Les procureurs s'inquiètent d'éventuelles intimidations de témoins par Trump

 Le dernier acte d'accusation de Donald Trump ouvre la voie à un mélange de drame judiciaire et de campagne potentiellement explosif, alors que les jurys et les électeurs s'apprêtent à décider de l'avenir de l'ancien président des États-Unis. (Photo Mandel Ngan / AFP)
Le dernier acte d'accusation de Donald Trump ouvre la voie à un mélange de drame judiciaire et de campagne potentiellement explosif, alors que les jurys et les électeurs s'apprêtent à décider de l'avenir de l'ancien président des États-Unis. (Photo Mandel Ngan / AFP)
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Publié le Dimanche 06 août 2023

Les procureurs s'inquiètent d'éventuelles intimidations de témoins par Trump

  • Dans son message publié sur Truth Social, au lendemain de sa comparution devant un tribunal fédéral de Washington, le candidat à la Maison Blanche a déclaré en lettres capitales: «Si vous me cherchez, vous allez me trouver!»
  • L'ex-président de 77 ans a promis de faire le grand ménage au sein du ministère de la Justice «aujourd'hui totalement corrompu», avant de qualifier M. Smith, le procureur spécial, de «fou»

WASHINGTON : Quatre jours après la dernière inculpation de Donald Trump, le bras de fer opposant le ténor républicain aux autorités judiciaires s'est durci, les procureurs dénonçant un post menaçant du milliardaire visant potentiellement des témoins dans le dossier.

M. Trump s'est défendu samedi de toute pression, assurant s'adresser à ses opposants politiques et non aux témoins ou aux enquêteurs qui le poursuivent pour avoir tenté d'inverser les résultats de la présidentielle 2020 et favorisé l'assaut du Capitole le 6 janvier 2021.

Dans son message publié vendredi après-midi sur son réseau social Truth Social, au lendemain de sa comparution devant un tribunal fédéral de Washington, le candidat à la Maison Blanche a déclaré en lettres capitales: «Si vous me cherchez, vous allez me trouver!».

Quelques heures plus tard, l'équipe du procureur spécial Jack Smith a saisi la juge Tanya Chutkan, appelée à présider le futur procès de l'ex-président, demandant à la magistrate de prendre une injonction visant à protéger les preuves et les témoins de cette affaire retentissante.

Pour appuyer leur demande, les procureurs ont souligné l'habitude de Donald Trump de commenter publiquement ses déboires judiciaires: «L'inculpé a déjà fait des déclarations publiques sur des réseaux sociaux concernant des témoins, des juges, des avocats et d'autres personnes associées à des affaires judiciaires en cours contre lui», écrivent-ils.

- «Effet dissuasif» -

Leur argumentaire cite précisément le message de Donald Trump de vendredi, au ton menaçant.

L'inquiétude des procureurs est alimentée par le fait que, selon le principe du débat contradictoire, les avocats de M. Trump vont se voir communiquer tout une série de documents ayant alimenté le dossier de mise en accusation, notamment émanant du grand jury, ce panel de citoyens chargé d'enquêter et d'éventuellement recommander une inculpation dans la procédure pénale américaine.

«Si l'inculpé venait à émettre publiquement des messages en utilisant des détails - ou, par exemple, des notes du grand jury (...) cela pourrait avoir un effet dissuasif sur les témoins ou nuire à la bonne gestion par la justice de cette affaire», détaille le document signé par Jack Smith, devenu la bête noire de Donald Trump.

«L'injonction proposée cherche à empêcher la diffusion ou l'utilisation inappropriées des documents de la procédure, notamment au public», insiste le procureur.

Donald Trump, dans un communiqué diffusé tôt samedi par son équipe de campagne, s'est défendu de toute intimidation, assurant que son message semblant comminatoire s'inscrivait dans les frontières de la «libre expression politique» et en était même un «parfait exemple».

Selon lui, les mots étaient notamment «en réponse à ceux qui n'ont de républicain que le nom» ou encore «aux amoureux de la Chine».

- «Ce type est un malade» -

Quelques heures plus tard, en Caroline du Sud, l'ex-président de 77 ans a promis de faire le grand ménage au sein du ministère de la Justice «aujourd'hui totalement corrompu», avant de qualifier M. Smith, le procureur spécial, de «fou».

«Si vous regardez ce visage, vous vous dites que ce type est un malade», a lancé Donald Trump.

