La Chine rejoint les pourparlers avec l’Ukraine à Djeddah

Les diplomates ukrainiens et occidentaux espèrent que la réunion à Djeddah des hauts responsables d’environ 40 pays conviendra des principes-clés d’un règlement pacifique futur de la guerre en Ukraine (Photo d’archive Arab News)
Les diplomates ukrainiens et occidentaux espèrent que la réunion à Djeddah des hauts responsables d’environ 40 pays conviendra des principes-clés d’un règlement pacifique futur de la guerre en Ukraine (Photo d’archive Arab News)
La récolte de blé se poursuit dans une ferme près de Kramatorsk, dans la région ukrainienne de Donetsk, le 4 août 2023, au milieu de l’invasion russe. L’Arabie saoudite organise des pourparlers pour mettre fin à la guerre, qui a perturbé les exportations alimentaires du « grenier à pain » mondial, affectant l’approvisionnement alimentaire mondial. (AFP)
La récolte de blé se poursuit dans une ferme près de Kramatorsk, dans la région ukrainienne de Donetsk, le 4 août 2023, au milieu de l’invasion russe. L’Arabie saoudite organise des pourparlers pour mettre fin à la guerre, qui a perturbé les exportations alimentaires du « grenier à pain » mondial, affectant l’approvisionnement alimentaire mondial. (AFP)
Cette photographie publiée par les services d’urgence ukrainiens le 2 août 2023 montre une vue d’un bâtiment endommagé dans un port ukrainien sur le Danube après une attaque nocturne de drones russes dans la région d’Odessa. (AFP)
Cette photographie publiée par les services d’urgence ukrainiens le 2 août 2023 montre une vue d’un bâtiment endommagé dans un port ukrainien sur le Danube après une attaque nocturne de drones russes dans la région d’Odessa. (AFP)
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Publié le Samedi 05 août 2023

La Chine rejoint les pourparlers avec l’Ukraine à Djeddah

  • Selon un dirigeant allemand, la diplomatie saoudienne a joué un rôle-clé pour persuader Pékin de participer aux pourparlers de Djeddah
  • La Chine a refusé de participer à un cycle précédent de pourparlers à Copenhague qui avait lieu fin juin

DJEDDAH : Li Hui, envoyé spécial chinois pour les affaires eurasiennes, participera aux pourparlers du week-end en Arabie saoudite sur la recherche d'un règlement pacifique de la guerre en Ukraine, a déclaré le ministère des Affaires étrangères de la Chine vendredi.

Wang Wenbin, porte-parole du ministère, a affirmé : « La Chine est disposée à travailler avec la communauté internationale afin de continuer à jouer un rôle constructif dans la promotion d'une solution politique à la crise ». 

Les diplomates ukrainiens et occidentaux espèrent que les conseillers en sécurité nationale et autres hauts responsables de près de 40 pays réunis à Djeddah se mettront d'accord sur les principes d'un futur règlement de paix.

La participation de la Chine est un coup diplomatique pour le Royaume. La Chine avait été invitée à une précédente série de pourparlers à Copenhague fin juin, mais n'avait pas assisté à la réunion.

Selon un responsable allemand, la diplomatie saoudienne a joué un rôle-clé pour persuader Pékin de participer aux pourparlers de Djeddah.

L'agence de presse saoudienne SPA a déclaré que le royaume prévoyait que la réunion renforcerait le « dialogue et la coopération afin d’assurer une solution à la crise par des moyens politiques et diplomatiques ».

Les responsables ukrainiens et occidentaux ont déclaré que Riyad souhaite jouer un rôle diplomatique de premier plan.

La participation de l'Arabie saoudite rend cette réunion plus acceptable pour Beijing, car elle ne sera pas perçue comme étant orchestrée par l'Occident, selon Yun Sun, directrice du programme Chine au Stimson Center à Washington.

Un haut responsable de l'Union européenne a déclaré que l'Arabie saoudite s'est aventurée « dans des régions du monde où les alliés traditionnels de l'Ukraine n'auraient pas pu accéder aussi facilement ».

Formule en 10 points 

Mercredi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré qu'il espérait que l'initiative aboutirait à un « sommet pour la paix » des dirigeants du monde entier cet automne pour approuver les principes basés sur sa propre formule en dix points pour un règlement.

