De Washington à Alger, solidarité avec le Maroc après le séisme

Le Maroc a décrété samedi un deuil national de trois jours, a annoncé le cabinet royal (Photo, Fournie).
Le Maroc a décrété samedi un deuil national de trois jours, a annoncé le cabinet royal (Photo, Fournie).
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Publié le Mercredi 13 septembre 2023

De Washington à Alger, solidarité avec le Maroc après le séisme

  • Le président français, Emmanuel Macron, s'est dit «bouleversé» et a proposé l'aide de la France
  • «Toute ma solidarité et tout mon soutien au peuple du Maroc après ce terrible tremblement de terre», a de son côté écrit le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, sur X

MARRAKECH: Le séisme, qui a fait au moins 2012 morts au Maroc dans la nuit de vendredi à samedi, a suscité un élan de solidarité dans le monde, plusieurs pays et organisations proposant leur aide à Rabat.

Europe

Le président français, Emmanuel Macron, s'est dit "bouleversé après le terrible séisme". "La France se tient prête à aider aux premiers secours", a-t-il ajouté sur X (ex-Twitter) durant son vol pour le G20 qui a lieu ce week-end à New Delhi.

Et samedi soir, les dirigeants des 27 pays membres de l'Union européenne ont cosigné une lettre au roi du Maroc Mohammed VI, se disant "pleinement solidaires" et "prêts à aider de toutes les manières que vous (le roi, ndlr) jugerez utiles".

La cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, a regretté le "bilan tragique du séisme" et réaffirmé la "volonté de l'Italie de soutenir le Maroc en cette situation d'urgence".

"Toute ma solidarité et tout mon soutien au peuple du Maroc après ce terrible tremblement de terre", a de son côté écrit le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, sur X, tandis que le roi Felipe VI s'est dit "dévasté". Le ministre des Affaires étrangères, Jose Manuel Albares, a précisé que "l'Espagne a proposé au Maroc (...) à la fois des équipes de secours (...) mais aussi son aide pour la reconstruction".

Le Royaume-Uni se tient "prêt à aider" le Maroc "de toutes les manières possibles", a assuré le ministre britannique des Affaires étrangères, James Cleverly.

La Suisse a proposé de fournir des abris temporaires, du matériel de traitement et de distribution d'eau, des installations sanitaires et des kits d'hygiène.

"En Russie, on partage la peine et le deuil du peuple ami marocain", a déclaré le président russe, Vladimir Poutine, présentant ses "condoléances sincères pour les conséquences tragiques du séisme dévastateur".

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a affirmé de son côté être "solidaire du Maroc en cette épreuve tragique".

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a lui exprimé ses condoléances au peuple "frère" marocain et offert "toutes formes de soutien pour panser les blessures" du Maroc. La Turquie a été endeuillée en février par un très puissant séisme qui a fait plus de 50.000 morts et des millions de déplacés dans le sud-est du pays.

Afrique du Nord

L'Algérie, qui a rompu ses relations diplomatiques avec le Maroc en août 2021 en pleine crise entre les deux pays, a présenté "ses sincères condoléances au peuple marocain frère pour les victimes du tremblement" de terre, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères à Alger.

Moyen-Orient

Le Maroc, qui a normalisé en 2020 ses relations avec Israël, a reçu une offre d'assistance du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, qui a "donné des instructions à tous les organes et forces gouvernementaux pour fournir toute l'assistance nécessaire au peuple marocain, y compris les préparatifs pour l'envoi d'une équipe d'aide dans la région", selon un communiqué de son bureau.

"Le peuple d'Israël se (tient) au côté de ses amis (…) en cette période difficile", poursuit-il.

Le Premier ministre irakien Mohamed Chia al-Soudani s'est aussi dit "prêt à fournir toute forme d'assistance" tandis que le roi de Jordanie Abdallah II a ordonné à son gouvernement "d'apporter toute l'aide nécessaire au Maroc".

Le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane tout comme le président émirati, Mohammed ben Zayed, ont adressé leurs "condoléances" au roi Mohammed VI et au peuple marocain. L'Egypte a également exprimé sa solidarité.

