En Nouvelle-Calédonie, industriels et élus veulent croire à l'avenir de la filière nickel

Vue de la mine de la Société Le Nickel (SLN) à Kouaoua, sur le territoire français d'outre-mer de la Nouvelle-Calédonie. (AFP)
Vue de la mine de la Société Le Nickel (SLN) à Kouaoua, sur le territoire français d'outre-mer de la Nouvelle-Calédonie. (AFP)
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Publié le Dimanche 06 août 2023

En Nouvelle-Calédonie, industriels et élus veulent croire à l'avenir de la filière nickel

  • Alors que le nickel est l'un des métaux stratégiques les plus demandés sur les marchés mondiaux, les sociétés qui assurent sa production en Nouvelle-Calédonie subissent des pertes depuis douze ans
  • Première recommandation: augmenter la production des usines pour atteindre leur capacité nominale tout en réduisant leurs coûts, élevés au regard de la concurrence internationale

NOUMEA: En Nouvelle-Calédonie, industriels et élus veulent croire à un avenir pour la filière du nickel et attendent beaucoup des choix qui seront faits après la remise d'un rapport préoccupant sur le principal pilier de l'économie du "Caillou".

Rendu public le 1er août, cet audit de l'Inspection générale des finances (IGF) et du Conseil général de l'économie (CGE) questionne la stratégie concernant ce métal, objet d'intenses débats entre indépendantistes et loyalistes.

"Le rapport montre ce que donne la stratégie nickel actuelle et, tristement, cela donne des entreprises qui ne sont pas rentables", commente auprès de l'AFP Béatrice Pierre, présidente de Prony Resources, usine hydrométallurgique orientée vers les batteries.

Alors que le nickel est l'un des métaux stratégiques les plus demandés sur les marchés mondiaux en raison de la transition énergétique, les trois sociétés qui assurent sa production en Nouvelle-Calédonie (la Société le Nickel / SLN, Koniambo Nickel SAS et Prony) subissent des pertes depuis douze ans, indique le rapport.

"Aujourd'hui, nous savons ce que l'on doit faire" pour être rentable, estime la patronne de Prony.

Première recommandation: augmenter la production des usines pour atteindre leur capacité nominale tout en réduisant leurs coûts, élevés au regard de la concurrence internationale.

L'audit rappelle en outre que les pays de l'Union européenne pourraient être confrontés à de graves difficultés d'approvisionnement en nickel pour la fabrication des batteries.

Or ce marché porteur échappe à la SLN et à KNS, deux usines pyrométallurgiques qui produisent des ferronickels essentiellement utilisés dans les alliages inoxydables. L'IGF leur recommande de développer la production de mattes, un produit plus concentré en nickel utilisable dans les batteries après raffinage.

La SLN doit engager une étude et KNS a déjà procédé à des tests au travers de filiales de son actionnaire Glencore pour transformer son ferronickel en "nickel batterie". "Dix pour cent de notre production en 2023 pourrait intégrer cette filière", estime Alexandre Rousseau, directeur de la communication de Koniambo Nickel.

«Bataille» de l'énergie 

Autre enjeu: l'énergie utilisée par les industriels calédoniens, qui est particulièrement carbonée et dont les dépenses "peuvent être deux fois supérieures à celles de leurs concurrents indonésiens", relève le rapport. "C'est la mère des batailles et c'est ce qui nous tire vers le bas", résume Jérôme Fabre, directeur général de la SLN.

Les investissements nécessaires sont chiffrés à 4,15 milliards d'euros pour la conversion des deux centrales à charbon existantes en centrales à gaz, un développement de l'énergie photovoltaïque, des stockages via des batteries et des stations de transfert d'énergie par pompage.

Ces solutions coûteuses ne pourront être prises en charge que par l'État, a reconnu le président Emmanuel Macron à Nouméa fin juillet. Et elles ne se concrétiseront que dans plusieurs années.

Pour retrouver des marges de manœuvre, les rapporteurs évoquent également une "réforme du contrôle des exportations", notamment pour KNS et Prony dont les ressources sont classées en réserve géographique métallurgique — l'export de minerai leur est donc interdit.

"C'est quelque chose qui pourrait nous être bénéfique", confirme Béatrice Pierre, "et c'est très faible, on parle de 300.000 tonnes alors que nous excavons presque 12 millions de tonnes par an".

D'autres orientations relèvent de décisions politiques. C'est le cas des participations des collectivités au capital des usines, que le rapport propose de revoir à la baisse, et d'une réforme de la fiscalité pour un meilleur partage de la valeur ajoutée.

"Le nickel a toujours été un socle des accords politiques calédoniens", remarque Christopher Gygès, secrétaire général des Loyalistes (non-indépendantistes). "Nous souhaitons un grand accord depuis le début et la question du nickel doit être au centre de ça".

Sollicité par l'AFP, le camp indépendantiste a souhaité se concerter avant de communiquer. Les recommandations du rapport mettent à mal sa doctrine, qui prévoit de ne pas exporter de minerai brut — sauf à destination des usines offshore détenues par des intérêts calédoniens —, de maîtriser la ressource et de viser une participation majoritaire des collectivités au capital des outils de production.

Une réunion est prévue en septembre, à la suite de discussions sur l'avenir institutionnel de l'archipel prévues à Paris fin août.

"C'est important que ces discussions politiques et industrielles avancent pour que l'on sache quelle sera la stratégie du pays", relève le patron de la SLN. "Est-ce que les choix permettront aux usines de survivre, ou alors est-ce que nous sommes amenés à n'avoir qu'une activité minière?"


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.


Saint-Gobain: bénéfice et ventes en recul au premier semestre mais des signes de croissance retrouvés

Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
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  • Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français
  • En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique

PARIS: Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance.

Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français.

"Après un premier trimestre marqué par l'impact de conditions climatiques défavorables dans l'hémisphère nord, le chiffre d'affaires à données comparables renoue avec la croissance au deuxième trimestre dans toutes les régions, y compris en volumes: en Europe grâce au marché de la construction neuve, en Amérique avec une normalisation des conditions climatiques en Amérique du Nord, et en Asie-Pacifique qui poursuit sa forte croissance", décrypte Saint-Gobain, qui emploie plus de 162.000 personnes dans 81 pays.

En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique.

C'est la zone Amériques qui tire le chiffre d'affaires vers le bas avec -7,2% sur le semestre. En ne prenant en compte que le deuxième trimestre, les ventes sont restées stables (+0,4%).

En 2025, la zone représentait plus du quart du chiffre d'affaires global de Saint-Gobain.

L'Ebitda (excédent brut d'exploitation), un indicateur de rentabilité, atteint 3,6 milliards d'euros "affecté par l'effet de change", mais "bénéficiant du retour à la croissance au deuxième trimestre", explique Saint-Gobain.

L'entreprise a confirmé ses perspectives de croissance, malgré "un environnement macroéconomique contrasté et géopolitiquement incertain", selon Benoît Bazin, PDG du groupe, lors d'un point presse.

Saint-Gobain anticipe une croissance de ses ventes au deuxième semestre 2026 dans toutes les zones, "contrastées par pays" en Europe, "dans un contexte incertain" dans les Amériques et "tirée par l'Inde et l'Asie du sud-est" pour la zone Asie-Pacifique.