Au Gabon, le général Oligui promet des institutions «plus démocratiques» mais sans «précipitation»

Le chef de la Garde républicaine du Gabon, le général Brice Oligui Nguema, ici à Libreville le 16 août 2023 (Photo, AFP).
Le chef de la Garde républicaine du Gabon, le général Brice Oligui Nguema, ici à Libreville le 16 août 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 02 septembre 2023

Au Gabon, le général Oligui promet des institutions «plus démocratiques» mais sans «précipitation»

  • En promettant une nouvelle Constitution, le nouvel homme fort du Gabon, qui doit prêter serment en tant que «Président de la transition» lundi
  • M. Bongo est en résidence surveillée à Libreville depuis le coup d'Etat

LIBREVILLE: Le général qui a renversé le président Ali Bongo Ondimba au Gabon il y a deux jours a promis vendredi des institutions "plus démocratiques" et respectueuses des "droits humains", mais sans "précipitation".

Le général Brice Oligui Nguema a également ciblé "la corruption" de l'ancien pouvoir de M. Bongo, dont la famille dirigeait ce petit Etat d'Afrique centrale riche de son pétrole depuis plus de 55 ans.

Lors de rencontres menées à un rythme effréné avec "les forces vives de la Nation", des partis, le corps diplomatique, les organisations internationales et les bailleurs de fonds, il a insisté sur le fait qu'il voulait rassurer à l'intérieur comme à l'extérieur du pays.

Mais en promettant une nouvelle Constitution et un nouveau code électoral, le nouvel homme fort du Gabon, qui doit prêter serment en tant que "Président de la transition" lundi, a fermé la porte aux principaux partis de l'ancienne opposition qui l'exhortaient à rendre le pouvoir aux civils en le confiant à Albert Ondo Ossa, arrivé deuxième à la présidentielle du 26 août, qu'elle considère comme frauduleuse.

L'armée dit avoir perpétré son putsch mercredi parce que les résultats proclamant M. Bongo réélu avaient été truqués et que son régime était marqué par une "gouvernance irresponsable et imprévisible" ainsi que par la corruption.

Le général avait convié vendredi le corps diplomatique et les organisations internationales mais les pays, occidentaux et africains notamment, qui avaient condamné le coup d'Etat n'ont pas dépêché leurs ambassadeurs mais des diplomates de rang inférieur, ont témoigné pour l'AFP des participants.

Les activités de quelque 400 soldats français, stationnés en permanence au Gabon, dans le cadre de la coopération militaire bilatérale, ont été suspendue "en attendant que la situation politique se clarifie", a déclaré le ministre français des Armées Sébastien Lecornu, dans un entretien au journal français Le Figaro publié vendredi soir.

La coopération militaire de la France suspendue selon le ministre des Armées français

La coopération  militaire entre la France et le Gabon, où sont stationnés en permanence quelque 400 soldats français, est suspendue depuis le coup d'Etat de mercredi, selon le ministre français des Armées Sébastien Lecornu.

"En ce qui concerne la présence militaire, ce sont des soldats qui font de la formation et qui ont toujours été aux côtés de l’armée gabonaise. À l'heure actuelle, leurs activités ont été suspendues en attendant que la situation politique se clarifie", a-t-il commenté dans un entretien au journal français Le Figaro publié vendredi soir.

«la sincérité des élections» en doute 
M. Lecornu a tenu à différencier les coups d'Etat au Gabon et au Niger.

"La France condamne tous les coups de force (...) Pour autant, nous ne pouvons pas mettre sur le même plan la situation au Niger, où des militaires illégitimes ont destitué un président légitimement élu, et celle du Gabon, où le mobile avancé par les militaires est précisément le non-respect de la loi électorale et de la Constitution. Car de fait, et, je pèse mes mots, il existe des doutes sur la sincérité des élections dans ce pays", a souligné le ministre français.

Le leader du putsch a affirmé que la dissolution des institution était "temporaire", assurant qu'il s'agissait d'en faire "des outils plus démocratiques", notamment en "matière de respect des droits humains, des libertés fondamentales, de la démocratie et de l'Etat de droit mais aussi de la lutte contre la corruption qui est devenue monnaie courante dans notre pays".

Devant la société civile, le général Oligui, chef de la toute puissante garde prétorienne de la famille Bongo, a ensuite promis une nouvelle Constitution, et un nouveau code électoral, mais sans "confondre vitesse et précipitation". "Qui va lentement, va sûrement", a-t-il asséné.

M. Bongo est en résidence surveillée à Libreville depuis le coup d'Etat. Sylvia Bongo, son épouse franco-gabonaise, est également détenue au secret, ont indiqué ses avocats vendredi en annonçant avoir déposé une plainte en France pour détention arbitraire.

Lors d'un discours jeudi mais retransmis vendredi par les télévisions d'Etat, le général Oligui a sermonné plus de 200 chefs d'entreprises gabonaises en accusant certains d'avoir participé à la corruption.

