Donald Trump face à l'année de tous les dangers

Le président américain Donald Trump arrive pour prononcer un discours dans la salle de briefing Brady de la Maison Blanche à Washington, le 24 novembre 2020 (Photo, AFP).
Le président américain Donald Trump arrive pour prononcer un discours dans la salle de briefing Brady de la Maison Blanche à Washington, le 24 novembre 2020 (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 05 août 2023

Donald Trump face à l'année de tous les dangers

  • Face au lourd dossier constitué par le procureur spécial Jack Smith, qui souhaite un procès rapide, Donald Trump n'a guère d'autre parade que de jouer la montre, selon les experts
  • Une autre procédure au niveau de l'Etat de Géorgie portant sur des faits déjà visés par les poursuites devant le tribunal fédéral à Washington pourrait également aboutir à un procès.

WASHINGTON: Si sa posture de victime de "persécution d'un opposant politique" fait sourire ses détracteurs, Donald Trump se retrouve, après sa dernière mise en accusation, à la merci d'un calendrier judiciaire incertain qui obère sa campagne pour reconquérir la Maison Blanche en 2024.

L'ex-président républicain de 77 ans, désormais poursuivi au niveau fédéral à Washington et en Floride (sud-est) et par la justice de l'Etat de New York, risque de l'être également bientôt par celle de Géorgie (sud).

"Nous n'avons jamais vu de favori d'un parti politique majeur essayer de faire campagne en étant visé par des inculpations multiples, donc nous ne savons pas vraiment comment cela va tourner", explique à l'AFP Steven Schwinn, professeur de droit à l'Université de l'Illinois.

Le 28 août, la juge fédérale Tanya Chutkan présidera à Washington une audience pour déterminer la date de son procès pour ses tentatives de subvertir le processus électoral en 2020, après avoir reçu les propositions de l'accusation et de la défense.

Face au lourd dossier constitué par le procureur spécial Jack Smith, qui souhaite un procès rapide, Donald Trump n'a guère d'autre parade que de jouer la montre, selon les experts.

Alors que certains commentateurs ont évoqué un procès fleuve pouvant durer jusqu'à neuf mois, un ancien conseiller de l'administration Trump devenu un de ses opposants, Ty Cobb, a qualifié cette hypothèse d'"aberrante". "Le ministère public a un dossier très très solide. Il leur faudra probablement quatre à six semaines pour le présenter" , a-t-il déclaré jeudi sur CNN.

"Cette affaire pourrait arriver en jugement au tout début de l'année et je ne serais pas surpris si c'était la première inscrite à l'agenda judiciaire", a-t-il ajouté.

"Trump n'a aucun argument juridique pour retarder les procédures pénales afin de ménager son programme de campagne", mais les voies d'appel existantes pourraient le lui permettre, indique Steven Schwinn.

Trump plaide non coupable

L'ancien président américain Donald Trump a plaidé vendredi non coupable des charges supplémentaires portées contre lui fin juillet dans l'affaire de sa gestion négligente de documents confidentiels.

Il a déjà plaidé non coupable des chefs d'accusation pour lesquels il a déjà été inculpé en juin dans ce dossier fédéral, qui sera jugé en mai 2024 en Floride (sud-est).

Dans une notification écrite au tribunal compétent, il indique plaider non coupable de ces nouvelles charges et renoncer à assister à sa comparution de présentation formelle des charges le visant prévue le 10 août.

«Voyous de la gauche»

Une autre procédure au niveau de l'Etat de Géorgie portant sur des faits déjà visés par les poursuites devant le tribunal fédéral à Washington pourrait également aboutir à un procès.

L'enquête avait été déclenchée par un appel téléphonique en janvier 2021 de Donald Trump demandant à un haut responsable local de "trouver" près de 12 000 bulletins de vote à son nom afin de se faire attribuer les 16 grands électeurs de Géorgie en lieu et place de son adversaire Joe Biden.

Le procès de l'ancien président dans un autre dossier instruit par le procureur Jack Smith, pour sa désinvolture dans le traitement de documents classifiés, a déjà été fixé à mai 2024, à six mois de l'élection présidentielle, en Floride.

Il devra auparavant s'expliquer en mars devant la justice de l'Etat de New York sur des fraudes comptables liées à l'achat du silence d'une actrice de films X avant la présidentielle de 2016. Le procureur de Manhattan, Alvin Bragg, s'est toutefois dit disposé à un changement de date pour permettre aux procès fédéraux de se tenir.

Fidèle à sa ligne de défense, Donald Trump crie à l'instrumentalisation de la justice par l'administration Biden.

"Biden et (son ministre de la Justice Merrick) Garland lancent des procédures bidon contre moi pour qu'il me soit difficile de faire campagne", a-t-il écrit vendredi sur sa plateforme Truth Social.

Ces poursuites "mobilisent une quantité massive de mon temps et de mon argent. Des ressources qui seraient allées à des publicités et des meetings doivent maintenant être dépensées pour combattre ces voyous de la gauche radicale dans de nombreux tribunaux à travers le pays", a-t-il déploré, appelant la Cour suprême à intervenir.

