Les nouveaux combats dans l'est de la Syrie «risquent de faire réapparaître Daech»

Un combattant des Forces démocratiques syriennes (FDS) soutenues par les États-Unis se tient à côté d'un véhicule blindé, dans la ville d'Al-Sabha dans la campagne orientale de Deir Ezzor, en Syrie, lundi 4 septembre 2023 (Photo, AFP).
Un combattant des Forces démocratiques syriennes (FDS) soutenues par les États-Unis se tient à côté d'un véhicule blindé, dans la ville d'Al-Sabha dans la campagne orientale de Deir Ezzor, en Syrie, lundi 4 septembre 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 08 septembre 2023

Les nouveaux combats dans l'est de la Syrie «risquent de faire réapparaître Daech»

  • Les affrontements à Deir Ezzor ont fait 90 morts
  • Le dirigeant kurde propose de réparer les «erreurs» commises dans la région

DJEDDAH: Les combats entre milices rivales qui ont fait au moins 90 morts dans l'est de la Syrie risquent de faire réapparaître Daech dans la région, ont averti jeudi des analystes.

Les affrontements ont commencé il y a une semaine lorsque des combattants tribaux arabes se sont rebellés contre les forces démocratiques syriennes dirigées par les Kurdes à Deir Ezzor la semaine dernière, le premier soulèvement de ce type depuis que Daech a été chassé de la région il y a plus de quatre ans.

Les terroristes ont perdu leur dernière parcelle de terrain dans l'est de la Syrie en 2019, mais des cellules fugitives cachées dans la région ont continué à mener des attaques de faible envergure, tuant des dizaines de personnes au fil des ans.

Les derniers affrontements à Deir Ezzor «donnent l'occasion aux cellules de Daech qui nichent dans la vallée de l'Euphrate d'émerger», a déclaré Myles Caggins, chercheur principal à l'Institut New Lines, un groupe de réflexion à Washington.

Dirigées par les YPG kurdes et comprenant des combattants arabes, les FDS ont mené la lutte contre Daech. Elles gouvernent environ un quart du territoire syrien, notamment d’importants champs pétroliers.

Mais les habitants arabes se sont plaints que l'administration provinciale de Deir Ezzor, dirigée par les Kurdes, les discrimine et leur refuse leur part des richesses pétrolières.

Afin de réduire les tensions, le chef des Forces démocratiques syriennes a proposé jeudi de répondre aux demandes des tribus arabes dans l'est de la Syrie et de corriger les «erreurs» commises, selon lui, au sein de l'administration régionale.

Le commandant Mazloum Abdi a indiqué qu'il avait rencontré des chefs de tribus et qu'il accéderait à leur demande de libérer des dizaines de combattants locaux qui avaient été arrêtés lorsque les FDS avaient mis fin aux troubles. «Nous avons décidé d'accorder une amnistie générale aux personnes concernées», a-t-il signalé. «Nous avons déjà libéré la moitié des personnes arrêtées et nous libérerons les autres.»

Abdi a promis d'organiser une réunion avec les notables des tribus arabes et d'autres représentants de Deir Ezzor afin de répondre aux griefs de longue date, qu'il s'agisse de l'éducation, de l'économie ou de la sécurité. «Il y a des lacunes et des erreurs sur le terrain», a-t-il affirmé.

Dirigées par les YPG kurdes et comprenant des combattants arabes, les FDS ont mené la lutte contre Daech. Elles gouvernent environ un quart du territoire syrien, en particulier d’importants champs pétroliers.

Abdi s'est engagé à restructurer le Conseil civil qui gouverne la province et le Conseil militaire de Deir Ezzor afin de les rendre plus «représentatifs de toutes les tribus et de toutes les composantes de Deir Ezzor».

Il a souligné : «Nous sommes ouverts à toutes les critiques, nous les étudierons toutes et nous les surmonterons... et le résultat sera le retour du FDS avec toutes ses composantes d'une manière encore plus forte.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Bahreïn et le Koweït affirment avoir contré des attaques iraniennes

Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
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  • "L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes"
  • Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues

MANAMA: Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran.

"L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes".

Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues, a rapporté une journaliste de l'AFP.

L'état-major koweïtien a également indiqué dans la nuit avoir répondu à "des attaques hostiles de drones" iraniens. Il a précisé que les explosions entendues étaient le résultat d'interceptions aériennes.