En cas de réélection, il a affirmé qu'il nommerait son propre procureur spécial afin de punir «tous les actes malhonnêtes, y compris les pots-de-vin (...) qui vont dans les poches de la famille mafieuse Biden».

La Maison Blanche a affirmé que le département de la Justice fonctionne de manière indépendante et que l'équipe du président Biden n'est pas impliquée dans les affaires judiciaires visant Donald Trump, qui se dit victime d'une «chasse aux sorcières».

Jeudi, il a plaidé non coupable des quatre chefs d'accusation qui le visent. Fin août sera fixée la date du procès, le procureur Smith souhaitant voir l'affaire jugée «sans délai».

Le républicain a aussi été inculpé au pénal pour sa gestion supposée négligente de documents confidentiels de la Maison Blanche et dans celle de paiements suspects à une ancienne actrice de films X.

La juge Tanya Chutkan a donné samedi aux conseils de M. Trump jusqu'à lundi 17H00 pour faire parvenir au tribunal leur réponse à la requête du procureur Smith.


Grèce: deux touristes agressés au couteau à l'entrée de l'Acropole

Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré. (AFP)
Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré. (AFP)
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  • Selon la police grecque, un homme a attaqué au couteau ce couple vers 08h05, blessant légèrement à la main la femme tandis que l’homme a été plus grièvement touché à la jambe
  • Tous deux ont été hospitalisés, rapporte l'agence de presse grecque Ana

ATHENES: Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré.

Selon la police grecque, un homme a attaqué au couteau ce couple vers 08h05, blessant légèrement à la main la femme tandis que l’homme a été plus grièvement touché à la jambe. Tous deux ont été hospitalisés, rapporte l'agence de presse grecque Ana.

Des policiers motorisés sont arrivés rapidement sur les lieux, ont posé un garrot à l'homme pour arrêter l’hémorragie et immobilisé l'attaquant qui a ensuite été arrêté, précise Ana.

D'après les médias grecs, l'auteur de l'agression, un Grec d'une soixantaine d'années, semble avoir des problèmes psychologiques.


Analyse : Que signifie « Rahm Emanuel 2.0 » pour le Moyen-Orient ?

Longtemps considéré comme un critique virulent des dirigeants palestiniens, Rahm Emanuel envisagerait une candidature à la présidence américaine. (AFP)
Longtemps considéré comme un critique virulent des dirigeants palestiniens, Rahm Emanuel envisagerait une candidature à la présidence américaine. (AFP)
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  • L’ancien maire de Chicago a dévoilé une nouvelle vision de la paix au Moyen-Orient alors que les spéculations sur une candidature à la Maison-Blanche en 2028 s’intensifient
  • Autrefois connu comme un soutien indéfectible à Israël, Emanuel affirme désormais que les États-Unis doivent utiliser leur influence pour relancer la diplomatie

CHICAGO : En politique moyen-orientale, la paix ne se construit pas entre amis, mais entre ennemis. Cela signifie que les adversaires les plus acharnés ont parfois davantage de chances de parvenir à un accord que ceux qui se présentent comme des alliés.

Cette réalité a façonné certaines des avancées les plus importantes de la région, du traité de paix israélo-égyptien de 1979 aux accords d’Oslo de 1993, en passant par l’accord de paix entre la Jordanie et Israël en 1994.

Chacun de ces accords était imparfait, chacun a laissé la question centrale palestinienne sans réponse, mais tous reflétaient une même vérité difficile : les progrès n’ont généralement été possibles que lorsque les adversaires ont accepté de s’asseoir à la même table. 

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Une colonne de fumée s’élève après une frappe israélienne contre une zone industrielle de Gaza City. (AFP)

Aujourd’hui, Rahm Emanuel — fin stratège politique, ancien chef de cabinet de la Maison-Blanche et ancien maire de Chicago, ainsi que l’un des alliés américains d’Israël les plus connus — apparaît comme une voix qui estime que le cycle de l’hostilité peut être brisé.

Longtemps considéré comme un opposant farouche aux dirigeants palestiniens, Emanuel envisagerait une candidature présidentielle fondée en partie sur la promesse de restaurer l’influence américaine dans la région et de réengager les deux parties dans un véritable processus de paix.

Fort d’une carrière marquée par plusieurs succès politiques, Emanuel réfléchit à une candidature à la présidence en 2028 sous les couleurs du Parti démocrate, se présentant comme une personnalité capable d’aider Israéliens et Palestiniens à revenir à la table des négociations.


