Brigitte Thomas, celle qui ressuscite des jeux de société délaissés

Brigitte Thomas travaille dans sa maison où cet entrepreneur indépendant rénove méticuleusement des jeux de société d'occasion avant de les revendre, à Erstein, dans l'est de la France, le 15 décembre 2020 . Depuis près de quatre ans, Brigitte Thomas vend à prix réduit sur son site internet des jeux de société retapés qui lui ont été donnés ou achetés chez Emmaüs, parfois incomplets et souvent abîmés. (Frédéric FLORIN / AFP)
Brigitte Thomas travaille dans sa maison où cet entrepreneur indépendant rénove méticuleusement des jeux de société d'occasion avant de les revendre, à Erstein, dans l'est de la France, le 15 décembre 2020 . Depuis près de quatre ans, Brigitte Thomas vend à prix réduit sur son site internet des jeux de société retapés qui lui ont été donnés ou achetés chez Emmaüs, parfois incomplets et souvent abîmés. (Frédéric FLORIN / AFP)
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Publié le Vendredi 18 décembre 2020

Brigitte Thomas, celle qui ressuscite des jeux de société délaissés

  • Depuis bientôt quatre ans, elle vend sur son site www.ludessimo.fr à prix réduit des jeux de société retapés, qui lui ont été donnés ou achetés chez Emmaüs, parfois incomplets, souvent abîmés.
  • "Là, je fais des Monopoly parce que je n'en ai plus sur le site", explique cette ancienne responsable de centre socio-culturel de 57 ans, au milieu des piles de boîtes de jeux qui peuplent la pièce à vivre de sa maison alsacienne typique, à une vingtaine

ERSTEIN : Mais où mettre le sapin de Noël ? Dans la maison de Brigitte Thomas, les jeux de société ont tout envahi, du sol au plafond, des jeux que cette auto-entrepreneuse rénove méticuleusement avant de les revendre.

"Là, je fais des Monopoly parce que je n'en ai plus sur le site", explique cette ancienne responsable de centre socio-culturel de 57 ans, au milieu des piles de boîtes de jeux qui peuplent la pièce à vivre de sa maison alsacienne typique, à une vingtaine de kilomètres au sud de Strasbourg.

Depuis bientôt quatre ans, elle vend sur son site www.ludessimo.fr à prix réduit des jeux de société retapés, qui lui ont été donnés ou achetés chez Emmaüs, parfois incomplets, souvent abîmés.

Quatre gares, trois titres de propriété rouges, trois jaunes, seize cartes chance. Sur sa table, Brigitte Thomas compte toutes les éléments du Monopoly, vérifie les faux billets de banque en francs. A côté, les pions trempent dans une petite bassine. S'il en manque, elle ira en chercher dans sa réserve de pions aux formes, couleurs et époques multiples.

Dans un bac, des feutres aux variations de couleur infinies. "Le 52, c'est le vert Scrabble, le 43 c'est pour les anciennes boîtes de Mystères de Pékin, pour le bleu Ravensburger, j'en mélange deux", explique-t-elle, consacrant une à deux heures pour nettoyer, réparer, compléter et reconditionner un jeu.

Rush de Noël 

Seuls les chambres, la salle de bains et les toilettes sont épargnés par l'invasion des jeux en attente d'une seconde vie. Partout ailleurs, les piles de Docteur Maboul, si difficiles à rénover "car soit il n'y a plus de lumière, soit il n'y a plus de son", côtoient celles d'éditions variées du Trivial Pursuit, de Risk ou de "Qui est-ce ?".

L'étage aussi est un dédale de jeux de société, ceux-ci sont classés, numérotés et prêts à être vendus. Quand le mari de Brigitte Thomas aura trouvé le temps, le soir après sa journée de travail comme logisticien, de les enregistrer sur le site internet de vente en ligne.

Entre sa maison, le garage de son fils et un autre lieu de stockage loué, cette Troyenne d'origine estime à 16.000 le nombre de jeux qu'elle a en réserve.

Trois mille sont déjà rénovés et prêts à être vendus, mais, avec le rush de Noël et l'intérêt pour les jeux de société décuplé par les confinements, seuls 1.300 figurent sur le site en ce moment.

"Là, j'ai vendu 1.000 jeux en 15 jours", se réjouit celle, qui un peu dépassée, se retrouve à préparer la nuit les colis à envoyer dans toute la France, métropole et outre-mer, la Belgique et même parfois le Canada.

Après le troisième Noël de sa boutique en ligne et des heures de travail sans fin, Brigitte Thomas espère pouvoir atteindre 1.200 euros de salaire.

