«Décoloniser» l'aide humanitaire, plaidoyer de la nouvelle présidente d'ACF

Les habitants palestiniens du village d'al-Ramadin transportent des colis de produits d'hygiène et d'assainissement distribués par l'ONG française Action contre la faim dans le contexte de la pandémie de coronavirus (COVID-19), au sud-ouest de la ville cisjordanienne d'Hébron, le 13 avril 2020. (AFP / HAZEM BADER)
Les habitants palestiniens du village d'al-Ramadin transportent des colis de produits d'hygiène et d'assainissement distribués par l'ONG française Action contre la faim dans le contexte de la pandémie de coronavirus (COVID-19), au sud-ouest de la ville cisjordanienne d'Hébron, le 13 avril 2020. (AFP / HAZEM BADER)
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Publié le Lundi 04 septembre 2023

«Décoloniser» l'aide humanitaire, plaidoyer de la nouvelle présidente d'ACF

  • Face à "une augmentation énorme des besoins" depuis la crise du Covid-19 et la guerre en Ukraine, Aïcha Koraïchi, nouvelle présidente d'Action contre la faim (ACF), prône une réponse humanitaire plus "locale"
  • "Je suis une femme, je suis jeune, je suis arabe. Pas forcément le genre de profil que l'on voit à ce type de poste !"

PARIS: Face à "une augmentation énorme des besoins" depuis la crise du Covid-19 et la guerre en Ukraine, Aïcha Koraïchi, nouvelle présidente d'Action contre la faim (ACF), prône une réponse humanitaire plus "locale", main dans la main avec les acteurs du terrain.

Franco-tunisienne de 43 ans, elle a été élue en juin à la tête de l'organisation non- gouvernementale qu'elle avait rejointe dès 2011. Elle succède à Pierre Micheletti comme présidente à titre bénévole.

Dans un entretien accordé à l'AFP, Aïcha Koraïchi dit aussi bien "connaître la maison" que faire "figure d'exception dans le paysage humanitaire d'aujourd'hui".

"Je suis une femme, je suis jeune, je suis arabe. Pas forcément le genre de profil que l'on voit à ce type de poste !", confie-t-elle, désireuse que "les gouvernances des associations représentent mieux la diversité de la société française, surtout pour des questions d'acceptance là où elles interviennent."

Née en 1979, basée en région parisienne, ACF lutte dans 55 pays contre l'insécurité alimentaire, qui concernait 735 millions de personnes dans le monde en 2022. Sa branche française intervient dans 25 d'entre eux, majoritairement en Afrique et au Moyen-Orient.

Les causes sont multiples: conflit, guerre, déplacement de populations, menace jihadiste, inégalités de genre ou effets du changement climatique, préoccupation désormais "incontournable" au vu des conséquences sur les récoltes et l'accès à l'eau.

Aïcha Koraïchi constate "une augmentation énorme des besoins depuis la crise du Covid-19". "Dans ces pays, c'est beaucoup de travail informel. Avec le confinement, les populations n'ont plus eu accès à leur gagne-pain, sans compter le retard très fort sur les vaccinations des enfants". Puis il y a eu le "coup de massue": la guerre en Ukraine et l'envolée des prix des denrées alimentaires, des engrais et intrants, des carburants et du transport de marchandises.

«Gros sabots» et «néocolonialisme»

En réponse, au lieu de multiplier les interventions et de solliciter de facto davantage de financements, Aïcha Koraïchi entend "travailler de plus en plus en alliance avec les partenaires locaux, comme les ONG, les organismes de la société civile ou les instituts de recherche".

Cela pour éviter de se positionner "comme les seuls pouvant répondre à des problématiques globales et complexes dans un monde où il y a une montée du nationalisme" et où la seule action d'une grande ONG serait "asymétrique et inefficace".

"Rien de mieux que d'aller au contact (des populations et communautés), leur parler, connaître leur histoire, dit-elle, et réfléchir à comment co-construire ensemble une réponse adaptée à leurs besoins", aux côtés des unités du terrain munies d'un réseau bien tissé.

C'est le cas en République démocratique du Congo (RDC), où ACF France a ouvert une base de santé près de Mbuji-Mayi (centre) dans le cadre d'un projet sur trois ans, un "passage de relais" visant à renforcer le système existant, sans se l'approprier.

