le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.


Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
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  • De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar
  • Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés

ADDIS ABEBA: Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie.

De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar. Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés.

Ces tensions font planer le risque d'une reprise d'un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l'armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l'Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.

Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l'Amhara, ont déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.

"Raisons opérationnelles" 

A Tsemlet, face aux forces tigréennes, "ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas", a déclaré la source diplomatique, sous couvert d'anonymat. Des affrontements se sont tenus "ces derniers jours", mais "aujourd'hui on ne sait pas encore" s'il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l'anonymat.

"La situation semble dégénérer", a corroboré la source sécuritaire, se montrant "dubitative sur la capacité des TDF (l'armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt".

Le porte-parole de l'armée fédérale et des membres du TPLF n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Les liaisons aériennes vers le Tigré d'Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire.

Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l'accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l'accord de paix.

Selon deux responsables d'Ethiopian Airlines, qui ont requis l'anonymat, les vols ont été interrompus pour "raisons opérationnelles", sans donner plus de détails.

L'un d'eux a toutefois déclaré "suspecter" que l'arrêt pour l'instant temporaire du trafic soit lié "aux tensions politiques" entre les autorités fédérales et l'administration au Tigré.

"Escalade militaire" 

Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l'AFP et qui a lui aussi requis l'anonymat, une "anxiété croissante" se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l'Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l'accord de paix de Pretoria - auquel elles n'ont pas participé - qui prévoyait leur retrait.

Début 2025, le chef de l'administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF.

Ce parti qui a dominé l'Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d'être aujourd'hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s'être rapproché de l'Erythrée voisine.

Les relations entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui s'étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d'un nouveau conflit.

Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes "n'est pas surprenante". "Le risque d'une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes", a-t-il confié à l'AFP.