Renforcement des relations stratégiques entre la Chine et l’Algérie

Le président chinois Xi Jinping reçoit son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune. (Photo, fournie)
Le président chinois Xi Jinping reçoit son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune. (Photo, fournie)
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Publié le Jeudi 17 août 2023

Renforcement des relations stratégiques entre la Chine et l’Algérie

  • L’Algérie et la Chine, qui ont développé des relations stratégiques et historiques depuis des décennies, souhaitent renforcer encore leurs projets de partenariats
  • «Cette visite ouvre de vastes opportunités d’investissement entre les deux pays amis, avec un montant de 36 milliards de dollars destinés à divers domaines grâce à des mégaprojets communs»

PARIS: L’Algérie et la Chine, qui ont développé des relations stratégiques et historiques depuis des décennies, souhaitent renforcer encore leurs projets de partenariats. Dans cette perspective, le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, accompagné d’une délégation composée de nombreux ministres et de cent cinquante chefs d’entreprises, a effectué une visite d’État en Chine en juillet dernier. Cette visite de travail a permis de donner un nouvel élan à la coopération économique et commerciale entre les deux pays. 

Nouvelle dimension de la coopération bilatérale 

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La séance de travail entre les deux délégations. (Photo, fournie)

Parmi les projets d'envergure qui marqueront cette nouvelle coopération entre l'Algérie et la Chine figurent le port d'El-Hamdania; la mine de fer de Gara Djebilet, qui s'inscrit dans le mégaprojet intégré du phosphate à l'est du pays; l'extension du port d'Annaba; la réalisation du port de Cherchell, ainsi que la construction de l'une des plus grandes usines de lithium en Algérie. 

Les deux présidents, Xi Jinping et Abdelmadjid Tebboune, sont convenus, lors de leur rencontre au Grand Palais du peuple à Pékin, d’établir un cadre juridique structurant la coopération économique et commerciale entre les deux pays. À ce titre, dix-neuf documents de coopération dans différents domaines – dont les infrastructures, la pétrochimie, l'industrie automobile, les sciences de l'espace, l’exploitation minière, l’agriculture, les nouvelles technologies, l’énergie nucléaire et les énergies renouvelables, la logistique – ont été signés lors de cette visite d’État. 

«À la lumière de l'évolution des relations entre les deux pays et de la volonté de les consolider à l'avenir, les deux présidents ont décidé de poursuivre l'intensification de la concertation politique à tous les niveaux et de développer la coopération dans les domaines politique, économique, culturel, artistique, sécuritaire et de défense, ainsi que d'approfondir les relations de partenariat stratégique global entre les deux pays», précise le communiqué commun publié lors de cette visite. 

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Le president algérien lors de son arrivée en Chine. (Photo, fournie)

«À la lumière de l'évolution des relations entre les deux pays et de la volonté de les consolider à l'avenir, les deux présidents ont décidé de poursuivre l'intensification de la concertation politique à tous les niveaux et de développer la coopération dans les domaines politique, économique, culturel, artistique, sécuritaire et de défense, ainsi que d'approfondir les relations de partenariat stratégique global entre les deux pays.» 

Selon la même source, les deux parties souhaitent «approfondir le partenariat économique et consolider la coopération pratique dans tous les domaines, œuvrer à l'augmentation du volume des échanges commerciaux et à faciliter les exportations hors hydrocarbures algériennes vers la Chine, mais aussi augmenter le volume des investissements qualitatifs chinois, à la faveur des multiples avantages qu'offre la nouvelle loi de l'investissement en Algérie». 

Des investissements structurants 

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Le president algérien lors de son arrivée en Chine. (Photo, fournie)

Lors de son discours devant des représentants de la communauté nationale établie en Chine, le président algérien a affirmé que «cette visite avait ouvert de vastes opportunités d’investissement entre les deux pays amis, avec un montant de 36 milliards de dollars (1 dollar = 0,91 euro) destinés à divers domaines grâce à des mégaprojets communs». De son côté, Li Jian, ambassadeur de Chine en Algérie, a indiqué, lors d’une conférence de presse organisée à Alger, que les entreprises chinoises vont adopter «une nouvelle approche privilégiant l’investissement direct en Algérie, plutôt que de se limiter uniquement à des prestations de services». 

