Afghanistan: les autorités talibanes célèbrent le deuxième anniversaire de leur retour au pouvoir

Sur cette photo prise le 3 août 2023, le fermier afghan Rahatullah Azizi récolte des tomates dans un champ du village de Tilanchi, dans la province de Parwan (AFP).
Sur cette photo prise le 3 août 2023, le fermier afghan Rahatullah Azizi récolte des tomates dans un champ du village de Tilanchi, dans la province de Parwan (AFP).
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Publié le Mardi 15 août 2023

Afghanistan: les autorités talibanes célèbrent le deuxième anniversaire de leur retour au pouvoir

  • Le défilé, comprenant des dizaines de véhicules militaires et d'armes laissés par les forces internationales après un retrait chaotique de plusieurs semaines, est prévu à Kandahar
  • Ailleurs, des convois de talibans doivent parcourir les rues de Herat (ouest), et à Kaboul, le ministère de l'Education organisera une célébration dans une école d'un quartier de la ville

KABOUL: Le gouvernement taliban doit marquer mardi le deuxième anniversaire de sa prise de contrôle en Afghanistan par un défilé militaire dans le lieu de naissance du mouvement, ainsi que par d'autres célébrations de son retour fracassant au pouvoir.

Les drapeaux de l'Emirat islamique d'Afghanistan, nom donné au pays par ses nouveaux dirigeants, flottent aux points de contrôle de sécurité de la capitale, tombée le 15 août 2021 lorsque le gouvernement soutenu par les Etats-Unis s'est effondré et que ses dirigeants se sont exilés.

Au cours des deux années qui ont suivi, les autorités talibanes ont imposé leur interprétation austère de l'islam dans le pays, les femmes subissant durement les lois qualifiées par les Nations unies d'"apartheid des sexes".

Le défilé, comprenant des dizaines de véhicules militaires et d'armes laissés par les forces internationales après un retrait chaotique de plusieurs semaines, est prévu à Kandahar, berceau du mouvement taliban et d'où le chef suprême reclus, Hibatullah Akhundzada, gouverne par décret.

Ailleurs, des convois de talibans doivent parcourir les rues de Herat (ouest), et à Kaboul, le ministère de l'Education organisera une célébration dans une école d'un quartier de la ville où étaient autrefois rassemblés des diplomates aujourd'hui peu nombreux, le gouvernement taliban n'étant toujours pas reconnu officiellement par un autre pays.

La communauté internationale continue de se demander comment et si elle doit s'engager avec les autorités talibanes, les restrictions des droits des femmes - qui sont exclues de la vie publique ainsi que des voies d'accès à l'emploi et à l'éducation - constituant un obstacle majeur dans les négociations sur l'aide et la reconnaissance.

Un groupe d'experts de l'ONU a dénoncé lundi les promesses non tenues faites par les autorités talibanes d'instaurer un régime plus souple que celui qu'elles avaient mis en place lors de leur premier passage au pouvoir, de 1996 à 2001.

"Malgré les assurances données par les autorités talibanes de facto selon lesquelles toute restriction, notamment en termes d'accès à l'éducation, serait temporaire, les faits sur le terrain ont démontré l'existence d'un système accéléré, systématique et global de ségrégation, de marginalisation et de persécution", ont pointé les experts dans un communiqué.

«Retrouver leur liberté» 

A l'approche de cet anniversaire, les femmes afghanes ont exprimé leur peur et leur désespoir face à la perte de leurs droits, certaines ayant organisé de petites manifestations, le visage masqué pour beaucoup d'entre elles.

Les Afghans ont également fait part de leur appréhension face à la crise économique et humanitaire qui sévit depuis la prise du pouvoir des autorités talibanes, avec l'assèchement de l'aide et l'imposition de sanctions.

Rahatullah Azizi, un agriculteur de 35 ans, explique à l'AFP qu'il avait l'habitude de vivre de ses récoltes, mais qu'il a désormais "juste assez à manger".

Il exprime toutefois son soulagement quant à l'amélioration de la situation en matière de sécurité, notant qu'il peut désormais circuler librement la nuit sans craindre d'être agressé.

