Paris tourne la page des trottinettes en libre service

Des trottinettes électriques sont photographiés près de la Tour Eiffel le 13 décembre 2018 à Paris. (AFP/Lionel BONAVENTURE)
Des trottinettes électriques sont photographiés près de la Tour Eiffel le 13 décembre 2018 à Paris. (AFP/Lionel BONAVENTURE)
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Publié le Vendredi 25 août 2023

Paris tourne la page des trottinettes en libre service

  • Paris deviendra la première capitale européenne à complètement interdire ces deux-roues en libre-service
  • Les opérateurs misent sur un report de ses clients vers les vélos, déjà proposés par chacun

PARIS: Pour Amanda Rollins, influenceuse américaine, se déplacer dans sa ville d'adoption ne sera plus pareil le 1er septembre, quand les 15.000 trottinettes en libre-service auront disparu des rues de la capitale française.

Une "trott", "c'est juste tellement chouette!", s'enthousiasme la créatrice de contenus de 33 ans, installée en France depuis six ans et cumulant 740.000 abonnés sur TikTok.

L'arrivée du jour au lendemain de ces engins en 2018, "c'était comme Noël", raconte-t-elle.

Aujourd'hui, leur disparition durera plus qu'une nuit: les trois opérateurs privés Dott, Lime et Tier Mobility sont sur le pont depuis plusieurs jours pour les retirer des rues d'ici la fin du mois quand Paris deviendra la première capitale européenne à complètement interdire ces deux-roues en libre-service.

Le "non" avait remporté à près de 90% une "votation" inédite début avril sur le maintien du service, mais seul 7,46% des personnes inscrites sur les listes électorales s'étaient déplacés.

La maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, avait elle-même fait campagne pour le vote "contre", soulignant que l'éviction de ces trottinettes réduirait "les nuisances".

L'influenceuse, "Americanfille" sur les réseaux, qui multiplie les vidéos sur sa vie parisienne et de conseils aux visiteurs, dit avoir reçu une pluie de messages déçus.

Trajets quotidiens, visites... les trottinettes étaient aussi "un filet de sécurité" pour rentrer après une soirée au delà de l'horaire de fermeture du métro, vers 01H00 du matin, explique Mme Rollins.

Quelque 400.000 personnes ont choisi une trottinette pour se déplacer en 2022, selon les opérateurs.

Collecte
Chez Tier, "c'est une grosse page qui se tourne", note Clément Pette, responsable des
opérations en France.
Quelque 3.000 engins sur 5.000 restent à collecter, au rythme de 500 par nuit.

Concrètement, "chaque soir, on ferme une zone" de Paris où les trottinettes seront collectées la nuit suivante par des employés et leurs camionnettes, et où elles ne pourront plus être déposées par les usagers ensuite.

Le territoire se colorie ainsi en rouge sur l'application, jusqu'à ne laisser plus qu'une zone centrale à partir de ce week-end, ouverte jusqu'au dernier moment.

Les deux-roues sont ensuite envoyés à l'entrepôt central, réparés, puis transférés dans d'autres villes: un tiers restera en Ile de France, dans 80 communes autour de Marne-la-Vallée ou Saint-Germain-en-Laye. Le reste part essentiellement en Allemagne.

Paris "est un cas unique", avance M. Pette.

Dott a commencé à retirer les trottinettes mi-juillet et a d'ores et déjà désactivé la location dans son application. Elles seront envoyées à en Belgique ou à Tel Aviv (Israël).

Chez Lime, Paris sans trottinettes, "ça nous fera étrange", confie Xavier Miraillès, directeur des affaires publiques.

Lime ne ferme pas de zones, mais le retrait va progressivement raréfier les engins, qui sont aussi réparés avant de quitter la capitale pour Lille, Londres, Copenhague et des villes allemandes.

Des dizaines de trottinettes de l'entreprise californienne attendent ainsi leur passage entre les mains des mécaniciens dans un hall d'une zone industrielle à Charenton-le-Pont, aux portes de Paris.

Vélos

Deux tiers de la flotte sont déjà ramassés et "nous avons tourné la page trottinettes" pour toute l'Ile de France, note le représentant de Lime, assurant que la "perte économique" liée au marché parisien pourra être absorbée, sans licenciements "cette année".

Les opérateurs misent sur un report de ses clients vers les vélos, déjà proposés par chacun.

Tier "envisage d'augmenter" sa flotte de 5.000 vélos actuellement, si la demande le permet, explique M. Pette, et Lime propose déjà 10.000 vélos.

Sur la cinquantaine de salariés qu'employait Dott pour ses trottinettes, une dizaine devrait être transférée sur son activité de location de vélos. Un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) est en cours de validation.

Outre les vélos, les usagers quotidiens pourraient aussi investir: "la trottinette électrique partagée est une porte d'entrée à l'acquisition d'une trottinette personnelle", résume Anne de Bortoli, chercheuse au laboratoire CIRAIG à Montréal.

