Soudan : 46 morts dans des raids aériens, l'armée ni toute responsabilité

Des Soudanais qui ont fui la guerre dans leur pays se rafraîchissent sur les rives du Nil dans la ville égyptienne d'Assouan, le 8 septembre 2023 (Photo, AFP).
Des Soudanais qui ont fui la guerre dans leur pays se rafraîchissent sur les rives du Nil dans la ville égyptienne d'Assouan, le 8 septembre 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 11 septembre 2023

Soudan : 46 morts dans des raids aériens, l'armée ni toute responsabilité

  • Depuis le 15 avril, la guerre pour le pouvoir entre l'armée dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhane et les Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohamed Hamdane Daglo a fait 7 500 morts
  • Le bilan réel est en réalité bien supérieur car de nombreuses zones du pays sont totalement coupées du monde

WAD MADANI: Au moins 46 personnes ont été tuées et des dizaines de blessés dimanche dans des frappes aériennes à Khartoum, ont indiqué des militants, l'un des raids les plus meurtriers sur la capitale du Soudan, ravagée par la guerre depuis près de cinq mois.

L'armée dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhane, la seule à posséder des avions de combat dans ce conflit, a démenti toute implication dans ces raids, après des accusations en ce sens de ses rivaux.

Depuis le 15 avril, la guerre pour le pouvoir au Soudan entre l'armée et les Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohamed Hamdane Daglo a fait 7.500 morts et près de cinq millions de déplacés et de réfugiés, selon une ONG.

Le bilan réel est en réalité bien supérieur car de nombreuses zones du pays sont totalement coupées du monde, notamment le Darfour (ouest), et les deux camps refusant de communiquer leurs pertes.

Selon un comité de résistance local, l'un des groupes prodémocratie qui organise l'entraide entre les habitants, les bombardements "ménés par des avions militaires" ont visé le quartier de Qouro, dans le sud de Khartoum.

Les raids "ont été menés vers 07H15 (05H15 GMT) sur un marché", a affirmé le comité à Qouro en dénonçant un "massacre".

Le bilan s'élève désormais à "au moins 46 morts et des dizaines de blessés", at-il ajouté.

"Ce matin la milice terroriste de Burhane a mené des frappes aériennes contre des civils dans le sud de Khartoum", a indiqué un communiqué du FSR sur X, l'ex-Twitter.

Dans un communiqué publié via l'agence officielle Suna, l'armée du général Burhane a démenti être à l'origine "de frappes aériennes visant les civils" à Qouro et rejeté "les fausses accusations des rebelles (FSR)".

Hôpital débordé
Après les frappes, les blessés et les dépouilles ont été transférés vers l'hôpital le plus proche, Bachaïr, l'un des tout derniers encore en fonctionnement dans la capitale, où vivent encore cinq millions de personnes, terrées chez elles par peur des tirs croisés, sans eau ni électricité la plupart du temps.

L'hôpital a lancé des appels "urgents", enjoignant tous les médecins de la zone à se présenter en raison de l'afflux des blessés.

L'armée du général Burhane est en difficulté à Khartoum, où les paramilitaires respectent les quartiers résidentiels. Les FSR ont installé leurs bases au milieu des maisons il y a des années.

Selon les experts, l'armée répond avec des raids aériens pour tenter d'y reprendre pied.

Alors que sur le plan militaire, les FSR semblent avoir le dessus, le général Burhane, lui, multiplie les visites à l'étranger pour tenter de s'imposer comme l'unique interlocuteur pour trouver un règlement.

Tensions diplomatiques
Assiégé par les paramilitaires durant plus de quatre mois au QG de l'armée à Khartoum, le général Burhane est parvenu fin août à rejoindre Port-Soudan, ville côtière de l'est du pays épargnée par les combats.

Là, il siège désormais à la fois comme chef de l'armée et comme président des autorités de transition, dont il a limogé les civils avec son putsch de 2021.

Les multiples tentatives internationales de médiation ont jusqu'ici échoué, notamment, estiment les experts, parce que les canaux diplomatiques se multiplient et se font concurrence.

D'un côté, les Saoudiens et les Américains tentent de prendre la main. De l'autre, l'Union africaine (UA) et l'Igad, l'organisation de l'Afrique de l'Est, prônent "des solutions africaines aux problèmes africains".

