La nouvelle équipe de skateboard saoudienne cherche à se développer grâce à des talents arabes

Desert Eagles est une équipe de skateboard saoudienne qui œuvre à faire progresser les talents locaux et à rendre le sport plus soucieux de l’égalité des sexes en Arabie saoudite. (Photo fournie)
Desert Eagles est une équipe de skateboard saoudienne qui œuvre à faire progresser les talents locaux et à rendre le sport plus soucieux de l’égalité des sexes en Arabie saoudite. (Photo fournie)
Desert Eagles est une équipe de skateboard saoudienne qui œuvre à faire progresser les talents locaux et à rendre le sport plus soucieux de l’égalité des sexes en Arabie saoudite. (Photo fournie)
Desert Eagles est une équipe de skateboard saoudienne qui œuvre à faire progresser les talents locaux et à rendre le sport plus soucieux de l’égalité des sexes en Arabie saoudite. (Photo fournie)
Abisha Safia. (Fournie)
Abisha Safia. (Fournie)
Desert Eagles est une équipe de skateboard saoudienne qui œuvre à faire progresser les talents locaux et à rendre le sport plus soucieux de l’égalité des sexes en Arabie saoudite. (Photo fournie)
Desert Eagles est une équipe de skateboard saoudienne qui œuvre à faire progresser les talents locaux et à rendre le sport plus soucieux de l’égalité des sexes en Arabie saoudite. (Photo fournie)
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Publié le Dimanche 06 août 2023

La nouvelle équipe de skateboard saoudienne cherche à se développer grâce à des talents arabes

  • La skateuse saoudo-américaine Abisha Safia a entamé sa carrière sportive lorsqu’elle vivait à Los Angeles, où le skateboard est né
  • Pendant son séjour à Riyad, elle créait son propre parcours en se servant de la rampe d’escalier à la maison

RIYAD: Le groupe de skateboard saoudien Desert Eagles est en plein essor dans le Royaume et son succès est lié à un fort sentiment d’appartenance et à sa volonté de combler l’écart entre les sexes.

La skateuse saoudo-américaine Abisha Safia a entamé sa carrière sportive lorsqu’elle vivait à Los Angeles, où le skateboard est né. Pendant son séjour à Riyad, elle créait son propre parcours en se servant de la rampe d’escalier à la maison.

Safia faisait du skate toute seule à l’époque. Elle dit à Arab News: «C’était un peu difficile parce qu’on veut garder ce rêve vivant, mais c’est difficile à faire quand on est isolé et qu’on ne connait pas les autres skateurs dans la communauté.»

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Shareef Masarani, fondateur des Desert Eagles. (Instagram/shareef_sk8)

Revenant sur l’évolution de la scène saoudienne du skateboard depuis, elle ajoute: «C’est génial de constater la croissance de cette activité, surtout avec ce que font les Desert Eagles, en formant les enfants de la communauté qui veulent sérieusement suivre une carrière de skateboard – femmes et hommes. C’est très beau à voir.»

Desert Eagles est une équipe, une marque et un camp pour les athlètes de sports extrêmes qui veulent à tout prix s’améliorer, mettre en valeur leurs talents et explorer leur plein potentiel. Leur objectif est de mettre les skateurs au défi de devenir de meilleurs athlètes dans leurs performances sportives respectives et leurs activités sur les réseaux sociaux.

L'équipe est actuellement composée de dix membres qui sont soigneusement sélectionnés en fonction de leur niveau d’expérience, de leur engagement et de leur potentiel de croissance. L’équipe recrute et recherche toujours activement des personnes d’origine saoudienne ou arabe.

en bref

La Fédération saoudienne des sports extrêmes prévoit d’établir cinq nouveaux skateparks à travers le Royaume.

• «Le développement de l’industrie des sports extrêmes est une grande occasion pour le Royaume», déclare le PDG de la fédération, Abdelmajed al-Mutairi.

• Le groupe de skateboard Desert Eagles sélectionne ses membres en fonction de leur expérience, de leur engagement et de leur potentiel de croissance.

• Selon un article publié par SkateboardersHQ, 77% des skateurs sont des hommes.

 

 Shareef Masarani, le fondateur et directeur de Desert Eagles, déclare à Arab News qu’il souhaite que les talents arabes «nous reconnaissent».

L’équipe comprend des athlètes ayant des intérêts différents sous l’égide des sports extrêmes, principalement le skateboard ou le patin à roues alignées.

