Pas de répit au Soudan où les combats et la faim menacent d'«emporter» le pays

Des enfants soudanais déplacés à l'intérieur du pays jouent dehors alors qu'ils résident dans l'école secondaire Hasahisa le 10 juillet 2023, transformée pour accueillir les personnes fuyant la violence dans ce pays déchiré par la guerre. (Photo par AFP)
Des enfants soudanais déplacés à l'intérieur du pays jouent dehors alors qu'ils résident dans l'école secondaire Hasahisa le 10 juillet 2023, transformée pour accueillir les personnes fuyant la violence dans ce pays déchiré par la guerre. (Photo par AFP)
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Publié le Vendredi 25 août 2023

Pas de répit au Soudan où les combats et la faim menacent d'«emporter» le pays

  • Les combats et la faim menacent désormais d'«emporter» tout le Soudan et de faire basculer la région dans une catastrophe humanitaire, a alerté vendredi l'ONU, qui manque de fonds et fait face à des obstacles bureaucratiques pour acheminer l'aide
  • Des centaines de milliers d'enfants souffrent de malnutrition sévère et risquent de mourir de façon imminente s'ils ne sont pas soignés, a prévenu le coordinateur des Nations unies pour les Affaires humanitaires

PORT-SOUDAN, Soudan : Les combats ne faiblissent pas au Soudan où les paramilitaires ont lancé une nouvelle attaque contre une base clé de l'armée, faisant fi des mises en garde de l'ONU sur un conflit qui «s'étend» et menace «d'emporter» tout le pays.

Les Forces de soutien rapide (FSR, paramilitaires) du général Mohamed Hamdane Daglo ont lancé nouvel un assaut vendredi contre cette vaste base stratégique regroupant des unités blindées de l'armée dans le sud de la capitale soudanaise, selon des témoins.

Les FSR tentent depuis dimanche de déloger les soldats de cette base de l'armée soudanaise, dont le chef, le général Abdel Fattah al-Burhane, poursuit vendredi la tournée de ses troupes hors de Khartoum après quatre mois du siège de son QG par les paramilitaires.

Après avoir été aperçu jeudi à Wadi Sidna, au nord de Khartoum et à Omdourman, quelques kilomètres plus au sud, le chef de l'armée a atterri en hélicoptère sur la base d'Atbara, dans l'Etat du Nil, à près de 300 kilomètres au nord-est de Khartoum, selon des vidéos diffusées par l'armée vendredi.

Accueilli par des soldats en liesse, on peut le voir sur une autre vidéo, béret vissé sur la tête et vêtu de son habituel uniforme kaki, passer ses troupes en revue, dans une démonstration de force inédite depuis le début de la guerre entre armée et paramilitaires le 15 avril.

L'armée est cloitrée depuis dans ses bases dans Khartoum où les FSR contrôlent les zones résidentielles.

- «Impact dévastateur» -

La guerre a fait près de 5.000 morts, selon l'ONG ACLED. Mais le bilan réel serait supérieur car de nombreuses zones du pays sont totalement coupées du monde et les deux camps refusent de communiquer leurs pertes.

Les combats et la faim menacent désormais d'«emporter» tout le Soudan et de faire basculer la région dans une catastrophe humanitaire, a alerté vendredi l'ONU, qui manque de fonds et fait face à des obstacles bureaucratiques pour acheminer l'aide.

Cette guerre «alimente une urgence humanitaire aux proportions épiques», alerte ainsi le coordinateur des Nations unies pour les Affaires humanitaires Martin Griffiths.

Alors que plus d'un Soudanais sur deux a besoin d'aide humanitaire pour survivre, les principaux dirigeants des organisations humanitaires œuvrant au Soudan ont prévenu que «plus de 6 millions de personnes y étaient au bord de la famine».

