Inquiétude, soulagement, désespoir, fierté: des Afghans racontent deux ans de vie sous les talibans

Sur cette photo prise le 3 août 2023, le fermier afghan Rahatullah Azizi saupoudre de l'engrais dans un champ d'aubergines du village de Tilanchi, dans la province de Parwan. (AFP)
Sur cette photo prise le 3 août 2023, le fermier afghan Rahatullah Azizi saupoudre de l'engrais dans un champ d'aubergines du village de Tilanchi, dans la province de Parwan. (AFP)
Short Url
Publié le Lundi 14 août 2023

Inquiétude, soulagement, désespoir, fierté: des Afghans racontent deux ans de vie sous les talibans

  • Selon un rapport annuel de la mission d'assistance des Nations unies dans le pays, le conflit armé a fait environ 38 000 morts et plus de 70 000 blessés parmi les civils rien que sur la période 2009-2020
  • L'économie afghane, déjà malmenée par des décennies de guerre, s'est enlisée dans la crise après que des milliards de dollars d'aides internationales ont été coupés à la suite de la prise du pouvoir par les talibans

KABOUL: Deux ans après le retour au pouvoir fracassant des talibans en Afghanistan et la fin de 20 ans de guerre contre l'armée américaine et ses alliés, la vie a radicalement changé pour de nombreux Afghans, en particulier pour les femmes.

A l'approche de l'anniversaire de la chute de Kaboul, le 15 août, quatre Afghans - une femme d'affaires déterminée à garder les portes de son usine ouvertes, un agriculteur soulagé par la fin de la guerre, un ancien combattant taliban fier de servir le nouveau gouvernement et une étudiante en médecine contrainte d'abandonner ses études - ont expliqué à l'AFP l'impact qu'ont eu sur eux les changements survenus dans le pays.

L'entrepreneuse qui s'efforce de maintenir son entreprise à flot

Arezo Osmani, 30 ans, a été "terrifiée et triste" lorsque les talibans sont revenus au pouvoir.

"Je ne suis pas sortie de ma chambre pendant 10 jours, je pensais que tout s'arrêtait pour moi, et que c'était la même chose pour tous les Afghans", confie Arezo qui a lancé son entreprise de fabrication de serviettes hygiéniques réutilisables en février 2021.

"Mais lorsque je suis sortie et que j'ai vu qu'il y avait toujours une activité, cela m'a redonné espoir et je me suis dit que je devais aussi rester ici", poursuit-elle la gorge nouée.

En raison de l'incertitude qui régnait dans le pays à l'arrivée des talibans, l'entrepreneuse, qui a employé jusqu'à 80 femmes, ferme son entreprise. Mais deux mois plus tard elle décide finalement de rouvrir les portes car le secteur privé est l'un des rares endroits "où les femmes pouvaient travailler".

Sous les talibans, elles ont été empêchées de travailler pour les ONG et exclues de la plupart des postes de fonctionnaires. Le mois dernier, les salons de beauté - une autre source importante de revenus pour les femmes - ont également été fermés.

"Nous nous sommes lentement habituées aux conditions, et heureusement, comme nous sommes une entreprise et que nous travaillons dans le secteur de la santé, nous avons pu continuer notre travail, je me sens bien maintenant", dit-elle.

Néanmoins, l'interdiction faite aux Afghanes de travailler pour les associations étrangères, ses principaux clients, a durement touché son entreprise qui n'emploie plus que 35 salariées.

"Actuellement, nous n'avons ni contrat, ni acheteur, (...) si nous ne sommes pas en mesure de vendre les serviettes hygiéniques, il sera difficile de continuer, mais nous essayons de rester debout", ajoute cette mère de deux enfants.

Malgré les difficultés, l'entrepreneuse reste déterminée à faire ce qu'elle peut pour son pays, et ses femmes en particulier. "L'Afghanistan et notre société ont besoin de gens comme nous qui restent", souligne-t-elle.

L'agriculteur qui tente de joindre les deux bouts

Rahatullah Azizi est reconnaissant de l'amélioration de la sécurité apportée par la fin des combats. Aujourd'hui, alors que cet homme de 35 ans cultive quelques champs dans la province de Parwan, au nord de Kaboul, il peut "se déplacer jour et nuit sans inquiétude, grâce à Dieu".

