Taïwan affirme avoir détecté 68 avions de guerre chinois près de ses côtes

Cette photo non datée diffusée par le ministère taïwanais de la Défense le 13 septembre 2023 montre le porte-avions chinois Shandong (à gauche) surveillé en mer par un navire de guerre taïwanais de classe Keelung. (AFP).
Cette photo non datée diffusée par le ministère taïwanais de la Défense le 13 septembre 2023 montre le porte-avions chinois Shandong (à gauche) surveillé en mer par un navire de guerre taïwanais de classe Keelung. (AFP).
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Publié le Jeudi 14 septembre 2023

Taïwan affirme avoir détecté 68 avions de guerre chinois près de ses côtes

  • Samedi, un porte-parole militaire chinois avait déclaré que ses soldats restaient "constamment en état d'alerte élevée" après le passage de deux navires américain et canadien par le détroit de Taïwan
  • Des dizaines d'avions militaires et 10 navires de guerre ont été détectés près des côtes de Taïwan au cours des 24 dernières heures, ont indiqué jeudi les autorités de l'île

TAIPEI: Des dizaines d'avions militaires et 10 navires de guerre ont été détectés près des côtes de Taïwan au cours des 24 dernières heures, ont indiqué jeudi les autorités de l'île.

Selon le ministère taïwanais de la Défense, ces appareils mènent un "entraînement maritime et aérien conjoint" dans le Pacifique occidental.

Il a affirmé jeudi dans un communiqué que 68 avions et 10 navires de l'armée chinoise avaient été détectés entre mercredi matin et jeudi matin près de l'île.

Ce chiffre comprend les 35 avions qui avaient été détectés par Taipei mercredi matin.

Le ministère de la Défense avait alors affirmé que ces appareils se dirigeaient vers le Pacifique occidental pour rejoindre le porte-avions chinois Shandong dans le cadre d'un entraînement.

Le Shandong est l'un des deux porte-avions opérationnels de la flotte chinoise. Il avait été détecté lundi à environ 60 milles nautiques (111 kilomètres) au sud-est du point le plus méridional de l'île.

Le ministère japonais de la Défense a également déclaré mercredi qu'un total de six navires - dont des frégates, des destroyers, un navire rapide de soutien au combat et le Shandong - naviguant dans des eaux situées à 650 kilomètres au sud de l'île de Miyakojima, qui se trouve à l'est de Taïwan, ont été détectés par sa marine.

Il a également confirmé que des avions de chasse et des hélicoptères avaient été repérés en train de décoller et d'atterrir à partir du Shandong.

Taipei a mis en garde cette semaine la Chine, estimant qu'elle a intensifié ses tactiques dites de "zone grise" contre Taïwan pour faire pression sur l'île - une expression utilisée par les analystes militaires pour décrire les actions agressives d'un Etat qui frôlent la guerre ouverte et peuvent utiliser des civils.

« Pression croissante »

L'armée chinoise "a été chargée de développer des moyens pour prendre le contrôle de Taïwan", a affirmé un expert.

"Ces manoeuvres militaires visent à développer et à mettre en pratique ces capacités", selon Bonnie Glaser, spécialiste de la Chine au sein du German Marshall Fund à Washington.

"Nous devons nous attendre à ce que cette tendance se poursuive, avec une pression croissante sur Taïwan".

Pékin n'a jusqu'à présent pas fait de commentaires sur ces manoeuvres.

Mais le commandement de la région militaire occidentale chinoise, qui organise les exercices autour de Taïwan, a affirmé mercredi qu'une "unité aérienne" avait effectué un entraînement "récemment", dans un rayon de plusieurs "milliers de kilomètres", sans mentionner l'île.

Samedi, un porte-parole militaire chinois avait déclaré que ses soldats restaient "constamment en état d'alerte élevée" après le passage de deux navires américain et canadien par le détroit de Taïwan.

La marine américaine a déclaré qu'il s'agissait d'un destroyer lance-missiles de classe Arleigh Burke, l'USS Ralph Johnson, et de la frégate HMCS Ottawa, soulignant que ce transit "démontre l'engagement des États-Unis, de leurs alliés et de leurs partenaires en faveur d'une région +indo-pacifique+ libre et ouverte".

Pékin considère l'île autonome comme une partie de son territoire dont elle pourrait s'emparer un jour par la force.