Afin de renforcer leur talent, les membres sont tenus d’apporter leur contribution au moyen d’un certain nombre de publications sur les réseaux sociaux. Bien que cela aide à cultiver une présence en ligne, non seulement pour le groupe, mais pour chaque membre sur le plan individuel, cela crée également une habitude de consacrer du temps à la formation

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Abisha Safia, skateuse

M. Masarani soutient: «Cela signifie qu’ils sortent et patinent, donc c’est encore plus de temps que vous consacrez à votre métier et vous allez certes vous améliorer.»

Trois membres sont envoyés par la Fédération saoudienne des sports extrêmes pour participer à des compétitions internationales ce mois-ci.

La persévérance est la clé. Le marché du skateboard à lui seul serait évalué à 2,4 milliards de dollars (1 dollar = 0,91 euro)  dans le monde d’ici à 2025, selon Statista. Dans le sport, «il faut être au-dessus de la moyenne pour se démarquer», précise M. Masarani.

Cela peut sembler un peu gênant d’être l’une des rares filles, mais je pense que cela inspirera la jeune génération et nous tous à nous rassembler et à cultiver notre métier et notre passion - Abisha Safia, skateuse

Au cœur de Desert Eagles, cependant, se trouve l’envie de former des communautés.

Abisha Safia déclare: «Chaque jour, quand je me réveille et que je vois mes coéquipiers écrire ‘Oh, j’ai fait ceci et cela’, je me sens très motivée.»

«Je suis motivée pour sortir et patiner, tourner des vidéos et même renforcer mes genoux… tout ce que nous faisons ensemble est si passionnant  et motivant. Je sais que nous sommes sur la bonne voie.» 

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Le skateboard a été reconnu comme sport olympique en 2021 et fait partie des Jeux d’Arabie saoudite en 2022. (Photo fournie)

Le groupe a été reconnu par diverses entreprises et connaît une plus grande notoriété sur les réseaux sociaux.

Dans un esprit de développement communautaire, ils encouragent également les athlètes en herbe à envoyer leurs propres vidéos, qui sont partagées sur la page Instagram de l’équipe.

Mais en plus de connecter des personnes partageant les mêmes idées, il existe un écart entre les sexes qui doit être comblé.

La majorité des patineurs de n’importe quel skatepark sont probablement des hommes, avec seulement quelques femmes. Alors que les statistiques sur le sujet manquent à l’échelle mondiale, un article publié par SkateboardersHQ indique que 77% des skateurs sont des hommes.

Le fondateur de Desert Eagles indique que l’un de leurs principaux objectifs est de créer un espace inclusif pour les femmes dans le sport à travers la région arabe et de briser le tabou autour de l’industrie.

Abisha Safia, qui est l’une des deux filles de l’équipe aux côtés de Reef, âgée de 15 ans, déclare: «Cela peut sembler un peu gênant d’être l’une des rares filles, mais je pense que cela inspirera la jeune génération et nous tous à nous rassembler et à cultiver notre métier et notre passion.»

L’équipe est l’un des rares collectifs de patinage œuvrant pour des talents de qualité dans la région.

Ahmed Haji, skateur bahreïni, manager et membre de l’équipe, souligne: «Je vois un très grand potentiel (chez Desert Eagle) et je pense que l’Arabie saoudite montrera la voie au reste du Conseil de coopération du Golfe.»

Au Bahreïn, les gens faisaient du skateboard dans les espaces privés des zones d’habitation par le passé. Petit à petit «l’intérêt pour cette activité augmente», ajoute-t-il.

Lorsque M. Haji a emménagé à Riyad au début de 2022 pour le travail, il est entré en contact avec d’autres patineurs.

M. Haji, l’un des rares patineurs bahreïnis de l’équipe, avait vingt ans d’expérience en tant que skateur au sein du CCG et a remporté la première place au championnat de skateboard des Jeux d’Arabie saoudite de 2022.

En parlant de ses expériences récentes, il dit: «Jamais je n’aurais pensé faire cela et, parmi tous les endroits possibles, à Riyad, en Arabie saoudite.»

«Je suis tellement fier et heureux que le GCC, en particulier l’Arabie saoudite, prenne l’initiative de renforcer ce sport, de le prendre au sérieux et de le faire connaître.»

Cependant, Ahmed Haji et Abisha Safia pensent que trouver des espaces de skate appropriés et entretenus est l’une des lacunes de la région.

M. Haji dit: «Notre région est généralement très chaude, ou quand il pleut, elle est très humide. Nous n’avons jamais le temps parfait. Nous avons besoin d’installations adéquates pour pratiquer ce sport.»