La formule de Zelensky comprend le respect de l'intégrité territoriale de l'Ukraine et le retrait des troupes russes, ce qui est un anathème pour Moscou. La Russie prétend en effet avoir annexé le territoire ukrainien occupé de manière permanente.

Les responsables ukrainiens, russes et internationaux estiment qu'il n'y a aucune perspective de pourparlers de paix directs entre l'Ukraine et la Russie pour le moment, alors que la guerre se poursuit et que Kyiv cherche à récupérer le territoire par une contre-offensive.

Or, l'Ukraine vise d'abord à construire une coalition plus large de soutien diplomatique au-delà de ses principaux soutiens occidentaux en s'adressant aux pays du Sud global tels que l'Inde, le Brésil et l'Afrique du Sud, dont beaucoup sont restés publiquement neutres.

Plus tôt cette semaine, le Kremlin, Dmitry Peskov, a déclaré lundi qu'il surveillerait la réunion de Djeddah, tout en réaffirmant la position de Moscou selon laquelle il ne voyait actuellement aucune raison de négociations de paix avec Kyiv.

« Nous devons comprendre quels objectifs sont fixés et ce qui sera discuté. Toute tentative de promouvoir un règlement pacifique mérite une évaluation positive ».

Selon les diplomates occidentaux, il est très improbable que la formule de paix de Zelensky soit entièrement approuvée lors des pourparlers. Pourtant, ils veulent au moins obtenir un soutien clair pour les principes consacrés dans la Charte des Nations Unies – le document fondateur des Nations Unies – tels que l'intégrité territoriale.

Les États-Unis et leurs alliés se sont également montrés méfiants à l'égard d'une initiative de paix dirigée par Beijing, et les analystes doutaient que la Chine chercherait à jouer un rôle de premier plan lors de la conférence. 

« Je ne vois pas les Chinois promouvoir un programme », a déclaré Jon Alterman, responsable du programme Moyen-Orient au Centre d’études stratégiques et internationales. La participation de Beijing était plus probablement motivée par le prestige et l'opportunité de courtiser les pays du Moyen-Orient et du Sud global.

Dans le but de gagner le soutien des pays du Sud global, les responsables occidentaux ont déclaré qu'ils insisteraient sur le fait que les prix des denrées alimentaires ont augmenté depuis que la Russie a quitté un accord permettant le passage sûr du grain ukrainien à travers la mer Noire et a mené une série de frappes aériennes sur les ports ukrainiens.

« Nous soulèverons certainement ce point de manière claire et nette », a déclaré un autre haut responsable de l'UE.

Alors que les responsables se préparaient pour les pourparlers, l'Ukraine a mené une frappe de drone contre des cibles navales russes en mer Noire, endommageant le navire de débarquement Olenegrorsky Gornyak dans la base navale de Novorossiysk, dans le sud de la Russie. 

« Le but était de montrer que l'Ukraine peut attaquer n'importe quel navire de guerre russe dans cette zone », a déclaré une source de sécurité ukrainienne.

« Un autre navire russe est au bord de sa chute », a déclaré le ministère des Affaires étrangères ukrainien, publiant des séquences vidéo d'un navire militaire basculant lourdement.

Le conseiller présidentiel ukrainien Mykhailo Podolyak a déclaré : « La présence de la flotte russe en mer Noire... prendra fin. L'Ukraine assurera la liberté et la sécurité en mer Noire pour le commerce mondial ».

(Avec Reuters)

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Liban: neuf blessés dans une frappes israélienne sur un hôpital

Jeudi, les frappes quotidiennes se sont poursuivies, a rapporté l'Agence nationale d'information libanaise (Ani). Un photographe de l’AFP a vu de la fumée s’élever après un raid sur la localité de Hanniyeh.  Dans le même temps, le Hezbollah a revendiqué des attaques simultanées contre des forces israéliennes qui occupent plusieurs localités du sud du Liban. (AFP)
Jeudi, les frappes quotidiennes se sont poursuivies, a rapporté l'Agence nationale d'information libanaise (Ani). Un photographe de l’AFP a vu de la fumée s’élever après un raid sur la localité de Hanniyeh. Dans le même temps, le Hezbollah a revendiqué des attaques simultanées contre des forces israéliennes qui occupent plusieurs localités du sud du Liban. (AFP)
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  • Le ministère a précisé que les différentes sections de l'hôpital, dont les urgences et l'unité de soins intensifs, ont été endommagées ainsi que des ambulances stationnées dans la cour de l'établissement
  • Il a mis en ligne une vidéo qui montre des éclats de verre dispersés dans l’un des couloirs de l’hôpital, des fenêtres et des portes soufflées, ainsi qu’un plafond effondré dans l’un des bureaux, tandis qu’un membre du personnel se trouve sur les lieux

BEYROUTH: Neuf personnes ont été blessées jeudi dans une frappe israélienne qui a endommagé un hôpital du sud du Liban, selon le ministère de la Santé, l'armée israélienne poursuivant ses raids malgré une trêve fragile avec le Hezbollah pro-iranien.

