L'Arabie saoudite lance un fonds de 200 millions de dollars pour des investissements dans des entreprises de haute technologie

L'initiative fait partie d'une stratégie annoncée pour l'Université des sciences et technologies du roi Abdallah. (Dossier)
L'initiative fait partie d'une stratégie annoncée pour l'Université des sciences et technologies du roi Abdallah. (Dossier)
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Publié le Dimanche 20 août 2023

L'Arabie saoudite lance un fonds de 200 millions de dollars pour des investissements dans des entreprises de haute technologie

  • Nouvelle stratégie annoncée pour l'Université des sciences et technologies du roi Abdallah
  • Les domaines clés comprennent la santé et le bien-être, l'environnement durable et les besoins vitaux, l'énergie et le leadership industriel, ainsi que les économies du futur

RIYAD : Le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane a lancé dimanche un fonds de 750 millions de riyals saoudiens (184 millions d’euros) pour des investissements préliminaires dans des entreprises locales et internationales de haute technologie, a rapporté l'Agence de presse saoudienne.

L'initiative fait partie d'une stratégie annoncée pour l'Université des sciences et technologies du roi Abdallah. Elle vise à transformer la recherche en innovations économiquement productives en se concentrant sur les priorités nationales en matière de recherche, de développement et d'innovation.

Les domaines clés comprennent la santé et le bien-être, l'environnement durable et les besoins vitaux, l'énergie et le leadership industriel, ainsi que les économies du futur.

Le prince héritier Mohammed ben Salmane a déclaré : « Depuis sa fondation, la KAUST s'est distinguée par ses recherches, ses innovations et son corps professoral, et ambitionne de devenir l'une des principales universités de recherche au monde. »

« La nouvelle stratégie s'appuie sur les réalisations scientifiques et académiques de KAUST et représente une nouvelle ère pour l'université qui deviendra un phare de la connaissance et une source d'inspiration et d'innovation, conformément aux aspirations de Vision 2030 pour l'amélioration du Royaume et du monde. »

EN BREF

La nouvelle stratégie vise à accroître la capacité de transformer la recherche en innovations économiquement bénéfiques.

L'Institut national de transformation pour la recherche appliquée a également été lancé pour accélérer le développement technologique.

La stratégie vise à restructurer les centres de recherche pour les adapter aux priorités nationales en matière de recherche, de développement et d'innovation.

Le rapport indique que la stratégie vise à renforcer les partenariats de la KAUST avec les secteurs public et privé, ce qui contribuera à la réalisation des objectifs de la Vision 2030.

La nouvelle stratégie vise à augmenter la capacité de transformer la recherche en innovations économiquement bénéfiques. Cette ambition sera réalisée grâce à trois initiatives majeures : le lancement de l'Institut national de transformation pour la recherche appliquée afin d'accélérer le développement et la commercialisation des technologies pour soutenir les aspirations de diversification économique du Royaume ; la restructuration des centres de recherche pour correspondre aux priorités nationales en matière de recherche, de développement et d'innovation ; et la création d'un fonds de 200 millions de dollars pour réaliser les investissements manquants dans les entreprises locales et internationales spécialisées dans la haute technologie, ce qui renforcera la diversification économique et contribuera à la création d'emplois techniques de haute qualité.

Elle vise également à offrir aux chercheurs, aux enseignants et aux étudiants la possibilité d'utiliser leurs recherches pour créer un impact mondial durable en renforçant les partenariats internationaux et locaux. Parmi les initiatives les plus importantes résultant de ces partenariats, figure la KAUST Reefscape Restoration Initiative, en partenariat avec NEOM, qui se concentrera sur la culture et la restauration de centaines de milliers de récifs coralliens sur une superficie de 100 hectares, sur l'île de Shushah, en mer Rouge.

L'université poursuivra sa collaboration avec certaines des plus grandes entreprises du Royaume et du monde, telles que Aramco, SABIC, ACWA Power, IBM, Dow et Boeing.

L'une des initiatives les plus importantes de la stratégie consiste à renforcer les partenariats internationaux et à développer des cadres de coopération avec des institutions universitaires de premier plan et des pionniers de la technologie dans le monde. Il s'agit notamment de conclure des accords de coopération stratégique avec des instituts universitaires et commerciaux de premier plan dans la ville chinoise de Shenzhen afin de collaborer à la recherche appliquée dans des domaines de pointe tels que l'aérospatiale, la robotique et la microélectronique.