Interrogé par Arab News en français sur l’importance des investissements annoncés, Ishak Kherchi, expert en économie, explique que ces investissements stratégiques concernent les grands projets structurants et qu’ils sont orientés vers des secteurs d’activités économiques autres que l’habitat et les travaux publics. L’expert ne manque pas de rappeler «l’importance du chiffre d’affaires réalisé par la Chine en Afrique ces dernières années. La Chine est aujourd’hui classée premier investisseur en Afrique», souligne-t-il. 

«Les deux conditions pour que la Chine programme des investissements directs à l’étranger sont la stabilité du pays et la rentabilité des investissements consentis», ajoute-t-il. 

Concernant l’attractivité du marché algérien, M. Kherchi évoque la compétitivité du coût de production, la disponibilité des matières premières, la mise en application de nouvelles mesures incitatives à l’investissement ainsi qu’une position géographique stratégique entre l’Europe et l’Afrique. «L’objectif du développement de l’investissement de la Chine en Algérie est la conquête du marché africain, notamment les pays limitrophes à l’Algérie. Ces investissements vont permettre à l’Algérie de devenir un point de relais, un “hub” entre la Chine et l’Afrique», conclut-il. 


Rubio met en garde contre le «chaos total» en cas de péage à Ormuz

"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn). (AFP)
"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn). (AFP)
  • L'Iran réfléchit à l'imposition de "droits de redevance", qui n'existaient pas avant la guerre, auxquels les Etats-Unis sont radicalement opposés
  • C'est l'un des principaux points d'achoppement entre les deux pays qui ont récemment signé un protocole d'accord pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient

MANAMA: Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio, en tournée dans le Golfe, a mis en garde jeudi contre le "chaos total" que pourrait engendrer la mise en place par l'Iran de frais dont devraient s'acquitter les navires dans le détroit d'Ormuz.

Plus tôt jeudi, Téhéran avait menacé de "mesures appropriées" contre tout bateau s'aventurant à franchir le détroit sans leur autorisation, semblant répondre à l'aonnonce par Oman de l'ouverture d'un "corridor maritime temporaire" présenté comme une intiative concertée avec l'ONU.

Ormuz est une étroite voie navigable d'une trentaine de kilomètres de large qui sépare l'Iran et Oman, mais le seul passage autorisé par l'Iran se fait dans un couloir qui longe ses côtes.

L'Iran réfléchit à l'imposition de "droits de redevance", qui n'existaient pas avant la guerre, auxquels les Etats-Unis sont radicalement opposés - c'est l'un des principaux points d'achoppement entre les deux pays qui ont récemment signé un protocole d'accord pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn).

Le chef de la diplomatie américaine, venu rassurer ses alliés du Golfe largement ciblés par Téhéran pendant la guerre en représailles des frappes israélo-américaines sur l'Iran, a ajouté que les Etats-Unis souhaitaient un accord de paix, mais pas "à n'importe quel prix".

"Nous voulons un accord qui soit bon, nous voulons un accord qui soit réel, nous voulons un accord qui soit vérifiable, et nous voulons un accord qui soit respecté", a poursuivi M. Rubio.

Le responsable, qui s'est rendu aux Emirats arabes unis, au Koweït et à Bahreïn, a également donné l'assurance que les intérêts des pays du Golfe seraient pris en compte.

"Nous voulons nous assurer qu'aucune partie de cet accord ne porte atteinte, de quelque manière que ce soit, à la sécurité, à la stabilité ou à la prospérité de l'un de nos partenaires de la région du Golfe", a-t-il souligné.

Son homologue de Bahreïn, Abdoullatif ben Rachid Al Zayani, a lui mis en avant les "incertitudes" affectant ces pays.