Lien social 

Pendant ses nombreuses années dans le secteur social, le jeu de société était déjà un outil de travail.

"Le jeu a toujours été pour moi un support intergénérationnel, interculturel et de lien social autant que le livre", considère-t-elle. Elle y voit aussi "des clés d'éducation".

Quand, pour des raisons familiales, Brigitte Thomas quitte son travail pour revenir en Alsace, d'où est originaire son mari, elle ne retrouve pas de poste dans son secteur. Approchant alors de la cinquantaine, "j'avais passé la DLC" (date limite de consommation), résume-t-elle "un peu fâchée".

Au terme de ses droits au chômage, elle met en vente ses propres jeux de société pour se faire un peu d'argent. Des acheteurs potentiels commencent alors à la contacter pour lui demander si elle n'aurait pas "ci ou ça".

Quand ce n'est pas le cas, celle qui a toujours bien "aimé réparer, créer" commence à se mettre en quête de ces jeux dans les brocantes ou autres lieux de récup et finit par en faire son activité. "Je suis de nouveau contente de servir à quelque chose", se réjouit-elle.

En août, un tour de France au volant de son van aux couleurs de Ludessimo lui a permis de récupérer 1,2 tonne de jeux de société dont les gens voulaient se séparer sans pour autant les jeter. "Je pense que je dois avoir cinq ou six ans de boulot devant moi."


Le réaménagement intérieur de Notre-Dame présenté le 9 décembre

Une photo aérienne prise le 12 juillet 2021 montre Notre-Dame de Paris. (Photo, AFP)
Une photo aérienne prise le 12 juillet 2021 montre Notre-Dame de Paris. (Photo, AFP)
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  • La restauration extérieure de la cathédrale doit conduire à la restitution fidèle de Notre-Dame avant l'incendie
  • La flèche dessinée par Viollet-le-Duc, telle qu’elle existait doit notamment être reconstruite

PARIS : Le réaménagement intérieur et liturgique de Notre-Dame, partiellement détruite dans un incendie en 2019, sera présenté par le diocèse le 9 décembre à la commission nationale du patrimoine et de l'architecture (CNPA), chargée de donner son avis, a-t-on appris samedi de sources concordantes.

Le diocèse, chargé de ce réaménagement liturgique, c'est-à-dire du remplacement du mobilier endommagé, de l'éclairage et de l'accompagnement pratique des visiteurs et des fidèles au sein de la cathédrale, a précisé cette date à l'AFP, confirmée également par l'établissement public chargé du chantier de sécurisation et de restauration de la cathédrale.

Le diocèse a par ailleurs démenti des informations de la presse étrangère selon lesquelles, le célèbre édifice risquait d'être transformé en "parc d'attraction" ou "dénaturé" à grand renfort d'art contemporain. Il n'était pas en mesure de fournir plus de précisions sur le réaménagement à l'AFP samedi soir.

La restauration extérieure de la cathédrale doit conduire à la restitution fidèle de Notre-Dame avant l'incendie. La flèche dessinée par Viollet-le-Duc, telle qu’elle existait doit notamment être reconstruite, conformément aux avis formulés par la Commission nationale du patrimoine et de l’architecture (CNPA) dans ses séances du 9 juillet 2020 et du 25 mars 2021.

Les fidèles et visiteurs du monde entier devraient retrouver le monument en 2024, selon le calendrier des travaux.

La première phase de "sécurisation" de l'édifice, d'un coût de 165 millions d'euros et qui s'est achevée cet été, a notamment permis le démontage de l'échafaudage qui était en place lors de l'incendie, la dépose des grandes orgues, des chantiers-tests de nettoyage dans deux chapelles, la pose de cintres en bois sous les arcs-boutants ou encore le déblaiement et le tri des vestiges et la sécurisation de la croisée du transept.

Charpente en bois, couverture en plomb, taille de pierre, maçonnerie, menuiserie, peinture, dorure, ferronnerie d'art, vitraux et sculptures : la seconde phase, de restauration proprement dite, doit commencer cet hiver. Son budget sera précisé à l’issue de l’attribution de l’ensemble des appels d'offres aux entreprises candidates.