Le skateboard a été mondialement reconnu comme sport olympique en 2021 et est largement soutenu en Arabie par la fédération. Il faisait officiellement partie des Jeux d’Arabie saoudite de 2022 et le sera à nouveau en 2023.

La skateuse saoudo-américaine renchérit: «Maintenant que le skateboard est aux jeux Olympiques, c’est certainement l’occasion pour les gens d’avoir un objectif en tête et d’espérer pouvoir un jour si bien patiner qu’ils se retrouveraient aux JO pour représenter leur pays.»

La fédération dit à Arab News qu’il était prévu de créer cinq nouveaux skateparks à travers le Royaume, notamment à Médine et à Riyad, et qu’elle espère élargir ses collaborations avec diverses entités.

Abdelmajed al-Mutairi, PDG de la fédération, déclare à Arab News: «Les sports extrêmes augmentent dans le monde et les responsables sportifs ont réglementé ce que nous considérons comme dangereux. Nous avons commencé à voir cela dans les compétitions nationales et internationales.»

«L’un des principaux objectifs de l’initiative Vision 2030, c’est de faire de l’Arabie saoudite un centre pour le sport. Le développement de l’industrie des sports extrêmes est une excellente possibilité pour nous.»

«Nous ne pouvons pas nous lancer sans créer des espaces où les gens peuvent pratiquer le sport. Le parachutisme, l’un des principaux sports de la fédération, et le skateboard, ont tous deux besoin d’installations.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.co


Liban: le président condamne les frappes israéliennes meurtrières

Un bâtiment lourdement endommagé est photographié dans le village d’Ali al-Nahri, au centre de la vallée orientale de la Bekaa, au Liban, le 21 février 2026, à la suite de frappes israéliennes. (AFP)
Un bâtiment lourdement endommagé est photographié dans le village d’Ali al-Nahri, au centre de la vallée orientale de la Bekaa, au Liban, le 21 février 2026, à la suite de frappes israéliennes. (AFP)
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  • Vendredi, dix personnes ont été tuées dans la vallée de la Bekaa et deux dans le camp palestinien d’Ain el-Héloué
  • Israël affirme viser des centres de commandement du Hezbollah et du Hamas, tandis que le président Joseph Aoun parle d’« agression flagrante » menaçant la stabilité et les efforts diplomatiques

BEYROUTH: Le président libanais a condamné samedi les attaques israéliennes meurtrières ayant visé son pays la veille, un député du Hezbollah appelant de son côté à suspendre les réunions du comité de surveillance du cessez-le-feu entre Israël et le mouvement pro-iranien.

Vendredi, dix personnes ont été tuées dans des frappes israéliennes sur la vallée de la Bekaa (est), et deux autres dans le camp palestinien de Ain el-Héloué (sud). L'armée israélienne a affirmé qu'elle y avait visé des "centres de commandement" du Hezbollah et du Hamas palestinien.

Ces attaques sont une "agression flagrante visant à mettre à mal les efforts diplomatiques" du Liban et de "pays amis" pour "la stabilité et l'arrêt des hostilités israéliennes contre le Liban", a déclaré le président Joseph Aoun dans un communiqué.

Les bombardements israéliens sont réguliers au Liban, en dépit d'un cessez-le-feu ayant mis fin en novembre 2024 à la guerre entre Israël et le Hezbollah. L'armée israélienne dit y viser le mouvement pro-iranien, qu'elle accuse de se réarmer, et son allié du Hamas.

Un commandant du Hezbollah a été tué dans une des frappes de vendredi dans la Bekaa, a indiqué le mouvement.

Le député du Hezbollah Rami Abou Hamdane a déclaré samedi que le mouvement "n'acceptera pas que les autorités se comportent en simples analystes politiques, faisant peu de cas de frappes israéliennes auxquelles nous ne sommes habitués".

Il a appelé le gouvernement à suspendre les réunions du comité de surveillance du cessez-le-feu - auquel participent les États-Unis, la France, le Liban, Israël et les Nations unies -, "jusqu'à ce que l'ennemi arrête ses attaques". Il est prévu que le comité se réunisse la semaine prochaine.

Le gouvernement libanais a annoncé en début de semaine que l'armée disposerait d'une période de quatre mois, renouvelable, pour mettre en oeuvre la deuxième phase de son plan visant à désarmer le Hezbollah, sorti affaibli en novembre 2024 d'un an de conflit avec Israël.

