Malgré un nouveau naufrage meurtrier, l'Angleterre reste un aimant pour les migrants du littoral nord

Des migrants recueillis en mer alors qu'ils tentaient de traverser la Manche sont amenés par un bateau de sauvetage de la Royal National Lifeboat Institution (RNLI) britannique dans la marina de Douvres, dans le sud-est de l'Angleterre, le 12 août 2023. (AFP).
Des migrants recueillis en mer alors qu'ils tentaient de traverser la Manche sont amenés par un bateau de sauvetage de la Royal National Lifeboat Institution (RNLI) britannique dans la marina de Douvres, dans le sud-est de l'Angleterre, le 12 août 2023. (AFP).
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Publié le Dimanche 13 août 2023

Malgré un nouveau naufrage meurtrier, l'Angleterre reste un aimant pour les migrants du littoral nord

  • «Si nous avions une belle vie en Afghanistan, un bon gouvernement, un bon système éducatif..», égrène l'homme aux yeux fatigués, entouré d'un groupe d'Afghans, souvent très jeunes
  • Lui qui a laissé ses empreintes digitales en Croatie, à son entrée dans l'Union européenne, aimerait que les polices française et anglaise l'aident à traverser la Manche sans risquer sa vie

LOON-PLAGE : "Traverser la Manche, c'est jouer avec nos vies": l'Afghan Hadji Mahmud s'accroche pourtant au projet de rallier l'Angleterre, comme à une fatalité, même après le naufrage samedi d'une embarcation qui a coûté la vie à six de ses compatriotes.

Dans le camp de migrants de Loon-Plage, sur le littoral nord de la France, où il vivote, une quinzaine de tentes se serrent derrière un talus, près d'un tas de détritus qui se consume.

"Si nous avions une belle vie en Afghanistan, un bon gouvernement, un bon système éducatif...", égrène l'homme aux yeux fatigués, entouré d'un groupe d'Afghans, souvent très jeunes.

Lui qui a laissé ses empreintes digitales en Croatie, à son entrée dans l'Union européenne, aimerait que les polices française et anglaise l'aident à traverser la Manche sans risquer sa vie. Mais il sait que c'est un vœu pieux: "nous souffrirons jusqu'à réussir à traverser".

Six de ses compatriotes ont trouvé la mort samedi dans le naufrage d'une embarcation au large de Sangatte, une ville du Pas-de-Calais située plus à l'ouest. Un à deux potentiels disparus restaient recherchés samedi soir.

Le canot convoyait 65 à 66 hommes, Afghans dans leur grande majorité, avec quelques Soudanais et quelques mineurs.

«Nous réessayerons»

"Un drame humain terrible" selon le secrétaire français d'Etat à la Mer, Hervé Berville, alourdissant un bilan migratoire déjà accablant pour cette zone frontière: au moins quatre noyés en décembre 2022, 27 en novembre 2021, sept en octobre 2020 pour ne citer que les principaux naufrages.

Mais sans éteindre le désir d'Angleterre des migrants qui affluent depuis des années sur le littoral nord de la France, actuellement environ un millier selon les autorités.

"Si nos familles savaient" pour le naufrage, "ils ne nous autoriseraient pas à traverser", confient un peu plus loin, près d'un vieux canapé installé sous une bâche, deux autres Afghans, Bilal et Basir, 20 et 22 ans.

Ils devaient tenter la traversée la nuit précédente mais ont "raté le bateau". "Nous réessayerons", assurent-ils.

"Ma soeur, mon oncle, sont en Angleterre", explique Basir. Bilal rêve lui d'aller à l'université au Royaume-Uni.

Parmi les exilés rencontrés par l'AFP, seul le Kurde irakien Abu Mohamed, 36 ans, affirme désormais hésiter: "si je vois que c'est très risqué, je vais essayer de rester en France".

«Il y aura d'autres drames»

A une trentaine de kilomètres, à Calais (nord), où victimes et rescapés ont été ramenés à terre, deux jeunes Soudanais s'affirmant âgés de 16 ans plaisantent sur un trottoir.

"En France, c'est compliqué pour nous, il y a du racisme, personne ne veut de nous, on dort dans la rue et tout le monde s'en fout, on ne peut pas travailler", lance l'un des deux, entre hilarité et gravité.

Alors oui, il continuera à tenter la traversée, pour poursuivre des études d'ingénieur en informatique en Angleterre.

Pour Pierre Roques de l'Auberge des migrants, qui fédère les associations de soutien aux exilés, le naufrage de samedi "était un drame prévisible et évitable".

"Le Royaume-Uni part vers des solutions complétement extrêmes pour arrêter les traversées qui n'auront pas d'autre effet que d'augmenter la mise en danger des personnes", déplore-t-il.

Envoi des demandeurs d'asile vers le Rwanda ou barge en mer pour les loger, les solutions envisagées ou mises en place par Londres "sont parfois une source de préoccupation" pour les exilés, "mais elles n'entravent pas leur volonté d'aller au Royaume-Uni", dit-il.