Quant aux touristes, "le vélo est une alternative" mais "ce n'est pas la même chose, c'est plus grand et lourd... c'est pas si agile", déplore Amanda Rollins. "Mais ce sera certainement la meilleure solution."


France: des ONG inquiètes d'une baisse de l'aide au développement

Le docteur Bertrand Chatelain (à gauche), de l'ONG Médecins du Monde (MdM), examine un réfugié lors d'une opération de maraudage dans le camp de migrants du quartier Stalingrad à Paris, le 12 juillet 2023. (AFP)
Le docteur Bertrand Chatelain (à gauche), de l'ONG Médecins du Monde (MdM), examine un réfugié lors d'une opération de maraudage dans le camp de migrants du quartier Stalingrad à Paris, le 12 juillet 2023. (AFP)
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  • Plusieurs ONG françaises alertent sur un désengagement de la France en matière d’aide au développement, dans un contexte mondial déjà marqué par une baisse générale de la solidarité internationale
  • Les organisations humanitaires redoutent des conséquences majeures pour des millions de personnes

PARIS: Plusieurs ONG françaises, dont Médecins du Monde, ont critiqué vendredi un "désengagement croissant" de Paris envers la solidarité internationale, le gouvernement entendant amputer, dans le prochain budget, l'aide au développement de 700 millions d'euros, dans un contexte international tendu.

Sandrine Simon, directrice santé et plaidoyer de Médecins du Monde, critique une décision qui va "à l'encontre des engagements" de la France dans ce secteur. Elle évoque sa "grande inquiétude" et son "incompréhension".

En France, où l'aide publique au développement a été réduite ces dernières années, les coupes envisagées dans le projet de loi de finances 2026 s'élèvent à 700 millions d'euros, pour un montant alloué de 3,7 milliards d'euros.

"A chaque fois qu'il y a ne serait-ce qu'un million d'euros qui est coupé, on sait qu'il y a des milliers, voire des millions de personnes derrière qui sont affectées", alerte Anne Bideau, directrice générale de Plan International France, rappelant une "tendance à la baisse de l'aide publique au développement un peu partout dans le monde".

"on sait que les conséquences vont être dramatiques, donc on est extrêmement inquiets", ajoute Mme Bideau auprès de l'AFP.

Début 2025, le démantèlement de l'Agence américaine pour le développement international (USAID), sous l'impulsion du président républicain Donald Trump, avait provoqué une onde de choc internationale.

Mais la fin de l'USAID avait mis en exergue une tendance de fond: le montant accordé par 32 pays riches de l'OCDE et l'Union européenne à l'aide au développement a diminué en 2024 de 7,1% (en terme réel) à 212,1 milliards de dollars, selon une estimation de l'OCDE, une première en six ans.

"On a des crises à répétition, le Soudan, Gaza etc. Il y a une augmentation des besoins et il y a une réduction de l'aide", déplore pour sa part Stéphane Doyon, de Médecins Sans Frontières, ONG qui n'est pas financée par le gouvernement français.

En France, cette coupe est justifiée "par l'effort nécessaire sur les finances publiques - et pas pour des raisons idéologiques comme aux Etats-Unis", affirme une source diplomatique à l'AFP, rappelant qu'elle n'a pas encore été votée.

"Entre la loi de finances 2024 et le projet de loi de finances 2026, on aurait une baisse de moitié de l'aide publique au développement", a calculé la Coordination Sud, qui regroupe des associations françaises de solidarité internationale.

Avec des conséquences concrètes pour les ONG qui comptent sur le soutien de l'Etat.

"Nous espérions recevoir de l'argent de l'Agence française de développement qui vient de nous annoncer qu'ils ne nous soutiendraient pas l'année prochaine", explique Sandrine Simon, de Médecins du Monde, au moment où l'ONG elle-même programme avec "un niveau d'incertitudes très important ce budget 2026, bien au-delà des années passées."

Dans le pire des scénarios, avec des coupes budgétaires massives, plus de 22 millions de personnes pourraient mourir de causes évitables d'ici à 2030, selon une étude menée par des chercheurs espagnols, brésiliens et mozambicains.


Le budget de la Sécurité sociale de retour à l'Assemblée pour un examen express en commission

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu (à gauche) à l'Assemblée nationale, avant une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 25 novembre 2025. (AFP)
Le Premier ministre français Sébastien Lecornu (à gauche) à l'Assemblée nationale, avant une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 25 novembre 2025. (AFP)
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  • Le budget de la Sécurité sociale revient à l’Assemblée avec un calendrier très serré : près de 500 amendements doivent être examinés avant une deuxième lecture décisive la semaine prochaine
  • Les négociations portent sur plusieurs points sensibles et l’adoption du texte serait un test politique majeur pour la suite du budget de l’État

PARIS: Le budget de la Sécurité sociale revient à l'Assemblée samedi, où il sera examiné en commission par les députés durant une seule journée, avant une semaine qui s'annonce cruciale pour le texte comme pour la méthode du gouvernement Lecornu.

Du fait du calendrier serré, les députés de la commission des Affaires sociales devront se presser samedi pour aller au bout des quelque 500 amendements déposés.