Grâce à ces initiatives et partenariats, la KAUST contribuera à développer l'écosystème de l'enseignement supérieur, à former les futurs pionniers de la recherche scientifique dans le Royaume, à promouvoir la recherche et l'innovation mondiale, et à stimuler la croissance des start-ups de technologie avancée. Cela renforcera la compétitivité de l'économie du Royaume et sa position mondiale en tant que leader de l'innovation.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Cette «Bidenflation» qui colle aux semelles du président américain

Ces derniers mois Joe Biden, qui affrontera le républicain Donald Trump en novembre, savourait le relatif retour au calme sur le front de l'inflation. (AFP)
Ces derniers mois Joe Biden, qui affrontera le républicain Donald Trump en novembre, savourait le relatif retour au calme sur le front de l'inflation. (AFP)
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  • Mercredi, le département du Travail américain a fait état d'un rebond de l'inflation et vendredi, l'université du Michigan a constaté une baisse de la confiance des consommateurs
  • La droite accuse Joe Biden d'avoir alimenté la flambée de prix avec sa politique de relance par la dépense publique

WASHINGTON: Il voudrait parler de "Bidenomics" mais c'est la "Bidenflation" qui lui colle aux semelles: en campagne pour un second mandat, le président américain bute à nouveau sur le coût élevé de la vie, qui parasite les succès de sa politique économique.

Le haut niveau des prix plombe sa popularité et le budget des familles américaines depuis l'été 2021, tout en brouillant son image d'enfant de la classe moyenne, attentif aux soucis du quotidien.

Ces derniers mois Joe Biden, qui affrontera le républicain Donald Trump en novembre, savourait le relatif retour au calme sur le front de l'inflation.

Mais cette semaine a été une suite de mauvaises nouvelles pour le démocrate.

Mercredi, le département du Travail américain a fait état d'un rebond de l'inflation et vendredi, l'université du Michigan a constaté une baisse de la confiance des consommateurs.

"Il y a une inquiétude sur le fait que le ralentissement de l'inflation touche à sa fin", explique pour l'AFP Joanne Shu, qui pilote l'étude mensuelle, très suivie, de cette université sur le moral des ménages.

De quoi rendre nerveux les proches du démocrate de 81 ans, jusqu'à Ron Klain, son ancien "chief of staff", poste le plus stratégique de la machine présidentielle américaine.

Biden et ses ponts

"Je pense que le président passe trop de temps à parler de ponts", ce qui n'a rien de "très intéressant", et pendant ce temps, "vous allez au supermarché, et les oeufs et le lait coûtent cher..." a-t-il déploré récemment, selon Politico.

Grands chantiers de ponts, donc, et de diverses infrastructures aux quatre coins du pays, implantations d'usines, emploi au beau fixe, croissance solide... La Maison Blanche a tenté, avec un succès mitigé, de donner un nom à cette ère de relance: les "Bidenomics."

Cette vision résolument optimiste ne prend pas, quand de nombreuses familles américaines peinent à remplir leurs chariots de supermarché, accumulent les découverts bancaires et doivent puiser dans leur épargne.

"Nous avons un plan" pour gérer l'inflation, a assuré Joe Biden jeudi, en référence à diverses mesures de pouvoir d'achat qu'il a lancées, sur le prix des médicaments ou sur le logement.

Sa stratégie consiste aussi à critiquer les grandes entreprises, qui selon lui accumulent des "profits record" sur le dos des consommateurs.

Cette parade sera-t-elle politiquement efficace, face à une opposition conservatrice qui l'étrille sans relâche sur le sujet des prix?

"Tous les Américains ressentent les effets (de l'inflation). Les Etats-Unis ne pourront pas supporter quatre années de plus de cette gestion désastreuse", a déclaré jeudi sur X un élu républicain du Colorado, Doug Lamborn.

Le prix des oeufs 

"La manière dont l'inflation évoluera d'ici à l'élection présidentielle pourrait peser lourdement sur le résultat", commente Ryan Sweet, économiste chez Oxford Economics.

La droite accuse Joe Biden d'avoir alimenté la flambée de prix avec sa politique de relance par la dépense publique, et s'appuie sur des exemples aussi concrets qu'imparables.