Le Qatar a annoncé qu'une équipe de secours allait partir de Doha samedi soir.

Afrique subsaharienne 

"Nos pensées et nos prières vous accompagnent", a écrit sur X le président tanzanien Samia Suluhu Hassan. "Le Kenya se tient aux côtés du peuple marocain", a posté sur le réseau social son homologue kényan William Ruto.

Le président ivoirien Alassane Ouattara a également présenté ses "condoléances les plus attristées" au "peuple frère du Maroc" sur X.

"Nous sommes profondément attristés par la perte choquante de vies humaines", a déclaré le vice-président sud-africain Paul Mashatile, au nom du président Cyril Ramaphosa, en déplacement au G20.

"Toutes nos pensées vont à l'endroit du peuple marocain en ces moments difficiles que traverse ce pays frère", a écrit sur X le ministre de la Défense du Niger, le général Salifou Mody, nommé par le régime issu du coup d'Etat du 26 juillet dernier.

Etats-Unis

Le président américain Joe Biden s'est dit "profondément attristé par les vies perdues et par la dévastation causée" par le tremblement de terre, dans un communiqué publié depuis New Delhi, où il participe au sommet du G20.

Les Etats-Unis s'emploient à "assurer que les ressortissants américains au Maroc sont en sécurité" et "sont prêts à apporter toute assistance nécessaire au peuple marocain", a fait savoir le président américain.

Asie

Le président chinois Xi Jinping s'est dit "choqué" et a "exprimé (sa) profonde tristesse pour les victimes et (ses) sincères condoléances aux familles, a rapporté la télévision d'Etat CCTV.

De son côté, le Premier ministre indien, Narendra Modi, s'est déclaré "extrêmement peiné par les pertes de vies" humaines.

Le président de l'Azerbaïdjan, Ilham Aliev, s'est lui dit "profondément choqué" dans son message de condoléances adressé au roi du Maroc.

Organisations

Le chef de l'Organisation mondiale de la Santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a dit sur X avoir le "coeur brisé". "Mes pensées et mes prières vont aux Marocains (...). Nous sommes prêts à répondre aux besoins immédiats en matière de santé", a-t-il écrit.

Le président de la Commission de l'Union africaine, Moussa Faki Mahamat, a dit avoir "appris avec une grande douleur les conséquences tragiques du séisme" tandis que l'Organisation de la coopération islamique (OCI), basée en Arabie saoudite, a indiqué, elle, prier pour "un rétablissement rapide pour les blessés".

Vatican

Le pape François a exprimé "sa profonde solidarité avec ceux qui sont frappés dans leur chair et leur coeur par cette tragédie".

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Trump dit ne pas penser que le guide suprême iranien soit mort

Mojtaba Khamenei a été blessé dans la première salve de frappes américano-israéliennes contre l'Iran le 28 février, qui ont tué son père Ali Khamenei. (AFP)
Mojtaba Khamenei a été blessé dans la première salve de frappes américano-israéliennes contre l'Iran le 28 février, qui ont tué son père Ali Khamenei. (AFP)
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  • Mojtaba Khamenei a été blessé dans la première salve de frappes américano-israéliennes contre l'Iran le 28 février, qui ont tué son père Ali Khamenei
  • Il n'est pas apparu publiquement depuis et s'exprime par des communiqués qui lui sont attribués.

WASHINGTON: Donald Trump a dit mercredi qu'il "ne pensait pas" que le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei, qui n'a pas été vu en public depuis fin février, "soit mort".

"Il a été très sérieusement blessé mais je ne pense pas qu'il soit mort", a dit le président américain pendant un entretien avec un animateur conservateur, Glenn Beck.

Mojtaba Khamenei a été blessé dans la première salve de frappes américano-israéliennes contre l'Iran le 28 février, qui ont tué son père Ali Khamenei.

Il n'est pas apparu publiquement depuis et s'exprime par des communiqués qui lui sont attribués.

Cette discrétion, en plein conflit régional, a donné lieu à des spéculations à la fois sur son état de santé et sur ses relations avec d'autres hauts responsables iraniens.


