Braquage d'une joaillerie Piaget à Paris, 10 à 15 millions d'euros de préjudice

Des rubans de police rouges et blancs délimitent l'entrée de la bijouterie de luxe Piaget, rue de la Paix, qui mène à la place Vendôme, à Paris, le 1er août 2023, à la suite d'un vol dont le préjudice est estimé entre 10 et 15 millions d'euros, selon le procureur de la République (Photo, AFP).
Des rubans de police rouges et blancs délimitent l'entrée de la bijouterie de luxe Piaget, rue de la Paix, qui mène à la place Vendôme, à Paris, le 1er août 2023, à la suite d'un vol dont le préjudice est estimé entre 10 et 15 millions d'euros, selon le procureur de la République (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 02 août 2023

Braquage d'une joaillerie Piaget à Paris, 10 à 15 millions d'euros de préjudice

  • Aucune personne n'a été blessée au cours de ce braquage, selon une source policière
  • La rue de la Paix et la place Vendôme sont connues dans le monde entier pour accueillir les enseignes les plus prestigieuses de bijouteries de luxe

PARIS: La joaillerie Piaget située rue de la Paix, en plein coeur de Paris, a été braquée mardi à l'heure du déjeuner par trois personnes qui ont pris la fuite avec un butin estimé entre 10 et 15 millions d'euros, a-t-on appris de source policière et auprès du parquet de Paris.

Aucune personne n'a été blessée au cours de ce braquage, selon une source policière. Le parquet de Paris a saisi la Brigade de répression du banditisme (BRB) d'une enquête en flagrance pour vol à main armée en bande organisée et séquestration en bande organisée, a ajouté le parquet.

La rue de la Paix et la place Vendôme sont connues dans le monde entier pour accueillir les enseignes les plus prestigieuses de bijouteries de luxe.

Selon les premiers éléments de l'enquête, le braquage effectué par trois personnes s'est déroulé vers 13 heures. L'un au moins des malfaiteurs portait une arme.

Le dernier vol à main armée d'une bijouterie de luxe dans la capitale remonte au 29 avril dernier. Ce jour-là, trois individus venus à bord de deux motos s'étaient présentés à la bijouterie de luxe Bulgari, place Vendôme, peu avant 14H00. Deux d'entre eux étaient porteurs d'armes longues, selon une source policière, et un agent de sécurité avait été frappé. Le préjudice avait été évalué à "plusieurs millions d'euros".

Les gros braquages de bijouteries de luxe en France depuis 15 ans

Comme la joaillerie Piaget, mardi à Paris, plusieurs bijouteries de luxe ont déjà été la cible de gros braquages en France, avec des butins estimés à plus de 10 millions d'euros.

Voici les plus notables depuis une quinzaine d'années:

Record en 2008

En France, le record pour un vol de bijouterie date du 4 décembre 2008, quand des hommes armés, certains déguisés en femmes, ont cambriolé la joaillerie Harry Winston, sur l'avenue Montaigne à Paris.

"Personne ne bouge, sinon je fume tout le monde": en moins de vingt minutes, les malfaiteurs s'emparent de 104 montres et 297 pièces de joaillerie estimées à 71 millions d'euros (les chiffres du préjudice subi varient de plus ou moins 30% selon les sources).

L'année précédente, le 6 octobre, peu avant 10H00, quatre malfaiteurs armés et cagoulés, vêtus de combinaisons de travail de peintres, avaient déjà braqué le même établissement, s'emparant de 120 montres et 360 pièces de joaillerie, un butin estimé à plus de 32 millions d'euros.

Les dossiers des deux braquages ont été joints, la procédure ayant montré la participation de certains des mis en cause aux deux affaires. Huit hommes seront condamnés, en 2015, à des peines allant de 9 mois de prison à 15 ans de réclusion criminelle. Sur près de 900 bijoux dérobés,  279 ont été récupérés durant l'enquête.

