Près de 2 000 enfants contraints de dormir à la rue en France

Une personne assise alors que des tentes pour les personnes en difficulté administrative, notamment les sans-papiers, les migrants et les demandeurs d'asile, sont installées sur un parking transformé par l'association humanitaire Utopia 56 en abri de nuit temporaire, près de l'Arc de Triomphe à Paris, le 1er mars 2023. (AFP).
Une personne assise alors que des tentes pour les personnes en difficulté administrative, notamment les sans-papiers, les migrants et les demandeurs d'asile, sont installées sur un parking transformé par l'association humanitaire Utopia 56 en abri de nuit temporaire, près de l'Arc de Triomphe à Paris, le 1er mars 2023. (AFP).
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Publié le Mercredi 30 août 2023

Près de 2 000 enfants contraints de dormir à la rue en France

  • Dans la nuit du 21 au 22 août, 3 735 personnes en famille ayant composé le 115, le numéro d'appel d'urgence pour les personnes sans abri, n’ont pas pu être hébergées faute de places disponibles ou adaptées
  • Parmi elles, 1 990 étaient des enfants, dont 480 âgés de moins de trois ans

PARIS : Près de 2 000 enfants sont contraints de dormir à la rue faute de places d'hébergement d'urgence disponibles ou adaptées, selon le baromètre publié mercredi par la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) et Unicef France qui décrivent une hausse sur un an "alarmante".

"Les chiffres n'ont jamais été aussi alarmants avec une augmentation du nombre d'enfants sans solution d'hébergement jamais atteint" depuis la mise en place de ce baromètre il y a cinq ans, souligne auprès de l'AFP la représentante de l'agence onusienne dans l'Hexagone, Adeline Hazan.

Dans la nuit du 21 au 22 août, 3 735 personnes en famille ayant composé le 115, le numéro d'appel d'urgence pour les personnes sans abri, n’ont pas pu être hébergées faute de places disponibles ou adaptées.

Parmi elles, 1 990 étaient des enfants, dont 480 âgés de moins de trois ans. Près de 80% de ces 1.990 enfants ont déclaré avoir déjà dormi dans la rue la veille de leur demande, précisent Unicef France et la FAS qui pointent une augmentation sur un an de plus de 20% d'enfants sans solution d'hébergement.

Une situation d'autant plus "préoccupante" que les chiffres sont largement sous-évalués, insistent les deux organisations - leur baromètre ne prenant en effet pas en compte ceux qui ont renoncé à appeler le 115, les enfants vivant dans des bidonvilles ou en squats ou encore les mineurs non accompagnés.

"On assiste à un double mouvement, celui d'une augmentation importante des besoins en hébergement en raison du contexte économique et des questions géopolitiques, et celui d'une volonté" de l'exécutif "de réduire le nombre de places d'hébergement", décrypte Nathalie Latour, directrice de la FAS. "Cela créé une situation de tension extrêmement importante, et donc de nombreuses personnes, dont des enfants, à la rue" ou dans des abris de fortune.

Honte et stress

A l'image de Marie, qui à quelques jours de sa rentrée en cinquième, confie son "stress". Cette adolescente de 12 ans dort depuis fin juin dans le gymnase Bellecombe à Lyon, occupé par une vingtaine de femmes et une trentaine d'enfants, accompagnés par le collectif Jamais sans Toit.

"Beaucoup de personnes me disent que la cinquième, c'est dur, que c'est important d’être concentrée mais je ne vois pas comment je peux l'être ici, avec le bruit, les petits qui jouent, les bébés qui pleurent", indique-t-elle à l'AFP. "C’est très stressant et c’est honteux. A mes copines, à qui je dis tout en temps normal, je ne leur ai rien dit, j’ai trop peur du jugement, c’est très dur à vivre".

Avant de rejoindre le gymnase avec sa mère, son frère de 10 ans et sa soeur de 6 ans, Maxime a lui connu la rue et les campements au printemps dernier. "Sous la tente, il pleuvait, il y avait des rats la nuit, c'était compliqué", résume pudiquement l'adolescent qui était alors scolarisé en 6ème. "En cours, j’étais fatigué, j’avais faim, ce n’était pas facile de se concentrer."

Pour Juliette Murtin, porte-parole de Jamais sans Toit, "ce qui est le plus dur pour eux, c'est l'incertitude permanente, de ne pas savoir où ils vont être après-demain".

"Le nombre de troubles anxio-dépressifs, voire de dépression, de mal-être, d'impossibilité d'apprendre correctement ou de jouer correctement est absolument gigantesque" chez les enfants sans abri, complète Adeline Hazan.

Dans l'immédiat, Unicef France et la FAS demandent, entre autres mesures, une loi de finances rectificative pour 2023 prévoyant "a minima le maintien de la capacité du parc d’hébergement à 205 000 places", avec un objectif de "zéro enfants à la rue", et une augmentation du nombre de places en 2024.