"Il y a eu beaucoup de changements" depuis août 2021. "Avant, c'était la guerre, maintenant c'est calme", se réjouit-il.

Selon un rapport annuel de la mission d'assistance des Nations unies dans le pays (Manua), le conflit armé a fait environ 38.000 morts et plus de 70.000 blessés parmi les civils rien que sur la période 2009-2020.

Cependant, le fermier reste inquiet.

L'économie afghane, déjà malmenée par des décennies de guerre, s'est enlisée dans la crise après que des milliards de dollars d'aides internationales ont été coupés à la suite de la prise du pouvoir par les talibans.

La production économique s'est effondrée et près de 85% du pays vivrait dans la pauvreté, selon le dernier rapport du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). La sécheresse et les invasions de criquets ont également ruiné certaines exploitations du pays.

"Les gens n'achètent plus beaucoup nos produits", déplore le fermier qui cultive à peine plus d'un hectare sur des terres louées.

"Avant je vendais sept kilos de tomates pour 200 afghanis (2,15 euros), aujourd'hui je ne les vends plus que 80 (0,86 centimes d'euros)."

Dans le passé, il percevait des revenus grâce aux plantations de céréales, mais aujourd'hui ce n'est plus le cas.

"J'ai désormais juste assez pour manger, je ne peux pas mettre de l'argent de côté", ajoute Rahatullah qui espère que ses enfants pourront étudier à l'université, contrairement à lui.

Le combattant taliban devenu policier

Pour Lal Muhammad, 23 ans, le retour au pouvoir des talibans a apporté une plus grande stabilité économique.

Il a rejoint le mouvement il y a quatre ans et combattu régulièrement loin de chez lui. Aujourd'hui, il est officier de police dans la deuxième ville du pays, Kandahar, et gagne un salaire d'environ 12.000 afghanis (128 euros) par mois, ce qui est "suffisant" pour sa famille.

Il est heureux d'avoir un salaire régulier, même s'il n'a de toute façon jamais "rêvé d'avoir des voitures ou de gagner beaucoup d'argent".

"Mon rêve était d'étudier et de servir dans le gouvernement de l'Emirat islamique (nom donné au gouvernement par les autorités talibanes). J'y resterai jusqu'au bout", promet Lal. "Grâce à Dieu, ils sont de retour".

Le mouvement taliban, né à Kandahar, dans le sud de l'Afghanistan, a contrôlé une première fois le pays de 1996 à 2001.

"Nous sommes très heureux. Nous n'avons pas de problèmes, il n'y a pas de guerre ni de combats. Nous sommes au service de l'Emirat et de notre peuple", clame Lal Muhammad.

L'ex-étudiante en médecine à la recherche d'un nouvel avenir

Hamasah Bawar envisageait auparavant son futur en Afghanistan et voulait exercer dans le secteur médical. Mais, depuis que les talibans ont pris le pouvoir et interdit aux filles l'accès aux universités, après leur avoir fermé les portes des école secondaires, elle ne voit d'espoir qu'en dehors du pays.

"La fermeture des universités a été dévastatrice, non seulement pour moi, mais aussi pour toutes mes camarades de classe. Nous sommes brisées et c'est la pire chose qu'on pouvait imaginer", dénonce l'ex-étudiante de 20 ans qui habite Mazar-e-Sharif dans le nord de l'Afghanistan.

"Si une fille est éduquée, toute la famille le sera, si une famille est éduquée c'est la société entière qui sera éduquée(...) Si nous ne sommes pas éduquées, toute une génération restera analphabète", déplore Hamasah qui avait trouvé un stage dans une clinique rapidement fermée par les autorités.

"Parce que je veux un avenir meilleur, je n'ai pas d'autre choix que de quitter l'Afghanistan", poursuit Hamasah dont la mère est enseignante en école primaire.

Hamasah a observé "une grande différence" entre le précédent gouvernement, soutenu par les Etats-Unis, et celui des talibans qui n'est pas reconnu par la communauté internationale.

Avant, "il y avait beaucoup de liberté, aujourd'hui on ne peut même pas aller dans l'enceinte de la Mosquée bleue (majestueuse mosquée composée de jardins) pour s'amuser. Aujourd'hui la plupart des activités sont interdites aux filles et aux femmes".