«Plus les combats se prolongent, plus leur impact est dévastateur. Dans certains endroits, il n'y a déjà plus de nourriture. Des centaines de milliers d'enfants souffrent de malnutrition sévère et risquent de mourir de façon imminente s'ils ne sont pas soignés», a prévenu M. Griffiths.

- Soins «insuffisants» -

A Genève, son porte-parole Jens Laerke a indiqué lors d'un point de presse que l'ONU fait face à deux problèmes: le manque de fonds et les difficultés d'accès à la population - en raison de l'insécurité mais aussi des nombreux «obstacles bureaucratiques».

En conséquence, des containers d'aide retrouvent bloqués à Port-Soudan, où l'ONU a établi son centre logistique.

Les journalistes soudanais se pressent dans cette ville côtière où sont désormais basés de nombreux officiels où le général Burhane y serait attendu vendredi pour un possible voyage à l'étranger selon les rumeurs, rapporte un photographe de l'AFP.

L'aéroport de Khartoum est fermé depuis le début du conflit mais celui du Port-Soudan est encore fonctionnel.

En quatre mois, plus de 4,6 millions de personnes ont été contraintes de fuir dont près d'un million vers les pays voisins, à la situation économique ou sécuritaire déjà fragile.

Depuis le début du conflit 380.000 ont ainsi fui au Tchad, a rappelé Médecins Sans Frontières (MSF) vendredi, mais les personnes y manquent de tout.

«Les soins sont insuffisants, il n'y a même pas assez de camps aujourd'hui pour pouvoir abriter tous ceux qui en ont besoin», a indiqué à des journalistes une responsable de MSF, Trish Newport, réclamant une augmentation massive et rapide de l'aide humanitaire».


ONG interdites à Gaza: MSF pourrait mettre fin à ses activités en mars

L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny. (AFP)
L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny. (AFP)
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  • Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité"
  • MSF a qualifié d'"ingérence scandaleuse" cette exigence, visant, selon Israël, à "empêcher l'infiltration d'opérateurs terroristes au sein des structures humanitaires"

PARIS: L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny.

Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité".

MSF a qualifié d'"ingérence scandaleuse" cette exigence, visant, selon Israël, à "empêcher l'infiltration d'opérateurs terroristes au sein des structures humanitaires".

"Pour travailler en Palestine, dans les territoires palestiniens occupés, nous devons être enregistrés (...) Cet enregistrement a pris fin le 31 décembre 2025", a expliqué sur France Inter Isabelle Defourny, médecin et présidente de MSF France.

"Depuis le mois de juillet 2025, nous étions impliqués dans un processus de réenregistrement et à ce jour, nous n'avons pas reçu de réponse. (...) On a encore 60 jours pendant lesquels on pourrait travailler sans être réenregistrés, et donc nous devrions mettre fin à nos activités en mars", si Israël maintenait sa décision de sanction, a-t-elle ajouté.

L'ONG dispose d'une quarantaine de personnels internationaux dans la bande de Gaza et travaille avec 800 personnels palestiniens dans huit hôpitaux.

"On a encore du +staff+ international qui, très récemment, ces derniers jours, a pu rentrer dans Gaza", a néanmoins précisé Mme Defourny.

"On est le second distributeur d'eau (dans la bande de Gaza). L'année dernière, en 2025, on a pris en charge un peu plus de 100.000 personnes blessées, brûlées, victimes de différents traumatismes. On est les deuxièmes en nombre d'accouchements effectués", a encore souligné la présidente de MSF France.

S'appuyant notamment sur une note du Cogat, l'organisme du ministère israélien de la Défense chargé des affaires civiles palestiniennes, Isabelle Defourny a estimé que la décision de sanction israélienne s'expliquait par le fait que les ONG "témoignent sur les violences commises par l'armée israélienne" à Gaza.

"Les journalistes internationaux n'ont jamais été autorisés à Gaza, les journalistes nationaux sont (...) ciblés les uns après les autres, tués par l'armée israélienne", a-t-elle ajouté.