Expo 2020 de Dubaï : Les nations expriment une solidarité mondiale pour mettre fin à la violence sexiste

Dans un rapport publié le 24 novembre par ONU Femmes, près d'une femme sur deux indique qu'elle-même ou une femme qu'elle connaît a subi une forme de violence depuis le début de la pandémie de Covid-19. (Photo fournie)
Dans un rapport publié le 24 novembre par ONU Femmes, près d'une femme sur deux indique qu'elle-même ou une femme qu'elle connaît a subi une forme de violence depuis le début de la pandémie de Covid-19. (Photo fournie)
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  • L’événement, organisé par les pavillons des femmes de l’Inde et de la Nouvelle Zélande, a réuni la communauté diplomatique, le monde des affaires, de la culture et des universités, ainsi que le public
  • L’appel est d’autant plus nécessaire que la violence basée sur le sexe a été aggravée par la Covid-19, devenant ce qu'on appelle désormais une « pandémie fantôme »

DUBAÏ : Alors que la campagne mondiale d’ONU femmes « Orangez le monde » contre la violence sexiste vient de démarrer pour seize jours jusqu’au 10 décembre, plusieurs dizaines de pays se sont réunis sur le site de l’Expo 2020 ce weekend pour exprimer leur solidarité contre la violence faite aux femmes et promouvoir l'égalité des sexes dans le monde. 

L’événement, organisé par les pavillons des femmes de l’Inde et de la Nouvelle Zélande, a réuni la communauté diplomatique, le monde des affaires, de la culture et des universités, ainsi que le public, devant la projection du documentaire indien primé « Son Rise » de Vibha Bakshi. Cette projection a été suivie d'un appel à la solidarité des ambassadeurs, commissaires généraux et chefs de missions diplomatiques basés aux Émirats arabes unis, afin qu’ils prônent la fin de la violence à l'égard des femmes, une vie plus sûre, un monde plus équitable.

L’appel est d’autant plus nécessaire que la violence basée sur le sexe a été aggravée par la Covid-19, devenant ce qu'on appelle désormais une « pandémie fantôme ». Dans un rapport publié le 24 novembre par ONU Femmes, près d'une femme sur deux indique qu'elle-même ou une femme qu'elle connaît a subi une forme de violence depuis le début de la pandémie de Covid-19. De plus, les constatations révèlent qu'environ 1 femme sur 4 se sent moins en sécurité chez elle et que les tensions existantes dans les ménages ont augmenté depuis le début de la pandémie.

« La violence à l’égard des femmes et des filles reste la violation des droits humains la plus répandue et la plus urgente qui soit », a souligné le Secrétaire général de l'ONU António Guterres à l'occasion de la Journée internationale contre les violences faites aux femmes, le 25 novembre. 

Cette violence affecte les femmes indépendamment de leur âge, leurs antécédents ou leur niveau d’études. Elle prend de nombreuses formes, telle que la violence physique, sexuelle ou psychologique ou encore l’abus économique et l’exploitation.

« C’est un problème global. Il n’existe pas un seul pays qui ait pu l’éradiquer complètement et aucun pays n’a réussi l'égalité entre les sexes » a indiqué Jayashri Wyatt, du département global communications aux Nations Unis, à Arab News en francais.

« C’est une priorité absolue pour le secrétaire général de l’ONU António Guterres », a-t-elle ajouté. « C’est pour cela, qu’il était très important pour nous, les Nations Unis, de prendre position à l’Expo où 192 pays sont réunis pendant 6 mois. C’est une plate-forme extraordinaire qui réunit les pays autour des objectifs du développement durable, pour créer un futur meilleur ».

ussi un hommage aux quelques hommes qui ont décidé de révéler ces pratiques et lutter pour changer les choses dans leur village. (Photo fournie)
ussi un hommage aux quelques hommes qui ont décidé de révéler ces pratiques et lutter pour changer les choses dans leur village. (Photo fournie)

Un film pour inspirer le changement 

Le documentaire « Son Rise », réalisé dans la région rurale de l’Haryana située à proximité de Delhi, met en lumière la société patriarcale et ses pratiques ancestrales de discrimination envers les femmes.
Des pratiques terribles et interdites officiellement par la loi : infanticide de bébés filles, non-éducation des filles, et violence contre les femmes qui augmente par manque de femmes adultes dans la région. « La violence est motivée par l'idée erronée que les femmes et les filles ne sont pas égales à leurs homologues masculins et ne méritent pas les mêmes opportunités, droits, dignité et contrôle sur leur propre corps », a dit Vibha Bakshi.

Mais le film aborde aussi la question de la violence sexiste sous un angle nouveau. C’est aussi un hommage aux quelques hommes qui ont décidé de révéler ces pratiques et lutter pour changer les choses dans leur village.

Le documentaire supporte le mouvement « He for she » d’ONU femmes.