"Pas seulement moi, mais toutes les filles et les femmes d'Afghanistan veulent retrouver leur liberté", implore-t-elle.


L'Iran accuse les Etats-Unis d'avoir violé le cessez-le-feu et menace de riposter

L'Iran a accusé mardi les Etats-Unis d'avoir violé le cessez-le-feu après des frappes américaines nocturnes dans le sud du pays, qui portent un coup aux apparents progrès dans les négociations pour mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran a accusé mardi les Etats-Unis d'avoir violé le cessez-le-feu après des frappes américaines nocturnes dans le sud du pays, qui portent un coup aux apparents progrès dans les négociations pour mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Short Url
  • "L'armée terroriste américaine, poursuivant ses actions illégales et injustifiées depuis le cessez-le-feu (...), a commis au cours des dernières 48 heures une violation flagrante du cessez-le-feu dans la région d'Hormozgan"
  • Et de prévenir: "La République islamique ne laissera aucun acte malveillant sans réponse et n'hésitera pas à défendre la nation iranienne"

TEHERAN: L'Iran a accusé mardi les Etats-Unis d'avoir violé le cessez-le-feu après des frappes américaines nocturnes dans le sud du pays, qui portent un coup aux apparents progrès dans les négociations pour mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient.

Les signes d'ouverture de ces derniers jours ont de nouveau cédé la place à une rhétorique martiale, dans un conflit où les armes se sont quasiment tues depuis le 8 avril mais où les menaces ne cessent pas tout comme le blocage du détroit d'Ormuz, faisant flamber les prix du pétrole.

"L'armée terroriste américaine, poursuivant ses actions illégales et injustifiées depuis le cessez-le-feu (...), a commis au cours des dernières 48 heures une violation flagrante du cessez-le-feu dans la région d'Hormozgan", a déclaré le ministère des Affaires étrangères, sans préciser la nature des faits.

Et de prévenir: "La République islamique ne laissera aucun acte malveillant sans réponse et n'hésitera pas à défendre la nation iranienne".

Le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) avait annoncé plus tôt avoir frappé dans la nuit des sites de lancement de missiles dans le sud de l'Iran.

L'Iran n'a pas officiellement confirmé l'information, mais les médias d'Etat ont rapporté des explosions dans la ville portuaire de Bandar Abbas, et annoncé qu'une enquête était en cours pour en déterminer l'origine.

Dans un autre incident, les Gardiens de la Révolution iraniens ont affirmé avoir abattu un drone américain et tiré sur d'autres aéronefs tentant de pénétrer dans l'espace aérien du pays, sans préciser la date de ces incidents.

Les dernières frappes américaines connues remontent à début mai quand le sud de l'Iran avait été visé, provoquant une riposte de l'armée iranienne sur des bateaux dans le détroit d'Ormuz. Une "broutille", avait alors dit Donald Trump.

 Internet partiellement rétabli 

Portés la veille par l'espoir d'un accord, les marchés mondiaux ont "retrouvé un ton plus prudent", malgré "l'optimisme du week-end", commente Daniela Hathorn, analyste chez Capital.com. Les Bourses européennes hésitaient à la mi-journée et le pétrole est reparti à la hausse.

En Iran, les autorités ont annoncé de premières mesures pour rétablir internet après une coupure quasi-totale depuis le début de la guerre, déclenchée par une attaque israélo-américaine le 28 février. L'ONG étrangère de surveillance de la cybersécurité NetBlocks avait auparavant fait état d'un rétablissement "partiel".

"Depuis quelques minutes, je peux ouvrir des sites internet internationaux avec mon fournisseur d'accès", a déclaré à l'AFP une habitante de 22 ans de la ville occidentale de Kermanshah, ajoutant qu'elle avait toutefois toujours besoin de VPN (réseau privé virtuel) pour accéder aux réseaux sociaux.

Malgré les menaces, les tractactions diplomatiques se poursuivent. De hauts responsables iraniens, dont le négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, se sont rendus lundi à Doha, une première depuis le début de la guerre.

