Soudan: Treize morts dans les combats les plus violents depuis le début de la guerre

Un garçon se tient près d’une maison détruite à la suite d’une inondation à Al-Sagai, au nord d’Omdourman, le 6 août 2023. (AFP)
Un garçon se tient près d’une maison détruite à la suite d’une inondation à Al-Sagai, au nord d’Omdourman, le 6 août 2023. (AFP)
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Publié le Mercredi 09 août 2023

Soudan: Treize morts dans les combats les plus violents depuis le début de la guerre

  • Des frappes aériennes et des tirs d’artillerie s’abattent sur Khartoum
  • Une organisation caritative met en garde contre le choléra en raison des cadavres dans les rues

DJEDDAH: Au moins treize civils ont péri mardi dans les combats les plus violents au Soudan depuis le début du conflit il y a près de quatre mois.

L’armée régulière a lancé des frappes aériennes et des salves d’artillerie lourde pour tenter de s’emparer d’un pont sur le Nil utilisé par les Forces paramilitaires rivales de soutien rapide pour acheminer des renforts et des armes d’Omdourman à Bahri et Khartoum, les deux autres villes qui constituent la capitale.

Les paramilitaires, qui occupent une grande partie de Khartoum depuis le début des combats à la mi-avril, ont réagi avec force, ce qui a donné lieu à de violents affrontements dans les quartiers résidentiels, ainsi qu’à des pertes civiles et à des déplacements de population.

«La situation à Omdourman est terrifiante», confie Nader Abdallah, 52 ans. «Les coups de feu, le bruit de l’artillerie et les frappes aériennes (...); il y a des bombardements dans toutes les directions.»

Les deux parties ont affirmé avoir réalisé des avancées militaires ces derniers jours, mais la situation ne semble pas avoir évolué. Les efforts déployés par l’Arabie saoudite et les États-Unis pour obtenir un cessez-le-feu sont au point mort.

En plus des combats, les habitants de la capitale ont dû faire face à des coupures d’eau et de courant prolongées, aux nombreux pillages commis par les paramilitaires, à l’effondrement des services de santé et à la pénurie de denrées alimentaires.

«Aucun des deux camps n’est en mesure de l’emporter et ce que nous entendons dans les médias est le contraire de ce qui se passe sur le terrain», indique Mohammed Usher, 37 ans, qui vit dans le sud de Khartoum.

«De toute façon, que reste-t-il de Khartoum dont ils pourraient s’emparer? Les institutions sont détruites, les universités et les marchés sont tous détruits.»

La catastrophe sanitaire s’aggrave également. Plus de 300 personnes, principalement des enfants de moins de 5 ans, sont mortes de la rougeole et de la malnutrition entre le 15 mai et le 17 juillet.

«Alors que de nombreuses familles se déplacent depuis des semaines, avec très peu de nourriture ou de médicaments, on continue d’observer une augmentation des taux de malnutrition, des épidémies et des décès qui en découlent», déplore William Spindler, porte-parole du HCR.

Le Soudan risque aussi de connaître une épidémie majeure en raison des milliers de cadavres non enterrés qui s’entassent dans les rues de Khartoum, des morgues qui débordent et des infrastructures sanitaires détruites, a averti mardi l’organisation caritative Save the Children.

«Le nombre croissant de cadavres, les graves pénuries d’eau, le non-fonctionnement des services d’hygiène et d’assainissement et le manque d’options de traitement de l’eau font craindre une épidémie de choléra dans la ville», selon l’organisation caritative.

Le conflit dans le pays a empêché les victimes et leurs familles d’accéder aux hôpitaux, dont 80% sont hors service.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince héritier saoudien discute de l'escalade militaire régionale avec plusieurs dirigeants

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne. (AN)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne. (AN)
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  • Erdogan affirme son soutien à toutes les mesures prises par le Royaume pour protéger sa sécurité
  • Le président du Conseil de souveraineté transitoire du Soudan, le général Al-Burhan, exprime sa solidarité avec le Royaume

RIYADH : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne.

Le prince héritier a tenu des appels téléphoniques distincts avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, le président du Conseil transitoire de souveraineté du Soudan, le général Abdel Fattah Al-Burhan, le président algérien Abdelmadjid Tebboune, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

Les responsables ont condamné l'agression iranienne visant le Royaume et leur rejet de tout ce qui porte atteinte à la souveraineté et à la stabilité du Royaume.

Ils ont également affirmé leur soutien à toutes les mesures prises par le Royaume pour protéger sa sécurité et ses citoyens.


