Inde: Mohammed ben Salmane salue une «relation inscrite dans notre ADN»

Le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane (à gauche), pose avec la présidente indienne, Droupadi Murmu (au centre), et le Premier ministre indien, Narendra Modi à New Delhi, le lundi 11 septembre 2023 (Photo, AP).
Le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane (à gauche), pose avec la présidente indienne, Droupadi Murmu (au centre), et le Premier ministre indien, Narendra Modi à New Delhi, le lundi 11 septembre 2023 (Photo, AP).
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Publié le Mardi 12 septembre 2023

Inde: Mohammed ben Salmane salue une «relation inscrite dans notre ADN»

  • Mohammed ben Salmane, a été accueilli à New Delhi lors d'une réception en son honneur
  • Les analystes estiment que le partenariat entre l'Arabie saoudite et l'Inde aura des implications profondes pour la région de l'Asie de l'Ouest

NEW DELHI: La visite d'État du prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, en Inde, qui fait suite au sommet des dirigeants du G20 à New Delhi, représente un tournant dans la dynamique stratégique de la région et pour les économies des deux pays, selon les analystes.

Le prince héritier est arrivé à New Delhi samedi matin pour diriger la délégation saoudienne au sommet du G20 avant d'entamer une visite d'État à l'invitation du Premier ministre indien, Narendra Modi, ce qui a donné un élan important aux relations commerciales et diplomatiques.

«Nous sommes très heureux d'être en Inde», a déclaré le prince héritier et Premier ministre saoudien lors d'une réception officielle organisée à New Delhi en l'honneur de sa visite. «Les relations entre l'Inde et la péninsule arabique remontent à des milliers d'années.»

«La relation entre nous est inscrite dans l'ADN de l'Arabie saoudite. L'Inde est notre amie. Elle nous a aidés à construire l'Arabie saoudite au cours des 70 dernières années. L'Arabie saoudite est très active en Inde, où elle contribue au développement.»

«Ce voyage met en lumière le travail saoudien effectué ici en Inde et garantit que notre relation est maintenue et améliorée dans l'intérêt des deux pays, et, avec le leadership du Premier ministre indien Narendra Modi, je suis sûr que cela se produira», a-t-il ajouté.

Droupadi Murmu (3e à droite) assiste à la poignée  de main entre Narendra Modi (3e à gauche) et Mohammed ben Salmane (2e à droite), à New Delhi, le 11 septembre 2023 (Photo, AFP).

Lundi, les deux dirigeants ont supervisé la signature de plusieurs accords conjoints portant sur l'énergie, la pétrochimie, les énergies renouvelables, l'agriculture et l'industrie, ainsi que d'autres dans les secteurs sociaux et culturels.

Les analystes estiment que le calendrier de la visite d'État et l'ampleur de leur engagement offrent des indices sur l'orientation de la pensée stratégique entre les deux gouvernements. «La visite du prince héritier, Mohammed ben Salmane, en Inde après l'accueil réussi du G20 par New Delhi a des implications significatives», a déclaré à Arab News Mohammed Soliman, directeur du programme des technologies stratégiques et de la cybersécurité au Middle East Institute.

«Elle témoigne d'un désir de renforcer les relations bilatérales entre l'Arabie saoudite et l'Inde, éventuellement par le biais d'accords commerciaux, d'investissements ou d'une coopération diplomatique.»

«En outre, la visite offre l'occasion de discuter de divers sujets, notamment des liens économiques, de la sécurité énergétique, de la diplomatie régionale et de l'engagement multilatéral. Elle souligne l'importance de la collaboration entre New Delhi et Riyad sur les questions économiques et diplomatiques mondiales», a-t-il ajouté.

EN BREF

  • Une déclaration conjointe publiée lundi indique que «les moyens d'approfondir les relations stratégiques entre les deux pays amis» ont été examinés.
  • Elle indique que «des points de vue sur les questions régionales et internationales actuelles» ont été échangés.
  • Le communiqué rappelle «l'importance de renforcer la coopération dans les domaines qui visent à faire progresser le partenariat économique entre les deux pays»

Lundi également, le prince héritier a participé à la réunion conjointe du Conseil de partenariat stratégique saoudo-indien à New Delhi, où il a déclaré aux responsables que les relations entre les deux pays étaient mutuellement bénéfiques.