Interrogé par l'AFP le 23 août sur la question des places d'hébergement d'urgence, le ministre délégué au Logement Patrice Vergriete avait assuré que la perspective d'une augmentation de leur nombre était "intégrée au niveau de l'Etat" et que des discussions sur "les moyens financiers pour y arriver" étaient en cours, sans donner plus de précisions.


France: un défilé du 14-Juillet "massif", l'Ukraine à l'honneur

Des membres du 35e Régiment d’Infanterie (35e RI) "l’As de Trèfle" (à gauche) et du 1er Régiment de Tirailleurs (1er RTir) défilent lors du traditionnel défilé militaire de la Fête nationale du 14 Juillet sur l’avenue des Champs-Élysées, avec l’Arc de Triomphe en arrière-plan, à Paris, le 14 juillet 2025. (AFP)
Des membres du 35e Régiment d’Infanterie (35e RI) "l’As de Trèfle" (à gauche) et du 1er Régiment de Tirailleurs (1er RTir) défilent lors du traditionnel défilé militaire de la Fête nationale du 14 Juillet sur l’avenue des Champs-Élysées, avec l’Arc de Triomphe en arrière-plan, à Paris, le 14 juillet 2025. (AFP)
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  • Le défilé du 14 Juillet mettra en avant le renforcement de la défense française et européenne, avec un format plus important et moderne
  • L’Ukraine sera à l’honneur, tandis que les alliés européens et de l’OTAN afficheront leur soutien et leur unité

PARIS: Des pilotes ukrainiens et français, un défilé "plus massif": la parade militaire du 14 Juillet sur les Champs Elysées aura cette année pour thème "le réveil stratégique de l'Europe" et s'attachera à montrer que la France est "déterminée" et "n'est pas seule", a annoncé lundi le gouverneur militaire de Paris.

"Nous allons avoir un défilé plus massif, plus puissant, plus moderne", a déclaré le général Loïc Mizon lors d'une conférence de presse.

La parade mobilisera près de 8.500 participants, dont 6.500 défileront à pied. Près de 300 véhicules, dont une centaine de motos, 95 avions, 35 hélicoptères, ainsi que 193 chevaux de la Garde Républicaine participeront également.

L'Ukraine, entrée dans sa cinquième année de guerre déclenchée par la Russie en 2022, sera mise à l'honneur. La Patrouille de France ouvrira le défilé aérien, accompagnée de deux Mirage 2000 pilotés par des équipages franco-ukrainiens.

Les 35 pays de la Coalition des volontaires, prêts à fournir des garanties de sécurité à l'Ukraine une fois conclu un cessez-le-feu, ont été invités à participer par le président Emmanuel Macron, qui assistera à son 10e et dernier défilé en tant que chef d'Etat.

La présidente de la Commission européenne Ursula Von Der Leyen et le général Grynkewich, commandant suprême de l'OTAN, ont aussi été conviés.

Les soldats français des bataillons multinationaux de l'Otan déployés sur le flanc Est de l'Europe (Roumanie, Estonie) descendront la célèbre avenue parisienne.

La présence des alliés et des partenaires doit ainsi témoigner que "l'Europe n'est pas seule", a dit le général Mizon.

Le but de ce défilé est aussi de concrétiser aux yeux des Français les "efforts budgétaires consacrés depuis 10 ans aux forces armées", a fait-t-il valoir.

Le commissariat numérique de Défense défilera pour la première fois, pour "souligner la transformation numérique du ministère des Armées".

Deux blocs de réservistes défileront également: l'un composé de réservistes de la SNCF et un un autre de réservistes d'Airbus France.

La Marine nationale, qui fête cette année ses 400 ans d'existence clôturera le défilé au son du bagad de Lann-Bihoué, basé près de Lorient (Morbihan).

La parade militaire durera 2 heures et se terminera par l'hymne européen, "l'Ode à la joie".


Merz et Macron se sont entendus pour arrêter le projet d'avion de combat commun SCAF, selon Berlin

Une maquette grandeur nature du « New Generation Fighter » (NGF), qui fait partie du Future Combat Air System (FCAS) en cours de développement par Dassault Aviation, Airbus et Indra Sistemas, est présentée à l’aéroport de Paris-Le Bourget le 20 juin 2023. (AFP)
Une maquette grandeur nature du « New Generation Fighter » (NGF), qui fait partie du Future Combat Air System (FCAS) en cours de développement par Dassault Aviation, Airbus et Indra Sistemas, est présentée à l’aéroport de Paris-Le Bourget le 20 juin 2023. (AFP)
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  • Friedrich Merz et Emmanuel Macron ont constaté l’échec du projet SCAF en raison des désaccords persistants entre Airbus et Dassault Aviation sur le développement de l’avion de combat commun
  • Le programme d’avion de combat est abandonné, mais les deux pays souhaitent maintenir la coopération sur les technologies clés du FCAS, notamment le réseau numérique reliant avions, drones et autres systèmes de défense européens

BERLIN: Friedrich Merz et Emmanuel Macron se sont entendus pour "ne plus poursuivre la construction d'un avion de combat commun", le SCAF, a appris l'AFP lundi auprès du gouvernement allemand.