Les relations se sont tendues entre l'armée et l'UA après une rencontre la semaine dernière entre l'un des dirigeants de l'UA et un responsable des FSR.

Le ministère des Affaires étrangères soudaniennes estime que l'organisation panafricaine "ne devrait pas accorder de place à des mouvements rebelles ou des milices terroristes".

Samedi, le général Burhane a affirmé "ne pas avoir besoin de l'aide" de l'UA si celle-ci ne changeait pas d'approche.

Le Soudan a été suspendu de l'UA suite au putsch de 2021.


Le Liban enquête sur une rencontre entre un influent banquier et Netanyahu

La justice libanaise a décidé mercredi d'ouvrir une enquête sur la présence d'un influent banquier aux côtés du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à Washington, malgré l'interdiction par la loi de toute relation avec Israël, a indiqué à l'AFP un responsable judiciaire. (AFP)
La justice libanaise a décidé mercredi d'ouvrir une enquête sur la présence d'un influent banquier aux côtés du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à Washington, malgré l'interdiction par la loi de toute relation avec Israël, a indiqué à l'AFP un responsable judiciaire. (AFP)
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  • Le correspondant du média américain Axios, Barak David, a mis en ligne mardi une photo montrant le PDG de la Société Générale de Banque au Liban (SGBL), Antoun Sehnaoui, aux côtés de M. Netanyahu et de son épouse lundi soir, à Washington
  • Il a précisé que M. Sehnaoui avait organisé ce dîner avec sa compagne, l'ancienne émissaire américaine pour le Liban Morgan Ortagus, en hommage au sénateur républicain Lindsey Graham, décédé le 11 juillet

BEYROUTH: La justice libanaise a décidé mercredi d'ouvrir une enquête sur la présence d'un influent banquier aux côtés du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à Washington, malgré l'interdiction par la loi de toute relation avec Israël, a indiqué à l'AFP un responsable judiciaire.

Le correspondant du média américain Axios, Barak David, a mis en ligne mardi une photo montrant le PDG de la Société Générale de Banque au Liban (SGBL), Antoun Sehnaoui, aux côtés de M. Netanyahu et de son épouse lundi soir, à Washington, provoquant un tollé au Liban.

Il a précisé que M. Sehnaoui avait organisé ce dîner avec sa compagne, l'ancienne émissaire américaine pour le Liban Morgan Ortagus, en hommage au sénateur républicain Lindsey Graham, décédé le 11 juillet.

M. Sehnaoui, décrit par sa compagne comme un "chrétien sioniste", prône la normalisation des relations israélo-libanaises, alors que les deux pays, techniquement toujours en état de guerre, mènent depuis avril des négociations sous égide américaine pour une issue à leur conflit.

Son établissement, la Société Générale de Banque au Liban (SGBL) fait partie des plus grandes banques libanaises, accusées d'avoir joué un rôle dans l'effondrement économique du pays à partir de 2019. M. Sehnaoui possède également des parts dans des médias.

Un responsable judiciaire qui a requis l'anonymat a indiqué à l'AFP que le procureur général avait demandé aux forces de sécurité d'ouvrir une enquête sur la photo d'Axios "pour établir son authenticité".

"Les mesures légales appropriées seront prises si c'est le cas", a-t-il ajouté.

De leur côté, plusieurs avocats libanais ont saisi la justice, réclamant des poursuites contre M. Sehnaoui pour ses contacts avec Israël et son Premier ministre, a-t-il indiqué.

Une autre photo publiée par M. Netanyahu sur X montre M. Sehnaoui derrière lui.

En avril, M. Sehnaoui était apparu dans une vidéo dans laquelle Mme Ortagus annonçait qu’il avait fait un don au musée de l’Holocauste aux Etats-Unis et le présentait comme un "chrétien sioniste".

Le banquier est dans le viseur des enquêteurs français depuis avril.

Ils suspectent la SGBL et sa filiale française Banque Richelieu France, dont M. Sehnaoui est président non exécutif, d'avoir participé, avec d'autres établissements, à des transferts d'actifs vers l'Europe pendant et après le début de la crise financière de 2019.