Pour autant, à cinq mois du début des primaires républicaines en janvier 2024, le milliardaire ne laisse que des miettes à ses rivaux dans les sondages, distançant de 37 points le mieux placé, le gouverneur de Floride Ron DeSantis.

Mais cette série de procès pourrait obliger Donald Trump à partager son temps entre le banc des accusés et les estrades des meetings, à moins qu'il ne parvienne à amadouer les juges.

La présence de l'accusé est la règle en matière pénale dans les tribunaux fédéraux et pour la plupart des Etats, rappelle Carl Tobias, professeur de droit à l'université de Richmond. Mais les différents juges dans ces procès pourraient "tenter de ménager son agenda s'il présente des demandes raisonnables pour s'absenter".

Quant à savoir si une condamnation interdirait Donald Trump de briguer la magistrature suprême, la réponse est simple: rien dans la Constitution ne le prévoit.

Trump fait campagne en terrain conquis dans l'Alabama

Au lendemain de sa comparution devant un tribunal à Washington, Donald Trump doit passer la soirée de vendredi sur des terres beaucoup plus hospitalières: il se rend dans le très conservateur Alabama pour rencontrer certains de ses plus fervents partisans.

Loin des manifestants qui appelaient à l'emprisonner la veille dans la capitale fédérale, il devrait être chaleureusement accueilli au dîner d'été républicain à Montgomery, dans cet Etat du Sud.

Le milliardaire républicain de 77 ans, grand favori de la droite pour la présidentielle de 2024, avait été triomphalement élu dans l'Alabama en 2016 et 2020; et les six républicains que l'Etat envoie à la Chambre des représentants à Washington ont annoncé soutenir sa candidature à la primaire avant le dîner de vendredi.


Pourparlers Iran-Etats-Unis : «des bases très solides» en vue d'un accord final, selon JD Vance

Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance. (AFP)
Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance. (AFP)
  • "Nous avons réalisé de nombreux progrès satisfaisants. Nous avons fait exactement ce que nous voulions faire", a assuré JD Vance, qui va rentrer aux Etats-Unis
  • Côté iranien, l'équipe conduite par le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, a quitté le Burgenstock, à l'issue de "18 heures d'intenses discussions", selon l'agence de presse Irna

BURGENSTOCK: Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance.

"Nous avons posé des bases très solides pour aboutir à un accord final réussi. L'accord final, c'est la maison. Nous en avons posé les fondations. Nous n'avons pas encore construit la maison, mais nous avons posé des bases solides pour atteindre une issue favorable pour le peuple américain", a-t-il déclaré aux journalistes.

Après la signature d'un protocole d'accord la semaine dernière et un démarrage dans le chaos, ces négociations, lancées dimanche dans le complexe hôtelier du Burgenstock, dans les Alpes suisses, doivent aboutir, sous un délai de 60 jours renouvelables, à un document final.

"Nous avons réalisé de nombreux progrès satisfaisants. Nous avons fait exactement ce que nous voulions faire", a assuré JD Vance, qui va rentrer aux Etats-Unis.

Côté iranien, l'équipe conduite par le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, a quitté le Burgenstock, à l'issue de "18 heures d'intenses discussions", selon l'agence de presse Irna.

Des négociations vont toutefois se poursuivre au niveau technique.

"Nos équipes, en collaboration avec les Iraniens, les Qataris et les Pakistanais, ont réalisé d'importants progrès hier. Elles continueront à travailler au niveau technique avec les équipes présentes ici au Burgenstock", a indiqué JD Vance.

"Ces négociations techniques se poursuivront ensuite au cours des semaines et des jours à venir. Nous voulions mettre en place une structure pour garantir une supervision politique adéquate", a-t-il ajouté.


Iran et Etats-Unis s'accordent sur une feuille de route pour un accord définitif sous 60 jours

Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint. (AFP)
Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint. (AFP)
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  • Les Etats-Unis et l'Iran se sont entendus sur une "feuille de route" pour conclure dans les 60 jours un accord définitif pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient
  • "La médiation pakistanaise et qatarie a permis des progrès majeurs afin de mettre un terme à la guerre au Liban"

BURGENSTOCK: Les Etats-Unis et l'Iran se sont entendus sur une "feuille de route" pour conclure dans les 60 jours un accord définitif pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, lors de leur première séance de négociations en Suisse, ont annoncé lundi les médiateurs pakistanais et qatari.

Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint.


Les négociations entre l'Iran et les Etats-Unis vont démarrer en Suisse

Le vice-président américain JD Vance est arrivé en Suisse dimanche, atterrissant à la base aérienne d’Emmen à 5 h 59 (03 h 59 GMT), selon son porte-parole. (AFP)
Le vice-président américain JD Vance est arrivé en Suisse dimanche, atterrissant à la base aérienne d’Emmen à 5 h 59 (03 h 59 GMT), selon son porte-parole. (AFP)
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  • Les négociations américano-iraniennes s’ouvrent en Suisse dans un contexte tendu, marqué par la poursuite des violences au Liban et des divergences sur l’application du protocole d’accord, notamment sur le nucléaire et un cessez-le-feu
  • L’escalade régionale s’intensifie avec la fermeture annoncée du détroit d’Ormuz par l’Iran, tandis que les États-Unis appellent à la retenue et poursuivent les discussions diplomatiques

BURGENSTOCK: Les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran pour trouver une paix durable au Moyen-Orient doivent débuter dimanche matin dans un hôtel de luxe des Alpes suisses, quatre jours après la signature d'un protocole d'accord, déjà malmené, pour mettre fin aux hostilités.