Le gouverneur de la Banque centrale a également fait le déplacement pour discuter des fonds gelés à l'étranger en raison des sanctions américaines. Téhéran exige le déblocage de 24 milliards d'avoirs, selon l'agence de presse Tasnim.

C'est un des principaux points de contentieux, aux côtés du volet nucléaire que l'Iran souhaite aborder dans un second temps. Washington, qui soupçonne Téhéran de vouloir se doter de la bombe atomique, réclame la destruction du stock d'uranium hautement enrichi, dont le sort est incertain depuis de précédentes frappes israélo-américaines, en juin 2025.

11 morts au Liban 

Si Téhéran avait averti lundi qu'il n'était pas imminent, l'accord reste possible, a avancé le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio, parlant de discussions "autour de la formulation précise du texte initial".

"Le président a exprimé sa volonté de parvenir (à un accord). Soit il conclura un accord, soit il n'y aura aucun accord", a-t-il ajouté.

Donald Trump cherche une issue à cette guerre qui a gravement perturbé l'économie mondiale en raison du quasi blocage par Téhéran du stratégique détroit d'Ormuz, par où transite en temps normal un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde.

Sa réouverture est un enjeu majeur des négociations en cours et les tensions y restent vives: un pétrolier a ainsi été touché mardi au large d'Oman, selon l'agence maritime britannique UKMTO.

Sur le front libanais, Israël a appelé mardi pour la première fois les habitants de Nabatiyé dans le sud du Liban à évacuer toute la ville, au lendemain d'une frappe qui a fait onze morts dans l'est.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a juré d'intensifier les frappes pour "écraser" le Hezbollah pro-iranien, faisant peser plus d'incertitude encore sur les négociations en cours, alors que Téhéran veut qu'un accord avec les Etats-Unis comprenne le Liban.


Les Etats-Unis frappent l'Iran malgré les progrès des négociations

Les Etats-Unis ont annoncé lundi avoir frappé des sites de missiles dans le sud de l'Iran, portant un coup au cessez-le-feu malgré d'apparents progrès dans les négociations pour régler la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Les Etats-Unis ont annoncé lundi avoir frappé des sites de missiles dans le sud de l'Iran, portant un coup au cessez-le-feu malgré d'apparents progrès dans les négociations pour régler la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Short Url
  • L'armée américaine a précisé "faire preuve de retenue durant le cessez-le-feu" en vigueur depuis le 8 avril entre l'Iran et les Etats-Unis après plusieurs semaines de guerre qui ont fait des milliers de morts et secoué l'économie mondiale
  • Mais le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a fait savoir qu'un accord avec l'Iran restait possible. Les discussions tournent essentiellement "autour de la formulation précise du texte initial, cela prendra donc quelques jours"

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé lundi avoir frappé des sites de missiles dans le sud de l'Iran, portant un coup au cessez-le-feu malgré d'apparents progrès dans les négociations pour régler la guerre au Moyen-Orient.

Après des semaines de blocages et de menaces, Washington et Téhéran ont fait état d'avancées ces derniers jours dans les discussions. Donald Trump avait même laissé entrevoir un compromis imminent au cours du week-end.

Mais les espoirs de paix ont été douchés lundi, d'une part par l'annonce du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d'une intensification de l'offensive de son armée au Liban, puis par une attaque contre l'Iran.

"Les forces américaines ont mené aujourd'hui des frappes de légitime défense dans le sud de l'Iran afin de protéger nos troupes contre les menaces posées par les forces iraniennes. Les cibles comprenaient des sites de lancement de missiles et des embarcations iraniennes qui tentaient de poser des mines", a déclaré le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dans un communiqué.

Les médias iraniens ont rapporté que plusieurs fortes explosions avaient été entendues à Bandar Abbas (sud) vers minuit (20H30 GMT). La télévision d'Etat a ensuite précisé que la situation était revenue à la normale, ajoutant qu'une enquête était en cours pour déterminer l'origine des bruits.

L'armée américaine a précisé "faire preuve de retenue durant le cessez-le-feu" en vigueur depuis le 8 avril entre l'Iran et les Etats-Unis après plusieurs semaines de guerre qui ont fait des milliers de morts et secoué l'économie mondiale.