Depuis des mois, le projet d'avion de combat franco-germano-espagnol, le SCAF, était en panne sur fond de tensions germano-françaises et entre Airbus et Dassault. En février, le chancelier allemand Friedrich Merz avait déjà ouvertement douté de son avenir.

Cette fois, il semble enterré définitivement.

"Le président français et le chancelier allemand sont arrivés au constat partagé que les entreprises (Airbus et Dassault Aviation, ndlr) ne parviennent pas à s'entendre sur la construction d'un avion de combat commun", indique le gouvernement allemand.

"Ils reconnaissent cette réalité. Le chancelier fédéral Merz a donc suggéré au président Macron de ne plus poursuivre la construction d’un avion de combat commun", ajoute-t-il.

Lancé en 2017 par M. Macron et la chancelière Angela Merkel, rejoint par l'Espagne deux ans plus tard, le SCAF est un système qui comprend non seulement un avion mais aussi des drones reliés entre eux par un système de communication numérique innovant, "un cloud de combat".

Selon le gouvernement allemand, "le véritable noyau du FCAS doit être poursuivi en tant que système de systèmes européen".

"Il s’agit en quelque sorte du système nerveux qui relie les avions, les drones et d’autres composants pour former un ensemble intégré", ajoute-t-il.

Il précise que les ministères français et allemand de la Défense "doivent formuler un plan de travail commun et contemporain pour la coopération dans l’industrie de défense, concentré sur quelques projets réalistes et pertinents", lors du conseil des ministres franco-allemand en Allemagne en juin.


G7: les ministres de l'Agriculture réunis à Paris sur la «sécurité des approvisionnements en engrais»

La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, s'adresse au 59e congrès du syndicat des Jeunes Agriculteurs (JA) au parc des expositions Ainterexpo de Bourg-en-Bresse, dans le centre de la France, le 4 juin 2026. (Photo : OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)
La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, s'adresse au 59e congrès du syndicat des Jeunes Agriculteurs (JA) au parc des expositions Ainterexpo de Bourg-en-Bresse, dans le centre de la France, le 4 juin 2026. (Photo : OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)
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  • La France, qui importe plus de 60% de ses engrais, planche depuis des mois sur un "plan engrais", annoncé par la ministre qui n'en a toutefois pas dévoilé les contours
  • Pour Paris comme l'Europe, l'enjeu est de réduire sa dépendance en diversifiant ses approvisionnements, en réduisant sa consommation et consommant davantage d'engrais organiques (lisiers, purins d'orties...)

PARIS: La France réunit lundi les ministres de l'Agriculture du G7 pour une réunion consacrée aux engrais et à la question de la "sécurité des approvisionnements" en fertilisants dans le contexte du conflit au Moyen-Orient.

Cette réunion est destinée à dresser un bilan des difficultés actuelles des agriculteurs et à identifier "des actions communes" dans un contexte de flambée des cours des fertilisants  depuis le début de la guerre en Iran fin février et la quasi-fermeture du détroit d'Ormuz, par lequel transitent environ 30% des engrais mondiaux.

Cette rencontre, qui se tient dans le cadre de la présidence française du groupe des sept puissances économiques, vise à définir comment "sécuriser les approvisionnements", "améliorer le partage d'informations et la transparence des marchés" et "renforcer la résilience des filières agricoles face aux chocs économiques et géopolitiques", selon un communiqué du ministère français.

La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, réunit à midi ses homologues des États-Unis, du Royaume-Uni, de l'Allemagne, de l'Italie, du Canada et du Japon, ainsi que des représentants de l'Union européenne, de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et du Système d'information sur les marchés agricoles (AMIS).

Il n'est pas prévu pour l'heure de point presse à l'issue de cette rencontre.

La France, qui importe plus de 60% de ses engrais, planche depuis des mois sur un "plan engrais", annoncé par la ministre qui n'en a toutefois pas dévoilé les contours.

Pour Paris comme l'Europe, l'enjeu est de réduire sa dépendance en diversifiant ses approvisionnements, en réduisant sa consommation et consommant davantage d'engrais organiques (lisiers, purins d'orties...).

Autre piste envisagée, à court terme, la constitution de stocks stratégiques d'engrais, ce qui pourrait toutefois renforcer la hausse des prix et poserait des questions de sécurité (les engrais sont potentiellement explosifs).

L'Europe et ses partenaires occidentaux sont moins exposés que l'Asie ou l'Afrique aux difficultés d'approvisionnement liées à la guerre en Iran. Mais l'impact sur les prix est global et le coût des fertilisants a augmenté d'environ 50% - et jusqu'à 70% pour l'urée, engrais azoté très consommé produit au Moyen-Orient.

Cela aura des conséquences pour la récolte 2027: si les agriculteurs s'étaient déjà approvisionnés pour leurs semis de 2026, la question se posera dès la fin de l'été pour les semis de céréales d'hiver comme le blé ou l'orge. Avec in fine un risque sur le rendement des récoltes mondiales.