Oman et Téhéran négocient la régulation du détroit d'Ormuz sans déblocage en vue

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  • Le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al-Busaidi, a dit sur X espérer "annoncer bientôt" un nouveau couloir de navigation, ainsi "que des modalités pratiques afin de rétablir une navigation sûre"
  • Des négociations se poursuivront pour établir un couloir "permanent" et définir "la future gestion du détroit", ainsi qu'un mécanisme de "fourniture des services de navigation et de sécurité nécessaires", ajoute le texte

TEHERAN: Oman et Téhéran discutent d'un "couloir temporaire" de navigation dans le détroit d'Ormuz et de son déminage mais les autorités iraniennes ont prévenu mercredi que le passage stratégique ne serait pas ouvert avant que les Etats-Unis ne mettent fin à la guerre.

Les deux pays riverains du détroit cherchent à réguler la navigation dans cette voie maritime, toujours verrouillée par Téhéran, qui est au cœur de la guerre au Moyen-Orient.

Alors que le conflit dure depuis près de six mois, Washington a intensifié la pression économique avec un nouveau train de sanctions "secondaires" annoncé cette semaine, touchant non pas directement l'Iran mais ses partenaires commerciaux, sur l'or, la technologie, les actifs numériques, l'aviation et le transport maritime.

A Mascate, les ministres iranien et omanais des Affaires étrangères ont discuté mardi d'un accord-cadre établissant un "couloir temporaire" et prévoyant une opération de déminage, selon un communiqué conjoint.

Le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al-Busaidi, a dit sur X espérer "annoncer bientôt" un nouveau couloir de navigation, ainsi "que des modalités pratiques afin de rétablir une navigation sûre".

Des négociations se poursuivront pour établir un couloir "permanent" et définir "la future gestion du détroit", ainsi qu'un mécanisme de "fourniture des services de navigation et de sécurité nécessaires", ajoute le texte.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a souligné mardi sur X que lors de négociations avec les partenaires omanais et pakistanais, "l'accent a été mis sur des solutions régionales". "Le cadre proposé pour un nouveau corridor, le déminage conjoint et la gestion future du détroit d'Ormuz en sont une parfaite illustration".

Mais le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a prévenu Washington tôt mercredi sur X: "Avant toute action visant à rouvrir le détroit d'Ormuz, les Etats-Unis doivent mettre pleinement en œuvre l'ensemble des engagements qu'ils ont violés".

"Le détroit d'Ormuz ne sera rouvert qu'en échange de la fin de la guerre sur tous les fronts, de la levée du blocus et d'un règlement de la situation au Yémen."

Il a ajouté que la réponse de l'Iran aux sanctions américaines serait de "viser leurs intérêts économiques".

"Mines retirées", selon Trump 

Sur son réseau social, Donald Trump avait, lui, affirmé que, selon la marine américaine, "toutes les mines avaient été retirées et/ou détruites dans les eaux internationales du détroit d'Ormuz".

"L'Iran a été informé que tout navire ou bateau posant de nouvelles mines (serait) (...) détruit", a-t-il ajouté.

Plus tôt, il avait assuré que le détroit était sous contrôle américain - ce que Téhéran a démenti - et menacé Oman de bombardements si le sultanat se mettait "en travers" de la route des Etats-Unis sur Ormuz.

Le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a dit lundi la volonté de Washington de "couper toutes les ressources économiques" de l'Iran

En Iran, déjà éprouvé par des décennies de sanctions internationales, de nombreux automobilistes et motards se sont pressés mardi dans les stations-service de Téhéran.

Malgré les informations toujours contradictoires, les opérateurs ont poussé le pétrole en baisse de plus de 2% mercredi dans un regain d'optimisme, le Brent s'installant sous les 90 dollars.

La guerre a été déclenchée fin février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran, qui a riposté en frappant des pays alliés de Washington dans la région et en verrouillant le détroit d'Ormuz.

Au cœur du conflit, le stratégique détroit, par lequel transitait auparavant un cinquième des hydrocarbures mondiaux, est verrouillé par Téhéran quasiment sans interruption depuis six mois, ce qui a entraîné une envolée des prix du pétrole et une pression accrue sur Donald Trump aux Etats-Unis, à l'approche des élections de mi-mandat de novembre.

