Référendum en Centrafrique : une «mascarade» avec une faible participation, dénonce l'opposition

Evariste Ngamana, vice-président de l'assemblée nationale et directeur de campagne, s'exprime lors de la dernière réunion de campagne avant le référendum constitutionnel, à Bangui, le 28 juillet 2023. (Photo par Barbara DEBOUT / AFP)
Evariste Ngamana, vice-président de l'assemblée nationale et directeur de campagne, s'exprime lors de la dernière réunion de campagne avant le référendum constitutionnel, à Bangui, le 28 juillet 2023. (Photo par Barbara DEBOUT / AFP)
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Publié le Vendredi 04 août 2023

Référendum en Centrafrique : une «mascarade» avec une faible participation, dénonce l'opposition

  • Jeudi, les résultats provisoires du référendum, qui doivent être publiés dans les huit jours après son déroulement, n'avaient toujours pas été annoncés par l'Autorité nationale des élections (ANE)
  • «Ce vote n'est qu'une mascarade et un échec cuisant car Bangui ressemblait à une ville morte» dimanche, a dénoncé Crépin Mboli-Goumba, le coordonnateur du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC)

BANGUI, Centrafrique : L'opposition centrafricaine a qualifié jeudi de «mascarade» et d'«échec cuisant», parlant d'une faible participation de «10 à 13%», le référendum constitutionnel de dimanche dernier qui devrait permettre au président Faustin Archange Touadéra de briguer un troisième mandat.

«Ce vote n'est qu'une mascarade et un échec cuisant car Bangui ressemblait à une ville morte» dimanche, a dénoncé Crépin Mboli-Goumba, le coordonnateur du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC), au cours d'une conférence de presse dans la capitale. Pour le BRDC, le taux de participation «est de 10% à 13%», a-t-il ajouté.

«C'est avec une grande satisfaction que nous avons constaté que le peuple est avec nous» car il n'a pas ou peu voté à ce référendum «illégal», a-t-il souligné.

Au lendemain du vote, le vice-président de l'Assemblée nationale et porte-parole de la majorité présidentielle, Evariste Ngamana, avait à l'inverse affirmé que le peuple centrafricain s'était «massivement rendu aux urnes», avec un taux de participation de «70%», et avait «massivement voté» pour la nouvelle Constitution, à «90%».

«Le refus du peuple a été exprimé à travers l'absence des votants dans les bureaux de vote restés déserts sur la quasi-totalité du territoire», a affirmé jeudi la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), la principale alliance rebelle dans ce pays en guerre civile depuis 10 ans, qui assure que la participation «ne peut dépasser 5%».

Des journalistes de l'AFP avaient quant à eux constaté une faible affluence dans les bureaux de vote.

Jeudi, les résultats provisoires du référendum, qui doivent être publiés dans les huit jours après son déroulement, n'avaient toujours pas été annoncés par l'Autorité nationale des élections (ANE).

«Seule l'ANE est habilitée à donner les résultats et nous (les) attendons de pied ferme», a martelé Crépin Mboli-Goumba.

La victoire du «oui» fait peu de doute, d'autant que les principaux partis d'opposition et les principales organisations de la société civile, ainsi que les groupes armés rebelles, avaient appelé à boycotter le scrutin.

Le projet de nouvelle Constitution sur lequel les Centrafricains étaient invités à se prononcer prévoit notamment un allongement de la durée du mandat présidentiel de cinq à sept ans et la suppression de la limite du nombre des mandats, dans un pays dévasté par plusieurs coups d'Etat.

«Touadéra doit comprendre que le peuple ne veut pas de lui», a encore affirmé la CPC, l'accusant d'avoir «mené à son terme son dessein de liquidation de la démocratie et de l'Etat de droit en Centrafrique».

Elu en 2016, M. Touadéra a été reconduit à son poste en 2020 à l'issue d'une élection perturbée par des groupes armés rebelles et entachée d'accusations de fraude.

Le chef de l'Etat, âgé de 66 ans, est accusé par ses adversaires de vouloir rester «président à vie» d'un des pays les plus pauvres de la planète, avec l'aide en particulier de mercenaires de la société de sécurité privée russe Wagner déployés en Centrafrique depuis 2018.


Witkoff voit des «signaux forts» en faveur d'un accord avec l'Iran

Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
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  • "Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche
  • Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur

WASHINGTON: Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff.

"Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur.