Mais le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a fait savoir qu'un accord avec l'Iran restait possible. Les discussions tournent essentiellement "autour de la formulation précise du texte initial, cela prendra donc quelques jours", a-t-il déclaré lors d'une visite officielle en Inde, sans fournir d'informations sur les dernières frappes.

Donald Trump cherche une issue à cette guerre qui a gravement perturbé l'économie mondiale en raison du blocage du stratégique détroit d'Ormuz par Téhéran, par où transite en temps normal un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde.

Marco Rubio a soutenu mardi que le détroit rouvrirait "d'une manière ou d'une autre". Et d'ajouter: "ce qui se passe là-bas est illégal, c'est illégal, c'est insoutenable pour le monde entier".

Les cours du pétrole ont réagi de manière contrastée aux derniers développements, après être repassés sous la barre des 100 dollars lundi. Le WTI perdait 5,2% mardi matin en Asie, tandis que le baril de Brent prenait 1,8%.

Question nucléaire 

Les dernières heures avaient été marquées par une nouvelle accélération des échanges diplomatiques.

De hauts responsables iraniens, incluant le négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, se sont rendus lundi à Doha. C'est la première visite de ce type depuis les frappes de représailles menées par Téhéran contre ses voisins du Golfe.

Donald Trump avait déjà tempéré les espoirs d'un accord imminent, disant ne pas vouloir "se précipiter".

Téhéran s'est également montré prudent. "Nous sommes parvenus à une conclusion sur une grande partie des questions", a commenté le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï. "Mais de là à dire que la signature d'un accord est imminente, personne ne peut l'affirmer."

En parallèle, une délégation du Pakistan incluant le médiateur principal dans le conflit et chef de l'armée Asim Munir ainsi que le Premier ministre Shehbaz Sharif se trouvait lundi en Chine, pays soutenant les efforts pakistanais pour résoudre la crise.

La réouverture du détroit d'Ormuz, verrouillé de facto par l'Iran depuis le début de la guerre lancée par les Etats-Unis et Israël le 28 février, est un enjeu majeur du conflit.

Donald Trump a évoqué samedi un compromis "largement négocié" prévoyant sa réouverture, tandis que l'Iran insiste sur le fait que la question nucléaire ne fait pas partie "à ce stade" du protocole en discussion et qu'elle serait abordée lors de négociations séparées.

Lundi soir, le président Trump a aussi mentionné le dossier de l'uranium enrichi iranien, affirmant qu'il serait "soit immédiatement remis aux Etats-Unis (...) et détruit, soit, de préférence, en collaboration et en coordination avec la République islamique d'Iran, détruit sur place ou dans un autre lieu acceptable". On ignore s'il signifiait par là qu'il s'agissait d'un point de l'accord en discussion.

Violations au Liban 

Plus tôt lundi, il a aussi semblé faire monter les enjeux d'un éventuel accord de paix.

Dans un message sur les réseaux sociaux, il a énuméré les dirigeants de pays à majorité musulmane avec lesquels il a discuté dernièrement, affirmant "qu'après tout le travail effectué par les Etats-Unis (...) tous ces pays devraient être obligés, au minimum, de signer simultanément les accords d'Abraham".

Signés en 2020, ces accords ont débouché sur une normalisation des relations des Emirats arabes unis et de Bahreïn, deux proches alliés de Washington, avec Israël. Nombre d'Etats ont jusqu'ici refusé de les imiter, en particulier l'Arabie saoudite ainsi que la Syrie et le Liban, a fortiori depuis le conflit qui a ravagé la bande de Gaza.

Sur le front libanais, un autre cessez-le-feu a été conclu depuis le 17 avril, mais Israël et le Hezbollah pro-iranien s'accusent mutuellement de le violer, poursuivant leurs attaques quotidiennes.

Benjamin Netanyahu a affirmé lundi qu'Israël allait "intensifier" son offensive pour "écraser" le Hezbollah, après des dizaines de frappes israéliennes qui ont fait trois morts, selon l'agence nationale d'information libanaise, Ani.

Le Hezbollah a revendiqué de son côté une série d'attaques contre trois casernes et un poste militaire dans le nord d'Israël.