Il les a menacés de poursuites en accusant bon nombre d'entre eux d'avoir alimenté la corruption au sommet du pouvoir.

Le regard noir, il leur a reproché un manque de "patriotisme", les a sommés de "se remettre en cause" et de "stopper" la pratique répandue de la "surfacturation" dans les contrats avec l'Etat, donnant lieu à des rétrocommissions à de hauts responsables.

«Milliards de francs CFA»
Au même moment, les télévisions publiques diffusaient des images de l'un des fils du président déchu, Noureddin Bongo Valentin, et d'autres jeunes proches de lui "et de la Première Dame"--, hauts responsables du cabinet de M. Bongo, tous arrêtés le jour du putsch.

Ils étaient montrés devant des malles, cartons et sacs débordant de liasses de billets de banque pour des "milliards de francs CFA" (millions d'euros).

Les putschistes les accusent - Noureddin Bongo inclus - de "haute trahison", "détournements massifs de deniers publics" et "falsification de la signature" du chef de l'Etat.

A Paris vendredi, les avocats de l'ex-Première dame Sylvia Bongo ont déposé plainte pour "détention arbitraire" avec un autre de ses fils, Jalil.

"Elle est retenue dans un endroit indéterminé au Gabon", a assuré à l'AFP à Paris Me François Zimeray. Les avocats "exigent" l'autorisation de "visites" de membres du Consulat général de France à Libreville.

Ali Bongo avait été élu en 2009 à la mort de son père Omar Bongo Ondimba, qui dirigeait le pays depuis plus de 41 ans et constituait l'un des piliers de la "Françafrique", puis réélu difficilement en 2016, dans un scrutin que l'opposition dénonçait déjà comme truqué.


Les tensions au Moyen-Orient occupent le devant de la scène à Davos

Des dirigeants du monde entier, des PDG, des innovateurs technologiques et des responsables d'organisations humanitaires se rendent dans la station alpine de Davos chaque année au mois de janvier. (AFP/File Photo)
Des dirigeants du monde entier, des PDG, des innovateurs technologiques et des responsables d'organisations humanitaires se rendent dans la station alpine de Davos chaque année au mois de janvier. (AFP/File Photo)
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  • Pour sa 56e édition, la réunion annuelle du WEF devrait attirer environ 3 000 participants de plus de 130 pays
  • La délégation saoudienne, dirigée par le ministre des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, partagera les expériences réussies du Royaume dans le cadre de Vision 2030

DAVOS : Des dirigeants mondiaux, des PDG, des innovateurs technologiques et des responsables d'organisations humanitaires arrivent dans la ville suisse de Davos, recouverte de neige, pour le Forum économique mondial 2026, que les organisateurs ont qualifié de "l'un des rassemblements de plus haut niveau de l'histoire de l'événement".

La réunion de cette année, qui se tiendra du 19 au 23 janvier, abordera une série de défis géopolitiques urgents, de la guerre en Ukraine aux tensions croissantes au Moyen-Orient, où de nombreux points chauds à Gaza, au Liban et sur la mer Rouge ont ravivé les craintes d'une escalade régionale plus large.

Placé sous le thème "Un esprit de dialogue", le forum se tient à un moment de fragmentation mondiale sans précédent, d'inégalités économiques croissantes et de changements technologiques perturbateurs, offrant une plateforme pour favoriser la coopération mondiale afin de faire face aux grandes incertitudes.

Le forum de cette année devrait attirer un nombre record de participants gouvernementaux : 400 dirigeants politiques de premier plan, six dirigeants du G7, près de 850 PDG et présidents de conseils d'administration parmi les plus importants au monde, et près de 100 licornes et pionniers de la technologie de premier plan sont attendus.

Le président américain Donald Trump, le président français Emmanuel Macron, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, le président égyptien Abdel Fattah El-Sisi, le président syrien Ahmad Al-Sharaa et Aziz Akhannouch, le chef du gouvernement marocain, figurent parmi les 65 chefs d'État qui participeront à cet événement de premier plan.

La délégation saoudienne, dirigée par le ministre des affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, comprendra la princesse Reema Bandar Al-Saud, ambassadrice d'Arabie saoudite aux États-Unis, Khalid Al-Falih, ministre de l'investissement, Bandar Alkhorayef, ministre de l'industrie et des ressources minérales, Ahmed Al-Khateeb, ministre du tourisme, Faisal Alibrahim, ministre de l'économie et de la planification, Abdullah Al-Swaha, ministre des communications et des technologies de l'information, et Mohammed Al-Jadaan, ministre des finances.

Les ministres engageront un dialogue avec des leaders mondiaux, tout en partageant les expériences réussies du Royaume dans le cadre de la Vision saoudienne 2030, selon un communiqué du ministère de l'économie et de la planification.

En marge du WEF, le ministère accueillera pour la deuxième année consécutive le pavillon de la Maison saoudienne, qui réunira des leaders d'opinion internationaux pour plus de 20 sessions axées sur les principales tendances et les défis qui façonnent l'économie mondiale.