 

 


Les alliés de Washington du G7 poussent à la désescalade

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.  "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie. "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
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  • L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran
  • A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées"

ABBAYE-DES-VAUX-DE-CERNAY: Les ministres des Affaires étrangères du Groupe G7 ont entamé jeudi, sans l'Américain Marco Rubio, une réunion près de Paris avec la volonté affichée de pousser Washington à une désescalade au Moyen-Orient sans pour autant oublier l'Ukraine.

Le secrétaire d'Etat américain rejoindra vendredi matin ses homologues à l'Abbaye des Vaux-de-Cernay, près de Rambouillet, à une cinquantaine de kilomètres de Paris.

L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran, qui a des répercussions économiques mondiales en raison du quasi blocage du détroit d'Ormuz par Téhéran depuis près d'un mois.

A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées".

"Nous constatons que la Russie aide l'Iran sur le plan du renseignement pour cibler des Américains, pour tuer des Américains (au Moyen-Orient), et la Russie fournit également désormais des drones à l'Iran afin que (ce pays) puisse attaquer les pays voisins ainsi que les bases militaires américaines", a-t-elle déclaré à des journalistes.

"Si l'Amérique veut que la guerre au Moyen-Orient cesse, (...) elle doit aussi exercer une pression sur la Russie afin qu'elle ne puisse pas aider (l'Iran) dans ce sens", a-t-elle souligné.

"On a des raisons de penser qu'aujourd'hui la Russie soutient les efforts militaires de l'Iran qui semblent être dirigés notamment sur des cibles américaines", a de son côté déclaré jeudi soir le ministre français Jean-Noël Barrot, lors d'une conférence de presse clôturant la première journée des discussions.

De son côté, la ministre canadienne Anita Anand a appelé le G7 à soutenir "collectivement" une désescalade au Moyen-Orient, dans un entretien à l'AFP.

"Pour le gouvernement allemand, il est très important de savoir précisément ce que nos partenaires américains comptent faire", a pour sa part souligné le ministre allemand Johann Wadephul, alors que la confusion règne sur de potentielles négociations directes entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre.

L'Iran aurait répondu à la proposition annoncée par le président américain Donald Trump, et reçue via le médiateur pakistanais, a affirmé jeudi une source citée par l'agence de presse iranienne Tasnim.

Jeudi, l'émissaire américain Steve Witkoff a quant à lui assuré qu'il existait des "signaux forts" montrant que Téhéran veut passer un accord avec les Etats-Unis.

Mercredi, la télévision d'Etat avait pourtant affirmé que l'Iran avait rejeté ce plan tandis que la Maison Blanche menaçait de déchaîner "l'enfer" sur le pays en cas d'échec des négociations.

La France, qui exerce la présidence du G7 cette année, prône elle aussi la voie diplomatique, redoutant d'être entraînée dans le conflit.

Bien que disposant de bases militaires dans les pétromonarchies du Golfe avec lesquels elle est liée par des accords de coopération de sécurité, elle a constamment souligné que sa posture était "purement défensive".

Difficile convergence de vues 

Mais cette position semble de plus en plus difficile à tenir alors que ces Etats sont visés par les frappes iraniennes, en représailles aux tirs provenant de bases américaines implantées au Moyen-Orient.

Au G7, la principale session de travail consacrée à la guerre au Moyen-Orient se tiendra vendredi.

Les chefs de la diplomatie des grands pays émergents (Inde et Brésil) ont été invités, de même que les ministres ukrainien, saoudien et sud-coréen.

L'Italie compte "promouvoir une désescalade" et assurer de "la disponibilité du gouvernement italien à contribuer aux efforts visant à garantir un passage sûr à travers le détroit d'Ormuz", selon une source diplomatique italienne.

Le Royaume-Uni et la France vont réunir cette semaine une trentaine de pays prêts à former une coalition visant à participer à la sécurisation du détroit d'Ormuz.

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.

"La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine.

Signe de la difficulté à faire converger les vues, cette réunion s'achèvera vendredi avec la publication d'un communiqué de la présidence française, plutôt qu'un communiqué conjoint, a indiqué une source diplomatique.

La ministérielle Affaires étrangères précèdera un G7 Finances et Energie avec les Banques centrales programmée lundi en visio-conférence.

 


Iran: Trump repousse son ultimatum au 6 avril

Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
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  • "A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."
  • "Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien."

"A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."

"Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.