Mais si la sécurité s'est considérablement améliorée au cours des deux dernières années, l'Etat islamique reste une menace, et les tensions se sont accrues avec le Pakistan en raison d'une augmentation des attaques dans les zones frontalières partagées par les deux pays.

Les autorités talibanes se sont engagées à ce que le territoire afghan ne soit pas utilisé par des groupes armés étrangers pour organiser des attaques dans d'autres pays, mais cela reste une pierre d'achoppement.

Pendant que certains Afghans célèbrent la fin des combats et le règne des autorités talibanes, d'autres y voient un sombre anniversaire.

"Toutes les filles et les femmes d'Afghanistan veulent retrouver leur liberté", met en avant Hamasah Bawar, une ex-étudiante.


Double séisme au Venezuela: au moins 32 morts et plus de 700 blessés

Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués. (AFP)
Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués. (AFP)
  • Au pied d'un bâtiment de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d'Altamira, une journaliste de l'AFP a vu des gens crier les noms de leurs proches enfouis sous les décombres
  • Signe de la gravité de la situation, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi immédiat de secouristes et d'aide humanitaire au Venezuela

CARACAS: Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués.

Dans la capitale de ce pays d'Amérique latine de près de 30 millions d'habitants régulièrement frappé par des séismes, des photographes de l'AFP ont vu des secouristes et des habitants fouiller des immeubles réduits à des gravats. Des personnes étaient extirpées des décombres puis emmenées sur des brancards.

Au pied d'un bâtiment de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d'Altamira, une journaliste de l'AFP a vu des gens crier les noms de leurs proches enfouis sous les décombres. "Nous avons besoin de lampes torches !", lance l'un d'eux dans la nuit noire.

"A l'heure actuelle, nous avons reçu des informations faisant état de 32 morts" et "de plus de 700 blessés", a déclaré la présidente par intérim Delcy Rodriguez dans un message à la nation, après avoir déclaré l'état d'urgence.

Elle a précisé ne pas encore disposer de données concernant l'Etat de La Guaira, situé à proximité de la capitale et qui est selon elle la région la plus touchée. L'aéroport de Caracas, gravement endommagé selon elle, a été fermé.

Signe de la gravité de la situation, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi immédiat de secouristes et d'aide humanitaire au Venezuela. "Nous serons aux côtés de nos nouveaux et formidables amis", a assuré le président américain Donald Trump, tandis que Mme Rodriguez a indiqué s'être entretenue au téléphone avec le secrétaire d'Etat Marco Rubio.

Cette initiative américaine, un acte diplomatique fort après des années de tensions, s'inscrit dans le cadre du rétablissement des relations entre les deux pays depuis que les forces américaines ont capturé le président déchu Nicolas Maduro, aujourd'hui incarcéré aux Etats-Unis.

La Chine et l'Inde ont elles aussi proposé leur aide, et plusieurs pays d'Amérique latine ont fait de même et exprimé leur solidarité, parfois au-delà de leurs divergences politiques. 


L'Iran accuse l'Otan de «complicité» dans la guerre menée contre lui

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël. (AFP)
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël. (AFP)
  • M. Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury"
  • "Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale menée contre un Etat membre souverain de l'ONU", a écrit M. Baghaï sur X

TEHERAN: Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël.

M. Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury" lancée contre l'Iran le 28 février.

M. Rutte a également affirmé que l'aéroport de Bucarest avait réduit ses vols commerciaux pour laisser la place aux avions de ravitaillement utilisés dans le cadre de cette opération, et qu'entre 4.000 et 5.000 sorties d'avions américains avaient été effectuées depuis des bases européennes pendant le conflit.

"Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale menée contre un Etat membre souverain de l'ONU", a écrit M. Baghaï sur X.

"Le secrétaire général de l'Otan a explicitement désigné l'Italie et la Roumanie comme ayant participé à l'agression contre l'Iran", a souligné le porte-parole du ministère iranien.