Braquages à Cannes

Un braqueur déguisé en vieillard et armé d'un pistolet-mitrailleur pénètre, le 7 mai 2015 vers 11h00, dans une luxueuse bijouterie Cartier sur la Croisette de Cannes. Il y fait entrer deux complices tandis qu'un troisième faisait le guet. A quelques jours du Festival du film de Cannes, ils emportent un butin estimé à 17,5 millions d'euros.

Le 18 janvier 2017, un homme dérobe, le visage seulement dissimulé par des lunettes de soleil, pour 15 millions d'euros de bijoux dans la bijouterie Harry Winston à Cannes avant de repartir à pied.

Quelques années plus tôt, le 13 juillet 2009, trois hommes s'étaient emparé de 15 millions d'euros dans le hold-up d'une bijouterie Cartier à Cannes.

Bulgari aussi

Le 7 septembre 2021, une équipe de braqueurs, dont un membre avait été interpellé le jour des faits par la police, avait dévalisé la joaillerie Bulgari sur l'emblématique place Vendôme, pour un butin estimé à 10 millions d'euros.

Le 29 avril 2023, la même bijouterie Bulgari est la cible d'un vol à main armée par un groupe de malfaiteurs à motos, pour un préjudice estimé à plusieurs millions d'euros.


Liban: la France triple son soutien humanitaire et envoie 60 tonnes d'aide

Photo d'archives du 1er novembre 2024. (AFP)
Photo d'archives du 1er novembre 2024. (AFP)
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  • "Nous avons décidé de tripler le volume de l'aide qui arrivera cette semaine. Cette aide atteindra 60 tonnes d'aide humanitaire à destination des Libanais, avec des kits sanitaires, des kits d'hygiène, des matelas, des lampes"
  • Ce soutien s'effectue "grâce au soutien de la Fondation CMA CGM" de l'armateur français

PARIS: La France s'apprête à tripler son soutien humanitaire au Liban, en y dépêchant jeudi 60 tonnes d'aide pour les réfugiés quittant le sud du pays où Israël mène des opérations militaires contre le Hezbollah pro-iranien, a annoncé mercredi le chef de la diplomatie française

"Nous avons décidé de tripler le volume de l'aide qui arrivera cette semaine. Cette aide atteindra 60 tonnes d'aide humanitaire à destination des Libanais, avec des kits sanitaires, des kits d'hygiène, des matelas, des lampes, mais aussi un poste sanitaire mobile", a déclaré Jean-Noël Barrot sur TF1.

Ce soutien s'effectue "grâce au soutien de la Fondation CMA CGM" de l'armateur français, selon lui.

Paris s'apprête par ailleurs à fournir "plusieurs dizaines" de véhicules de l'avant-blindé (VAB) aux forces armées libanaises, "dont nous considérons qu'elles sont seules légitimes à assurer la sécurité du Liban", a rappelé le ministre, qui a à nouveau appelé le Hezbollah à "cesser ses attaques sur Israël" et "à rendre ses armes aux autorités libanaises".

Quelque 760.000 personnes ont été déplacées depuis le début de la campagne de frappes, lancée en réponse à des tirs du Hezbollah, selon des chiffres publiés mardi par le gouvernement libanais.

Depuis que le Hezbollah a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël, près de 500 personnes ont été tuées.


Le Hezbollah doit se désarmer, Israël s'abstenir d'une opération d'envergure, selon Paris

 La France a exprimé mardi, à la veille d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, "sa vive préoccupation" face à l'escalade de violences au Liban, exhortant le Hezbollah "à remettre les armes" et Israël "à s'abstenir de toute intervention d'envergure". (AFP)
 La France a exprimé mardi, à la veille d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, "sa vive préoccupation" face à l'escalade de violences au Liban, exhortant le Hezbollah "à remettre les armes" et Israël "à s'abstenir de toute intervention d'envergure". (AFP)
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  • La France, qui devait accueillir le 5 mars une conférence internationale d'aide aux forces armées libanaises, réitère "son plein soutien aux autorités libanaises"
  • Condamnant "le choix irresponsable" fait par le groupe chiite pro-iranien de se joindre aux attaques iraniennes contre Israël depuis le 1er mars, Paris appelle "le Hezbollah à mettre fin à ses opérations"