Et de rappeler que "plus de 500 humanitaires ont été tués, dont 15 membres de MSF" dans des bombardements de l'armée israélienne depuis octobre 2023.


Le Conseil de transition du Sud salue l'invitation saoudienne au dialogue sur le Yémen

Membres du Conseil de transition du Sud au Yémen. (Reuters/File Photo)
Membres du Conseil de transition du Sud au Yémen. (Reuters/File Photo)
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  • L'Arabie saoudite a annoncé cette invitation plus tôt dans la journée de samedi, à la demande de Rashad Al-Alimi, président du Conseil présidentiel yéménite
  • Le royaume a exhorté toutes les factions à participer "pour développer une vision globale"

RIYAD: Le Conseil de transition du Sud (CTS) au Yémen a salué samedi l'invitation de l'Arabie saoudite à participer à un dialogue inclusif entre les factions du sud du Yémen à Riyad.

Dans un communiqué, le groupe a déclaré que cette initiative reflétait l'engagement du Royaume à résoudre les questions politiques par le dialogue, notamment en ce qui concerne le droit du peuple du sud à restaurer son État.

Le STC a souligné que tout dialogue sérieux doit reconnaître la volonté du peuple du sud, inclure des garanties internationales complètes et envisager un référendum libre dans le cadre de toute proposition ou solution politique future.

Le Conseil a déclaré avoir pris part à toutes les étapes du dialogue parrainé par l'Arabie saoudite et le Conseil de coopération du Golfe, en commençant par l'accord de Riyad en 2019, suivi par les consultations de Riyad en 2022, et culminant dans le dialogue global avec le Sud qui a conduit à l'adoption de la Charte nationale du Sud en 2023 - soulignant son engagement constant en faveur du dialogue et de la responsabilité politique.

L'Arabie saoudite a annoncé cette invitation plus tôt dans la journée de samedi, à la demande de Rashad Al-Alimi, président du Conseil présidentiel de direction du Yémen.

Le Royaume a exhorté toutes les factions à participer "à l'élaboration d'une vision globale" qui répondrait aux aspirations du peuple du Sud.

L'initiative a reçu un large soutien régional et international.


L’Arabie saoudite accueillera un « dialogue » entre les factions du sud du Yémen

L'Arabie saoudite a réaffirmé que le dialogue était le seul moyen de résoudre la question du Sud. (AFP/Fichier)
L'Arabie saoudite a réaffirmé que le dialogue était le seul moyen de résoudre la question du Sud. (AFP/Fichier)
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  • La conférence vise à « élaborer une vision globale » afin de répondre aux aspirations des Yéménites

RIYAD : Le ministère saoudien des Affaires étrangères a invité les factions du sud du Yémen à tenir un dialogue à Riyad afin de « discuter de solutions justes à la question du Sud ».

Dans un communiqué, le ministère a précisé que la conférence, prévue dans la capitale saoudienne, avait été demandée par Rachad Al-Alimi, président du Conseil de direction présidentielle yéménite. Le Royaume a exhorté l’ensemble des factions à y participer « pour élaborer une vision globale » à même de répondre aux aspirations de la population du Sud.

Le Conseil de transition du Sud (STC), mouvement séparatiste, s’est récemment emparé de territoires dans les gouvernorats de l’Hadramaout et d’Al-Mahra.

L’Arabie saoudite a estimé que l’action du STC constituait une menace directe pour la sécurité nationale du Royaume et pour la stabilité régionale.

Plus tôt cette semaine, la coalition militaire soutenant le gouvernement yéménite a mené des frappes aériennes visant un chargement d’armes et de véhicules destiné aux forces séparatistes du Sud. Cette cargaison était arrivée au port d’al-Mukalla à bord de deux navires.

L’Arabie saoudite a réitéré que la seule voie permettant de résoudre la question du Sud passe par le dialogue.

Mardi, des pays du Golfe et d’autres pays arabes ont exprimé leur soutien au gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com