Le prix des oeufs, par exemple, déjà évoqué par Ron Klain. Juste après l'investiture de Joe Biden, en février 2021, ce composant incontournable du "breakfast" des Américains se vendait 1,60 dollars la douzaine, contre 3 dollars en février dernier. Près du double, donc.

L'inflation collante retarde une possible baisse des taux de la banque centrale américaine.

La Fed, qui donne le la pour les banques, a pour mission de garder les prix sous contrôle. Si elle baisse ses taux, elle nourrit l'inflation, puisque les ménages seront plus disposés à consommer à crédit.

Voilà donc les Américains face à une vie chère, et à des taux d'intérêt élevés, qui les forcent à remettre à plus tard leurs projets immobiliers, par exemple.

Ce n'est pas la première fois que Joe Biden peine à trouver le ton juste sur le coût de la vie.

Lorsque l'inflation a réellement flambé en 2021, il lui avait fallu des semaines voire des mois pour cesser d'y voir un phénomène "transitoire".

Face à une poussée des prix jamais vue depuis trente ans, le président américain avait fini par promettre, à l'automne 2021, d'en faire une "priorité absolue".


Maroc: Société Générale cède sa filiale à une holding marocaine pour 745 millions d'euros

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  • Le groupe bancaire français Société Générale a annoncé vendredi avoir signé pour 745 millions d'euros un contrat de cession de ses parts de Société Générale Maroc à la holding marocaine Saham
  • Saham "reprendrait ainsi la totalité des activités opérées" par Société Générale Maroc, ainsi que celles de la compagnie d'assurance La Marocaine Vie

PARIS: Le groupe bancaire français Société Générale a annoncé vendredi avoir signé pour 745 millions d'euros un contrat de cession de ses parts de Société Générale Maroc à la holding marocaine Saham.

Saham "reprendrait ainsi la totalité des activités opérées" par Société Générale Maroc, ainsi que celles de la compagnie d'assurance La Marocaine Vie, que la Société générale détenait via sa filiale d'assurance Sogecap, a indiqué la direction dans un communiqué.

L'ensemble des salariés seront également repris par Saham, un empire de l'assurance, des métiers de l'offshoring (délocalisation) et de la finance au Maghreb et en Afrique, fondé par l'ex-ministre marocain de l'Industrie, le milliardaire Moulay Hafid Elalamy.

Société Générale a commencé à se désengager en Afrique. En décembre et en janvier, elle a vendu deux de ses filiales au Congo et au Tchad et elle est en cours d'exécution de cessions de ses filiales en Guinée Equatoriale et au Burkina Faso.

Le groupe Société Générale, qui a une présence ancienne en Afrique, entend par ces ventes "façonner un modèle simplifié, plus synergétique et performant."

Elle rejoint un mouvement lancé par d'autres groupes bancaires, comme Barclays ou BNP Paribas, qui ont cédé plusieurs de leurs filiales africaines ces dernières années.

La stratégie de simplification du portefeuille d'activités s'inscrit dans la feuille de route stratégique de Société Générale, dont le bénéfice net a bondi à 2,5 milliards d'euros en 2023. Jeudi, elle avait annoncé avoir signé un protocole de vente au groupe bancaire BPCE de ses activités de financements de biens d'équipements pour les entreprises regroupées dans SGEF, pour un montant de 1,1 milliard d'euros.


Des milliards de dollars de fraude au Vietnam: la patronne d'un géant de l'immobilier condamnée à mort

La magnate vietnamienne de l'immobilier Truong My Lan (au centre) au tribunal à Ho Chi Minh ville le 11 avril 2024. (Photo AFP)
La magnate vietnamienne de l'immobilier Truong My Lan (au centre) au tribunal à Ho Chi Minh ville le 11 avril 2024. (Photo AFP)
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  • Truong My Lan est condamnée pour avoir escroqué environ 42.000 personnes entre 2012 et 2022, via un montage d'obligations transitant par la SCB, détenue à plus de 90% par son groupe, avec la complicité de fonctionnaires de la supervision bancaire
  • Selon le parquet, le total des dommages causés par l'escroquerie s'élevait désormais à 27 milliards de dollars (25 millions d'euros), soit l'équivalent de 6% du PIB du pays en 2023

HO CHI MINH-VILLE, Vietnam : La dirigeante d'un géant de l'immobilier a été condamnée à la peine de mort dans une affaire de fraude dont les dommages ont été estimés par le parquet à 25 milliards d'euros au total, le plus grand scandale financier qu'ait connu le Vietnam.

