Au Tchad, le difficile accès aux soins des réfugiés soudanais

Des patients soudanais attendent sous un abri de fortune pour être vus par des médecins dans un camp de réfugiés près de la ville d'Adre, dans l'est du Tchad, le 14 août 2023. (Photo Mohaned BELAL / AFP)
Des patients soudanais attendent sous un abri de fortune pour être vus par des médecins dans un camp de réfugiés près de la ville d'Adre, dans l'est du Tchad, le 14 août 2023. (Photo Mohaned BELAL / AFP)
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Publié le Vendredi 01 septembre 2023

Au Tchad, le difficile accès aux soins des réfugiés soudanais

  • Dans les camps d'Adré, au milieu du désert de l'est tchadien frontalier de la région soudanaise du Darfour (ouest), quelque 200.000 Soudanais, quasiment tous des femmes, des enfants ou des hommes âgés, tentent de survivre
  • "Les cas de paludisme explosent avec la saison des pluies au Tchad, les réfugiés ont de plus en plus de risques de contracter des maladies transmises par l'eau, comme le choléra", s'inquiète MSF

ADRE: Entassés en plein désert dans de fragiles huttes de branches et de bâches en plastique, des centaines de milliers de Soudanais ont fui vers le Tchad voisin. Désormais loin des combats, ils peinent à se soigner car ici tout manque, des médecins aux médicaments.

"Je souffre de diabète, d'asthme et d'allergies", énumère à l'AFP Adam Bakht, un Soudanais qui se dit centenaire, jellaba blanche et calotte assortie. Jusqu'ici, il dit n'avoir reçu qu'"une injection pour soulager la douleur".

Comme lui, dans les camps d'Adré, au milieu du désert de l'est tchadien frontalier de la région soudanaise du Darfour (ouest), quelque 200.000 Soudanais, quasiment tous des femmes, des enfants ou des hommes âgés, tentent de survivre, sans installation sanitaire et avec des cliniques de fortune.

Chaque jour, des centaines d'entre eux y arrivent par colonne, à pied, après des kilomètres de marche pour fuir les sanglants combats au Soudan déclenchés le 15 avril entre l'armée et les paramilitaires, avant que les combattants tribaux ne se jettent eux aussi dans la bataille.

Mais une fois à Adré, les réfugiés doivent affronter d'autres fléaux sous un soleil de plomb entrecoupé de trombes de pluie, souvent sans eau et sans nourriture, d'après Médecins sans frontières (MSF).

"Les cas de paludisme explosent avec la saison des pluies au Tchad, les réfugiés ont de plus en plus de risques de contracter des maladies transmises par l'eau, comme le choléra", s'inquiète MSF.

300 patients par jour

"Les maladies qui circulent sont nombreuses", abonde Mouzammil Saïd, un réfugié de 27 ans qui s'est porté volontaire dans une petite clinique de fortune installée par les organisations humanitaires.

Chaque jour, dit-il à l'AFP, "on reçoit jusqu'à 300 patients". Les malades sont allongés sur des

lits blancs posés à même le sable, collés quasiment les uns aux autres.

La petite équipe soignante n'a ni l'espace ni les équipements pour faire face: elle doit composer avec un "hôpital" fait de petits abris de bâches et de palmes tressées, avec de rares lavabo de fer posés sur des plans de travail rudimentaires et quelques cartons de médicaments livrés au gré des dons.

"Se fournir en médicaments est un défi énorme parce qu'ils coûtent beaucoup trop cher, on a vraiment besoin d'aide", affirme M. Saïd.

M. Bakht, lui, attend toujours les comprimés qu'on lui a promis depuis sa fuite d'El-Geneina, sa ville ravagée par les combats au Darfour.

"Mes médicaments pour le diabète sont censés arriver dans trois jours, mais pour l'asthme, on m'a conseillé d'aller acheter un inhalateur hors du camp", affirme-t-il.

Mais même au-dehors, il n'est pas sûr d'en trouver.

Le Tchad est le troisième pays le moins développé au monde selon l'ONU et son système de santé à genoux ne peut souvent rien pour les plus fragiles.

Enfants morts de faim

Selon l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR), plus de 380.000 Soudanais ont trouvé refuge au Tchad depuis le 15 avril.

Parmi eux, plusieurs enfants en bas âge, en état de malnutrition sévère, sont "morts peu après leur hospitalisation", alerte l'ONU.

Au Soudan même, la faim a emporté au moins 500 enfants depuis le 15 avril, alors que 20 millions de personnes sont exposées à une "faim sévère" selon le Programme alimentaire mondial (PAM).

"La majorité des patients qui nous consultent souffrent de paludisme, d'infection des yeux, de maladies respiratoires ou de malnutrition", rapporte à l'AFP la médecin bénévole Nour al- Cham depuis la clinique du camp "Nord" d'Adré.

Car, souvent, les réfugiés qui arrivent vivaient déjà dans des conditions difficiles. Au Soudan, bien avant la guerre, 78.000 enfants mouraient chaque année de "causes évitables, comme le paludisme", selon l'ONU.

A ces maladies, s'ajoute l'absence d'eau potable.

A Adré, d'après MSF, les réfugiés "commencent à faire la queue pour obtenir de l'eau à 02H00 du matin à cause des pénuries".

Et les humanitaires regrettent que la communauté internationale n'ait versé qu'un quart des financements promis.

Au Tchad, les besoins vont grandissants. Avant la dernière guerre au Soudan, le pays accueillait quelque 410.000 Soudanais ayant fui la guerre du Darfour dans les années 2000, ainsi que des dizaines de milliers de réfugiés du Cameroun dans l'ouest et de Centrafrique dans le sud.

Selon les projections de l'ONU, 200.000 nouveaux réfugiés du Soudan pourraient arriver bientôt.


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Attaques de drones sur des infrastructures pétrolières en Russie, une raffinerie en feu

Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
  • Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes
  • Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine

MOSCOU: Des attaques de drones ont visé plusieurs infrastructures pétrolières dans le sud de la Russie vendredi, déclenchant un incendie dans une raffinerie de la région de Krasnodar, ont indiqué les autorités, faisant état de la destruction de 376 drones ukrainiens dans la nuit.

"A la suite de la chute de débris de drones, un incendie s’est déclaré à la raffinerie d'Ilskiï", a indiqué le quartier général opérationnel de la région de Krasnodar sur Telegram, précisant qu'il n'y a pas eu de victimes.

Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes.

Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine.

Entre 20H00 locales jeudi et vendredi 7H00, les forces russes ont détruit 376 drones ukrainiens, a précisé le ministère russe de la Défense sur la messagerie Max.

La Russie continue de frapper presque quotidiennement l'Ukraine, plus de quatre ans après le début de la guerre, pire conflit en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, jusqu'à présent sans issue diplomatique.

L'Ukraine a également intensifié ses frappes sur le territoire russe, parfois très loin de la frontière, visant particulièrement des infrastructures de transport et de stockage d'hydrocarbures pour tenter d'assécher la capacité de Moscou à financer son effort de guerre.