Washington mène en retour un blocus des ports iraniens.

Téhéran a exclu tout retour à la situation d'avant-guerre dans le détroit.


Un député israélien tente de détruire un mémorial palestinien en Cisjordanie

Le député israélien d'extrême droite Zvi Soukot a tenté mardi de détruire un mémorial à la mémoire de "martyrs" palestiniens dans un village en Cisjordanie occupée, affirmant qu'il s'agissait de "terroristes", un acte condamné par l'armée et la classe politique. (AFP)
Le député israélien d'extrême droite Zvi Soukot a tenté mardi de détruire un mémorial à la mémoire de "martyrs" palestiniens dans un village en Cisjordanie occupée, affirmant qu'il s'agissait de "terroristes", un acte condamné par l'armée et la classe politique. (AFP)
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  • L'armée israélienne qui accompagnait le député lors de cette visite dans des villages palestiniens du nord de la Cisjordanie a dénoncé "la manière trompeuse et manipulatrice" dont elle a été utilisée par M. Soukot
  • "Des soldats de Tsahal affectés à des missions opérationnelles dans le secteur ont été détournés de ces missions pour cette tâche et exposés à des risques inutiles, alors que Tsahal opère dans un contexte de forte pression"

RAMALLAH: Le député israélien d'extrême droite Zvi Soukot a tenté mardi de détruire un mémorial à la mémoire de "martyrs" palestiniens dans un village en Cisjordanie occupée, affirmant qu'il s'agissait de "terroristes", un acte condamné par l'armée et la classe politique.

"Il y a quelques jours, j'ai demandé à l'armée d'agir pour retirer les monuments commémorant des terroristes responsables d'attaques contre des Israéliens dans les villages de Madama et de Burin. Malheureusement, ils sont restés en place. Je m'y suis donc rendu moi-même et j'ai pris des mesures pour les retirer", a affirmé M. Soukot dans une vidéo le montrant avec un marteau tentant de détruire le mémorial.

L'armée israélienne qui accompagnait le député lors de cette visite dans des villages palestiniens du nord de la Cisjordanie a dénoncé "la manière trompeuse et manipulatrice" dont elle a été utilisée par M. Soukot.

"Des soldats de Tsahal affectés à des missions opérationnelles dans le secteur ont été détournés de ces missions pour cette tâche et exposés à des risques inutiles, alors que Tsahal opère dans un contexte de forte pression", a dit l'armée dans un communiqué.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé que l'armée est "l'autorité souveraine en Judée-Samarie (nom israélien de la Cisjordanie)".

"Se faire justice soi-même, en particulier lorsqu'il s’agit de personnalités publiques, est une pratique répréhensible qui empêche Tsahal de se concentrer sur ses missions de lutte contre le terrorisme et l'incitation à la violence", a dit M. Netanyahu selon un communiqué de son bureau.

Le principal rival de M. Netanyahu pour les prochaines élections, Gadi Eizenkot, a réagi sur X en accusant le Premier ministre "qui permet à des anarchistes comme Zvi Soukot et ses semblables de faire tout ce qui leur plaît, mettant en danger la sécurité des localités israéliennes et portant atteinte à la position d'Israël dans le monde".

Rami Nassar, chef du conseil du village de Madama, a déclaré à l'AFP que "le monument porte les noms des martyrs du village tombés lors de la bataille de Karameh (en 1968, NDLR), des première et deuxième Intifada (soulèvement palestinien), ainsi que jusqu'à aujourd'hui", qualifiant l'acte du député israélien de "terrorisme".

M. Nassar a affirmé que le nom d'"un agriculteur du village tué alors qu'il travaillait sa terre, sans qu'aucun affrontement n'ait eu lieu" était notamment inscrit sur le mémorial.

Dans sa vidéo, M. Soukot a affirmé que parmi les noms mentionnés sur le mémorial figurait celui de Yamen Faredj, membre du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), recherché pour sa participation à des attentats en Israël pendant la seconde Intifada et qui avait été tué en 2004 à Naplouse par l'armée israélienne.

Les violences ont explosé dans le territoire palestinien, occupé depuis 1967, depuis l'attaque du mouvement islamiste Hamas en Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza.