Médine provoque une querelle chez les Verts, Tondelier sous pression

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Publié le Samedi 19 août 2023

Médine provoque une querelle chez les Verts, Tondelier sous pression

  • «Médine n'est pas raciste. Pourquoi vouloir lui faire avouer des positions qui ne sont pas les siennes après l’avoir invité ?», a lancé vendredi le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon
  • Le rappeur a ravivé les accusations récurrentes d'antisémitisme à son encontre, en qualifiant l'essayiste Rachel Khan - juive et petite-fille de déporté - de «resKHANpée»

PARIS Accusé d'avoir publié un "tweet antisémite", le rappeur Médine divise les écologistes, dont plusieurs figures regrettent son invitation aux journées d'été d'EELV et jugent ses premières excuses insuffisantes, obligeant leur numéro un Marine Tondelier à hausser le ton vis-à-vis de l'artiste.

"Fallait pas l'inviter": l'eurodéputée Karima Delli a mis les pieds dans le plat vendredi matin. En tant qu'"écologiste et femme de gauche, viscéralement attachée au respect des gens, à la liberté, l'égalité, la solidarité et la laïcité (...) je ne peux soutenir et encore moins cautionner l'invitation de Médine", a écrit l'eurodéputée sur X (ex-Twitter).

Programmé jeudi prochain en fin de journée pour un débat au Havre, sa ville natale, avec la secrétaire nationale des Verts, le rappeur a ravivé les accusations récurrentes d'antisémitisme à son encontre, en qualifiant l'essayiste Rachel Khan - juive et petite-fille de déporté - de "resKHANpée".

Ses excuses pour cette "formule pas adaptée, qui a certainement dû heurter des personnes", avaient dans un premier temps convenu à Mme Tondelier, satisfaite de cette "réponse sans ambiguïté".

Mais d'autres écologistes ne l'entendent pas ainsi. "Quand on écrit des textes on mesure le poids et la portée des mots", a réagi la députée des Hauts-de-Seine Francesca Pasquini, jugeant qu'"il n'y a pas d'excuses possibles".

A tout le moins, "ce n'est pas suffisant", a estimé jeudi sur LCI l'ancien patron du parti Julien Bayou, que les "relents antisémites immondes" du tweet initial de Médine ont mis "très mal à l'aise".

Le député de Paris a toutefois dit faire "confiance à Marine Tondelier pour poser le cadre" et "interrompre le débat si la clarification n'est pas faite".

 "Occasion ratée" 

"Il y a quand même une condition pour qu'il s'exprime", a déclaré vendredi à l'AFP sa collègue Sandrine Rousseau, souhaitant que le rappeur "reconnaisse le caractère antisémite" de son tweet.

Un acte de contrition pour crever l'abcès, ce qui "permettrait de retomber sur un débat un peu plus sain", a-t-elle ajouté, tout en redoutant que "les journées d'été soient réduites à ça".

Crainte partagée par l'ancien candidat à l'élection présidentielle Noël Mamère, qui a déploré sur France Inter "une occasion ratée" pour son ancien parti, "en train de prêter le flanc à tous ceux qui nous haïssent (et) nous traitent d'islamo-gauchistes".

Déjà, la polémique a conduit le ministre de l'Industrie, Roland Lescure, à annuler sa venue au Havre, considérant que "ne pas y aller s'imposait" car Médine "joue avec l'ambiguïté".

Une accumulation de désaccords qui a obligé Mme Tondelier à changer de ton et à promettre vendredi sur France Inter d'être "extrêmement attentive à ce que Médine dira" jeudi prochain et "les jours qui suivront".

Selon elle, l'artiste a exprimé un "antisémitisme insidieux", comme d'autres personnes "qui ne prennent pas conscience de la portée de leurs propos", que ce soit "par maladresse" ou "mimétisme", "bêtise" ou "ignorance".

Comme beaucoup de rappeurs, Médine est un habitué des provocations, dans les paroles de ses chansons comme dans certaines déclarations. Egalement accusé d'homophobie et de communautarisme, il avait revendiqué en mai dernier "le droit à l'erreur" et à la "contradiction", et reconnaissait des "errances".

La cheffe de file des écolos a espéré que leur débat "serve au moins à faire en sorte de faire reculer l'antisémitisme" en France.

Rare soutien dans les rangs, le député du Val-d'Oise Aurélien Taché "ne doute pas que (cet) échange (...) sera passionnant", regrettant au passage "les débats mortifères sur la soi-disant +gauche républicaine+".

Après les Verts, Médine est également attendu samedi à l'université d'été de la France insoumise, dans une atmosphère nettement plus consensuelle.

"Médine n'est pas raciste. Pourquoi vouloir lui faire avouer des positions qui ne sont pas les siennes après l’avoir invité ?", a lancé vendredi le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon.


Liban: Barrot réplique à l'ambassadeur israélien à Washington

Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias. (AFP)
Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias. (AFP)
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  • S'exprimant mardi devant la presse à l'issue de pourparlers directs entre Israël et le Liban à Washington, Yechiel Leiter avait affirmé: "Il est certain que nous ne voulons pas voir les Français s'immiscer dans ces négociations"
  • Des termes qui lui ont valu une réplique du ministre français, Jean-Noël Barrot ironisant mercredi sur M. Leiter, "un homme qui apparemment est très diplomate, très fin et très subtil"

BERLIN: Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias.

S'exprimant mardi devant la presse à l'issue de pourparlers directs entre Israël et le Liban à Washington, Yechiel Leiter avait affirmé: "Il est certain que nous ne voulons pas voir les Français s'immiscer dans ces négociations".

"Nous aimerions garder les Français aussi loin que possible de pratiquement tout, mais surtout lorsqu'il s'agit de négociations de paix", a poursuivi le représentant israélien.