PARIS: La France a exprimé mardi, à la veille d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, "sa vive préoccupation" face à l'escalade de violences au Liban, exhortant le Hezbollah "à remettre les armes" et Israël "à s'abstenir de toute intervention d'envergure".

Condamnant "le choix irresponsable" fait par le groupe chiite pro-iranien de se joindre aux attaques iraniennes contre Israël depuis le 1er mars, Paris appelle "le Hezbollah à mettre fin à ses opérations", selon une déclaration du porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

Elle appelle en outre Israël "à s'abstenir de toute intervention terrestre ou d'envergure durable au Liban, dont l'intégrité territoriale et la souveraineté doivent être respectées".

La France, qui devait accueillir le 5 mars une conférence internationale d'aide aux forces armées libanaises, réitère "son plein soutien aux autorités libanaises", saluant leur décision le 2 mars dernier d'interdire les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah.

La conférence du 5 mars, annulée en raison du déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, était destinée à lever des fonds pour renforcer les forces de sécurité intérieures et l'armée libanaise, qui manquent cruellement de moyens financiers et d'équipements.

Cette aide était jugée fondamentale alors que l'armée libanaise était engagée dans un processus de désarmement du Hezbollah.

L'armée libanaise avait indiqué en janvier avoir achevé la première phase de ce plan de désarmement, couvrant la région située entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord. La deuxième phase, concernant une zone située au nord du fleuve, devait commencer.

En déplacement au Liban début février, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot avait jugé positif le processus de désarmement, estimant qu'au sud du fleuve Litani, il n'y avait plus de menaces vers le nord d'Israël.

Il avait aussi demandé à l'Iran de cesser d'être une force déstabilisatrice au Liban alors qu'Israël suspectait le Hezbollah de se réarmer avec l'aide de Téhéran.

Les autorités israéliennes ont constamment jugé insuffisants les progrès dans le désarmement du groupe pro-iranien qui a fini par entraîner le Liban dans la guerre début mars.

 


Moyen-Orient: Macron se pose en leader de la défense européenne, faute de leviers sur le conflit

Le président français Emmanuel Macron arrive pour s’adresser aux médias lors de sa visite du porte-avions Charles de Gaulle à Chypre, le 9 mars 2026. (Reuters)
Le président français Emmanuel Macron arrive pour s’adresser aux médias lors de sa visite du porte-avions Charles de Gaulle à Chypre, le 9 mars 2026. (Reuters)
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  • Le président Emmanuel Macron se rend à Chypre et à bord du porte-avions Charles de Gaulle pour affirmer le rôle de la France comme leader de la défense européenne face à l’escalade au Moyen-Orient
  • Malgré cette démonstration de force et des échanges avec Massoud Pezeshkian, Donald Trump et Benjamin Netanyahu, l’influence diplomatique de Paris reste limitée et les appels à la désescalade n’ont pas encore produit d’effet

A bord du porte-avions Charles de Gaulle: Face au fait accompli de la guerre au Moyen-Orient, et sans grand levier pour influer sur son cours, le président français Emmanuel Macron, en déplacement lundi à Chypre et sur le porte-avions Charles de Gaulle, tente de reprendre l'initiative en traçant le sillon d'une France leader en matière de défense européenne.

Il a fait une visite express à Paphos, sur l'île méditerranéenne touchée par un drone de fabrication iranienne après le début du conflit déclenché le 28 février par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran.

