A Libreville, un parfum « d'indépendance » au lendemain de la chute d'Ali Bongo

Un panneau de campagne déchiré du président déchu du Gabon, Ali Bongo Ondimba, à Libreville le 31 août 2023. (AFP).
Un panneau de campagne déchiré du président déchu du Gabon, Ali Bongo Ondimba, à Libreville le 31 août 2023. (AFP).
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Publié le Vendredi 01 septembre 2023

A Libreville, un parfum « d'indépendance » au lendemain de la chute d'Ali Bongo

  • Lundi, le nouvel homme fort du Gabon, le général Brice Oligui Nguema, sera intronisé président d'un pouvoir de "transition" à la durée encore indéterminée
  • Au lendemain de la chute d'Ali Bongo Ondimba, chassé par des militaires du pouvoir qu'il détenait depuis 14 ans, les rues de Libreville, la capitale du Gabon, ont retrouvé leur effervescence habituelle

LIBREVILLE: Au lendemain de la chute d'Ali Bongo Ondimba, chassé par des militaires du pouvoir qu'il détenait depuis 14 ans, les rues de Libreville, la capitale du Gabon, ont retrouvé leur effervescence habituelle, entre parfum "d'indépendance" et vigilance pour l'avenir.

Abou, jeune commerçant du quartier Batterie 4, a repris sa place derrière le comptoir de sa petite épicerie très fréquentée, dont la devanture rouge était demeurée fermée mercredi, après que des militaires ont renversé le président Ali Bongo Ondimba, à peine proclamé réélu dans un scrutin que les putschistes estiment truqué.

Sardines, presse, transferts d'argent, pots multicolores remplis de sucreries, c'est le rendez-vous de nombreux habitants du quartier que ces derniers ont agréablement retrouvé jeudi, après l'annonce par les putschistes d'un retour à la vie normale.

Le jeune homme, qui n'a pas donné son nom de famille, confie sa "satisfaction" de voir s'éteindre la "dynastie Bongo" après 55 ans de pouvoir dans les mains du père Omar Bongo puis du fils, et de reprendre le travail. Il dit toutefois attendre de voir comment "les choses vont tourner".

A l'image de cette échoppe, c'est toute la ville qui a retrouvé son ardeur, en témoignent les fortes odeurs de gaz d'échappement émanant du boulevard du Bord de mer, l'un des plus fréquenté de la capitale, et qui se mêlent à la chaleur humide, un prémisse du retour prochain de la saison des pluies.

Non loin de là, il flotte un parfum d'euphorie dans le quartier "derrière la prison" où coiffeurs, garagistes et laveurs de voitures ont quasiment tous repris le travail. Et ici, le fumet délicat de légumes grillés et de coupé-coupé, une recette à base de viande de bœuf, s'échappent d'un fumoir.

Près du quartier administratif, installée avec des amis à la terrasse d'un "maki", un sobriquet désignant les débits de boisson et restaurants de quartier, Josée Anguiley dit avoir "deux sentiments" contradictoires : "on est content de cette situation, et légèrement dubitatif, on craint un peu en même temps" pour la suite, explique la jeune commerçante de 36 ans entre deux gorgées de Régab, une bière locale particulièrement appréciée.

Transition au Gabon

"Les militaires ne peuvent pas diriger un pays, on veut qu'un civil prenne le pouvoir. Il faut que la situation actuelle ne dure pas longtemps, que la transition se fasse rapidement", abonde Jasmine Assala Biyogo, la propriétaire des lieux, qui assure avoir voté en faveur du principal rival d'Ali à la présidentielle, Albert Ondo Ossa.

Dès l'irruption d'un policier manifestement habitué des lieux, la jeune femme de 35 ans lui saute au cou: "Merci, vous nous avez sauvée !" s'exclame-t-elle, le fonctionnaire souriant se prêtant volontiers au jeu.

Dans les rues, les vendeuses de légumes ont elles aussi repris place et le manioc, le safou (un fruit très consommé en Afrique centrale), les piments verts et rouges, cohabitent à nouveau sur les nappes de fortunes multicolores. Avec une certaine excitation, chacune se passe et se repasse les téléphones dans lesquels les images des célébrations de la veille tournent en boucle.

Hormis quelques contrôles et fouilles de véhicule justifiées par le fait que "certains partent avec des valises", selon une gendarme, le dispositif policier n'avait rien d'extraordinaire, hormis la présence de quelques véhicules et blindés devant les lieux du pouvoir (ministères, institutions...), et particulièrement autour du palais présidentiel du Bord de mer.

Lundi, le nouvel homme fort du Gabon, le général Brice Oligui Nguema, sera intronisé président d'un pouvoir de "transition" à la durée encore indéterminée, tandis que l'opposition exhorte les putschistes à reconnaître plutôt la "victoire" d'Albert Ondo Ossa.


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
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  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.


Trump dit prolonger le cessez-le-feu avec l'Iran jusqu'à nouvel ordre

Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
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  • Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur
  • Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens.

S'exprimant sur sa plateforme Truth Social, le président américain a annoncé avoir décidé de "prolonger le cessez-le-feu jusqu'à ce que l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur.

Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz.

L'annonce du président américain intervient alors que Washington et Téhéran ont affiché leur désaccord sur l'expiration de la trêve, les premiers parlant de mercredi soir, heure de Washington, tandis que les seconds ont évoqué ce mardi, à minuit GMT.

Par ailleurs, la Maison Blanche a confirmé en fin de journée que le vice-président JD Vance, chargé de mener d'éventuelles nouvelles discussions avec l'Iran au Pakistan, ne quitterait pas Washington mardi, comme initialement prévu.

"A la lumière du message du président Trump sur Truth Social, confirmant que les Etats-Unis attendent une proposition unifiée des Iraniens, le voyage au Pakistan n'aura pas lieu aujourd'hui", a indiqué un haut responsable de l'exécutif américain, dans une déclaration transmise à la presse.

La Maison Blanche n'avait jamais confirmé le déplacement du vice-président, mais a entretenu le flou sur le fait de savoir s'il quittait ou pas la capitale dans la journée de mardi.

Bientôt deux mois après le début des hostilités déclenchées par Israël et les Etats-Unis, Téhéran a menacé de son côté de reprendre les frappes en direction des pays du Golfe, mettant en péril l'approvisionnement pétrolier mondial.