Les autorités israéliennes jugent insuffisants les progrès réalisés.

Plus de 370 personnes ont été tuées dans des raids israéliens au Liban depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, selon un bilan de l'AFP fondé sur les données des autorités libanaises.


« Si les actions des RSF à El-Fasher ne sont pas un génocide, alors qu’est-ce que c’est ? » déclare l’ambassadeur du Soudan à l’ONU

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  • La mission d’enquête de l’ONU affirme que les atrocités des RSF au Darfour portent les « caractéristiques d’un génocide » après l’assaut meurtrier d’Al-Fasher
  • Le représentant permanent du Soudan auprès de l’ONU, Al-Harith Idriss Al-Harith Mohamed, accuse les Émirats arabes unis d’armer les RSF

​​​​​​NEW YORK : Lorsque la mission d’enquête soutenue par l’ONU sur le Soudan a conclu que les atrocités commises par les Forces de soutien rapide (RSF) dans et autour d’El-Fasher en octobre dernier portaient les « caractéristiques d’un génocide », cela a constitué l’une des évaluations internationales les plus accablantes du conflit à ce jour.

Le rapport d’investigation, publié jeudi, détaille les massacres, violences sexuelles, viols, tortures, enlèvements et le ciblage délibéré de communautés non arabes, en particulier les Zaghawa et les Fur, lors de l’assaut des RSF sur la ville darfourienne en octobre.

Plus de 6 000 civils ont été tués en seulement trois jours de carnage, tandis qu’environ 40 % de la population estimée à 260 000 habitants avant la guerre ont réussi à fuir Al-Fasher. Le sort du reste reste inconnu.

Pour Al-Harith Idriss Al-Harith Mohamed, représentant permanent du Soudan auprès de l’ONU, les conclusions confirment ce que Khartoum affirme depuis des mois.

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Vue aérienne de la fumée noire et des flammes sur un marché à Omdurman. (Reuters/Archives)

« Juridiquement, nous assistons à un génocide », a déclaré Al-Harith à Arab News dans une interview exclusive.

La guerre entre les Forces armées soudanaises et les RSF — un puissant groupe paramilitaire issu des milices Janjaweed du Darfour — a éclaté en avril 2023 après des mois de tensions croissantes sur la réforme du secteur de la sécurité et la transition politique.

Depuis lors, le Soudan est plongé dans ce que les agences humanitaires ont qualifié de pire crise humanitaire au monde. Cependant, l’assaut d’octobre sur El-Fasher, le dernier bastion important de l’armée au Darfour, a représenté un nouveau niveau de brutalité.

« Vous ne pouvez pas décrire le meurtre de 6 000 victimes en trois jours, l’enterrement de personnes vivantes, les viols et violences sexuelles, le ciblage des infrastructures hospitalières et le massacre de ceux qui fuyaient El-Fasher et d’autres villes pour échapper à la zone de combat en quête de sécurité », a déclaré Al-Harith.

« Alors si ce n’est pas un génocide, qu’est-ce qui pourrait être qualifié de génocide ? »

Il a souligné non seulement l’ampleur des meurtres, mais aussi l’intention — un élément juridique clé selon la Convention sur le génocide.

La mission d’enquête a conclu qu’au moins trois des cinq critères juridiques du génocide avaient été remplis par les actions des RSF : tuer des membres d’un groupe ethnique protégé ; causer des dommages corporels ou mentaux graves ; et infliger délibérément des conditions visant à provoquer la destruction physique totale ou partielle.

« N’oubliez pas la rhétorique qu’ils utilisent », a ajouté Al-Harith. « Ils publient des vidéos montrant des gens tués en fonction de leur origine ethnique. Ils détiennent des personnes dans des chars. Ils enchaînent des femmes et les vendent comme esclaves. Vous y croyez ? »

Pour Al-Harith, le catalogue des abus — meurtres ciblés ethniquement, violences sexuelles systématiques, destruction des infrastructures civiles — reflète non seulement des excès sur le champ de bataille mais aussi un motif idéologique.

« La milice se déclare racialement supérieure à ses victimes », a-t-il dit. « C’est une sorte d’endoctrinement démoniaque dans leur culture. »

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Combattants des RSF brandissant des armes et célébrant dans les rues d’El-Fasher. (RSF/AFP/Archives)

Le gouvernement soudanais a accusé à plusieurs reprises les Émirats arabes unis de fournir armes et soutien logistique aux RSF — accusation qu'Abou Dhabi nie fermement.