La Chine a intensifié ses menaces et les pressions politiques et économiques sur Taïwan depuis l'arrivée au pouvoir en 2016 de la présidente Tsai Ing-wen, qui considère l'île comme indépendante.

En avril, Pékin avait mené des exercices militaires simulant un encerclement de l'île, après une rencontre entre la présidente taïwanaise et le président de la chambre des Représentants américaine Kevin McCarthy en Californie.

En août 2022, l'armée chinoise avait lancé d'importantes manoeuvres militaires autour de Taïwan après la visite de Nancy Pelosi, alors présidente de la Chambre des Représentants au Congrès américain.


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

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  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

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  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".


Les Etats-Unis et l'Iran s'attaquent mutuellement malgré le cessez-le-feu

Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
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  • Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même
  • Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine

TEHERAN: Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent.

Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même.

Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dimanche soir sur X.

Ces opérations ont été menées "en réponse à des actions agressives de l'Iran, dont la destruction d'un drone américain MQ-1 qui opérait au-dessus des eaux internationales", a ajouté la même source.

Les Gardiens de la Révolution iraniens, peu après, ont affirmé avoir attaqué une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire.

La localisation de cette base n'a pas été précisée dans le communiqué des Gardiens diffusé par les médias d'Etat.

L'armée du Koweït a annoncé de son côté faire face à une attaque de drones et missiles.

Washington et Téhéran s'étaient déjà accusés mutuellement jeudi de violer le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, après des frappes américaines sur le sud de l'Iran suivies d'une attaque contre le Koweït.

Plus de fermeté 

La guerre a été déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine, alors que Téhéran et Washington avaient repris des négociations sur le nucléaire. Le conflit, qui a fait des milliers de morts, ébranle l'économie mondiale en faisant grimper les prix du pétrole.

Alors que les deux pays semblaient ces derniers jours se rapprocher d'un accord, le New York Times a rapporté samedi, sans plus de détails, que le président américain avait durci sa proposition et envoyé une nouvelle version d'un possible protocole d'accord à Téhéran.

Selon le site américain Axios, M. Trump, dont la priorité déclarée est de mettre fin au programme nucléaire iranien et de rétablir le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, souhaite plus de fermeté des négociateurs de Washington.

La chaîne CBS a rapporté dimanche soir que la nouvelle proposition américaine prévoit une prolongation du cessez-le-feu de 60 jours avec des clauses prévoyant la réouverture d'Ormuz et un cadre pour une reprise des négociations sur le nucléaire.

"Nous n'approuverons aucun accord tant que nous n'aurons pas la certitude que les droits du peuple iranien ont été pleinement garantis", a averti dimanche le principal négociateur iranien, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.

L'Iran, qui revendique son droit à mener un programme nucléaire civil, a toujours démenti vouloir se doter de l'arme atomique, malgré les soupçons en ce sens des Etats-Unis et de nombreux pays.

Il souhaite aborder ce dossier dans un second temps en cas d'accord avec Washington et exige une levée immédiate des sanctions le frappant.

Site stratégique 

Donald Trump a insisté dimanche sur Truth Social que le projet d'accord "stipule très clairement que l'Iran n'aura pas d'arme nucléaire", et ce "en des termes très fermes".

Téhéran insiste aussi pour que tout accord inclue la fin des hostilités au Liban, où Israël veut "éliminer" le Hezbollah pro-iranien.

Mais sur ce front, l'armée israélienne continue à avancer dans le sud du pays où elle a mené de nouvelles frappes, et le Hezbollah poursuit ses attaques notamment dans le nord israélien, malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril, mais non respectée.

L'armée israélienne s'est emparée dimanche de la forteresse médiévale de Beaufort, un site stratégique où elle avait établi une base pendant les deux décennies de l'occupation israélienne, achevée en 2000.

Pour les Etats-Unis, c'est au Hezbollah de cesser les tirs en premier, en contrepartie de quoi Israël "s'abstiendrait de toute escalade à Beyrouth", selon un plan rapporté par un responsable américain à la suite d'entretiens menés dimanche par le chef de la diplomatie Marco Rubio avec le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

La France a demandé une réunion d'urgence au Conseil de sécurité, qui se tiendra lundi, selon des sources diplomatiques à l'AFP.