Avant le rejet de l'eau de Fukushima, l'angoisse des pêcheurs locaux

Un manifestant sud-coréen (au centre) tient une pancarte indiquant « Pourquoi le jetez-vous à la mer ? » lors d'un rassemblement contre le projet du gouvernement japonais de rejeter les eaux usées de Fukushima, près de l'ambassade du Japon à Séoul, le 22 août 2023. (AFP)
Un manifestant sud-coréen (au centre) tient une pancarte indiquant « Pourquoi le jetez-vous à la mer ? » lors d'un rassemblement contre le projet du gouvernement japonais de rejeter les eaux usées de Fukushima, près de l'ambassade du Japon à Séoul, le 22 août 2023. (AFP)
Short Url
Publié le Mardi 22 août 2023

Avant le rejet de l'eau de Fukushima, l'angoisse des pêcheurs locaux

  • Survenu dans la foulée, l'accident nucléaire de Fukushima a par ailleurs entraîné pendant des années une stigmatisation des habitants du département, mais aussi de ses produits agricoles et de la mer
  • Alors qu'ils commençaient à peine à relever la tête, les pêcheurs locaux redoutent de voir leur activité rechuter à cause d'un préjudice d'image lié au rejet de l'eau de Fukushima

SHINCHIMACHI: Sur la côte du nord-est du Japon, la plupart des pêcheurs se taisent. Mais Haruo Ono, 71 ans, préfère dire tout le mal qu'il pense de la "folie" de rejeter dans l'océan l'eau de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima Daiichi.

"Rien n'est bénéfique pour nous" dans ce projet, et "les pêcheurs y sont opposés à 100%", affirme M. Ono, qui vit à Shinchimachi, un petit port situé à une soixantaine de kilomètres au nord de la centrale de Fukushima Daiichi.

Le gouvernement japonais a décidé de commencer jeudi le rejet dans l'océan Pacifique de l'eau accumulée depuis des années sur ce site ravagé par le tsunami meurtrier du 11 mars 2011, qui a provoqué la pire catastrophe nucléaire depuis Tchernobyl en 1986.

Cette eau a été traitée afin de la débarrasser de la plupart de ses éléments radioactifs. Cependant le tritium, un radionucléide qui n'est dangereux pour l'homme qu'à très hautes doses concentrées, n'a pas pu être éliminé.

Aussi le Japon prévoit de diluer cette eau et de l'évacuer très progressivement, jusqu'au début des années 2050, pour éviter tout impact sur l'environnement et la santé humaine. Un plan adopté en 2021 et validé le mois dernier par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

"L'AIEA dit que le rejet est sans danger, etc. Mais ici on dépend de la mer et du poisson, on aime la mer, on la protège, c'est notre lieu de travail", souligne M. Ono.

"Alors de qui pensent-ils avoir l'autorisation de déverser l'eau? Ça ne devrait pas être du Premier ministre, ou de présidents. Je m'exprime pour stopper cette folie de notre gouvernement", s'indigne le pêcheur.

"Le gouvernement est en train d'abandonner Fukushima, alors qu'il devrait protéger les gens d'ici, les pêcheurs, et non Tepco", l'opérateur de la centrale dévastée, regrette encore M. Ono.

 

Un département déjà stigmatisé 

Son frère cadet est mort emporté par le tsunami de 2011, provoqué par un gigantesque séisme sous-marin de magnitude 9.0 au large du nord-est du Japon, une catastrophe qui a fait environ 20.000 morts et disparus.

Survenu dans la foulée, l'accident nucléaire de Fukushima a par ailleurs entraîné pendant des années une stigmatisation des habitants du département, mais aussi de ses produits agricoles et de la mer.

L'industrie locale de la pêche a été longtemps écrasée par des interdictions ou restrictions à la vente, au Japon comme à l'étranger, des mesures de précaution face au risque de radiations.

Alors qu'ils commençaient à peine à relever la tête, les pêcheurs locaux redoutent de voir leur activité rechuter à cause d'un préjudice d'image lié au rejet de l'eau de Fukushima.

Après 2011, "Fukushima était perçu comme un endroit qu'il fallait éviter. Même les plaques d'immatriculation des voitures indiquant leur département étaient retirées par les personnes évacuées", se souvient Tomomi Kodama, 40 ans, une artiste locale venue visiter la côte.

"Les gens de Fukushima ont déjà beaucoup souffert. Maintenant que l'eau de la centrale va être évacuée, je me demande comment le monde va l'accepter", s'inquiète-t-elle auprès de l'AFP.

Vent debout contre ce projet, la Chine, qui était en 2022 le pays de destination de 25% des exportations japonaises de produits de la mer, a décidé dès juillet d'interdire l'importation de toutes les denrées alimentaires de dix départements nippons, dont celui de Fukushima, et de mener des contrôles stricts sur les denrées importées du reste du pays.