Mais cette étape n'est qu'un tour de chauffe avant l'examen en séance, qui doit commencer mardi en deuxième lecture, avec l'objectif d'y construire un texte qui puisse être adopté par une majorité... très difficile à trouver.

Dans l'hémicycle, les députés repartiront du texte adopté par le Sénat, qui l'a largement remanié en y supprimant notamment la suspension de la réforme des retraites.

Les tractations se poursuivront tout le week-end sur les compromis possibles. Car si après une deuxième lecture au Sénat, le dernier mot est donné à l'Assemblée, la copie soumise au vote final ne pourra que très peu différer de celle négociée la semaine prochaine.

Et l'enjeu dépasse celui de ce seul texte. Pour beaucoup, le budget de la Sécu sera un "juge de paix" qui pourrait enclencher une dynamique positive également pour le budget de l'Etat.

Si le budget de la Sécu est adopté, "vous avez fait la moitié du chemin. (...) l'histoire n'est pas la même derrière, c'est absolument majeur", confie une ministre.

En commission, le rapporteur du texte Thibault Bazin (LR) espère aller "le plus loin possible", et discuter notamment des nombreux nouveaux articles ajoutés par le Sénat.

Parmi eux, une mesure des sénateurs socialistes pour soumettre aux cotisations sociales certains compléments de salaire (primes d'intéressement...) lorsqu'ils dépassent 6.000 euros par an, pour les salaires supérieurs à trois Smic.

Avec l'augmentation de la CSG sur les revenus du capital, également portée à gauche, c'est l'une des pistes pour réduire le déficit de la Sécu en 2026. Mais elle est visée par un amendement de suppression du chef des députés LR Laurent Wauquiez.

"On va vraiment rentrer dans le dur" la semaine prochaine, estime le socialiste Jerôme Guedj.

Tenir l'objectif d'un déficit ne dépassant pas 20 milliards d'euros, comme souhaité par le gouvernement, sera extrêmement difficile alors qu'il était évalué à 24 milliards en sortie de première lecture à l'Assemblée.

Autre clé des négociations: le gel des prestations sociales et pensions de retraites, habituellement indexées sur l'inflation. Un compromis pourra-t-il être trouvé pour réindexer les petites retraites uniquement, alors que les députés les avaient toutes dégelées en première lecture?

Sans parler des discussions inflammables sur les franchises médicales, que le gouvernement souhaite doubler, et élargir à certains dispositifs.

Le vote des députés sur le texte est prévu le 9 décembre.


Présidentielle en France en 2027: l'extrême droite favorite avec Bardella, selon un sondage

Le président du parti d'extrême droite français Rassemblement National (RN), Jordan Bardella (au centre), visite la 24e édition du salon mondial de la sécurité intérieure MILIPOL PARIS 2025, le 19 novembre 2025. (AFP)
Le président du parti d'extrême droite français Rassemblement National (RN), Jordan Bardella (au centre), visite la 24e édition du salon mondial de la sécurité intérieure MILIPOL PARIS 2025, le 19 novembre 2025. (AFP)
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  • Un sondage Verian place Jordan Bardella nettement en tête du premier tour de la présidentielle 2027, avec environ 36% des intentions de vote
  • L’enquête souligne que Bardella arrive en tête dans toutes les tranches d'âge, tandis que les électeurs d’Emmanuel Macron se reporteraient majoritairement sur Édouard Philippe (52%)

PARIS: Le président du parti d'extrême droite français Rassemblement national, Jordan Bardella, est le favori du premier tour de la présidentielle de 2027, selon un sondage Verian pour la revue L'Hémicycle publié vendredi.

M. Bardella dominerait largement le premier tour de l'élection si elle avait lieu dès maintenant, avec 35,5% à 36,5% des intentions de vote selon les configurations testées, loin devant les deux candidats suivants, l'ancien Premier ministre de droite Edouard Philippe (16,5%-17%) et le leader du parti Place publique (gauche) Raphaël Glucksmann (11,5%-13%).

Fait notable, le président du Rassemblement national de Marine Le Pen est en tête dans toutes les tranches d'âge.

L'un des enjeux de l'élection sera celui du report des électeurs du président Emmanuel Macron, qui ne pourra pas se représenter: selon ce sondage, 52% d'entre eux reporteraient leur vote sur Edouard Philippe au premier tour, et 20% sur Raphaël Glucksmann.

Talonnant ce dernier, le chef de file de La France insoumise (gauche radicale) Jean-Luc Mélenchon rassemble lui 11% à 12% des intentions de vote, suivi du patron des Républicains (droite) Bruno Retailleau (7,5%) et de la patronne des Ecologistes Marine Tondelier (5%).

Ce sondage, qui comme toute enquête d'opinion est une photographie du moment sans valeur prédictive, a été réalisé en ligne du 18 au 20 novembre auprès d'un échantillon de 1.000 Français représentatif de la population âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas). Marge d'erreur de 1,4 à 3,2 points.