Le conflit au Soudan, un «avertissement» pour le Soudan du Sud, selon l'ONU

De la fumée s'élève au loin autour du district de Khartoum Bahri au milieu des combats en cours le 14 juillet 2023. (AFP)
De la fumée s'élève au loin autour du district de Khartoum Bahri au milieu des combats en cours le 14 juillet 2023. (AFP)
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Publié le Mercredi 02 août 2023

Le conflit au Soudan, un «avertissement» pour le Soudan du Sud, selon l'ONU

  • Ces élections étaient initialement prévues en février 2023 avant d'être reportées
  • Elles doivent marquer la fin d'une «période de transition», après un accord de paix qui a mis fin en 2018 à cinq ans d'une sanglante guerre civile entre les rivaux Salva Kiir et Riek Machar

NAIROBI: Le conflit au Soudan est un "avertissement" pour son voisin du Soudan du Sud, a estimé mercredi le chef de la mission de l'ONU dans le pays, appelant le gouvernement de Juba à "agir rapidement" pour consolider la paix et permettre la tenue d’élections en décembre 2024.

Ces élections, les premières dans le plus jeune pays du monde qui a obtenu son indépendance du Soudan en 2011, étaient initialement prévues en février 2023 avant d'être reportées.

Elles doivent marquer la fin d'une "période de transition", après un accord de paix qui a mis fin en 2018 à cinq ans d'une sanglante guerre civile entre les rivaux Salva Kiir et Riek Machar ayant fait au moins 380.000 victimes et des millions de déplacés.

Mais en dépit de la création d'un gouvernement d'union nationale dans lequel M. Kiir est président et M. Machar vice-président, la mise en application de cet accord avance peu, laissant le pays en proie aux violences politico-ethniques, à l'instabilité économique et à l'urgence humanitaire.

"La situation au Soudan constitue un avertissement pour le Soudan du Sud. Elle renforce l'impératif d'agir rapidement pour renforcer les fondements de la paix, de la stabilité et d'une gouvernance inclusive", a déclaré le chef de la mission de l'ONU au Soudan du Sud, Nicholas Haysom, en conférence de presse.

"Il ne reste plus que 17 mois (...) avant les élections de décembre 2024", a rappelé M. Haysom, affirmant que des "décisions-clés (...) doivent être prises afin d'ouvrir la voie à la tenue d'élections pacifiques, inclusives et crédibles".

"La simple tenue d'élections ne suffit pas", a-t-il ajouté, estimant qu'"un environnement politique et civique propice est nécessaire pour tous les partis politiques, les groupes de la société civile, les médias et tous les Sud-Soudanais".

L'ONU a à plusieurs reprises dénoncé l'attitude des dirigeants sud-soudanais pour leur répression des libertés publiques, leurs querelles incessantes qui alimentent la violence et leur détournement des fonds publics.

Le président Salva Kiir est pour l'instant le seul candidat déclaré à l'élection de 2024. Le chef de l'Etat a assuré début juillet que le scrutin ne serait pas une nouvelle fois reporté.

La guerre qui fait rage au Soudan depuis le 15 avril a fait au moins 3.000 morts et des millions de réfugiés.

Selon l'ONU, 190.000 personnes ont fui au Soudan du Sud, venant aggraver une situation humanitaire déjà fragile dans ce pays parmi les plus pauvres du monde.

Selon Ocha, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU, 9,4 des 17 millions de Sud-Soudanais ont besoin d'aide humanitaire.


Le président libanais se déchaîne contre le Hezbollah, veut des négociations avec Israël

Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre. (AFP)
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  • Israël pilonne sans relâche le Liban depuis que la formation pro-iranienne a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël
  • "Ceux qui ont lancé les missiles" sur Israël ont voulu "provoquer l'effondrement du Liban (..) pour le compte de l'Iran, et c'est ce que nous avons mis en échec", a affirmé le dirigeant libanais, adoptant un ton extrêmement ferme à l'égard du Hezbollah

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre.

Israël pilonne sans relâche le Liban depuis que la formation pro-iranienne a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël.