Dans un communiqué, le ministère a "vivement dénoncé" la frappe qui a "infligé de graves dégâts à l'hôpital gouvernemental de Tebnine".

Il a précisé que la frappe a fait "neuf blessés, parmi lesquels sept membres du personnel de l'hôpital dont cinq femmes".

Le ministère a précisé que les différentes sections de l'hôpital, dont les urgences et l'unité de soins intensifs, ont été endommagées ainsi que des ambulances stationnées dans la cour de l'établissement.

Il a mis en ligne une vidéo qui montre des éclats de verre dispersés dans l’un des couloirs de l’hôpital, des fenêtres et des portes soufflées, ainsi qu’un plafond effondré dans l’un des bureaux, tandis qu’un membre du personnel se trouve sur les lieux.

Le ministère avait indiqué mercredi que trois hôpitaux dans le sud avaient été fermés et 16 autres endommagés depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien le 2 mars.

Les frappes israéliennes ont coûté la vie à 3.089 personnes au Liban, dont 116 secouristes et personnels de la santé, depuis le début des hostilités, selon le ministère de la Santé libanais.

Par ailleurs, ce même ministère a révisé jeudi à la hausse un bilan concernant une frappe sur la localité de Deir Qanun al-Nahr mardi qui a fait 14 morts, dont trois femmes et quatre enfants, contre 10 indiqué précédemment.

Jeudi, les frappes quotidiennes se sont poursuivies, a rapporté l'Agence nationale d'information libanaise (Ani). Un photographe de l’AFP a vu de la fumée s’élever après un raid sur la localité de Hanniyeh.

Dans le même temps, le Hezbollah a revendiqué des attaques simultanées contre des forces israéliennes qui occupent plusieurs localités du sud du Liban.

Il a dit avoir mené "une vaste attaque contre différentes positions" israéliennes dans trois localités au moyen de "drones d'attaques et de roquettes en salves répétées", selon un communiqué.

Un cessez-le-feu qui devait expirer le 17 mai a été prolongé de 45 jours à l'issue de négociations entre le Liban et Israël, inédites depuis des décennies, sous médiation américaine.

Le Liban a été plongé dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars, lorsque le Hezbollah a lancé une attaque sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei.

 


Washington annonce des sanctions visant des personnes considérées proches du Hezbollah

Washington a annoncé jeudi placer sur sa liste de personnes et entités sous sanctions neuf individus, accusés d'être proches ou membres de la direction du Hezbollah et d'"entraver la paix et le désarmement" du groupe libanais pro-iranien. (AFP)
Washington a annoncé jeudi placer sur sa liste de personnes et entités sous sanctions neuf individus, accusés d'être proches ou membres de la direction du Hezbollah et d'"entraver la paix et le désarmement" du groupe libanais pro-iranien. (AFP)
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  • Le gouvernement libanais a refusé mi-mars les lettres de créance de l'ambassadeur iranien et ordonné son départ du pays, mais M. Sheibani a refusé de quitter Beyrouth
  • La décision du gouvernement avait été vivement critiquée par le Hezbollah

WASHINGTON: Washington a annoncé jeudi placer sur sa liste de personnes et entités sous sanctions neuf individus, accusés d'être proches ou membres de la direction du Hezbollah et d'"entraver la paix et le désarmement" du groupe libanais pro-iranien.

Parmi les cibles des sanctions du département américain du Trésor se trouvent l'ambassadeur désigné de l'Iran au Liban, Mohammad Reza Raouf Sheibani, des responsables des services de renseignement libanais, des alliés politiques du Hezbollah et quatre responsables du groupe.

L'un d'entre eux, Hassan Fadlallah, est un député du Hezbollah qui a également dirigé la radio (Al-Nour) et la télévision (Al-Manar) du mouvement.