Ces pourparlers, centrés sur le programme nucléaire iranien, sont prévus pour une durée renouvelable de 60 jours. Avant même qu'ils ne commencent, les écueils se sont accumulés, avec la poursuite des combats au Liban malgré une clause de l'accord-cadre prévoyant la fin des hostilités sur tous les fronts, et l'annonce par Téhéran d'une nouvelle fermeture du détroit d'Ormuz en représailles.

Sur le front libanais, des frappes israéliennes ont fait au moins 30 morts samedi dans l'est et le sud du Liban, avant une accalmie constatée par un correspondant de l'AFP en fin de journée, lorsque l'armée israélienne a reçu l'ordre de cesser les affrontements avec le Hezbollah pro-iranien.

Les pourparlers débuteront dans le courant de la matinée, a annoncé la diplomatie suisse, précisant que la délégation américaine, dirigée par le vice-président américain JD Vance, et la délégation iranienne, menée par le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf, étaient arrivées à l'hôtel de luxe de Bürgenstock, surplombant le lac de Lucerne, site des discussions. Les pays médiateurs, le Pakistan et le Qatar, sont également sur place.

Arrivée samedi soir, la délégation iranienne compte aussi, selon la télévision d'Etat iranienne, le chef de la diplomatie Abbas Araghchi et le gouverneur de la Banque centrale Abdolnaser Hemmati.

Les discussions devraient durer "quelques jours", a affirmé JD Vance à la presse samedi soir, ajoutant qu'il ne pourrait rester en Suisse "qu'un jour ou deux".

"J'espère qu'on va faire des progrès sur la question nucléaire et sur la question du cessez-le-feu au Liban. Ce sont les deux points principaux sur lesquels je pense que nous allons nous concentrer", a-t-il déclaré.

L'émissaire Steve Witkoff et le gendre du président Donald Trump, Jared Kushner, se trouvent également en Suisse, selon JD Vance.

Les pourparlers sont censés mener à un accord final pour mettre un terme au conflit au Moyen-Orient, déclenché par des frappes israélo-américaines sur l'Iran le 28 février. Les hostilités ont causé des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

- Protocole "en danger" -

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a toutefois prévenu samedi les Etats-Unis que le protocole d'accord serait "en danger" si ses clauses n'étaient pas appliquées rapidement, en référence à la situation au Liban.

Le conseiller militaire du guide suprême iranien, Mohsen Rezaei, a lui appelé à la prudence face à tout "optimisme", affirmant sur X que "l'ennemi a montré qu'il ne tenait pas ses promesses".

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient par des tirs de roquettes sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien, tué au début de la guerre.

Depuis, les opérations israéliennes au Liban ont fait 4.057 morts, selon le dernier bilan, samedi, du ministère libanais de la Santé.

L'armée israélienne a annoncé pour sa part qu'un de ses soldats avait été tué samedi dans le sud du Liban, portant à 36 le nombre de ses pertes depuis le début du conflit. Elle a précisé samedi que ses troupes ne mèneraient "pas de frappes proactives", mais qu'elles opéreraient "de manière défensive" au sein de la bande territoriale du sud du Liban occupée par Israël.

Avant son départ pour la Suisse, le vice-président américain a assuré que la situation "s'améliore" au Liban.

"Le gros problème, c'est que vous allez avoir quelqu'un qui va commencer à tirer et ensuite quelqu'un va répondre, et donc vous avez en quelque sorte ce problème de l'oeuf et de la poule où il faut réussir à arrêter les tirs suffisamment longtemps pour que le cessez-le-feu tienne, c'est ce qu'on essaie de faire", a-t-il dit.

- Ormuz fermé -

Après les nouveaux affrontements au Liban, le commandement central de l'armée iranienne a annoncé que "le détroit d'Ormuz serait fermé au trafic maritime", une "première mesure en réponse à la violation des engagements par l'ennemi". Il a menacé "d'autres mesures" si nécessaire "pour contraindre l'ennemi à respecter ses obligations".

La réouverture du détroit a constitué l'un des points clés du protocole d'accord américano-iranien. L'Iran avait verrouillé au début de la guerre cette voie maritime stratégique par laquelle transitaient auparavant quelque 20% des hydrocarbures mondiaux, provoquant une flambée des cours du pétrole.

Après l'annonce par l'Iran de sa nouvelle fermeture, le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué que ses forces demeuraient "vigilantes". Selon lui, 55 navires marchands ont franchi le détroit de manière sûre samedi.

Téhéran a également évoqué la possible mise en place de "frais" de service maritime pour les navires voulant y transiter. Le président américain Donald Trump a lui aussi menacé d'appliquer un péage dans le détroit en cas d'échec des discussions avec l'Iran.