«La visite de Mohammed ben Salmane en Inde prend tout son sens en raison de l'importance accordée à la première réunion des dirigeants du Conseil de partenariat stratégique de l'Inde et de l'Arabie saoudite», a déclaré à Arab News Ranjit Kumar, expert en affaires stratégiques basé à New Delhi.

«L'Inde attache une grande importance à ce conseil, qui est devenu un moyen de renforcer le partenariat stratégique entre les deux pays.»

«Le Premier ministre, Modi, a décrit l'Arabie saoudite comme le partenaire stratégique le plus important de l'Inde. Modi a noté à juste titre que les relations de coopération entre l'Inde et l'Arabie saoudite sont d’une importance considérable pour la paix et la stabilité dans la région.»

Le Premier ministre indien, Narendra Modi, et le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, ont tenu la première réunion des dirigeants du Conseil de partenariat stratégique (Photo, Ministère indien des Affaires étrangères).

Le développement d'un partenariat stratégique entre l'Arabie saoudite et l'Inde aura probablement des ramifications profondes pour l'ensemble de la région de l'Asie occidentale, élargissant potentiellement les intérêts communs au-delà du commerce dans des domaines tels que la coopération en matière de défense.

«La déclaration du Premier ministre Modi concernant l'importance de la relation entre l'Inde et l'Arabie saoudite pour la stabilité régionale fait probablement allusion à la convergence géopolitique et économique en cours entre le Moyen-Orient et l'Asie du Sud, formant ce que l'on appelle souvent l'Asie de l'Ouest», a déclaré M. Soliman.

«Dans ce paysage en évolution marqué par des dynamiques géopolitiques complexes, l'Inde et l'Arabie saoudite, deux économies influentes de la région ayant un impact mondial et régional, exercent une influence considérable sur la stabilité de la région», a-t-il ajouté.

«À ce titre, leur coopération devient de plus en plus importante, englobant des domaines tels que le partage de renseignements, la médiation diplomatique dans les conflits régionaux, la croissance économique et la garantie d'un approvisionnement énergétique sûr et fiable au sein de l'Asie de l'Ouest.»

L'un des principaux développements stratégiques du sommet des dirigeants du G20 de samedi a été le dévoilement de plans ambitieux visant à créer une «route des épices» des temps modernes, dont les implications géopolitiques pourraient être conséquentes.

L'Inde et l'Arabie saoudite, ainsi que les États-Unis, l'Union européenne, les Émirats arabes unis et d'autres pays, ont lancé cette initiative visant à relier les chemins de fer, les ports, l'électricité, les réseaux de données et les pipelines d'hydrogène.

Le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane (à gauche), en compagnie du Premier ministre indien Narendra Modi, à New Delhi, lundi (Photo, Ministère indien des Affaires étrangères).

«Ce corridor ne reliera pas seulement les deux pays, mais promouvra la coopération économique, la connectivité numérique entre l'Asie, l'Asie de l'Ouest et l'Europe», a déclaré Modi dans des images diffusées par les médias d'État.

«En tant que deux des économies à la croissance la plus rapide au monde, notre coopération mutuelle est importante pour la paix et la stabilité de toute la région. Pour l'Inde, l'Arabie saoudite est l'un des partenaires stratégiques les plus importants.»

Pour M. Soliman, l'importance de ce nouveau corridor ne saurait être surestimée. «Le corridor Inde-Moyen-Orient offre un potentiel considérable pour le renforcement des relations et de la résilience stratégique entre les États méditerranéens, la région du Golfe et l'Inde, formant ainsi un pont géopolitique crucial entre l'Europe et l'Indo-Pacifique», a-t-il indiqué.

«Ce corridor peut jouer un rôle essentiel dans l'intégration économique en augmentant les opportunités de commerce et d'investissement. En outre, il renforce la sécurité énergétique de l'Inde en diversifiant ses sources d'énergie et en favorisant le développement des infrastructures.»

«Ces progrès jettent les bases d'une coopération diplomatique renforcée sur les questions transcontinentales, marquant ainsi une étape géopolitique et géoéconomique importante du XXIe siècle.»