Lors de la Conférence de sécurité de Munich en février 2026, le Premier ministre soudanais Kamil Idris a publiquement accusé les Émirats de fournir des armes et de l’aide aux RSF, affirmant que le Soudan disposait de preuves « au-delà de tout doute raisonnable » provenant de sources de l’ONU et des États-Unis.

Interrogé sur les preuves que Khartoum possède pour étayer cette affirmation, Al-Harith a déclaré que des éléments avaient déjà été soumis au Conseil de sécurité de l’ONU.

« Nous avons soumis des preuves au Conseil de sécurité l’an dernier, avec des compléments successifs à la plainte », a-t-il dit. « Ces mémos sont accompagnés d’annexes, de vidéos, de photos, de listes d’armes — même les numéros de série de drones et de missiles indiquant la propriété. »

Il a souligné que le Soudan n’est pas seul à exprimer ces préoccupations. « Des institutions occidentales prestigieuses, des observateurs, des militants des droits humains, des instituts stratégiques, des analystes politiques, et même des membres du Congrès américain, ont soulevé ce problème », a-t-il dit.

« Certains membres du Congrès ont appelé à arrêter la vente d’armes américaines aux Émirats car, soutiennent-ils, les Émirats continuent de violer les clauses contractuelles en transférant des armes létales à un tiers. »

Les Émirats ont toujours rejeté ces allégations comme infondées. Pourtant, le message d’Al-Harith à Abou Dhabi était sans équivoque.

« Les Émirats porteront la pleine responsabilité juridique des crimes commis par la milice, qui a grandi grâce à une assistance continue et à la fourniture d’armes létales », a-t-il déclaré. « Ils doivent arrêter avant qu’il ne soit trop tard. »

Il a averti que le ressentiment envers les Émirats se répand.

« Cela a conduit à une profonde haine envers les Émirats, non seulement au Soudan mais dans toute la région », a-t-il dit. « Et ils n’ont pas le courage de dire : ‘Nous sommes désolés.’ Vous ne pouvez pas être partie à la médiation ; si vous voulez arrêter la guerre et instaurer la paix, vous devez venir avec la conscience claire. »

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Réfugiés soudanais d’El-Fasher arrivant dans un camp au Tchad. (Reuters/Archives)

Bien que très critique vis-à-vis du soutien externe aux RSF, Al-Harith a salué l’engagement diplomatique de l’Arabie saoudite.

Depuis le déclenchement de la guerre, Riyad a joué un rôle visible de médiation, accueillant des pourparlers entre les parties belligérantes à Djeddah en 2023 aux côtés des États-Unis. Le soi-disant processus de Djeddah visait à assurer des cessez-le-feu et l’accès humanitaire, bien que les accords aient souvent échoué.

« L’implication positive de l’Arabie saoudite est très bienvenue », a déclaré Al-Harith. « Leurs engagements et contributions humanitaires sont très importants. Leur soutien politique au gouvernement soudanais et à l’armée dans sa lutte pour repousser l’agression est énorme. »

Il a également évoqué ce qu’il a décrit comme un « condominium de paix à double niveau » qui a pris de l’ampleur après la visite du prince héritier Mohammed ben Salmane à Washington en novembre dernier, estimant que cela contribuait à corriger ce qu’il considère comme une « interprétation erronée » du conflit.

Cependant, il a déclaré que la médiation doit être accompagnée d’une mise en œuvre effective. « Si vous voulez arrêter la guerre, dites à la milice — et faites-la tenir — ses engagements de Djeddah de 2023 », a-t-il déclaré.

Depuis trois ans, le gouvernement soudanais demande au Conseil de sécurité de l’ONU d’agir plus fermement contre les RSF, y compris par des sanctions et un embargo sur les armes à l’échelle nationale.

« La guerre ne s’arrêtera pas sans une position forte contre les atrocités de la milice », a déclaré Al-Harith. « Nous avons fait appel à la communauté internationale. »

Il a précisé que le comportement des RSF reflète une anarchie non limitée par des normes morales ou juridiques. « Imaginez donner un fusil à un électron libre qui ne se soumet à aucune morale ni éthique, qui ne respecte aucune loi. Il l’utilisera », a-t-il dit.

Le Soudan, a-t-il insisté, est « un État ancien », avec une armée nationale qui existe depuis plus d’un siècle avant la crise actuelle.

