Pendant que Trump compte ses inculpations, Biden compte les éoliennes

Dans sa campagne pour 2024, Joe Biden se doute bien que ce message ne fera pas autant de bruit que les inculpations de Donald Trump. (AFP)
Dans sa campagne pour 2024, Joe Biden se doute bien que ce message ne fera pas autant de bruit que les inculpations de Donald Trump. (AFP)
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Publié le Mardi 15 août 2023

Pendant que Trump compte ses inculpations, Biden compte les éoliennes

  • Au lendemain d'une nouvelle inculpation visant le milliardaire républicain, le président américain se rend dans le Wisconsin (nord), pour vanter sa politique économique et sociale
  • Depuis le début de l'été le démocrate, déjà peu friand de contacts avec les journalistes en temps normal, les évite soigneusement

WASHINGTON: Donald Trump compte ses inculpations, Joe Biden s'affiche en train de compter les usines d'éoliennes, les créations d'emplois, les investissements... Et surtout, le président démocrate se garde bien de commenter les ennuis judiciaires de son grand rival.

Mardi, au lendemain d'une nouvelle inculpation visant le milliardaire républicain, le président américain se rend dans le Wisconsin (nord), pour vanter sa politique économique et sociale.

Joe Biden, qui à 80 ans brigue un second mandat, doit visiter une usine qui croule sur les commandes de turbines d'éoliennes et qui se lance dans la fabrication de stations de chargement pour voitures électriques. A la clé: 100 emplois créés dans cet Etat qui sera décisif lors de la présidentielle de l'an prochain.

Laquelle présidentielle s’annonce pour l'heure comme le match retour du scrutin de 2020, qui avait opposé Joe Biden à Donald Trump, et que l'ancien président républicain n'a jamais accepté d'avoir perdu.

Ce refus de la défaite lui vaut l'inculpation annoncée lundi en Géorgie: il est accusé, avec 18 autres personnes, d'avoir tenté d'inverser le verdict des urnes dans cet Etat du Sud.

 

Muet 

Joe Biden devrait rester mardi obstinément muet sur le sujet. Du moins c'est la stratégie qu'il a adoptée depuis la première des quatre mises en accusation de son rival, à New York, au printemps, dans une affaire de paiement d'une actrice de cinéma porno.

Le président américain sait que le moindre commentaire de sa part serait immédiatement récupéré par les républicains qui l'accusent d'instrumentaliser la justice contre Donald Trump.

Depuis le début de l'été le démocrate, déjà peu friand de contacts avec les journalistes en temps normal, les évite soigneusement.

Finies les brèves questions-réponses au pied de l'avion ou au détour d'une promenade en vélo. Joe Biden s'en tient à des discours bien rodés sur ses grandes lois d'investissement, en particulier le "Inflation Reduction Act" (IRA), signé le 16 août 2022.

Le texte, qui doit son nom à la flambée des prix que connaissait le pays lors de sa signature, est un gigantesque programme d'incitations et de subventions pour la transition énergétique. L'exécutif américain estime que ce dispositif a déjà généré 110 milliards de dollars d'investissements privés.

Pendant que Donald Trump compte les charges pesant sur lui, la Maison Blanche compte - c'est à peine une caricature - les panneaux solaires, les éoliennes, les créations d'emplois.

"Rien que dans le Wisconsin, le secteur privé a promis plus de trois milliards de dollars d'investissements dans des usines et des énergies vertes depuis que le président Biden a prêté serment", assure ainsi la Maison Blanche mardi.

 

«Sens de l'honneur»

Dans sa campagne pour 2024, Joe Biden se doute bien que ce message ne fera pas autant de bruit que les inculpations de Donald Trump.

Mais le démocrate fait le pari qu'il finira par profiter de la robustesse de l'économie américaine, laquelle défie jusqu'ici les pronostics de récession.

Histoire de bien se distinguer de son rival, Joe Biden ne veut pas faire de vagues. Il est également resté muet la semaine dernière après la nomination d'un procureur spécial pour enquêter sur son fils cadet Hunter, aux prises avec la justice et accusé par la droite d'avoir fait des affaires douteuses à l'étranger.

L'annonce a d'ailleurs été rapidement éclipsée par la perspective de l'inculpation de Donald Trump en Géorgie.

Le président américain affiche une cote de confiance maigrelette. Les Américains ne sont pas convaincus de son programme économique et sont rebutés par son âge - Joe Biden aurait 86 ans à la fin d'un second mandat.

Joe Biden, du haut de ses quatre décennies de carrière politique, parie cependant que le temps joue pour lui, tout comme le contraste entre sa personnalité et celle de Donald Trump.