Les experts soulignent également les immenses possibilités offertes aux entreprises indiennes par le programme de diversification économique et de réforme sociale Vision 2030 de l'Arabie saoudite, en particulier pour celles qui travaillent dans le secteur de la technologie.

«Nous savons que l'Arabie saoudite a de grands objectifs. Elle cherche à devenir une économie de transition, en s'éloignant du pétrole», a déclaré à Arab News Kabir Taneja, membre du programme d'études stratégiques de l'Observer Research Foundation à New Delhi.

«Nous avons le potentiel pour mettre en place des projets à la fois ici et en Arabie saoudite. L'Inde peut contribuer au développement d'une économie saoudienne localisée dans le secteur des services et des technologies de l'information et, bien entendu, l'Arabie saoudite dispose des capitaux nécessaires pour investir dans les infrastructures», a-t-il ajouté.

«Pour l'Inde, le financement des infrastructures est l'enjeu principal du moment et c'est ce qui alimente en grande partie cette croissance de 7,8 ou 7,9%.»

«Le développement des infrastructures est similaire à la situation de la Chine, et c'est pourquoi il est très important pour les relations bilatérales entre l'Inde et l'Arabie saoudite.»

Le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, et le Premier ministre indien, Narendra Modi, se rendent à une séance de photos avant leur rencontre à Hyderabad House à New Delhi, en Inde, le 11 septembre 2023 (Photo, Reuters).

Pour Muddassir Quamar, professeur associé au Centre d'études sur l'Asie occidentale de l'université Jawaharlal Nehru à New Delhi, le renforcement des liens commerciaux va de pair avec la reconnaissance d'objectifs stratégiques communs dans la région.

«L'Inde et l'Arabie saoudite sont toutes deux des économies mondiales de premier plan, qui connaissent une croissance très rapide et reconnaissent l'importance des réformes économiques et de la prospérité pour les populations», a déclaré M. Quamar à Arab News.

«L'Arabie saoudite est une puissance régionale au Moyen-Orient, elle est la première économie régionale et joue un rôle majeur dans la politique et la stabilité de la région.»

«Certaines des initiatives récentes prises par l'Arabie saoudite pour lutter contre le changement climatique, sa méga campagne de reforestation, l'énergie verte et la commission mondiale de l'eau, jouent un rôle important pour la stabilité régionale.»

Le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, (au centre) inspecte une garde d'honneur lors d'une réception au palais présidentiel, au lendemain du sommet du G20 à New Delhi, le 11 septembre 2023 (Photo, AFP).

En outre, l'intensification des liens entre l'Inde et l'Arabie saoudite reflète une évolution plus large vers un monde multipolaire, dans lequel les économies émergentes jouent un rôle plus important dans la détermination de leurs propres relations et de la dynamique du pouvoir au sein de leur voisinage respectif.

Alors que l'Inde devient cette année le pays le plus peuplé du monde et qu'elle est potentiellement en passe de devenir la quatrième économie mondiale, l'Arabie saoudite et l'ensemble de la région du Golfe ont ajusté leurs priorités politiques en conséquence.

«Plusieurs initiatives ont été identifiées pour porter les relations à un niveau supérieur», a indiqué M. Kumar, expert en affaires stratégiques.

«Dans le contexte de l'évolution rapide du profil géopolitique du Moyen-Orient, l'Inde et l'Arabie saoudite ont toutes deux besoin l'une de l'autre pour équilibrer leurs relations en vue d'une Asie occidentale pacifique et stable, où résident plus de 8 millions de personnes d'origine indienne qui contribuent à dynamiser l'économie de la région.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Le Hamas exhorte l'Iran à cesser de bombarder ses voisins

Le Hamas a appelé samedi l’Iran à s’abstenir de viser les pays voisins, tout en affirmant le droit de Téhéran à se défendre contre Israël et les États-Unis. (AFP)
Le Hamas a appelé samedi l’Iran à s’abstenir de viser les pays voisins, tout en affirmant le droit de Téhéran à se défendre contre Israël et les États-Unis. (AFP)
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  • Le Hamas appelle l’Iran à cesser de frapper les pays voisins en représailles aux attaques américano-israéliennes, tout en affirmant le droit de Téhéran à se défendre
  • Le mouvement palestinien exhorte aussi la communauté internationale à agir pour mettre fin immédiatement à la guerre régionale

Gaza, Territoires palestiniens: Le mouvement islamiste palestinien Hamas a exhorté samedi Téhéran à cesser ses frappes contre les pays voisins en représailles aux attaques américano-israéliennes dont il est la cible, tout en affirmant le droit de son allié à se défendre.

Le Hamas a également appelé la communauté internationale à "œuvrer à l'arrêt" immédiat de la guerre.

Il s'agit de la première déclaration en ce sens du Hamas, dont la République islamique est traditionnellement l'un des principaux soutiens, depuis le début, le 28 février, de l'offensive menée conjointement par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran.

"Tout en affirmant le droit de la République islamique d'Iran à riposter à cette agression par tous les moyens disponibles, conformément aux normes et au droit international, le mouvement appelle ses frères en Iran à ne pas prendre pour cible les pays voisins", a écrit le Hamas sur Telegram.

Le Hamas avait auparavant condamné l'assassinat du guide suprême iranien, Ali Khamenei, tué par une frappe israélienne à Téhéran au premier jour de la guerre, le qualifiant de "crime odieux".

"Il a fourni toutes les formes de soutien politique, diplomatique et militaire à notre peuple, à notre cause et à notre résistance", avait déclaré le mouvement peu après la mort de l'ayatollah Khamenei.

Mercredi, le Hamas a souhaité au fils de Khamenei, Mojtaba Khamenei, nommé nouveau guide suprême en remplacement de son père, de "vaincre l'agression israélo-américaine".

Face à l'offensive américano-israélienne, l'Iran a riposté par des tirs contre une dizaine de pays. Samedi, le Qatar a annoncé avoir intercepté deux missiles après des explosions entendues dans la capitale Doha.

Le mouvement libanais Hezbollah, lui aussi allié de Téhéran, est entré en guerre le 2 mars en tirant des roquettes sur le sol israélien, provoquant une campagne de bombardements massifs menée par Israël au Liban.

Le Hamas et le Hezbollah, comme les rebelles houthis du Yémen, font partie des groupes armés soutenus par l'Iran contre Israël dans la région. Parmi les objectifs affichés de son offensive contre Téhéran, Israël avait affirmé vouloir détruire le soutien iranien à ces mouvements.

- "Semer la discorde" -

Selon une source au sein du Hamas, interrogée par l'AFP, la direction du mouvement est en contact avec les dirigeants iraniens "depuis plusieurs jours en les appelant à ne pas viser des États voisins comme les pays du Golfe, d'autres pays arabes et la Turquie".

Israël "cherche à semer la discorde entre l'Iran et ses voisins arabes et musulmans", a ajouté cette source sous couvert d'anonymat. "La direction du Hamas a également pris contact avec des responsables de plusieurs pays, dont le Qatar, la Turquie et l'Irak, les exhortant à œuvrer pour mettre un terme" à l'offensive israélo-américaine.

Plusieurs pays majoritairement sunnites entretiennent aussi des liens avec le Hamas, notamment la Turquie et le Qatar, qui héberge depuis 2012 la direction politique du mouvement et a joué un rôle-clé dans les négociations indirectes avec Israël en vue de mettre un terme à la guerre dans la bande de Gaza.

Ces négociations ont abouti à un cessez-le-feu fragile qui se maintient depuis le 10 octobre 2025, après deux ans de guerre provoquée par l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.

Le Qatar a aussi fourni une importante aide financière à Gaza depuis la prise de pouvoir du Hamas dans le territoire palestinien en 2007, en grande partie présentée comme une aide humanitaire ou à la reconstruction.

La Turquie de son côté fournit principalement un soutien politique et diplomatique plutôt qu'un financement direct à grande échelle au Hamas.

Vendredi, la Turquie a annoncé qu'un troisième missile balistique tiré depuis l'Iran, depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, avait été abattu dans l'espace aérien turc par les forces de l'Otan.


Le chef de l’ONU affirme que « le temps des groupes armés est révolu » après sa rencontre avec le président libanais

Sur cette photo diffusée par le bureau de presse de la présidence libanaise, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, s’adresse aux journalistes après sa rencontre avec le président libanais Joseph Aoun au palais présidentiel de Baabda, à l’est de Beirut, le vendredi 13 mars 2026. (Bureau de presse de la présidence libanaise via AP)
Sur cette photo diffusée par le bureau de presse de la présidence libanaise, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, s’adresse aux journalistes après sa rencontre avec le président libanais Joseph Aoun au palais présidentiel de Baabda, à l’est de Beirut, le vendredi 13 mars 2026. (Bureau de presse de la présidence libanaise via AP)
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  • Antonio Guterres était à Beyrouth « en ami du peuple libanais »
  • Il a appelé à ce que l’intégrité territoriale du pays soit « pleinement rétablie »

NEW YORK : Le secrétaire général de l’ONU a appelé vendredi à un État libanais fort détenant le monopole de l’usage de la force, après une rencontre avec le président Joseph Aoun.

« Ce n’est plus le temps des groupes armés », a déclaré Antonio Guterres. « C’est le temps des États forts. »

S’exprimant après la réunion à Beirut, il a ajouté : « J’appelle fermement les deux parties, le Hezbollah et Israël, à un cessez-le-feu afin d’arrêter la guerre et d’ouvrir la voie à une solution. »

Une telle solution, a-t-il précisé, devrait permettre au Liban d’émerger comme un État souverain doté d’une pleine intégrité territoriale et d’institutions étatiques contrôlant l’usage de la force.

Arrivé plus tôt à Beyrouth pour une visite de solidarité « en ami du peuple libanais », il a déclaré aux journalistes : « C’est dans les moments difficiles que l’amitié et la solidarité sont essentielles. »

Il a déclaré être conscient de la souffrance « énorme » des Libanais alors que le mois sacré musulman du Ramadan coïncide avec la période chrétienne du Carême. « Ce devraient être des moments de paix, ce devraient être des moments de solidarité », a-t-il ajouté.

« Malheureusement, le Liban a été entraîné dans une guerre qui n’est pas une guerre que son peuple aurait souhaitée. »

« J’espère sincèrement que lors de ma prochaine visite au Liban, je pourrai voir un Liban en paix, un Liban où l’État détient le monopole de l’usage de la force et où l’intégrité territoriale est pleinement rétablie », a-t-il conclu. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les Etats-Unis frappent le hub pétrolier de l'Iran dans le Golfe

Le président américain Donald Trump s’adresse aux médias avant d’embarquer à bord d’Air Force One pour se rendre en Floride, à la base conjointe Andrews, dans le Maryland (États-Unis), le 13 mars 2026. (REUTERS)
Le président américain Donald Trump s’adresse aux médias avant d’embarquer à bord d’Air Force One pour se rendre en Floride, à la base conjointe Andrews, dans le Maryland (États-Unis), le 13 mars 2026. (REUTERS)
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  • Donald Trump affirme que l’armée américaine a « totalement détruit » des cibles militaires sur l’île iranienne de Kharg Island et menace de viser ses infrastructures pétrolières si l’Iran entrave la navigation dans le dans le détroit d’Ormuz
  • Le conflit régional se poursuit avec des frappes et représailles entre l’Iran, les États-Unis et leurs alliés, tandis que Washington envisage d’escorter des pétroliers dans ce détroit stratégique par où transite environ 20% du pétrole mondial

TEHERAN: Donald Trump a déclaré vendredi soir avoir "complètement détruit" des cibles militaires sur l'île de Kharg, le hub pétrolier de l'Iran, et menacé de s'en prendre à ses infrastructures pétrolières si Téhéran entrave la libre circulation des navires dans le détroit stratégique d'Ormuz.

"J'ai choisi de NE PAS détruire les infrastructures pétrolières de l'île. Cependant si l'Iran, ou quiconque d'autre venait à faire quoi que ce soit pour entraver le passage libre et sûr des navires dans le détroit d'Ormuz, je reconsidérerais immédiatement ma décision", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Il a annoncé que l'armée américaine "a mené l'un des raids aériens les plus puissants de l'histoire au Moyen-Orient, et a totalement détruit toutes les cibles militaires" sur Kharg.

La veille, le président du Parlement iranien, l'influent Mohammad Bagher Ghalibaf, avait déclaré que Téhéran "abandonnera toute retenue" si les Etats-Unis et Israël attaquent ses îles du Golfe.