"Ceux qui ont lancé les missiles" sur Israël ont voulu "provoquer l'effondrement du Liban (..) pour le compte de l'Iran, et c'est ce que nous avons mis en échec", a affirmé le dirigeant libanais, adoptant un ton extrêmement ferme à l'égard du groupe pro-iranien.

Il a tenu ces propos lors d'une rencontre par visioconférence avec les chefs des institutions européennes Ursula von der Leyen et Antonio Costa.

Joseph Aoun a qualifié le Hezbollah "de faction armée échappant à l'autorité de l'Etat au Liban, qui n'accorde aucun poids aux intérêts du Liban, ni à la vie de son peuple".

Il a assuré que la décision, lundi, du gouvernement d'interdire toute activité militaire ou sécuritaire du Hezbollah était "claire et irrévocable". "C'est ce que nous voulons mettre en oeuvre avec fermeté et clarté", a déclaré Joseph Aoun.

Le chef de l'Etat a proposé, pour mettre un terme à la guerre, "une trêve" avec Israël, suivie par une aide logistique à l'armée libanaise pour qu'elle puisse se déployer dans les zones de conflit et "désarmer le Hezbollah".

Dans le même temps, il s'est déclaré pour "que le Liban et Israël entament des négociations directes sous parrainage international" entre les deux pays toujours en état de guerre.

Les frappes israéliennes ont fait depuis le 2 mars près de 400 morts et un demi-million de déplacés.

 


Liban: un prêtre tué par des tirs israéliens dans un village du sud

Liban: un prêtre tué par des tirs israéliens dans un village du sud
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  • Une maison du village a été visée lundi par "deux tirs d'artillerie successifs provenant d'un char ennemi de type Merkava", selon l'Ani
  • Le premier tir a blessé le propriétaire de la maison et son épouse, a précisé le média

BEYROUTH: Un prêtre a été tué lundi par des tirs d'artillerie de l'armée israélienne dans un village du sud du Liban, particulièrement touché par la reprise du conflit entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), des habitants et une source médicale à l'AFP.

La victime, Pierre Raï, était le curé de la paroisse de Qlayaa, qui fait partie des villages chrétiens frontaliers du sud du Liban ayant décidé de se tenir à l'écart du conflit et de ne pas suivre les ordres d'évacuation israéliens.

Une maison du village a été visée lundi par "deux tirs d'artillerie successifs provenant d'un char ennemi de type Merkava", selon l'Ani.

Le premier tir a blessé le propriétaire de la maison et son épouse, a précisé le média.

Un second tir sur la maison a blessé le prêtre et trois autres habitants, selon des résidents du village, qui ont raconté à l'AFP être accourus sur place avec des secouristes de la Croix rouge libanaise.

Le prêtre a plus tard succombé à ses blessures, a affirmé une source médicale.

Les motivations de l'attaque israélienne contre cette maison située en bordure du village restent pour l'instant inconnues.

Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël qui mène depuis des représailles massives.

L'armée israélienne a ordonné à plusieurs reprises aux habitants d'une vaste partie du sud du Liban de partir, provoquant un exode massif.

Le curé avait pris part vendredi à un rassemblement devant une église de Marjeyoun, localité avoisinante, où plusieurs dizaines d'habitants se sont dit résolus à rester sur leurs terres.

"Lorsque nous défendons nos terres, nous le faisons en tant que pacifistes qui ne portent que des armes de paix", avait alors déclaré Pierre Raï.

Il avait appelé à considérer Marjeyoun comme "une zone rouge", c'est-à-dire qui ne devrait pas abriter des déplacés de la zone partisans du Hezbollah.

 


Liban: nouvelle frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth

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  • L'aviation israélienne a mené une nouvelle frappe lundi matin sur la banlieue sud de Beyrouth
  • Un porte-parole arabophone de l'armée israélienne avait averti qu'elle allait frapper les succursales de la société financière Al-Qard Al-Hassan

BEYROUTH: L'aviation israélienne a mené une nouvelle frappe lundi matin sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle) et les images de l'AFPTV.

Un porte-parole arabophone de l'armée israélienne avait averti qu'elle allait frapper les succursales de la société financière Al-Qard Al-Hassan, liée au Hezbollah, implantée notamment dans les fiefs de la formation.