En RDC, où près d'un enfant sur quatre meurt de malnutrition, ACF aide à la construction de latrines, douches, fosses à déchets, à la formation et à la supervision du personnel de santé, la dotation de matériel et médicaments, et apporte des traitements nutritionnels pour enfants et femmes enceintes.

Pour Aïcha Koraïchi, il faut aussi préférer le transfert d'argent à la distribution pour que chacun s'approvisionne selon ses nécessités: "Si, avec nos gros sabots, on arrive avec des aliments achetés à l'étranger ou en capitale, on déstabilise l'économie locale. Et en ne travaillant pas avec toutes les parties prenantes, on n'aide pas non plus à se faire accepter".

D'autant plus que des "connotations néocoloniales", dit-elle, collent à la peau des ONG internationales. Si 20% des financements perçus par ACF France proviennent de dons privés ou de la collecte, 80% sont, eux, versés par des bailleurs institutionnels, souvent des gouvernements de pays du Nord.

"Il y a une problématique de fond, une petite crise existentielle dans l'humanitaire aujourd'hui, constate-t-elle. Les ONG doivent être capables d'autocritique, notamment sur leurs modes de financements", qui doivent être repensés et diversifiés. Cela participe de la "décolonisation de l'aide".


Nouveau départ de feu dans le Var: plus de 600 évacuations, 100 hectares parcourus

Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook. (AFP)
Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook. (AFP)
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  • Le feu s'est déclaré aux environs de 17H00 en périphérie de Brignoles, commune de 17.000 habitants, entrainant l'évacuation de plusieurs quartiers, selon la préfecture du Var
  • 250 pompiers, assistés de trois Canadair, deux Dash et sept hélicoptères ont été mobilisés, alors que le département du Var faisait face mercredi à des températures caniculaires

MARSEILLE: Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook.

"600 à 700 personnes" ont été évacuées, indique le maire, faisant état de 100 hectares de végétation parcourus depuis le déclenchement de ce nouveau feu, moins de 24 heures après l'annonce de la fixation de l'incendie du Gros Besillon, à une vingtaine de km plus au nord, qui a parcouru 4.500 hectares en huit jours.

Le feu s'est déclaré aux environs de 17H00 en périphérie de Brignoles, commune de 17.000 habitants, entrainant l'évacuation de plusieurs quartiers, selon la préfecture du Var. Parmi les personnes évacuées, 120 sont accueillies au Hall des expositions de Brignoles, a précisé M. Brémond.

250 pompiers, assistés de trois Canadair, deux Dash et sept hélicoptères ont été mobilisés, alors que le département du Var faisait face mercredi à des températures caniculaires.

 

 


Incendie dans le sud-ouest: le feu «toujours stabilisé», le risque de reprises persiste

L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes. (AFP)
L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes. (AFP)
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  • La Gironde et le département voisin des Landes sont placés en vigilance orange canicule à partir de midi, de quoi assécher encore une végétation prompte à s'enflammer
  • Le dispositif d'avertissement français comprend quatre niveaux, de vert (pas de vigilance particulière) à rouge (vigilance absolue) en passant par jaune et orange

BORDEAUX: L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes.

"La nuit a été calme, le feu est ce matin toujours stabilisé avec plusieurs reprises de feu traitées rapidement cette nuit", a annoncé la préfecture de Gironde, une semaine après le début du plus gros incendie de forêt à ravager la France depuis 1949, où environ 50.000 hectares avaient été calcinés.

"La surface brûlée n'a pas évolué", a précisé la préfecture, mais les conditions météorologiques restent "défavorables" mercredi, avec des températures attendues en hausse : jusqu'à 41°C dans les terres et 38°C sur le littoral.

La Gironde et le département voisin des Landes sont placés en vigilance orange canicule à partir de midi, de quoi assécher encore une végétation prompte à s'enflammer.

Le dispositif d'avertissement français comprend quatre niveaux, de vert (pas de vigilance particulière) à rouge (vigilance absolue) en passant par jaune et orange.

Outre la chaleur, le vent risque de souffler sur les braises et alimenter de nouveau l'incendie.