Le gouvernement libanais a refusé mi-mars les lettres de créance de l'ambassadeur iranien et ordonné son départ du pays, mais M. Sheibani a refusé de quitter Beyrouth.

La décision du gouvernement avait été vivement critiquée par le Hezbollah.

"Le Hezbollah est une organisation terroriste qui doit être totalement désarmée. Le département du Trésor continuera de s'en prendre aux responsables ayant infiltré le gouvernement libanais et permettant au Hezbollah de mener sa campagne de violence sans but contre le peuple libanais et d'entraver la paix", a déclaré le secrétaire du Trésor, Scott Bessent, cité dans le communiqué.

En réaction, le Hezbollah a dénoncé dans un communiqué "une tentative d'intimidation américaine contre le peuple libanais (...) en soutien à l'agression" israélienne contre le Liban.

"Ces sanctions (...) nous confortent dans nos choix (...) et n'auront aucun impact concret sur nos choix (...) ni sur l'action entreprise pour défendre la souveraineté" du peuple libanais, a ajouté le mouvement.

Les sanctions impliquent le gel de l'ensemble des avoirs détenus directement et indirectement par les personnes ciblées ainsi que l'interdiction pour les citoyens et entreprises américains de mener des échanges avec elles.

Cette interdiction s'applique également aux entreprises étrangères si elles disposent d'une filière aux Etats-Unis ou réalisent une partie de leurs échanges en dollars.

Les sanctions visent aussi deux responsables du mouvement chiite Amal, allié du Hezbollah, qui a dénoncé une mesure "inacceptable et injustifiée", visant "en premier lieu le mouvement Amal et son rôle politique, attaché aux causes nationales ainsi qu'à la protection de l'Etat et de ses institutions".

Le Hezbollah estime par ailleurs que "le fait de cibler les officiers libanais à la veille des rencontres au Pentagone est une tentative évidente d'intimider nos institutions sécuritaires officielles et de soumettre l'Etat aux conditions de la tutelle américaine".

Des négociations, inédites depuis des décennies, sont en cours entre le Liban et Israël sous médiation américaine. Le Hezbollah s'y oppose. Le Pentagone doit accueillir une session de discussions le 29 mai en présence d'une délégation de l'armée libanaise.

Le Liban a été plongé début mars dans la guerre lancée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, lorsque le Hezbollah a lancé une attaque sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei. Des troupes israéliennes sont ensuite entrées dans le sud du Liban.

Bien qu'une trêve soit actuellement en cours, Israël et le Hezbollah poursuivent leurs affrontements.


Maroc: au moins quatre morts dans l'effondrement d'un immeuble à Fès

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  • Dans certains quartiers périphériques de Fès, de nombreux bâtiments sont érigés sans respecter les normes de construction en vigueur
  • Les opérations de recherches se poursuivent pour tenter de secourir "d'autres personnes susceptibles d'être piégées sous les décombres", ont précisé les autorités locales

RABAT: Au moins quatre personnes sont décédées jeudi dans l'effondrement d'un immeuble à Fès, dans le nord du Maroc, selon un bilan provisoire des autorités locales qui poursuivent leurs opérations à la recherche d'éventuelles autres victimes coincées sous les décombres.

Six autres personnes ont été blessées à des degrés divers dans l'effondrement de cet immeuble résidentiel de quatre étages, situé dans un quartier périphérique de cette ville, selon les mêmes sources, citées par l'agence officielle MAP.

Dans certains quartiers périphériques de Fès, de nombreux bâtiments sont érigés sans respecter les normes de construction en vigueur.

Les opérations de recherches se poursuivent pour tenter de secourir "d'autres personnes susceptibles d'être piégées sous les décombres", ont précisé les autorités locales.

Le périmètre de l'accident a été sécurisé et les habitants des immeubles mitoyens ont été évacués à titre préventif.

Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances et les causes du sinistre.

Début décembre, 22 personnes avaient été tuées dans l'effondrement de deux immeubles mitoyens déjà à Fès, le pire accident de ce type ces dernières années dans le pays.

Toujours à Fès, neuf personnes avaient péri en mai 2025 dans l'effondrement d'un immeuble d'habitation. En février 2024, cinq personnes étaient aussi mortes dans l'effondrement d'une maison dans la vieille ville.