Des termes qui lui ont valu une réplique du ministre français, Jean-Noël Barrot ironisant mercredi sur M. Leiter, "un homme qui apparemment est très diplomate, très fin et très subtil"

"Il est apparemment déterminé à réduire au maximum le nombre de pays partenaires dont le Liban aura besoin pour se redresser", a-t-il encore grincé, en marge de la conférence internationale sur le Soudan à Berlin.

Il a aussi suggéré au diplomate israélien de se tenir éloigné "des micros et des caméras de télévision".

Sur le fond, il s'est dit "satisfait" que le gouvernement israélien ait répondu  "à la demande de la France" en saisissant "la main tendue" par Beyrouth afin de "parvenir à consolider un cessez-le-feu, à engager de manière coordonnée un processus de désarmement du Hezbollah, puis à régler le différend qui oppose les deux pays depuis des décennies".

Les relations entre le président Emmanuel Macron et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sont notoirement tendues, en particulier depuis que la France a reconnu un Etat palestinien.

 

 


Interpellation en Espagne de Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat

Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde. (AFP)
Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde. (AFP)
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  • Walid Bara, alias Fondu, est considéré comme l'un des commanditaires du "double homicide du Formule 1" jugé durant plus de trois semaines à Aix
  • Dans le procès, émaillé d'incidents, les juges ont prononcé les condamnations de cinq hommes, dont un des chefs présumés du gang criminel DZ Mafia, Gabriel Ory, tandis qu'un autre chef présumé de cette organisation issue de Marseille

MARSEILLE: Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde.

L'homme de 39 ans, au lourd cursus délinquant, était en fuite et a été condamné en son absence par la cour d'assises d'Aix-en-Provence à une peine de 25 ans de réclusion pour son implication dans un double assassinat commis en 2019 sur fond de rivalités entre trafiquants de drogue.

Les circonstances de son interpellation n'ont pas été précisées.

Walid Bara, alias Fondu, est considéré comme l'un des commanditaires du "double homicide du Formule 1" jugé durant plus de trois semaines à Aix.

Dans le procès, émaillé d'incidents, les juges ont prononcé les condamnations de cinq hommes, dont un des chefs présumés du gang criminel DZ Mafia, Gabriel Ory, tandis qu'un autre chef présumé de cette organisation issue de Marseille mais qui a progressivement étendu son influence, Amine Oualane, a bénéficié d'un acquittement.

Le quotidien La Provence rapportait par ailleurs fin 2024 l'implication de Walid Bara dans un trafic de stupéfiants implanté dans le 15e arrondissement de Marseille. Identifié comme le "patron" de ce trafic, le cas de Walid Bara avait néanmoins été disjoint d'un procès fin 2024.

Interpellé en juillet 2021 et mis en examen dans quatre affaires dont trois de règlements de comptes, il avait été remis en liberté en mai 2024 après une succession de vices de procédure, selon le quotidien.


Armement: Macron et le président indonésien Prabowo discutent d'un renforcement des liens dans la défense

Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi. (AFP)
Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi. (AFP)
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  • Les autorités françaises n'ont pas à ce stade communiqué sur cette rencontre qui intervenait au lendemain d'une visite du président indonésien à Moscou
  • L’Indonésie a reçu fin janvier ses trois premiers avions de combat Rafale de fabrication française, dans le cadre d'un contrat de 8,1 milliards de dollars portant sur l’achat de 42 appareils à la France

JAKARTA: Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi.

Prabowo Subianto a été reçu mardi par son homologue Emmanuel Macron à l'Elysée, et ont "discuté du renforcement de la coopération stratégique", selon un communiqué du gouvernement indonésien.

"Cela inclut l'acquisition d'équipements militaires et le renforcement de l'industrie de la défense", précise le document, citant la France comme un partenaire stratégique de l'Indonésie en Europe.

Les dirigeants sont également convenus de coopérer en matière de "transition énergétique et de développement des énergies nouvelles et renouvelables", peut-on y lire.

Les autorités françaises n'ont pas à ce stade communiqué sur cette rencontre qui intervenait au lendemain d'une visite du président indonésien à Moscou.

L’Indonésie a reçu fin janvier ses trois premiers avions de combat Rafale de fabrication française, dans le cadre d'un contrat de 8,1 milliards de dollars portant sur l’achat de 42 appareils à la France.

Depuis l'arrivée au pouvoir de Prabowo Subianto, l'Indonésie cherche à rajeunir son équipement militaire vieillissant.

Lors de la visite du président français Emmanuel Macron à Jakarta l'année dernière, le ministre français des Armées de l'époque, Sébastien Lecornu, a affirmé que l'Indonésie avait signé une lettre d'intention pour l'achat de nouveaux avions Rafale à la société française Dassault Aviation, sans préciser les chiffres ni le calendrier.

Selon lui, l'Indonésie s'est également engagée à acheter des frégates légères et des sous-marins Scorpène, ainsi que des obusiers Caesar et des munitions au groupe franco-allemand KNDS.

Lundi, le président indonésien s'est entretenu pendant cinq heures avec Vladimir Poutine au Kremlin, d'où il s'est envolé directement pour Paris, selon la même source.

Les deux ont discuté du "renforcement de leur partenariat stratégique, en particulier dans les secteurs de l'énergie, des ressources minérales et du développement industriel national".

Prabowo Subianto, qui s'est récemment rendu en Corée du Sud et au Japon, multiplie les visites à l'étranger.

Jakarta défend une position diplomatique non alignée. Le pays a rejoint l'an dernier le bloc des Brics+, une alliance élargie de pays émergents, aux côtés de la Chine et de la Russie. L'Indonésie fait également partie du "Conseil de Paix" de Donald Trump.