Bande de terre broussailleuse située dans le nord du Golfe, à environ 30 kilomètres des côtes, Kharg abrite le plus grand terminal d'exportation de pétrole brut de l'Iran.

Après deux semaines de guerre qui n'ont pas fait céder le pouvoir iranien, l'intransigeance de l'ensemble des belligérants, qui poursuivent samedi matin leurs frappes, ne laisse présager aucun répit dans ce conflit qui déchire le Moyen-Orient et perturbe de plus en plus le commerce mondial faisant flamber les prix du pétrole.

L'Iran continue ainsi ses représailles aériennes contre les Etats du Golfe. Des explosions ont été entendues tôt samedi à Doha, la capitale du Qatar, par des journalistes de l'AFP, après que le ministère de l'Intérieur a ordonné l'évacuation de certaines zones clefs.

Donald Trump a également déclaré que la marine américaine allait commencer "très bientôt" à escorter des pétroliers dans le détroit d'Ormuz, par où transite 20% de la production mondiale d'hydrocarbures.

- Frapper "très fort" -

Selon la presse américaine, les Etats-Unis vont aussi envoyer des renforts au Moyen-Orient, le New York Times parlant de quelque 2.500 Marines et trois navires de plus.

Le Wall Street Journal cite lui des responsables américains selon lesquels le navire d'assaut Tripoli, basé au Japon, et les Marines qui lui sont attachés, se dirigent vers la même région.

Combien de temps va durer cette guerre? Elle se poursuivra la semaine prochaine, où les Etats-Unis veulent frapper l'Iran "très fort", a annoncé Donald Trump.

Mais le président américain a aussi admis qu'un renversement du pouvoir par le peuple à Téhéran, espéré par Washington dans la foulée du déclenchement de cette guerre le 28 février, ne se produirait "peut-être pas immédiatement".

Les Etats-Unis ont annoncé offrir 10 millions de dollars en échange d'informations qui permettront de savoir où sont dix des plus hauts dirigeants iraniens, dont le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, et le chef de la sécurité Ali Larijani.

L'état de santé de Mojtaba Khamenei reste incertain après qu'il a été lui-même blessé dans un bombardement. Vendredi, le ministre américain de la Défense Pete Hegseth a avancé qu'il était "probablement défiguré".

Téhéran a été visée vendredi par de nouveaux bombardements, du matin jusqu'en début de soirée où une brève série de fortes explosions a été entendue, selon des journalistes de l'AFP.

- "Trump ne comprend pas" -

Dans la matinée, Ali Larijani était apparu en public au coeur de Téhéran, aux côtés du président Massoud Pezeshkian, défiant l'ennemi en participant à une manifestation pro-gouvernementale.

La manifestation a rassemblé une importante foule - difficile à évaluer même si elle tapissait complètement certaines grandes artères - malgré la pluie et la peur des frappes meurtrières qui ont fait plus de 1.200 morts selon le dernier bilan des autorités, et plus de 1.800 selon l'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA).

"Le problème de Trump, c'est qu'il ne comprend pas que le peuple iranien est une nation courageuse, une nation forte, une nation déterminée", a lancé Ali Larijani. "Plus il accentuera sa pression, plus la détermination de la nation se renforcera".

- "Longue confrontation" -

L'armée israélienne a annoncé avoir mené 7.600 frappes en Iran en deux semaines, et 1.100 frappes au Liban, où elle pilonne le mouvement islamiste Hezbollah, allié de Téhéran. Ses bombardements au Liban ont tué 773 personnes, dont 103 enfants, et blessé près de 2.000, selon les autorités locales.

Une frappe israélienne contre un centre de santé dans le sud du Liban a tué au moins 12 membres du personnel médical, a annoncé samedi le ministère libanais de la Santé.

L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a également fait part de frappes israéliennes ayant touché vendredi un quartier général des casques bleus dans le sud du Liban.

Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a affiché son inflexibilité, déclarant que son groupe était prêt à "une longue confrontation" avec Israël.

Les Gardiens ont annoncé avoir tiré avec le Hezbollah des missiles et drones sur Israël en réplique aux attaques américano-israéliennes.