Borge Brende, président-directeur général du FEM, a déclaré que la réunion de cette année serait "l'une des plus importantes", soulignant que "le dialogue n'est pas un luxe en période d'incertitude ; c'est une nécessité urgente".

Le forum mondial "offrira un espace à un mélange inégalé de dirigeants et d'innovateurs mondiaux pour dépasser les divisions, se faire une idée d'un paysage mondial en évolution rapide et proposer des solutions aux défis les plus importants et les plus pressants d'aujourd'hui et de demain", a ajouté M. Brende.


Malgré les frappes russes et le froid, Kiev danse le ska

Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses. (AFP)
Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses. (AFP)
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  • Chaque hiver depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, Moscou pilonne les infrastructures énergétiques de son voisin
  • Début janvier, des bombardements massifs ont plongé Kiev dans le noir et privé la moitié de ses habitants de chauffage

KIEV: Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses.

C'est une "flashmob", explique-t-elle, une fête improvisée entre les habitants des immeubles environnants pour "ne pas penser aux problèmes", alors que le quartier est quotidiennement privé d'électricité pendant "17 ou 18 heures".

Chaque hiver depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, Moscou pilonne les infrastructures énergétiques de son voisin.

Début janvier, des bombardements massifs ont plongé Kiev dans le noir et privé la moitié de ses habitants de chauffage.

Le réseau a été rétabli depuis, mais reste extrêmement fragile et les coupures de courant font partie du quotidien des habitants de la capitale.

Ces derniers jours, le mercure flirte avec les -20 degrés, faisant chuter la température des logements, avec parfois 10 petits degrés dans les pièces.

"Les gens en ont assez de rester sans courant, de se sentir tristes", résume Olena Chvydka. "C’est une charge psychologique pour chacun".

Pour résister, Olena a organisé une fête en plein air. Platines et baffles ont été installées à 13H, quand il faisait encore -10 °C. "Maintenant, il doit faire -15 ou moins", sourit-elle.

"Invincibles" 

House, rap, ska... les styles s'enchaînent sous les doigts gelés du DJ, dont le visage dépasse à peine d'une doudoune épaisse et d'un gros bonnet.

Pieds dans la neige glacée, une femme se déhanche, auréolée de fourrure synthétique, engoncée dans une combinaison en satin bleu.

Des verres de vin chaud, des pas de danse maladroits sur la glace, des sourires sur les visages: "Les gens sont détendus ici. C’est vraiment cool", dit à l'AFP Olga Pankratova, résidente et ancienne officier des forces armées.

"Beaucoup de résidences font cela maintenant. Je suppose que c’est une question d’unité", glisse-t-elle.

"Ce genre de rassemblements apporte une forme de résistance civilisée à la force qui nous est imposée: missiles, explosions, flammes... Ça nous unit".

Un effet de mode s'est emparé de la capitale et les vidéos de soirées de ce genre fleurissent sur les réseaux sociaux.

L'ambiance tranche avec l'atmosphère de la capitale. Depuis janvier, le ronron des générateurs est devenu la bande originale des rues de Kiev, moins peuplées qu'à l'accoutumée à cause de la glace qui recouvre ses pavés.

L'Ukraine craint aussi une reprise des frappes russes sur ses infrastructures, alors que des drones de reconnaissance russes survolent Kiev en journée, alimentant les rumeurs de possibles attaques massives sur la ville.

"Peu importe à quel point on se force à faire bonne figure, cela affecte beaucoup notre état émotionnel sur le moment", confie Olga en évoquant les coupures de courant et accusant la Russie de "vouloir instiller la peur et la haine" dans la société ukrainienne.

"Les gens sont invincibles", lance pour sa part Ievgueniï, officier militaire à la retraite, qui a participé à l'organisation de la fête.

"Malgré la situation très compliquée, ils veulent tenir bon et célébrer. Et ils attendent la victoire quoi qu’il arrive", conclut-il.


Les candidats à un siège permanent au «Conseil de paix» de Trump doivent verser un milliard de dollars 

"Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits", peut-on lire dans le préambule de cette charte envoyée aux pays invités à y siéger. (AFP)
"Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits", peut-on lire dans le préambule de cette charte envoyée aux pays invités à y siéger. (AFP)
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  • Les Etats candidats à un siège permanent au "Conseil de paix" proposé par Donald Trump, qui s'octroie la mission de "promouvoir la stabilité" dans le monde, devront s'acquitter de "plus d'un milliard de dollars en espèces"
  • "Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits"

BRUXELLES: Les Etats candidats à un siège permanent au "Conseil de paix" proposé par Donald Trump, qui s'octroie la mission de "promouvoir la stabilité" dans le monde, devront s'acquitter de "plus d'un milliard de dollars en espèces", selon la "charte" obtenue lundi par l'AFP.

"Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits", peut-on lire dans le préambule de cette charte envoyée aux pays invités à y siéger.