Haruo Ono dit espérer vivre jusqu'à 100 ans, soit encore trois décennies: jusqu'au terme actuellement prévu du démantèlement de la centrale de Fukushima et du rejet dans l'océan de son eau tritiée. "Pour m'assurer que nous ne laisserons pas de problèmes à nos enfants et petits-enfants", justifie ce père de trois fils - tous pêcheurs comme lui.


L'armée américaine dit avoir mené une nouvelle série de frappes en Iran, sur 90 cibles

Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Selon le Centcom, ces frappes visent à réduire les capacités de l’Iran à menacer la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz

WASHINGTON: L'armée américaine a atteint quelque 90 "cibles militaires" en Iran, parmi lesquelles des systèmes de défense antiaérienne, lors de sa dernière série de frappes, a annoncé mercredi soir le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

"Les Etats-Unis ont achevé une nouvelle série de frappes contre l'Iran, le 8 juillet, afin de dégrader davantage la capacité de l'Iran à s'en prendre au transport maritime commercial et à d'innocents marins civils dans le détroit d'Ormuz", a détaillé le Centcom dans un communiqué publié sur X.


Les Etats-Unis vont retirer la Syrie de leur liste des Etats soutenant le terrorisme

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
  • Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024
  • "C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé mercredi qu'ils allaient retirer la Syrie de leur liste noire des pays accusés de soutenir le terrorisme, une classification vieille de plusieurs dizaines d'années qui limitait les investissements dans ce pays.

Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a officiellement informé le Congrès de cette décision attendue de longue date, qui sera effective dans 45 jours, à moins que les parlementaires ne choisissent, de manière inattendue, de la bloquer.

Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024.

"C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué.

"Lever les sanctions contre la Syrie va débloquer le commerce international et les investissements, donner à la Syrie une chance de se reconstruire, et ouvrir un nouveau chapitre pour le peuple syrien", a-t-il poursuivi.

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie.

Le président américain avait auparavant publiquement poussé en faveur d'un accord de paix entre Israël et la Syrie, mais a finalement choisi de lever cette classification malgré l'absence de progrès dans les négociations.

Dans son communiqué, Marco Rubio a expliqué que cette décision avait été prise après avoir reçu des "assurances formelles" de la part d'Ahmed al-Chareh selon lesquelles "la Syrie ne soutiendra pas d'actes de terrorisme international à l'avenir".

Il a soutenu qu'une "Syrie stable, unifiée et en paix avec elle-même et avec ses voisins ne sera pas seulement bénéfique pour la région, mais pour le monde entier".

Donald Trump avait commencé à lever la plupart des sanctions contre la Syrie il y a un an, après que la Turquie et l'Arabie saoudite l'ont encouragé à rencontrer Ahmed al-Chareh.

"Il fait un travail incroyable pour unifier la Syrie", a affirmé le président américain à son sujet lors de la rencontre à Ankara.

La Syrie était sur la liste américaine des pays accusés de soutenir le terrorisme depuis sa création en 1979.

Après cette décision, seuls l'Iran, la Corée du Nord et Cuba demeurent sur cette liste.

 


Trump affirme que le cessez-le-feu avec l'Iran est « terminé»

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
  • Donald Trump affirme que le dossier iranien est « terminé » pour lui, tout en laissant la porte ouverte à une reprise des négociations par ses émissaires
  • Les tensions restent vives entre Washington et Téhéran, sur fond de frappes, de représailles militaires et d'accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu

ANKARA: Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", ouvrant toutefois la porte à une reprise éventuelle des discussions.

"En ce qui me concerne, c'est terminé", a-t-il lancé au deuxième jour d'un sommet de l'Otan.

"C'est juste une perte de temps de discuter avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il ajouté.

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions, après l'avoir consulté.

Jared Kushner et Steve Witkoff sont "de bons négociateurs, ils veulent négocier", a-t-il ainsi affirmé, mais "ils doivent revenir vers moi".

Le président américain n'a pas eu de mots assez durs contre les dirigeants iraniens qu'il a qualifiés d'"ordures" avec qui il refusait désormais de discuter.

"Je ne veux plus avoir affaire à eux, ce sont des ordures. (...) ce sont des malades", a-t-il encore affirmé .

"Ils sont vicieux, ce sont des gens violents, et s'ils avaient l'arme nucléaire, ils l'utiliseraient", a-t-il ajouté, aux côtés du secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, affirmant avoir pourtant obtenu un accord avec l'Iran.

"Tout le monde est d'accord : pas d'arme nucléaire. On passe un marché. Ils sortent, plaisantent devant la presse, ils disent qu'on n'en a même jamais parlé. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez eux, ils sont fous", a-t-il encore déclaré.

Les Etats-Unis ont frappé plus de 80 cibles en Iran en riposte à des tirs iraniens sur des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, déclenchant mercredi des représailles de Téhéran qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien après les attaques de navires. Les deux camps s'accusent de violer leur protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.