La menace terroriste rapproche Bagdad et Ankara

Le ministre turc Hulusi Akar s’entretient avec un soldat lors d'une visite près de la frontière irakienne. Bagdad considère les raids de la Turquie contre le PKK en Irak comme une violation de sa souveraineté (Photo, AP).
Le ministre turc Hulusi Akar s’entretient avec un soldat lors d'une visite près de la frontière irakienne. Bagdad considère les raids de la Turquie contre le PKK en Irak comme une violation de sa souveraineté (Photo, AP).
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Publié le Vendredi 18 décembre 2020

La menace terroriste rapproche Bagdad et Ankara

  • Ankara donne la priorité à l'éradication du PKK de la province de Sinjar en Irak. Cet objectif serait crucial selon Erdogan pour assurer «l'avenir de l'Irak»
  • La levée des exigences de visa pour les Irakiens qui arrivent en Turquie est un autre élément capital des négociations

ANKARA: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accueilli jeudi le premier ministre irakien Mustafa Al-Kadhimi au palais présidentiel.

La visite inattendue de la haute délégation irakienne en Turquie a conduit à des spéculations sur les défis à venir dans la région qui ont motivé le rapprochement inopiné entre les deux pays.

Des experts ont cependant attiré l’attention sur les préoccupations sécuritaires communes aux deux pays. L’influence des militants du Parti des travailleurs kurdes du Kurdistan (PKK), en quête d’autonomie, pourrait être le principal moteur de cette réunion de haut niveau.

Selon Samuel Ramani, spécialiste du Moyen-Orient à l'Université d'Oxford, les raids transfrontaliers de la Turquie contre le PKK en Irak sont un sujet à l’ordre du jour doute. Bagdad considère en effet les incursions comme une violation de sa souveraineté territoriale, alors que la Turquie affirme qu'ils sont essentiels pour sa sécurité nationale.

«Les médias publics turcs insistent que la Turquie saura justifier ses attaques contre le PKK comme une démarche en vue d'aider l'Irak à combattre cette organisation politique armée», a déclaré Ramani à Arab News.

Ankara donne la priorité à l'éradication du PKK de la province de Sinjar en Irak. Cet objectif serait crucial selon Erdogan pour assurer «l'avenir de l'Irak», car le groupe terroriste utilise de plus en plus la région comme nouveau quartier général, une alternative aux montagnes Qandil dans le nord de l'Irak.

L'armée turque a périodiquement frappé les repaires du PKK en Irak, parallèlement à sa lutte contre les forces des YPG kurdes syriens affiliées au PKK. Ankara veut absolument restreindre les ambitions kurdes  de contrôler plus de territoire dans la région, et empêcher sa propre population kurde de s'inspirer des ambitions d'autonomie gouvernementale de ce parti.

Mardi, les peshmergas kurdes irakiens et des militants du PKK et YPG se sont affrontés lorsque ces derniers ont tenté d'entrer illégalement au Kurdistan irakien depuis la Syrie, et ont attaqué la base locale des peshmergas en utilisant des armes lourdes.

«Les YPG ne peuvent pas être autorisés à exploiter l'aide étrangère pour lancer des attaques sur notre territoire. Toute répétition de ce genre d’attaque nuirait gravement à la sécurité régionale», a averti Masrour Barzani, premier ministre du gouvernement régional du Kurdistan, dans un communiqué.

Ramani estime que la guerre civile syrienne en cours sera également en tête de l’ordre du jour lors de la visite du premier ministre irakien à Ankara, car l’Iraq aspire à un plus grand rôle diplomatique dans la région.

Mais la Turquie a longtemps critiqué l’Irak pour avoir abrité le PKK, surtout lors des incursions unilatérales turques au Kurdistan irakien. Ces dernières ont suscité la colère de Bagdad et du gouvernement régional du Kurdistan irakien.

«La Turquie apporte tout le soutien possible à la libération définitive de cette organisation terroriste dans le pays», a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue irakien, Fuad Hussein.

La levée des exigences de visa pour les Irakiens qui arrivent en Turquie est un autre élément capital des négociations.

«Le gouvernement Irakien veut reprendre les voyages sans visa entre les deux pays, tandis que la Turquie se méfie de la situation sécuritaire depuis la montée en puissance de Daech», explique Ramani.