"Ces pays, ainsi que tous les autres pays européens ayant apporté leur soutien à l'agression américano-israélienne contre l'Iran, doivent expliquer à leur propre population et au monde entier pourquoi ils ont choisi de se rendre complices de cet acte d'agression flagrant et de la perpétration d'atrocités de masse contre les populations iraniennes", a-t-il ajouté.

En Italie, le ministère de la Défense a condamné mercredi les propos de M. Rutte, estimant qu'ils avaient envoyé "un message complètement trompeur", Rome n'ayant permis aux Etats-Unis d'utiliser ses bases que pour des vols techniques et logistiques, et non des missions de combat.


Rubio réaffirme que Washington n'acceptera pas de péage ou frais sur le détroit d'Ormuz

US Secretary of State Marco Rubio speaks to the media upon arrival at al-Bateen Executive Airport in Abu Dhabi on June 23, 2026, on the first stop of a tour of Gulf states aimed at showing solidarity with key allies hit hard by the Middle East war. (AFP)
US Secretary of State Marco Rubio speaks to the media upon arrival at al-Bateen Executive Airport in Abu Dhabi on June 23, 2026, on the first stop of a tour of Gulf states aimed at showing solidarity with key allies hit hard by the Middle East war. (AFP)
  • Le secrétaire d'État américain Marco Rubio entame une tournée dans le Golfe en rencontrant les dirigeants des Émirats arabes unis, du Koweït et de Bahreïn afin de discuter de l'accord États-Unis–Iran et de la sécurité régionale
  • Les pays du Golfe, fortement touchés par les représailles iraniennes durant le récent conflit, s'interrogent sur la fiabilité du soutien américain malgré leurs relations étroites avec Donald Trump et leurs importants investissements aux États-Unis

ABOU DHABI: Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio s'entretient mercredi avec les autorités des Emirats arabes unis, au premier jour d'une tournée auprès de pays alliés du Golfe fragilisés par le conflit au Moyen-Orient.

Arrivé la veille au soir à Abou Dhabi, M. Rubio doit voir à huis clos le président émirati, Mohammed ben Zayed Al Nahyane.

S'exprimant devant la presse mardi soir, le chef de la diplomatie américaine avait indiqué vouloir parler avec les dirigeants des pays du Golfe du protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran et réitéré que Washington n'acceptera pas de péage ou redevances sur le détroit d'Ormuz, point d'achoppement entre les deux pays.

"Il s'agit d'une voie navigable internationale. Aucun pays n'est autorisé à percevoir des péages ou des redevances sur une voie navigable internationale", a-t-il dit, quand au contraire l'Iran et Oman soulignent "leur souveraineté sur leurs eaux territoriales".

M. Rubio doit ensuite se rendre dans la journée au Koweït puis à Bahreïn, où il participera à une réunion jeudi des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

Il s'agit du premier déplacement d'un haut responsable américain au Moyen-Orient depuis la signature la semaine dernière de ce protocole d'accord, et la tenue de négociations entre les Etats-Unis et l'Iran en Suisse.

La mission s'annonce délicate alors que les pays de la région ont payé au prix fort les frappes américano-israéliennes contre l'Iran, ayant été visés par des représailles à coup de missiles et de drones iraniens lors de cette guerre dont ils ne voulaient pas.

Alliés de Washington aux portes de l'Iran, les Emirats ont ainsi été ciblés par plus de 2.800 missiles et drones depuis le début du conflit, essuyant l'essentiel des salves iraniennes. Le Koweït et Bahreïn ont également été durement touchés.

Avant le conflit, les Emirats avaient renforcé leur partenariat avec Washington et plaidé à plusieurs reprises pour un règlement de la question du programme de missiles iranien et des groupes soutenus par Téhéran, un sujet absent du protocole d'accord.

Les dirigeants de la région entretiennent de longue date des relations étroites avec le président Donald Trump et ont promis d'investir des milliards de dollars aux Etats-Unis.

Mais les experts notent qu'ils ont dû largement faire face seuls à la riposte iranienne et qu'ils s'inquiètent de la fiabilité des Etats-Unis.