Dans une rencontre la semaine dernière avec des donateurs démocrates, il disait vouloir rétablir dans la vie politique américaine "le sens de la dignité. Juste le sens de l'honneur."


Iran : l'UE désigne les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
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  • Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont classé les Gardiens de la Révolution iraniens comme organisation terroriste suite à la répression sanglante des manifestations en Iran
  • L’UE a également sanctionné 21 responsables iraniens, avec interdiction d’entrée sur le territoire et gel de leurs avoirs

BRUXELLES: Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne sont tombés d'accord jeudi pour désigner les Gardiens de la révolution comme une "organisation terroriste", après la répression sanglante des manifestations en Iran, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.

"+Terroriste+, c'est bien ainsi que l'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang", a aussitôt réagi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte", a assuré de son côté Mme Kallas, en marge d'une réunion ministérielle à Bruxelles.

Ces derniers ont donné leur feu vert à l'inscription des Gardiens iraniens dans la liste de l'UE recensant les organisations terroristes. Les Européens rejoignent ainsi d'autres pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie.

La France avait annoncé dès mercredi être prête à soutenir cette décision, en réponse à la répression "la plus violente" de l'histoire récente iranienne.

Les Européens ont aussi décidé jeudi de sanctionner plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l'Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution. La liste de ces responsables iraniens a été publiée jeudi au Journal officiel de l'UE.

Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d'entrer dans l'UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.


Trump dit qu'il "semble" que le Hamas va se désarmer

Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme que le Hamas « semble » prêt à se désarmer, une étape clé de son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza
  • La deuxième phase de la trêve prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif israélien et le déploiement d’une force internationale

WASHINGTON : Donald Trump a dit jeudi qu'il "semblait" que le mouvement palestinien Hamas allait "se désarmer", ce qui est l'une des étapes cruciales prévues dans son plan de règlement du conflit à Gaza.

"Beaucoup de gens disent qu'ils ne se désarmeront jamais. Il semble qu'ils vont se désarmer", a déclaré le président américain pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Il a également relevé que le Hamas "nous a aidé avec les corps, leur rapatriement et sa famille est très reconnaissante", faisant référence au rapatriement des restes du dernier otage israélien du 7-Octobre, Ran Gvili, à qui Israël a rendu hommage mercredi lors de funérailles nationales.

Pour sa part, l'émissaire spécial Steve Witkoff s'est félicité que "nous ayons chassé les terroristes de là-bas et ils vont se démilitariser".

"Ils le feront parce qu'ils n'ont pas le choix. Ils vont abandonner. Ils vont abandonner les AK-47", a-t-il ajouté.

La veille, le Hamas s'était dit prêt à un "transfert complet de la gouvernance" de la bande de Gaza aussi vite que possible.

Aux termes du plan du président américain pour mettre fin à la guerre de Gaza, un Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) doit administrer provisoirement le territoire palestinien sous la houlette du "Conseil de paix" présidé par M. Trump lui-même.

La deuxième phase de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre dernier prévoit entre autres le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.


Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
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  • De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar
  • Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés

ADDIS ABEBA: Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie.

De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar. Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés.

Ces tensions font planer le risque d'une reprise d'un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l'armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l'Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.

Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l'Amhara, ont déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.

"Raisons opérationnelles" 

A Tsemlet, face aux forces tigréennes, "ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas", a déclaré la source diplomatique, sous couvert d'anonymat. Des affrontements se sont tenus "ces derniers jours", mais "aujourd'hui on ne sait pas encore" s'il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l'anonymat.

"La situation semble dégénérer", a corroboré la source sécuritaire, se montrant "dubitative sur la capacité des TDF (l'armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt".

Le porte-parole de l'armée fédérale et des membres du TPLF n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Les liaisons aériennes vers le Tigré d'Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire.

Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l'accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l'accord de paix.

Selon deux responsables d'Ethiopian Airlines, qui ont requis l'anonymat, les vols ont été interrompus pour "raisons opérationnelles", sans donner plus de détails.

L'un d'eux a toutefois déclaré "suspecter" que l'arrêt pour l'instant temporaire du trafic soit lié "aux tensions politiques" entre les autorités fédérales et l'administration au Tigré.

"Escalade militaire" 

Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l'AFP et qui a lui aussi requis l'anonymat, une "anxiété croissante" se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l'Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l'accord de paix de Pretoria - auquel elles n'ont pas participé - qui prévoyait leur retrait.

Début 2025, le chef de l'administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF.

Ce parti qui a dominé l'Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d'être aujourd'hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s'être rapproché de l'Erythrée voisine.

Les relations entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui s'étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d'un nouveau conflit.

Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes "n'est pas surprenante". "Le risque d'une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes", a-t-il confié à l'AFP.