 


Egypte: incendie sur deux navires stockant du gaz dans le port de Damiette 

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  • Le ministère a indiqué dans un communiqué qu'un "incendie s'était déclaré à bord du navire de regazéification et du navire de stockage présents dans le port de Damiette, et que la situation avait été immédiatement maîtrisée"
  • Le ministère précise que "les mesures nécessaires sont en cours afin d'évaluer les conséquences de l'incident"

LE CAIRE: Un incendie s'est déclaré mercredi à bord de deux navires de traitement et de stockage de gaz naturel dans le port de Damiette, dans le nord de l'Egypte, a annoncé le ministère égyptien du Pétrole, sans préciser les causes du feu.

Le ministère a indiqué dans un communiqué qu'un "incendie s'était déclaré à bord du navire de regazéification et du navire de stockage présents dans le port de Damiette, et que la situation avait été immédiatement maîtrisée", ajoutant qu'il n'y avait eu aucune "perte humaine".

Le ministère précise que "les mesures nécessaires sont en cours afin d'évaluer les conséquences de l'incident".

L'ancien président de l'Autorité du port de Damiette, le général Ayman Saleh, a indiqué à l'AFP qu'"un navire de regazéification était amarré aux côtés d'un méthanier dans le port", expliquant que l'opération de regazéification "s'effectue sous une très forte pression", de sorte que toute fuite peut provoquer un incendie.

Il n'a pas précisé à qui appartenaient les deux bâtiments.

 


L'armée israélienne accuse le Hezbollah d'une «violation flagrante» de l'accord de cessez-le-feu

L'armée israélienne a accusé mercredi le Hezbollah pro-iranien d'une "violation flagrante" de l'accord de cessez-le-feu au Liban, après le lancement, selon elle, d'un drone explosif visant un véhicule militaire israélien dans le sud du pays. (AFP)
L'armée israélienne a accusé mercredi le Hezbollah pro-iranien d'une "violation flagrante" de l'accord de cessez-le-feu au Liban, après le lancement, selon elle, d'un drone explosif visant un véhicule militaire israélien dans le sud du pays. (AFP)
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  • "Dans la nuit de mardi à mercredi, le Hezbollah a lancé un drone chargé d'explosifs en direction d'un véhicule du génie de l'armée israélienne dans la région de la crête d'Ali al-Taher, au sein de la zone de sécurité
  • "Cet incident constitue une violation flagrante de l'accord de cessez-le-feu au Liban par l'organisation terroriste du Hezbollah"

JERUSALEM: L'armée israélienne a accusé mercredi le Hezbollah pro-iranien d'une "violation flagrante" de l'accord de cessez-le-feu au Liban, après le lancement, selon elle, d'un drone explosif visant un véhicule militaire israélien dans le sud du pays.

"Dans la nuit de mardi à mercredi, le Hezbollah a lancé un drone chargé d'explosifs en direction d'un véhicule du génie de l'armée israélienne dans la région de la crête d'Ali al-Taher, au sein de la zone de sécurité", indique le communiqué militaire.

"Cet incident constitue une violation flagrante de l'accord de cessez-le-feu au Liban par l'organisation terroriste du Hezbollah", poursuit-il.

Un accord-cadre a été conclu le 26 juin entre Israël et le Liban, sous l'égide des Etats-Unis, en vue de mettre fin à la guerre entre les deux pays.

Son application prévoit notamment la mise en place de "zones pilotes" dans le sud du Liban, où le désarmement du Hezbollah doit constituer un test avant un retrait progressif des forces israéliennes d'autres secteurs.

Le mouvement chiite, soutenu par l'Iran, rejette cet accord et refuse de déposer les armes, mais n'a toutefois pas revendiqué d'attaque depuis le 20 juin.

Le Hezbollah avait entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, ayant fait plus d'un million de déplacés.

Il continue d'occuper des zones du sud du Liban sur une dizaine de kilomètres à l'intérieur du territoire du pays voisin.

L'armée israélienne a indiqué que des troupes continueraient d'y être déployées pour une période indéterminée, "afin d'éliminer les menaces et d'améliorer la défense des habitants du nord d'Israël".

Dimanche, l'armée libanaise a condamné la poursuite des opérations militaires d'Israël dans le sud du Liban, qui l'empêche selon elle de s'y déployer comme prévu par l'accord signé en juin entre les deux pays à Washington.