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Femmes et enfants déplacés du Kordofan du Sud assis par terre à El Obeid, État du Kordofan du Nord, Soudan. (Reuters/Archives)

« Ils (les RSF) veulent détruire l’armée par la milice et la remplacer par la milice — et ils appellent cela ‘réforme du secteur militaire et de sécurité’. C’est des absurdités », a-t-il dit.

Al-Harith a rejeté les affirmations des RSF selon lesquelles l’armée est influencée par les islamistes qui dominaient le Soudan sous l’ancien président Omar el-Béchir jusqu’à sa destitution en 2019.

« Les islamistes ont été massivement écartés après la révolution de 2019 », a-t-il dit. « Les membres militaires du Conseil souverain ont été choisis dans ce contexte révolutionnaire. Ceux qui parlent aujourd’hui d’influence islamiste faisaient eux-mêmes partie d’un gouvernement hybride avec eux. Pourquoi ne l’ont-ils pas dit à l’époque ? »

Al-Harith a également accusé des acteurs externes de soutenir financièrement certaines voix civiles opposées à l’armée.

« Ils ont été intimidés par les Émirats avec des paiements somptueux, ce qu’ils appellent assistance financière, pour se présenter comme des civils soudanais avec une voix différente », a-t-il dit. « Nous n’avons pas peur d’une voix différente. »

Concernant l’application d’un embargo sur les armes, une mesure que certains membres du « Quintet » soudanais — composé de l’Union africaine, de l’Autorité intergouvernementale pour le développement, de la Ligue arabe, de l’UE et de l’ONU — ont préconisée, Al-Harith a déclaré que les outils existaient déjà.

« L’ONU dispose de mécanismes », a-t-il dit. « Les engagements de Djeddah sont là. Nous pouvons mettre en place un mécanisme sous supervision de l’ONU. Cela pourrait fonctionner. »

Il a insisté sur le fait que le gouvernement soudanais reste engagé dans le droit humanitaire international et les cadres de l’ONU concernant la violence sexuelle en conflit.

En avril, a-t-il noté, le gouvernement a signé un accord-cadre avec le représentant spécial de l’ONU sur la violence sexuelle en conflit. « Nous sommes conscients de notre rôle, de son étendue et de son importance dans l’arrêt de la guerre », a-t-il dit.

En fin de compte, l’appel d’Al-Harith à la communauté internationale, et en particulier au Quintet soudanais, était un appel à l’unité et à une pression décisive.

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Un char d’armée endommagé dans une rue à Omdurman, Soudan. (Reuters/Archives)

« Si le quintet agit uni pour exercer une pression énorme sur la milice, cela sera de bon augure et conduira à l’arrêt de la guerre », a-t-il dit.

Il a insisté sur le fait que les Forces armées soudanaises se battent défensivement. « L’armée n’est pas intéressée par la guerre », a-t-il dit. « Elle a le devoir constitutionnel de repousser l’agression et de stopper la violence de la milice. Si cela s’arrête, l’armée ne poursuit pas la guerre. »

Protéger les frontières et les civils, a-t-il dit, est le mandat de l’armée. « Ils doivent protéger leur pays et leurs civils. Ils se battent pour repousser l’agression », a-t-il dit. « Bien sûr, ils n’iraient pas offrir des bouquets de fleurs à la milice. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince héritier saoudien rencontre le sénateur américain Lindsey Graham à Riyad

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le sénateur américain Lindsey Graham se rencontrent à Riyad. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le sénateur américain Lindsey Graham se rencontrent à Riyad. (SPA)
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  • Le prince héritier Mohammed ben Salmane a rencontré Lindsey Graham à Riyad pour discuter des relations bilatérales et des enjeux régionaux
  • Graham souligne la vision du prince héritier pour la région et son rôle clé dans une solution digne pour le peuple palestinien

RIYAD : Le prince héritier Mohammed ben Salmane a rencontré le sénateur américain Lindsey Graham à Riyad vendredi, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Les deux ont discuté des relations bilatérales entre l’Arabie saoudite et les États-Unis, ainsi que des développements régionaux.

Étaient également présents le ministre saoudien des Affaires étrangères Faisal ben Farhane, le ministre de la Défense Khaled Al-Saud et Musaad Al-Aiban, membre du Conseil des ministres.

Plus tôt, Graham avait déclaré que le prince héritier croyait en la nécessité de parvenir à une solution digne pour le peuple palestinien.

« L’Arabie saoudite est la clé de ce que j’espère voir se réaliser dans la région et dans le monde », a-t-il ajouté.

« La vision du prince héritier saoudien façonnera la région pour les générations à venir et est bénéfique pour le monde civilisé. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com