Les actions de Truong My Lan, patronne du conglomérat Van Thinh Phat, accusée d'avoir escroqué des fonds de la Saigon Commercial Bank (SCB) pendant une décennie, «ont érodé la confiance des gens dans la direction du Parti (communiste) et de l'Etat», a estimé le jury, selon les médias d'Etat, lors du procès qui s'est tenu dans un tribunal de Hô Chi Minh-Ville (sud).

Mme Truong a été reconnue coupable de corruption, détournement de fonds et violation de la loi bancaire. La femme d'affaires a nié son rôle et rejeté la faute sur ses subordonnés.

Au cours d'un procès XXL qui a duré environ un mois, Mme Truong et 85 autres prévenus ont comparu pour répondre aux interrogations et à la colère de milliers d'épargnants lésés qui ont perdu leurs fonds presque du jour au lendemain.

La liste des accusés comprenait des anciens fonctionnaires de la banque centrale, des ex-membres du gouvernement ainsi que des dirigeants de la banque impliquée dans le montage frauduleux, la Saigon Commercial Bank (SCB), sur fond de purge anticorruption orchestrée depuis plusieurs années par le pouvoir communiste visant les hautes sphères politiques et économiques.

La peine de mort n'avait été requise par le procureur que contre Mme Truong considérée comme le cerveau de l'opération.

- «Peu de connaissances» -

Au moment de sa dernière prise de parole en public, lors des audiences, elle a confessé avoir pensé au suicide. «Dans mon désespoir, j'ai pensé à la mort», a-t-elle déclaré, dans des propos rapportés par Tuoi Tre, un journal d'Etat.

«Je suis tellement en colère d'avoir été assez stupide pour m'être impliquée dans un secteur aussi difficile (la banque) pour lequel je n'avais que peu de connaissances», a-t-elle assuré.

Truong My Lan est condamnée pour avoir escroqué environ 42.000 personnes entre 2012 et 2022, via un montage d'obligations transitant par la SCB, détenue à plus de 90% par son groupe, avec la complicité de fonctionnaires chargés de superviser le secteur bancaire.

Elle a été arrêtée en octobre, accusée d'avoir détourné 304.000 milliards de dongs, soit 11,5 milliards d'euros, qui auraient alimenté son train de vie luxueux et servi à la corruption.

Mais le parquet a affirmé jeudi que le total des dommages causés par l'escroquerie s'élevait désormais à 27 milliards de dollars (25 millions d'euros), soit l'équivalent de 6% du PIB du pays en 2023.

Le procès a révélé certaines combines, comme un pot-de-vin d'environ cinq millions d'euros en liquide dissimulé dans des boîtes de Styrofoam, un isolant thermique habituellement utilisé pour le transport de fruits ou de fruits de mer.

La destinataire, ancienne responsable chargée de l'inspection au sein de la banque centrale, a assuré avoir refusé le paquet, tendu par l'ancien président de la SCB. Ce dernier a affirmé de son côté ne pas l'avoir repris après l'avoir donné, selon un média d'Etat.

Les procureurs ont aussi fait état de plus d'un millier de propriétés confisquées à Mme Truong.

- Dispositif policier -

L'ampleur du scandale a poussé des centaines de personnes à manifester dans la capitale Hanoï et à Hô Chi Minh-Ville, dans une inhabituelle expression de colère collective tolérée dans le pays communiste.

Mercredi, un important dispositif policier s'est déployé devant le siège de la banque centrale à Hanoï, lieu de précédents rassemblements.

Faute de transparence et de régulation efficace, le système bancaire vietnamien laisse la porte ouverte à de puissants acteurs privés qui peuvent imposer leurs intérêts au détriment des épargnants.

Ces dernières années, le régime communiste a accéléré sa campagne anticorruption. Au nom de cette politique, plus de 4.400 personnes, dont des anciennes stars du monde des affaires et des ministres déchus, ont été poursuivies dans plus de 1.700 affaires depuis 2021.

Le recours à la peine capitale est monnaie courante au Vietnam pour des affaires de stupéfiants, mais demeure rare pour des délits ou crimes économiques.

Les statistiques sur son application sont classées secret d'Etat, mais Amnesty International estime que de «nombreuses» exécutions ont lieu chaque année, de l'ordre de plusieurs dizaines par an.