Une vingtaine de blessés après qu'un homme a pulvérisé une substance dans un centre commercial de Tokyo

Une vingtaine de personnes ont été blessées dans un centre commercial de luxe du centre de Tokyo après qu'un homme y a pulvérisé une substance, ont indiqué lundi des responsables de la police et des pompiers. (AFP)
Une vingtaine de personnes ont été blessées dans un centre commercial de luxe du centre de Tokyo après qu'un homme y a pulvérisé une substance, ont indiqué lundi des responsables de la police et des pompiers. (AFP)
Short Url
  • A la mi-journée, quelques rues autour du bâtiment, situé dans le quartier commerçant de Ginza qui abrite de nombreuses marques de luxe, ont été bloquées après l'incident et des camions de pompiers et des ambulances se sont alignés le long de la rue
  • En revanche les passants, essentiellement des touristes, continuaient à déambuler, filmant et photographiant sur les trottoirs de l'autre côté de la rue, et certains sortaient même tranquillement par les autres accès du bâtiment

TOKYO: Une vingtaine de personnes ont été blessées dans un centre commercial de luxe du centre de Tokyo après qu'un homme y a pulvérisé une substance, ont indiqué lundi des responsables de la police et des pompiers.

Le porte-parole de la police de Tokyo, Yusuke Koide, a expliqué à l'AFP qu'un homme avait pulvérisé une substance près d'un distributeur automatique au rez-de-chaussée du bâtiment, tandis qu'un responsable local des pompiers a précisé qu'une "vingtaine de personnes ont été blessées" après un signalement faisant état d'une "odeur" dans ce quartier très touristique.

A la mi-journée, quelques rues autour du bâtiment, situé dans le quartier commerçant de Ginza qui abrite de nombreuses marques de luxe, ont été bloquées après l'incident et des camions de pompiers et des ambulances se sont alignés le long de la rue.

En revanche les passants, essentiellement des touristes, continuaient à déambuler, filmant et photographiant sur les trottoirs de l'autre côté de la rue, et certains sortaient même tranquillement par les autres accès du bâtiment.

"Pour le moment, 19 personnes ont été transportées à l'hôpital", a dit aux journalistes le responsable des pompiers, Ryosuke Kobayashi.

Un journaliste de l'AFP sur place a vu deux personnes sur des brancards être installées dans une ambulance, tandis que des pompiers et des responsables vêtus de combinaisons de protection chimique faisaient sortir des personnes du centre commercial pour les examiner dans des véhicules spécialisés.

"Ma gorge me grattait" 

"Quand je suis arrivée, l'agitation avait déjà commencé, et j'ai pensé qu'il y avait peut-être eu un petit incendie ou quelque chose comme ça. Une fois entrée dans le coin des distributeurs, ma gorge me grattait, presque engourdie", a témoigné auprès de la chaine de télévision NHK une femme de 70 ans qui se trouvait dans le centre commercial.

NHK a indiqué que les blessures semblaient légères.

Selon une source proche de l'enquête citée par NHK, la substance pulvérisée contiendrait de la capsaïcine, un composant actif du piment qui provoque une sensation de brûlure.

L'enquête de police a rapidement débuté, a déclaré un officier des pompiers présent sur les lieux, sans donner plus de détails.

La capitale japonaise reste marquée par l'attaque au gaz sarin dans le métro de Tokyo, perpétrée en mars 1995 par la secte Aum et qui avait fait 14 morts et plus de 5.800 blessés.

Le 20 mars 1995, vers 08H00 du matin, cinq disciples de la secte Aum ont quasi simultanément déposé des sacs en plastique remplis de ce gaz liquéfié, un virulent agent neurotoxique, dans des rames de métro de différentes lignes avant de les percer avec la pointe d'un parapluie et de s'enfuir.

La criminalité violente est relativement rare au Japon, qui affiche un faible taux d'homicides, et ses lois sur les armes à feu sont parmi les plus strictes au monde.

Cependant, des attaques au couteau et même des fusillades se produisent occasionnellement, comme lors de l'assassinat de l'ancien Premier ministre Shinzo Abe en juillet 2022.

En décembre dernier, quatorze personnes ont été blessées lors d'une attaque au couteau dans une usine du centre du Japon, au cours de laquelle un liquide non spécifié avait également été pulvérisé.