Message central: "lorsque Chypre est attaquée, c'est l'Europe qui est attaquée". Et la France répond présent pour la protéger, comme elle le fait pour ses partenaires du Golfe visés par des représailles iraniennes. Il a d'ailleurs évoqué, sans plus de précisions, de nouvelles "interceptions" de frappes qui se sont poursuivies ces derniers jours.

Dans la foulée, détour par le porte-avions Charles de Gaulle, désormais au large de la Crète, en Grèce, dans le cadre d'un important déploiement militaire décidé par Paris face à l'embrasement moyen-oriental.

"Ce qui est très important, et habile, dans ces déplacements, c'est qu'ils lui permettent de reprendre l'initiative alors que, depuis le début de la guerre, tous les Européens étaient placés devant le fait accompli", dit à l'AFP Cyrille Bret, chercheur à l'Institut Montaigne.

- "Montrer les muscles" -

"La position d'Emmanuel Macron est vraiment de montrer les muscles", en déployant "un effort capacitaire considérable", ajoute-t-il.

Le Charles de Gaulle est en Méditerranée orientale dans le cadre d'un important dispositif aéronaval appelé aussi à mobiliser huit frégates et deux portes-hélicoptères amphibies dans une vaste zone incluant également la mer Rouge et le détroit d'Ormuz dans le Golfe.

Même si les autorités françaises martèlent qu'il s'agit d'une posture strictement "défensive", et pas d'une participation directe au conflit, "l'engagement d'un groupe aéronaval d'une telle ampleur, c'est un vrai risque", estime cet expert: "ça rend la France encore plus une cible dans la région".

En étant le premier dirigeant à se rendre à Chypre, et en ayant dépêché ces moyens militaires en coordination avec plusieurs pays, dont l'Italie et l'Espagne, Emmanuel Macron tente de conforter son rôle de leader de la défense européenne, une semaine après avoir mis la France au centre du jeu en proposant une dissuasion nucléaire "avancée" au service de l'Europe.

"Votre présence aujourd'hui démontre la puissance de la France, celle d'une puissance d'équilibre, de paix aux côtés de ses amis", a-t-il lancé lundi aux marins du Charles de Gaulle.

"Celle aussi d'une puissance européenne qui sait organiser autour d'elle et orchestrer la présence de plusieurs autres européens", a ajouté celui qui plaide depuis plusieurs années pour une autonomie stratégique du Vieux Continent.

- "Où est la voix de la France?" -

Par contraste, le Royaume-Uni est critiqué pour son déploiement plus poussif, alors même que c'est une base britannique qui a été touchée à Chypre.

"Pour l'instant la réaction de la France est plutôt la bonne", a d'ailleurs reconnu l'un de ses principaux opposants, le président du Rassemblement national (extrême droite) Jordan Bardella.

Sur le front diplomatique, toutefois, d'autres voix critiquent un certain embarras du chef de l'Etat, qui semble vouloir ménager les Etats-Unis et Israël, sans pour autant approuver leur opération ni y participer plus directement.

"Où est la voix de l'Europe, où est la voix de la France?", a interrogé dimanche, sur la même chaîne, l'ex-Premier ministre Dominique de Villepin, qui prépare une candidature à la présidentielle de 2027. "C'est Pedro Sanchez qui sauve l'honneur de l'Europe", a-t-il estimé, saluant l'opposition plus résolue à cette guerre de la part du chef du gouvernement espagnol.

Si Emmanuel Macron a été dimanche le premier dirigeant occidental à s'entretenir au téléphone avec son homologue iranien Massoud Pezeshkian depuis le début du conflit, et s'il a parlé à plusieurs reprises à Donald Trump et au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ses leviers diplomatiques sont limités.

Pour l'instant, ses appels à la désescalade sont restés sans effet. Il n'a pu convaincre Israël de ne pas étendre le conflit au Liban en riposte à des tirs du Hezbollah pro-iranien, même s'il constate que l'armée israélienne n'a pas, à ce stade, lancé d'offensive terrestre d'ampleur.