Un juge de Guantanamo écarte des aveux obtenus sous la torture

Sur cette photo prise le 2 mai 2023, Ahmed Rabbani (à gauche), un Pakistanais récemment libéré de la prison de Guantanamo Bay, se tient aux côtés de son avocat Clive Stafford Smith lors d'une exposition de ses œuvres intitulée : "La lune oubliée : Liberating Art from Guantanamo Bay", à Karachi. (Photo de Rizwan Tabassum / AFP).
Sur cette photo prise le 2 mai 2023, Ahmed Rabbani (à gauche), un Pakistanais récemment libéré de la prison de Guantanamo Bay, se tient aux côtés de son avocat Clive Stafford Smith lors d'une exposition de ses œuvres intitulée : "La lune oubliée : Liberating Art from Guantanamo Bay", à Karachi. (Photo de Rizwan Tabassum / AFP).
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Publié le Samedi 19 août 2023

Un juge de Guantanamo écarte des aveux obtenus sous la torture

  • Le juge de Guantanamo a déclaré que les aveux d'Abd al-Rahim al-Nashiri, cerveau supposé de l'attentat contre le USS Cole en 2000 au Yémen qui a fait 17 morts, ont été entachés par des années de violences subies par le suspect
  • Les avocats de M. Nashiri et de cinq accusés soupçonnés d'être liés aux attentats d'Al-Qaïda du 11 septembre 2001 luttent depuis une dizaine d'années pour que soient écartés les éléments de preuve obtenus sous la torture

WASHINGTON : Un magistrat militaire américain a jugé vendredi que les aveux d'un homme soupçonné d'être lié à un attentat d'Al-Qaïda ne pouvaient servir de preuves parce qu'ils avaient été obtenus sous la torture, une première qui pourrait constituer un nouvel obstacle dans le cadre des procédures judiciaires liées au 11-Septembre.

Le juge de Guantanamo a déclaré que les aveux d'Abd al-Rahim al-Nashiri, cerveau supposé de l'attentat contre le USS Cole en 2000 au Yémen qui a fait 17 morts, ont été entachés par des années de violences subies par le suspect et infligées par la CIA et le FBI.

«L'exclusion d'une telle preuve n'est pas sans coût pour la société», a écrit le magistrat, le colonel Lanny Acosta.

«Cependant, permettre (l'utilisation) d'une preuve obtenue par ou sous la torture par le même gouvernement que celui qui cherche à poursuivre et exécuter l'accusé peut avoir des coûts pour la société encore plus importants».

L'avocat de M. Nashiri, Anthony Natale, a indiqué que le juge avait écarté un élément clé sur lequel le parquet comptait s'appuyer pour le condamner.

-Écarter les preuves obtenues sous la torture-

L'affaire, ouverte depuis longtemps et pour laquelle M. Nashiri pourrait encourir la peine de mort, reste enlisée dans sa phase préliminaire par cette décision, sans indication de la date à laquelle un procès en bonne et due forme pourrait s'ouvrir.

Les avocats de M. Nashiri et de cinq accusés soupçonnés d'être liés aux attentats d'Al-Qaïda du 11 septembre 2001 luttent depuis une dizaine d'années au sein du tribunal militaire de Guantanamo pour que soient écartés les éléments de preuve obtenus sous la torture.

Abd al-Rahim al-Nashiri, 58 ans, est soupçonné d'avoir participé à l'organisation de l'attentat meurtrier contre l'USS Cole du 12 octobre 2000. Il est aussi accusé d'être lié à l'explosion du pétrolier Limburg survenue en 2002 dans la même région, lors de laquelle une personne a été tuée.

M. Natale a souligné que la décision ne s'appliquait qu'au dossier de M. Nashiri, et qu'elle n'était pas contraignante pour les autres juges chargés de superviser les procédures du tribunal militaire de Guantanamo. Selon lui, cela introduit cependant «un modèle que d'autres (juges) pourraient tenter de reproduire».


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.


Trump promet de bombarder l'Iran «bien plus durement» si le pays réplique aux dernières frappes américaines

Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
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  • "Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social
  • Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X

WASHINGTON: Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes".

"Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X.

"Aujourd'hui à 12h00 (16h00 GMT), les forces américaines ont commencé à frapper des cibles des Gardiens de la révolution en Iran", a indiqué le Centcom, disant répondre "à de récentes attaques des Gardiens de la révolution contre la navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz et contre des militaires américains déployés dans la région."

La télévision d'Etat iranienne a fait état de plusieurs explosions entendues dans le sud du pays, près de Bandar Abbas et de l'île de Qeshm, à proximité du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce de pétrole, où le trafic maritime a considérablement baissé après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février.

Les Etats-Unis avaient mené dimanche des frappes, les premières en un mois, contre des lanceurs situés sur une île iranienne.

L'Iran avait riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Le président américain Donald Trump avait promis de répondre à ces représailles, mais semble avoir écarté pour l'instant la reprise d'une opération militaire massive contre l'Iran.

Washington a par ailleurs promis une campagne d'"asphyxie" économique de l'Iran, dont les contours et les cibles restent à préciser.