« C’est l’histoire d’hommes ordinaires engagés dans un combat extraordinaire », soutient la réalisatrice et producteur Vibha Bakshi. « Je dédie ce film à ceux qui se battent pour le changement et osent briser le silence ».
« C’est l’histoire d’hommes ordinaires engagés dans un combat extraordinaire », soutient la réalisatrice et producteur Vibha Bakshi. « Je dédie ce film à ceux qui se battent pour le changement et osent briser le silence ». (Photo, Eva Levesque)

Le film a été tourné sur une période de deux ans, mais il a fallu à la réalisatrice plus de six mois pour convaincre les hommes de parler. « J’ai décidé de vivre là-bas pour me rapprocher d’eux, pour les convaincre. Je pense qu’il est très important d’inclure les hommes et les garçons intégralement dans le débat ».

« Cet événement montre au monde que l’Expo réunit les gens pour créer un impact autour d’événements clés. La campagne Orangez le monde est très importante, car les progrès qui ont été faits dans l’autonomisation des femmes peuvent facilement reculer », a constaté la directrice du pavillon femmes de l’Expo Hind Alowais à Arab News en francais. « Il est important de semer les graines de l'égalité des sexes très profondément non seulement dans les lois mais aussi dans la compréhension culturelle ».

Les Émirats ont célébré la campagne mondiale d’ONU femmes plus largement, en illuminant en orange plusieurs lieux connus, dont Burj Khalifa, le dôme Al Wasl de l'Expo 2020 et la Dubai Frame. La campagne est observée par plus de 6 000 organisations dans 187 pays, la couleur orange symbolise un avenir meilleur, sans violence. 

 


Le pavillon saoudien de l'Expo 2020 Dubaï inaugure le programme culturel «16 Windows»

Le lancement du programme culturel « 16 Windows » vise à soutenir et à promouvoir le secteur culturel de l'Arabie saoudite. (SPA)
Le lancement du programme culturel « 16 Windows » vise à soutenir et à promouvoir le secteur culturel de l'Arabie saoudite. (SPA)
Le lancement du programme culturel « 16 Windows » vise à soutenir et à promouvoir le secteur culturel de l'Arabie saoudite. (SPA)
Le lancement du programme culturel « 16 Windows » vise à soutenir et à promouvoir le secteur culturel de l'Arabie saoudite. (SPA)
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  • Les participants ont mis en lumière les secteurs de l'édition et de l'imprimerie du Royaume qui, ces dernières années, ont pu réaliser de grands progrès
  • En marge des « 16 Fenêtres », le pavillon du Royaume a accueilli dans sa Palmeraie, une séance de contes qui présentait certaines œuvres de Khomayyis

DUBAΪ : Le pavillon de l'Arabie saoudite à l'Expo 2020 Dubaï a lancé les premières activités de son nouveau programme culturel hebdomadaire « 16 Windows » avec un débat sur les secteurs de la littérature, de l'édition et de la traduction.

Le débat, intitulé « Livres et édition en Arabie saoudite », a mis en avant les capacités du Royaume dans le secteur de l'édition.

Il s'est tenu avec la participation du fondateur de la maison d'édition Arwa, Arwa Khomayyis, l'auteur et partenaire fondateur de la maison d'édition Tashkeel, Mujib Al-Shamri, et le fondateur et directeur général de la maison d'édition Al-Athar, Abdullah Fahd Al-Ghubein. Tariq Khawaji, conseiller culturel et bibliothécaire en chef d'Ithra en était le modérateur.

Les participants ont mis en lumière les progrès enregistrés ces dernières années dans les secteurs de l'édition et de l'imprimerie du Royaume. Ils soulignent que la nécessité de montrer la créativité et la richesse de l'environnement saoudien est l'une des principales raisons qui les a encouragés à fonder ces maisons d'édition. Le débat a également porté sur l’importance des couvertures de livres pour l’achat.

En marge des « 16 Fenêtres », le pavillon du Royaume a accueilli dans sa Palmeraie, une séance de contes, à laquelle participait un grand nombre d'enfants, qui présentait certaines œuvres de Khomayyis. Les participants avaient également la possibilité d'écrire leurs propres histoires.

L'événement visait à enseigner aux enfants des techniques d'écriture pour exprimer leurs émotions, leurs idées et leurs visions, afin de leur permettre de construire des histoires qui valent la peine d'être lues et d'en apprendre aux autres.

Le lancement du programme culturel « 16 Windows » vise à soutenir et à promouvoir le secteur culturel de l'Arabie saoudite. Il met en exergue la véritable essence du Royaume en réunissant les meilleurs esprits saoudiens dans divers domaines intellectuels, culturels et créatifs.

Les activités se dérouleront sur une période de 16 semaines et constitueront une expérience culturelle unique qui emmènera les invités dans un voyage communicatif et interactif, en conformité avec les axes stratégiques de la Vision 2030 du Royaume de construire une société dynamique, ambitieuse et une économie florissante.

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com