Les forces iraniennes ont annoncé avoir visé "des systèmes de radar, un système de défense antiaérienne Patriot et des sites de stockage de carburant" sur la base aérienne Ali al-Salem  au Koweït, ainsi que des installations militaires américaines sur la base aérienne de Cheikh Isa à Bahreïn.

Téhéran mène des attaques quasi quotidiennes dans ces deux pays du Golfe depuis la reprise des hostilités le 7 juillet avec les Etats-Unis, en disant cibler des intérêts militaires américains.

Les autorités bahreïnie et koweïtienne accusent toutefois leur voisin de viser aussi des sites civils.

Dimanche, le Koweït a affirmé que trois postes-frontières et une plateforme pétrolière offshore avaient été ciblés, sans préciser leur origine.

La confrontation a repris après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent au Moyen-Orient depuis le cessez-le-feu du 8 avril.


La Syrie dit avoir saisi des armes en provenance d'Irak destinées au Hezbollah

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
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  • Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad
  • Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak

DAMAS: La Syrie a annoncé jeudi avoir déjoué une tentative de faire passer des armes destinées au Hezbollah pro-iranien au Liban, dont des missiles, via sa frontière avec l'Irak.

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana.

"Les premières investigations ont établi que la cargaison était destinée à transiter par la Syrie au profit de la milice terroriste du Hezbollah", a ajouté cette source.

Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad.

Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump met la pression sur la Syrie pour qu'elle intervienne au Liban contre le Hezbollah.

Depuis qu'une coalition islamiste a pris le pouvoir en Syrie en 2024, les autorités ont affirmé avoir démantelé des cellules liées à la formation pro-iranienne qui préparaient des attentats en Syrie, mais le Hezbollah a toujours démenti.

Le groupe est affaibli par la nouvelle guerre qu'il a menée contre Israël depuis mars pour soutenir l'Iran.

Le président syrien Ahmad al-Chareh dit refuser d'intervenir militairement au Liban contre le Hezbollah, comme l'a suggéré à plusieurs reprises Donald Trump.


Israël confirme au Pentagone vouloir rester dans des «zones de sécurité» au Liban, en Syrie et à Gaza

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. (AFP)
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. (AFP)
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  • Les dirigeants israéliens évoquent régulièrement ces "zones de sécurité" dont les contours restent flous mais que les autorités israéliennes placent le long des frontières israéliennes
  • Le bureau de M. Katz a indiqué avoir fait part à son homologue américain de "la détermination d'Israël à rester dans les zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban afin de protéger les frontières d'Israël"

JERUSALEM: Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza.

Cette déclaration intervient alors que les Etats-Unis ont annoncé que les négociations menées mardi et mercredi à Rome entre Israël et le Liban avaient été "positives" et que le processus de mise en œuvre de "zones pilotes", d'où les troupes israéliennes doivent se retirer, commencerait "dans les prochains jours".

Le président américain Donald Trump avait demandé au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de retirer les forces israéliennes de Syrie et du Liban, selon un article publié mardi par le média américain Axios.

Les dirigeants israéliens évoquent régulièrement ces "zones de sécurité" dont les contours restent flous mais que les autorités israéliennes placent le long des frontières israéliennes.

Dans un communiqué, le bureau de M. Katz a indiqué avoir fait part à son homologue américain de "la détermination d'Israël à rester dans les zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban afin de protéger les frontières d'Israël et les communautés situées près de la frontière contre les menaces que représentent les forces jihadistes".

"Nous n'avons jamais demandé aux Etats-Unis d'opérer à notre place le long de nos frontières", ajoute le communiqué du cabinet de M. Katz.

Au Liban et à Gaza, les forces israéliennes sont présentes sur le terrain, où elles mènent quotidiennement des opérations contre le Hezbollah et le Hamas.

Au Liban, les forces israéliennes restent déployées dans ce que l'armée décrit comme une "zone de sécurité" s'étendant sur environ 10 kilomètres à l'intérieur du territoire libanais et poursuit des frappes limitées dans le sud.

A Gaza, l'armée israélienne contrôle 60% du territoire. Elle est notamment présente sur l'ensemble du périmètre extérieur du territoire palestinien, le long des frontières entre Israël et l'Egypte.

Après le renversement, en décembre 2024, de Bachar al-Assad, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon surveillée par l'ONU qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan.

Depuis lors, Israël a mené des incursions répétées sur le territoire syrien, ainsi que des bombardements, et a déclaré vouloir instaurer une zone démilitarisée dans le sud de ce pays.