L’essor de Daech a conduit les autorités turques à mettre fin à l’entente au sujet du visa avec l'Irak. Le mois dernier, 22 ressortissants irakiens soupçonnés d’appartenir à Daech, ont été arrêtés en Turquie. «Une entente sur les voyages sans visa serait certainement une étape symbolique vers un partenariat encore plus solide entre les deux États, malgré les récentes frustrations à Bagdad au sujet des agissements militaires turques», confie Ramani.

Les ministres des Affaires étrangères turc et irakien ont décidé de former un comité chargé de préparer une feuille de route, en vue de relancer les voyages sans visa.

Malgré les attentes élevées du côté irakien, nul n’a mentionné la signature du protocole tant attendu qui déterminerait le partage équitable de l'eau du Tigre entre les deux pays. L'Irak souffre énormément de la rareté de l'eau du Tigre, un désaccord long de trois décennies.

Les deux parties négocient toujours le partage des eaux du Tigre. La Turquie a dépêché un envoyé spécial à Bagdad l'année dernière pour s’attaquer au problème de partage de l'eau. L'attribution d'un quota mensuel de l'eau du Tigre à l'Irak est sur la table des négociations.

Les relations commerciales entre les deux pays sont quant à elles quasiment unidirectionnelles, avec la Turquie qui obtient la part du lion dans le commerce bilatéral, estimé à 15 milliards de dollars.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

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Par Amal Abdel Aziz Al Hazani -

Les autorités saoudiennes saluent le succès du plan opérationnel durant le Ramadan

Des fidèles musulmans se rassemblent autour de la Kaaba, le sanctuaire le plus sacré de l’islam, dans l’enceinte de la Grande Mosquée de la ville sainte de La Mecque. (AFP)
Des fidèles musulmans se rassemblent autour de la Kaaba, le sanctuaire le plus sacré de l’islam, dans l’enceinte de la Grande Mosquée de la ville sainte de La Mecque. (AFP)
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  • L’autorité souligne que ce succès repose sur un système opérationnel intégré fondé sur une planification proactive, une coordination entre les services, la sécurité, les opérations et la santé, ainsi qu’une exécution efficace sur le terrain

LA MECQUE : L’Autorité générale pour la gestion des Deux Saintes Mosquées a salué le succès de son plan opérationnel pour le Ramadan, mettant en avant la capacité du Royaume à gérer l’une des opérations de foule les plus vastes et complexes au monde.

Des millions de pèlerins ont visité les deux saintes mosquées durant le Ramadan, bénéficiant d’un flux de fidèles et de services fluide et minutieusement organisé, reflétant l’engagement du Royaume à leur service.

L’autorité a souligné que ce succès est le fruit d’un système opérationnel intégré reposant sur une planification proactive, une coordination entre les entités de service, de sécurité, opérationnelles et sanitaires, ainsi qu’une exécution efficace sur le terrain.

Cette approche a permis une gestion très efficace des foules et la fourniture de services de haute qualité, améliorant l’expérience spirituelle des fidèles et des visiteurs.

Au cours des dix derniers jours du mois sacré, plus de 18 000 agents et près de 6 000 véhicules ont été mobilisés, alors que les fidèles entamaient l’itikaf dans les deux saintes mosquées.

Durant cette période, divers services leur ont été fournis, notamment orientation, soins de santé, traduction, hospitalité et fournitures essentielles, afin de garantir une expérience confortable et spirituellement enrichissante. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: l'armée israélienne dit frapper le Hezbollah à Beyrouth

Des personnes se tiennent à l’intérieur d’une université publique transformée en refuge pour des déplacés par les frappes aériennes israéliennes à Beyrouth, au Liban, le 20 mars 2026. (AP)
Des personnes se tiennent à l’intérieur d’une université publique transformée en refuge pour des déplacés par les frappes aériennes israéliennes à Beyrouth, au Liban, le 20 mars 2026. (AP)
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  • L’armée israélienne a lancé des frappes à Beyrouth contre le Hezbollah après avoir appelé à l’évacuation de quartiers du sud, bastion du mouvement
  • Le conflit s’intensifie au Liban (plus de 1 000 morts et 1 million de déplacés), tandis que des appels à des négociations directes avec Israël émergent malgré la poursuite des combats

Jérusalem: L'armée israélienne a annoncé avoir lancé samedi matin des frappes sur Beyrouth visant le mouvement Hezbollah, soutenu par l'Iran, après avoir ordonné aux habitants de plusieurs quartiers de la banlieue sud d'évacuer.