Les monarchies du Golfe ont payé un lourd tribut à l'offensive américano-israélienne lancée le 28 février contre l'Iran. Elles accueillent des bases militaires américaines et ont été visées par des missiles et drones iraniens en représailles.


Double séisme au Venezuela: au moins 32 morts et plus de 700 blessés

Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués. (AFP)
Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués. (AFP)
  • Au pied d'un bâtiment de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d'Altamira, une journaliste de l'AFP a vu des gens crier les noms de leurs proches enfouis sous les décombres
  • Signe de la gravité de la situation, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi immédiat de secouristes et d'aide humanitaire au Venezuela

CARACAS: Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués.

Dans la capitale de ce pays d'Amérique latine de près de 30 millions d'habitants régulièrement frappé par des séismes, des photographes de l'AFP ont vu des secouristes et des habitants fouiller des immeubles réduits à des gravats. Des personnes étaient extirpées des décombres puis emmenées sur des brancards.

Au pied d'un bâtiment de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d'Altamira, une journaliste de l'AFP a vu des gens crier les noms de leurs proches enfouis sous les décombres. "Nous avons besoin de lampes torches !", lance l'un d'eux dans la nuit noire.

"A l'heure actuelle, nous avons reçu des informations faisant état de 32 morts" et "de plus de 700 blessés", a déclaré la présidente par intérim Delcy Rodriguez dans un message à la nation, après avoir déclaré l'état d'urgence.

Elle a précisé ne pas encore disposer de données concernant l'Etat de La Guaira, situé à proximité de la capitale et qui est selon elle la région la plus touchée. L'aéroport de Caracas, gravement endommagé selon elle, a été fermé.

Signe de la gravité de la situation, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi immédiat de secouristes et d'aide humanitaire au Venezuela. "Nous serons aux côtés de nos nouveaux et formidables amis", a assuré le président américain Donald Trump, tandis que Mme Rodriguez a indiqué s'être entretenue au téléphone avec le secrétaire d'Etat Marco Rubio.

Cette initiative américaine, un acte diplomatique fort après des années de tensions, s'inscrit dans le cadre du rétablissement des relations entre les deux pays depuis que les forces américaines ont capturé le président déchu Nicolas Maduro, aujourd'hui incarcéré aux Etats-Unis.

La Chine et l'Inde ont elles aussi proposé leur aide, et plusieurs pays d'Amérique latine ont fait de même et exprimé leur solidarité, parfois au-delà de leurs divergences politiques. 


L'Iran accuse l'Otan de «complicité» dans la guerre menée contre lui

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël. (AFP)
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël. (AFP)
  • M. Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury"
  • "Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale menée contre un Etat membre souverain de l'ONU", a écrit M. Baghaï sur X

TEHERAN: Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël.

M. Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury" lancée contre l'Iran le 28 février.

M. Rutte a également affirmé que l'aéroport de Bucarest avait réduit ses vols commerciaux pour laisser la place aux avions de ravitaillement utilisés dans le cadre de cette opération, et qu'entre 4.000 et 5.000 sorties d'avions américains avaient été effectuées depuis des bases européennes pendant le conflit.

"Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale menée contre un Etat membre souverain de l'ONU", a écrit M. Baghaï sur X.

"Le secrétaire général de l'Otan a explicitement désigné l'Italie et la Roumanie comme ayant participé à l'agression contre l'Iran", a souligné le porte-parole du ministère iranien.

"Ces pays, ainsi que tous les autres pays européens ayant apporté leur soutien à l'agression américano-israélienne contre l'Iran, doivent expliquer à leur propre population et au monde entier pourquoi ils ont choisi de se rendre complices de cet acte d'agression flagrant et de la perpétration d'atrocités de masse contre les populations iraniennes", a-t-il ajouté.

En Italie, le ministère de la Défense a condamné mercredi les propos de M. Rutte, estimant qu'ils avaient envoyé "un message complètement trompeur", Rome n'ayant permis aux Etats-Unis d'utiliser ses bases que pour des vols techniques et logistiques, et non des missions de combat.