Le nouveau Premier ministre Burnham réunit son gouvernement, sans les proches de Starmer

Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham prononce son premier discours devant le 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 20 juillet 2026, après avoir été chargé par le roi de former le nouveau gouvernement. (Photo : AFP)
Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham prononce son premier discours devant le 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 20 juillet 2026, après avoir été chargé par le roi de former le nouveau gouvernement. (Photo : AFP)
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  • Andy Burnham a pris ses fonctions comme Premier ministre britannique, remaniant profondément son gouvernement et écartant plusieurs proches de Keir Starmer
  • Il doit annoncer ses premières mesures pour le pouvoir d'achat, tout en promettant une réindustrialisation, davantage de logements sociaux et des réformes majeures

LONDRES: Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham réunit mardi son gouvernement marqué par le départ de fidèles de son prédécesseur Keir Starmer et doit annoncer des mesures pour le pouvoir d'achat.

A 56 ans, celui qui était maire du Grand Manchester (nord de l'Angleterre) jusqu'au mois dernier est devenu le septième Premier ministre britannique depuis 2016, année du Brexit, en succédant lundi au démissionnaire Keir Starmer et ses deux ans au pouvoir.

Si l'on retrouve dans les rangs du nouveau gouvernement des figures déjà présentes dans l'équipe de Keir Starmer, des fidèles de l'ex-Premier ministre ont été éloignés, le journal The Times titrant même sur une "purge".

Le Financial Times pointe lui une "surprise": l'ancien ministre de la Défense John Healey, qui avait quitté le gouvernement Starmer sur fond de désaccord budgétaire, remplace Rachel Reeves aux Finances - une fidèle de Keir Starmer écartée.

John Healey fait face à une lourde tâche, dans un contexte de croissance atone et de finances contraintes par une dette publique élevée.

Le portefeuille de la Défense revient à Wes Streeting, ambitieux ex-ministre de la Santé qui avait envisagé un temps de défier Keir Starmer à la tête du Labour. Il sera chargé de mettre en œuvre le plan d'investissement sur dix ans pour moderniser l'armée britannique.

"Nous veillerons à ce que nos forces armées disposent des ressources nécessaires", a appuyé Wes Streeting dans une publication sur X suivant sa nomination, revenant sur la question des moyens alloués à la défense qui avait fragilisé en juin le gouvernement Starmer et accéléré sa chute.

Le nouveau ministre a également assuré l'Ukraine de son soutien, après que Andy Burnham a échangé par téléphone avec son dirigeant Volodymyr Zelensky, mais aussi avec Donald Trump ou Emmanuel Macron.

Ed Miliband, ministre de l'Energie sortant, devient chef de la diplomatie britannique. Shabana Mahmood, connue pour sa fermeté sur l'immigration, est elle maintenue à l'Intérieur.

Un autre très proche de Keir Starmer, ex-ministre de la Justice et vice-Premier ministre David Lammy, a lui été mis à l'écart du nouvel exécutif.

- "Changements profonds" -

La figure de l'aile gauche du parti Angela Rayner, qui fut numéro deux de Keir Starmer, retrouve son portefeuille du Logement.

Andy Burnham doit réunir mardi son équipe gouvernementale, et annoncer de premières mesures de lutte contre le coût de la vie.

Il souhaite agir rapidement en accord avec sa première allocution devant Downing Street la veille, où il a promis d'engager "les changements les plus profonds de ces quarante dernières années" au Royaume-Uni, lui faire retrouver sa "stabilité" et "redonner de l'espoir".

S'exprimant sans notes et sans pupitre en présence de son épouse Marie-France van Heel, de ses enfants et de sa mère, le nouveau Premier ministre a dit vouloir réindustrialiser le pays, construire plus de logements sociaux et bâtir une "nouvelle économie" dans laquelle les services essentiels sont davantage contrôlés par l'Etat.

Il a érigé en priorité de "mettre fin au sans-abrisme", après s'être rendu dans un refuge pour personnes sans domicile fixe au matin de sa nomination.

Les travaillistes comptent aussi sur Andy Burnham, surnommé "le roi du Nord", pour stopper l'ascension du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage, en tête des sondages pour les prochaines élections législatives prévues en 2029.

Après deux échecs pour prendre la tête du Labour en 2010 et 2015, Andy Burnham est devenu l'une des personnalités politiques les plus populaires du pays grâce au renouveau connu par l'agglomération de Manchester. Il a dit vouloir décentraliser le pouvoir et créer un "N°10 du Nord" à Manchester.