"Il y aura encore d'autres drames", les migrants "tentent le tout pour le tout, ils ont tout donné" et "cela ne s'arrêtera jamais", met aussi en garde Régis Holy, le patron du canot de sauveteurs qui a ramené cinq des victimes à Calais.

Les associations déplorent également la politique d'expulsion régulière des campements du littoral, au nom du refus des "points de fixation".

Selon Jean-Claude Lenoir, président de l’association Salam, "12 fourgons de CRS" ont démantelé samedi "au moins quatre campements" improvisés à Calais.

"Au vu des circonstances, il y aurait pu avoir un peu de calme", d'autant que ces opérations "violentes" sont "sans aucun résultat, les migrants reprenant leurs places dès la police partie", pointe-t-il.


Le roi Charles à New York pour célébrer les liens entre Royaume-Uni et Etats-Unis

Ce troisième jour de la visite d'Etat du roi intervient au lendemain d'un discours devant le Congrès américain, le premier pour un souverain britannique depuis 1991, et d'un banquet à la Maison Blanche. (AFP)
Ce troisième jour de la visite d'Etat du roi intervient au lendemain d'un discours devant le Congrès américain, le premier pour un souverain britannique depuis 1991, et d'un banquet à la Maison Blanche. (AFP)
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  • Charles III se rend mercredi à New York pour assister à une cérémonie au mémorial du 11-Septembre et célébrer les liens culturels et économiques entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis
  • Mercredi, Charles III et la reine Camilla commenceront leur visite à New York par une cérémonie de dépôt de gerbe au mémorial des attentats du 11 septembre 2001, qui ont tué près de 3.000 personnes il y a 25 ans

NEW YORK: Charles III se rend mercredi à New York pour assister à une cérémonie au mémorial du 11-Septembre et célébrer les liens culturels et économiques entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis à un moment de tensions entre les deux alliés historiques.

Ce troisième jour de la visite d'Etat du roi intervient au lendemain d'un discours devant le Congrès américain, le premier pour un souverain britannique depuis 1991, et d'un banquet à la Maison Blanche.

Mercredi, Charles III et la reine Camilla commenceront leur visite à New York par une cérémonie de dépôt de gerbe au mémorial des attentats du 11 septembre 2001, qui ont tué près de 3.000 personnes il y a 25 ans. Le nouveau maire de New York, Zohran Mamdani, sera présent.

"Cette tragédie a été un moment fondateur pour l'Amérique, et votre douleur, votre choc a été ressenti de par le monde", a déclaré mardi le souverain devant les parlementaires américains.

"Nous nous sommes alors tenus à vos côtés. Et nous sommes aujourd'hui a vos côtés pour se souvenir de ce jour qui ne devra jamais être oublié", a ajouté Charles III à la tribune du Congrès, avant d'appeler Washington à rester fidèle à ses alliés occidentaux et lancé quelques critiques voilés à l'attention de Donald Trump.

Winnie l'ourson 

Il rencontrera ensuite des secouristes du 11-Septembre et des familles de victimes, avant d'aller visiter un projet de ferme urbaine.

Pendant ce temps, Camilla va célébrer le 100e anniversaire de Winnie l'ourson à la bibliothèque municipale de New York en offrant un jouet à l'effigie de Petit Gourou, un autre personnage de cet univers.

Le roi doit ensuite participer à un événement économique centré sur la coopération entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis, en présence d'investisseurs et de patrons d'entreprises.

Donald Trump a laissé planer mi-avril la menace d'un retrait des Etats-Unis de l'accord conclut avec Londres sur les droits de douane, arme économique favorite d'un président américain résolument protectionniste.

Le milliardaire républicain est agacé par la réticence du gouvernement britannique à aider Washington dans sa guerre contre l'Iran menée avec Israël.

En fin de journée, Charles III se rendra à une réception pour son association d'aide à la jeunesse, The King's Trust. Le couple royal reviendra à Washington jeudi avant de se rendre sur le territoire britannique des Bermudes.

Cette visite d'Etat de plusieurs jours devait aider à recoller les morceaux d'une "relation spéciale" fissurée par les désaccords politique entre Donald Trump et le Premier ministre travailliste Keir Starmer à propos de la guerre en Iran.

En cette année qui marque le 250e anniversaire de la Déclaration d'indépendance, par laquelle des colonies britanniques sont devenues les Etats-Unis d'Amérique, le président républicain a affiché sa fascination pour la monarchie en recevant le chef d'Etat britannique avec tous les honneurs: militaires en tenue d'apparat, fanfare, 21 coups de canon et survol de la Maison Blanche par des avions de combat.