Les autorités s'attendent dès le début d'après-midi à des vents d'ouest avec des rafales de 30 à 45 km/h, et un taux d'humidité en baisse. Un risque d'orages est annoncé pour jeudi.

Au regard de ces conditions météorologiques, les sapeurs-pompiers de Gironde ont alerté sur un "risque de reprise de feux extrêmement élevé" dans la journée.

La veille, elles avaient conduit à l'évacuation préventive de 4.000 touristes des campings et résidences de vacances de la station balnéaire de Lacanau, à 50 km à l'ouest de Bordeaux.

Depuis le début de cet incendie hors-norme, 222.000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 24 communes du secteur.

Mardi soir, 57.000 habitants de trois villes proches de Bordeaux évacués dans le week-end ont pu rentrer chez eux, a indiqué la préfète du département Sophie Brocas.

Un chantier colossal de 127 kilomètres de "coupes tactiques", quasiment achevé, vise à priver ce feu, d'origine accidentelle, de "combustible" et empêcher sa progression, selon l'association Défense de la forêt contre les incendies de la région aquitaine (DFCI).

"126 sapeurs-pompiers ont été blessés depuis le début de cet évènement", a indiqué la préfecture.

Ces derniers jours, le sud-est du pays a aussi été touché par plusieurs incendies, en Corse, dans les Hautes-Alpes et dans le Var.

 


Incendies: Engie va consacrer 25 millions d'euros à la reconstruction des forêts

Un pompier de Paris observe les dégâts alors que la fumée envahit les arbres à Marcheprime, près de Bordeaux, le 26 juillet 2026, lors d’un incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon depuis le 22 juillet. (AFP)
Un pompier de Paris observe les dégâts alors que la fumée envahit les arbres à Marcheprime, près de Bordeaux, le 26 juillet 2026, lors d’un incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon depuis le 22 juillet. (AFP)
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  • Engie consacrera 25 millions d’euros à la restauration durable des forêts françaises touchées par les incendies
  • Le groupe vise à renforcer la biodiversité et la résilience des écosystèmes face au changement climatique

PARIS: Le groupe énergétique français Engie va verser 25 millions d'euros pour participer à "la reconstruction et la régénération durable des forêts détruites", a-t-il annoncé mardi, mettant en avant le "choc humain, environnemental et économique" des incendies, notamment en Gironde et à Fontainebleau.

"Cette contribution permettra d'accompagner les efforts de reconstitution des espaces forestiers détruits et de soutenir les initiatives visant à renforcer la résilience des écosystèmes naturels face aux effets du changement climatique", a écrit le groupe dans un communiqué.

"Cela implique notamment de réfléchir aux essences les plus adaptées, à la préservation de la biodiversité, à la restauration de zones humides, aux conditions d'accès pour les services de secours ainsi qu'à la protection et au retour de la faune sauvage", ajoute Engie, soulignant que ces incendies avaient atteint "une part du patrimoine naturel français".

Les incendies ont déjà parcouru plus de 116.000 hectares en France cette année, un record, selon le Premier ministre Sébastien Lecornu, dont une part importante par le "mégafeu" qui sévit depuis plusieurs jours en Gironde.

Les efforts de reboisement s'annoncent très coûteux: chaque hectare de forêt à restaurer coûte entre 5.000 et 10.000 euros, selon le ministère de la Transition écologique. La ministre Monique Barbut a rappelé mardi dernier que l’État augmenterait de 20 millions d'euros les fonds alloués à l'Office national des forêts (ONF) en 2026.

Le groupe énergétique affirme qu'il va "se rapprocher des autorités publiques, des collectivités territoriales, des acteurs de la filière forestière et du monde de la recherche afin de déployer concrètement ce soutien" et qu'il s'inscrit "dans le cadre du plan +France Forêt 2100+".

Quelques initiatives de la part des entreprises ont eu lieu depuis le début de la saison des incendies, à l'instar de Carrefour qui a promis de donner environ 8 tonnes de denrées alimentaires et de produits d'hygiène, de Lidl qui a indiqué en livrer 3 tonnes, de la Macif qui a annoncé un fonds d'un million d'euros pour ses sociétaires et des actions de solidarité, et du Crédit Agricole qui a prévu notamment un fonds d'urgence de deux millions d'euros à destination des services départementaux d'incendie et de secours (SDIS).