A Beyrouth, des partisans du Hezbollah pleurent Khamenei

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  • "Quels que soient les sacrifices, nous ne quitterons pas (...) le terrain de la résistance", a assuré le chef du mouvement libanais pro-iranien, Naïm Qassem
  • "Nous accomplirons notre devoir en faisant face à l'agression", a-t-il encore dit, dans un communiqué, qualifiant la mort de l'ayatollah Khamenei de "summum du crime"

BEYROUTH: Drapeaux iraniens et portrait de l'ayatollah Ali Khamenei en main, des milliers de partisans du Hezbollah se sont rassemblés dimanche à Beyrouth pour pleurer la mort du guide suprême iranien, tué dans l'opération militaire américano-israélienne lancée la veille.

"Mort à l'Amérique", "Mort à Israël", ont-ils scandé à l'unisson, tous habillés de noir et brandissant aussi des drapeaux de leur mouvement, dans son bastion de la banlieue sud de Beyrouth.

Le poing levé, certains étaient en pleurs, a constaté une équipe de l'AFP, sur la grande place où a eu lieu le rassemblement.

"Quels que soient les sacrifices, nous ne quitterons pas (...) le terrain de la résistance", a assuré le chef du mouvement libanais pro-iranien, Naïm Qassem.

"Nous accomplirons notre devoir en faisant face à l'agression", a-t-il encore dit, dans un communiqué, qualifiant la mort de l'ayatollah Khamenei de "summum du crime".

"Sa mort est très douloureuse, c'est une tragédie", déplore aussi Zainab al Moussawi, une enseignante de 23 ans, à Beyrouth.

"On se sent comme après la mort du Sayyed, tombé en martyr", poursuit-elle en référence à l'ex-chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, tué par Israël en 2024.

"Entrer en guerre" 

Les dirigeants libanais redoutent une implication du Hezbollah dans le conflit régional, même si lors des raids israéliens et américains sur l'Iran en juin dernier, il n'était pas intervenu.

La formation chiite est sortie affaiblie d'une guerre avec Israël, qui continue de la frapper malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024 et l'accuse de se réarmer.

"Je demande à cheikh Naïm (Qassem) d'entrer en guerre", lance à Beyrouth Hassan Jaber, un partisan.

S'il ne s'est pas joint à la riposte iranienne, le mouvement a appelé des mosquées à organiser des cérémonies en mémoire du guide suprême iranien, dans la banlieue sud de la capitale libanaise et dans d'autres zones du pays dans lequel il est ancré.

Mais au Liban, pays très divisé, l'ayatollah Khamenei n'était pas soutenu par tous.

"Il était tout le temps en train de menacer (...) les pays arabes et avait des relais partout", déclare à l'AFP Hassan Harouq, un infirmier de 44 ans.

Lui dit ne vouloir qu'un pays "stable et qui ferait la paix avec le reste de la région", car "il est temps pour le Liban d'être de nouveau sur le droit chemin".

"Le peuple libanais est fatigué", ajoute-t-il.

Dimanche, le président Joseph Aoun, après une réunion d'urgence du Conseil supérieur de la Défense, a souligné que "la décision de guerre et de paix relève exclusivement de l'Etat libanais".

La présidence libanaise a indiqué avoir reçu, par l'entremise des Etats-Unis, l'assurance qu'Israël n'entraînera pas le Liban dans une "escalade" tant que son territoire ne sera pas visé par des attaques depuis le Liban.

Peu de temps avant le début de l'offensive israélo-américaine, Israël avait frappé des positions du Hezbollah dans le sud du Liban.

Beyrouth n'acceptera pas d'être "entraîné" dans le conflit avec l'Iran, a assuré le Premier ministre Nawaf Salam.


Iran: le ministre des Affaires étrangères d'Oman, pays médiateur, appelle à un cessez-le-feu

Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens. (AFP)
Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens. (AFP)
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  • Dimanche à Oman, seul Etat du Golfe à avoir été épargné lors de la première journée de la campagne iranienne, une attaque de drones a fait un blessé sur un port, tandis qu'un pétrolier a été visé au large de ses côtes
  • Lors de l'entretien, le chef de la diplomatie iranienne a pour sa part affirmé que l'Iran "appelait à la paix" et exprimé "l'ouverture de la partie iranienne à tout effort sérieux susceptible de contribuer à mettre fin à l'escalade"

MASCATE: Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens.

Badr al-Busaidi "a réaffirmé l'appel constant du sultanat d'Oman à un cessez-le-feu et à un retour au dialogue (...) de manière à répondre aux revendications légitimes de toutes les parties", a indiqué son ministère dans un compte rendu de son entretien avec Abbas Araghchi.

Dimanche à Oman, seul Etat du Golfe à avoir été épargné lors de la première journée de la campagne iranienne, une attaque de drones a fait un blessé sur un port, tandis qu'un pétrolier a été visé au large de ses côtes.

Lors de l'entretien, le chef de la diplomatie iranienne a pour sa part affirmé que l'Iran "appelait à la paix" et exprimé "l'ouverture de la partie iranienne à tout effort sérieux susceptible de contribuer à mettre fin à l'escalade et à rétablir la stabilité".