Les forces armées israéliennes "frappent actuellement des cibles de l'organisation terroriste Hezbollah à Beyrouth", ont-elles indiqué dans un bref communiqué.

Auparavant, un porte-parole de l'armée avait enjoint les habitants de la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, à évacuer avant le lancement de frappes.

Le Liban a été entraîné dans le conflit régional début mars après des frappes sur Israël du mouvement pro-iranien Hezbollah en réprésailles à la mort du guide suprême Ali Khamenei tué au premier jour de l'offensive américano-israélienne le 28 février

Dans le sud du Liban, zone principale des affrontements entre Israël et le Hezbollah, au moins une personne a été tuée et deux autres blessées samedi à l'aube dans une "lourde frappe" israélienne contre une maison dans le district de Bint Jbeil, a annoncé l'Agence nationale d'information libanaise (ANI, officielle).

L'agence nationale a également fait état de nouvelles frappes sur la ville côtière de Tyr, dans le sud du pays, et sur la ville de Naqoura, à proximité de la frontière avec Israël.

Le Hezbollah a affirmé que ses combattants ont ciblé des troupes israéliennes dans six villages du sud du Liban et lancé des roquettes au-delà de la frontière. L'armée israélienne a indiqué que les sirènes aériennes ont été activées.

Selon le ministère libanais de la Santé, le conflit a tué plus de 1.000 personnes au Liban et déplacé plus d'un million de personnes.

L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban, Michel Issa, a salué vendredi la proposition du président libanais Joseph Aoun d'entamer des négociations directes avec Israël pour mettre fin à la guerre avec le Hezbollah "car aucun accord ne peut être trouvé sans dialogue", a-t-il déclaré à des médias libanais, à l'issue d'une rencontre avec le patriarche maronite Béchara al-Raï à Beyrouth.

Mais ne croyant pas "qu'Israël ait décidé de mettre fin" aux combats, il a ajouté que "le Liban doit décider s'il doit rencontrer les Israéliens dans ces circonstances".


Incendie dans une raffinerie du Koweït après des attaques de drones

 Un incendie s'est déclaré vendredi dans une raffinerie de la compagnie pétrolière nationale du Koweït après des attaques de drones, a indiqué l'agence de presse officielle koweïtienne. (AFP)
Un incendie s'est déclaré vendredi dans une raffinerie de la compagnie pétrolière nationale du Koweït après des attaques de drones, a indiqué l'agence de presse officielle koweïtienne. (AFP)
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  • "La raffinerie Mina Al-Ahmadi, appartenant à la Kuwait National Petroleum Company (KNPC) a été la cible tôt ce matin de plusieurs attaques hostiles de drones, provoquant des incendies dans certaines de ses unités"
  • En représailles à l'offensive conjointe des Etats-Unis et d'Israël débutée le 28 février, Téhéran a intensifié ces derniers jours ses frappes sur les infrastructures énergétiques des pays du Golfe

DUBAI: Un incendie s'est déclaré vendredi dans une raffinerie de la compagnie pétrolière nationale du Koweït après des attaques de drones, a indiqué l'agence de presse officielle koweïtienne.

"La raffinerie Mina Al-Ahmadi, appartenant à la Kuwait National Petroleum Company (KNPC) a été la cible tôt ce matin de plusieurs attaques hostiles de drones, provoquant des incendies dans certaines de ses unités", selon l'agence, après une attaque la veille sur cette infrastructure qui avait déjà provoqué un incendie.

En représailles à l'offensive conjointe des Etats-Unis et d'Israël débutée le 28 février, Téhéran a intensifié ces derniers jours ses frappes sur les infrastructures énergétiques des pays du Golfe.

L'attaque de vendredi sur la raffinerie Mina Al-Ahmadi n'a pas fait de victime mais a entraîné la fermeture de plusieurs unités du site, tandis que les pompiers tentent de contenir l'incendie, selon l'agence officielle koweïtienne.

Dans les autres pays du Golfe, les Emirats arabes unis ont dit vendredi répondre à des attaques de missiles et de drones, et le Bahreïn avoir maîtrisé l'incendie d'un entrepôt causé par des éclats provenant d'une "agression iranienne".

En Arabie saoudite, le ministre de la Défense saoudien a dit qu'en l'espace de deux heures, plus d'une douzaine de drones ont été "interceptés et détruits" dans l'est du pays et un autre dans le nord.