Le chef du Pentagone va s'expliquer sur la guerre en Iran devant les députés américains

 Le ministre américain de la Défense Pete Hegseth va devoir s'expliquer mercredi sur la conduite la guerre en Iran lors de sa première audition parlementaire depuis le début du conflit. (AFP)
Le ministre américain de la Défense Pete Hegseth va devoir s'expliquer mercredi sur la conduite la guerre en Iran lors de sa première audition parlementaire depuis le début du conflit. (AFP)
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  • Depuis le début de la guerre, le 28 février, des parlementaires des deux bords ont critiqué l'exécutif américain pour le manque d'information qui leur a été fourni, alors qu'ils est d'usage que certains soient régulièrement informés
  • Pete Hegseth, figure particulièrement clivante du gouvernement de Donald Trump, risque ainsi de faire face à des questions appuyées de l'opposition démocrate

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense Pete Hegseth va devoir s'expliquer mercredi sur la conduite la guerre en Iran lors de sa première audition parlementaire depuis le début d'un conflit qui s'enlise, malgré un cessez-le-feu prolongé par Donald Trump.

Le chef du Pentagone, très critiqué par l'opposition démocrate, fera face aux questions des membres de la Commission des forces armées de la Chambre des représentants aux côtés de Dan Caine, le chef d'état-major américain.

Depuis le début de la guerre, le 28 février, des parlementaires des deux bords ont critiqué l'exécutif américain pour le manque d'information qui leur a été fourni, alors qu'ils est d'usage que certains d'entre-eux soient régulièrement informés avec des renseignements classés secret défense.

Pete Hegseth, figure particulièrement clivante du gouvernement de Donald Trump, risque ainsi de faire face à des questions appuyées de l'opposition démocrate, alors que les conséquences économiques de la guerre se font sentir dans le monde entier et jusque dans l'opinion américaine avec une hausse des prix à la pompe.

"Le ministre Hegseth va enfin se présenter devant la Commission des forces armées de la Chambre cette semaine, a salué la députée démocrate Maggie Goodlander. Il est temps qu'il réponde d'une guerre lancée par choix".

Donald Trump et son gouvernement ont multiplié les déclarations contradictoires sur les buts de guerre de Washington et sur les manières de mettre fin au conflit.

Demande d'enquête 

Les négociations pour y mettre fin piétinent, alors qu'un cessez-le-feu est en vigueur depuis trois semaines. En attendant, Téhéran exerce un quasi-blocage de la navigation au détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, tandis que Washington a mis en place un blocus des ports iraniens.

La marine américaine a déployé trois de ses porte-avions dans la région, une première depuis plus de vingt ans.

La conduite de la guerre par Pete Hegseth irrite depuis le début les élus de l'opposition démocrate, qui ont lancé six procédures visant à le démettre de ses fonctions, sans réel espoir d'y parvenir.

Nombre de parlementaires, y compris des républicains, regrettent aussi que l'exécutif américain n'ait pas consulté davantage le Congrès avant de déclencher ce conflit, alors que la Constitution exige son accord pour formellement "déclarer" la guerre.

Les démocrates ont plusieurs fois échoué à faire passer une résolution visant à limiter les pouvoirs militaires de Donald Trump en Iran.

Plus d'une dizaine d'entre eux ont aussi demandé la semaine dernière l'ouverture d'une "enquête formelle et immédiate" sur la mort de six soldats américains au Koweït dans les premiers jours du conflit, estimant que le ministre a "induit le public en erreur sur les circonstances de l'attaque".

Au total, 13 militaires américains ont été tués depuis le 28 février, et 400 ont été blessés.

Explosion du budget 

Les parlementaires pourraient aussi interroger Pete Hegseth sur le coût de la guerre, tant d'un point de vue strictement budgétaire que sur l'utilisation à grande échelle de missiles aux stocks limités, certains craignant un épuisement critique d'armements stratégiques.

L'audition porte officiellement sur la demande de l'exécutif américain d'augmenter de 42% le budget américain de la défense, déjà faramineux, pour le porter à 1.500 milliards de dollars en 2027, l'équivalent du produit intérieur brut (PIB) de l'Indonésie ou des Pays-Bas.

L'audition de mercredi pourrait aussi porter sur la vague de départ dans les plus hauts postes du Pentagone, ou sur l'utilisation de l’intelligence artificielle au sein des forces armées.

L'entreprise Anthropic est en conflit avec le ministère de la Défense pour avoir refusé que ses outils d'IA soient utilisés pour la surveillance de masse des citoyens américains et pour rendre des armes totalement autonomes.


Grèce: un homme de 89 ans recherché après deux fusillades

Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque. (AFP)
Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque. (AFP)
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  • L'homme âgé, présenté comme souffrant de troubles psychologiques, a abandonné son arme en s'enfuyant du tribunal, dans le centre d'Athènes, où il venait de blesser légèrement trois personnes, selon la même source
  • Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque

ATHENES: La police grecque recherche mardi un homme de 89 ans, en fuite et soupçonné d'être l'auteur de deux fusillades dans des bâtiments publics à Athènes qui ont fait quatre blessés légers, selon l'agence de presse grecque ANA.

L'homme âgé, présenté comme souffrant de troubles psychologiques, a abandonné son arme en s'enfuyant du tribunal, dans le centre d'Athènes, où il venait de blesser légèrement trois personnes, selon la même source.

Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque.